IHostage est un film inspiré d’une histoire vraie, mais il est la preuve que toutes les histoires vraies ne font pas forcément de bons films. Dès le début on sent la volonté de faire un film réaliste proche des faits, avec une esthétique quasi-documentaire. Pourquoi pas, mais malheureusement on comprend vite que le métrage va être anti-spectaculaire, et va privilégier la réalité aux objectifs d’une fiction, notamment en matière de divertissement. La réalisation, peu inspirée, est d’une grande fadeur, quasi-téléfilmique, elle n’a vraiment aucune allure et ne parvient jamais même à créer de la tension. Elle saute parfois du coq à l’âne sur des choses qui ne seront jamais utilisé finalement dans l’histoire pour générer une tension dramatique. D’ailleurs, le film n’a strictement aucune tension dramatique. Tous ce qui aurait pu en générer est très rapidement démonté. Un élément crucial du film est par exemple bazardé en 1 mn et quasiment en hors-champ, alors que ça aurait dû être un élément clé du métrage. Par ailleurs, le film se voulant réaliste, des personnages secondaires ne servent littéralement à rien ou presque et aurait pu disparaître, mais sont conservés sûrement car ils étaient vraiment là en vrai. Or, dans un film, tout ce qui est inutile doit être allégé, au profit de ce qui sert la narration et le propos. Bref, le métrage se résume donc moins à une vraie prise d’otages avec la tension afférente, mais à un dialogue entre deux personnages heureusement solidement portés par leurs acteurs respectifs, Soufiane Moussouli et Admir Sehovic. Leurs prestations tiennent la route, leurs personnages sont intéressants, quoique leur potentiel soit complètement sous-utilisé, notamment car se voulant toujours réaliste on ne saura rien des motivations du preneur d’otages concrètement, ni qui il est vraiment. Avançant sur un rythme très pépère et filmé à la truelle, on arrive à une conclusion sans doute authentique mais vraiment grotesque cinématographiquement parlant. C’est vraiment l’anticlimax et on se dit « tout ça pour ça ? ».
Non, vraiment l’énorme souci d’Ihostage c’est d’être resté collé à la réalité de son histoire, mais comme je l’ai dit, un fait divers ne fait pas un bon film intrinséquement. Il faut le travailler, l’affiner, et avoir une vraie ambition en terme de réalisation. Là tout au plus, sans être une purge, Ihostage n’apporte rien de plus dans ce genre ultra bondé de la prise d’otages que ce que l’on a déjà vu ailleurs en mieux, et ressemble par beaucoup d’aspects à un épisode de série télé des années 2000. Très regrettable pour les acteurs, mais ce film ne tient pas.