Shana a le mérite de posséder un style et un ton qui sont assez originaux. Car des histoires de jeunes en galère, à la limite de marginalité mais pas SDF non plus, vivant de trafics et de combines diverses, on en a déjà vus plein au ciné, mais rarement montrées de façon aussi cru, trash et peu glamour. Il a aussi le mérite de placer, au coeur de son récit, une sacrée heroïne en la personne de cette Shana, une jeune femme à la fois vulgaire et écorchée vive, complètement brut de décoffrage et qui démarre au quart de tour à la moindre embrouille. Dans le rôle de cette bimbo cabossée par la vie, pas vraiment sexy, mais au caractère cependant bien trempé, Eva Huault crève littéralement l'écran. Non, le rôle n'est absolument pas glamour, mais ceci-dit le film non plus, et elle le porte à bouts de bras, tout en étant de presque tous ses plans.
Comme dit plus haut, Shana a vraiment un ton et un style. Ce qui lui manque en revanche c'est une véritable histoire. Car à ce niveau là c'est un peu léger. L'intrigue, qui tourne autour du petit copain méchant et dealer qu'il faut rembourser est vraiment mince et la thématique des origines juives de l’héroïne n'est pas suffisamment approfondie. Ça manque un peu de hauteur de vue et de perspective. De par son contenu et sa structure un peu minimaliste, le film fait penser à un court ou un moyen métrage que l'on aurait simplement un peu étiré pour qu'il rentre dans la catégorie des longs. Un sentiment qui est d'ailleurs renforcé par sa trés courte (1h20 seulement) durée.
D'avantage qu'un véritable film accompli, on a plutôt l'impression, un peu à la manière d'un brouillon, de l'ébauche de quelque-chose (un univers, un style de personnages...) Quelque-chose de plutôt prometteur, ceci-dit.