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frederic T.
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4,0
Publiée le 21 juillet 2026
Shana est de la même veine que « l’épreuve du feu » de Aurélien Peyre. Sans cliché avec un naturalisme social si bien fabriqué, Lila Pinell réalise un film de genre sensible et trash, qui doit beaucoup à l’incroyable fougue de son actrice principale Eva Huault. Sa gouaille et ses harangues insolentes en épuiseront certains, comme ses colères et ses galères en bouleverseront d’autres. Mais Lila Pinell sait prendre le recul nécessaire par rapport à son personnage qui aurait pu écraser le récit. En alternant moments plus intimes et d’autres plus poignants, en oscillant avec justesse entre comédie et drame, elle dresse le portrait d’une jeune femme au caractère entier, impudique et provocatrice qui questionne sans en avoir l’air émancipation, féminité, héritage familiale, identité culturelle….
Shana (Eva Huault) voudrait bien faire. Mais son naturel explosif lui joue des tours. Elle a le don pour se mettre dans des situations impossibles, pour s’embrouiller.
La bande-annonce de "Shana" était séduisante. Certes, le film qu’elle laissait escompter ne brillait pas par son originalité : des cagoles, on en a déjà filmées treize à la douzaine avec une particulière accélération ces dernières années ("Shéhérazade", "Diamant brut", "Ma Frère"….). Mais celle interprétée par Eva Huault s’annonçait particulièrement roborative.
Le film ne ressemble pas à sa bande-annonce. On me rétorquera que, trop souvent, un film est tout entier contenu dans sa bande-annonce qui en divulgâche les meilleurs moments. On n’aura pas tort. Mais, le cas ici est suffisamment rare pour ne pas être signalé.
Loin des filles-de-cité déjà si souvent filmées, Shana appartient en effet à une famille juive séfarade de la classe moyenne, très attachée aux traditions et aux rites : la famille se réunit pour célébrer le repas de Pessah, la demi-soeur de Shana prépare sa bat-mitzvah, sa mère aimerait qu’elle épouse un bon séfarade… et sa grand-mère lui dit de se méfier des Arabes ! Elle entretient avec sa mère (Noémie Lvovsky) des relations compliquées qui l’ont conduite à prendre ses clics et ses clacs dès sa majorité, à s’installer dans un petit appartement à Belleville et à se mettre en couple avec un bad boy, Moïse, dealer à la petite semaine qui multiplie les passages en prison.
L’écriture du scénario est étonnamment lâche. Rien ne se tient dans ce film qui valdingue de droite et de gauche. spoiler: Un exemple : la rencontre, inutile, avec une serveuse à la fin du film. Il se termine par la scène photographiée sur l’affiche qui ouvre potentiellement sur une suite…. ou révèle plutôt l’incapacité du scénariste à clore son récit.
Serait-ce un docu-fiction ? Ce serait bien triste même si ce type de personnage avec un pois-chiche dans la tête, à l’intonation braillarde et un vocabulaire volontiers ordurier, accent appuyé en rapport, peuple nos banlieues. Ce serait abordé comme une caricature, pourquoi pas ? Mais non, on est dans le registre de la comédie dramatique. Sur le plan scénaristique c’est catastrophique. A fuir. Bon, il ne me reste plus qu’à faire baisser la note moyenne. Le niveau actuel au moment où j’écris (3,7) n’est pas crédible.
Le « Shana-show » Shana, c’est tout un poème !!! La jeune femme a une gouaille d’enfer ; se prend pour une bimbo mais n’a pas le physique en adéquation ; flirte avec la légalité mais n’est pas amorale ; est forte, mais est pétrie de failles. Sa tchatche offre de belles répliques d’une grande drôlerie ; mais on sent souvent la souffrance psychique ; donc le film oscille constamment entre comédie et drame… avec un humour bien particulier. On est en immersion dans la classe moyenne juive, dans une micro-société de juifs non pratiquants mais soucieuse de maintenir les traditions. Comme dans « Le dernier des juifs », la réalisatrice Lila Pinell joue sur cette corde tout au long de son film au travers de ce personnage pétrie de questionnements : féminité, émancipation, transmission, positionnement par rapport à l’héritage culturelle et religieux familiale,… Shana est une écorchée vive ; et la scène phare ; peut-être même la seule scène forte du film, nous l’expose frontalement dans une confrontation avec une mère dysfonctionnelle, dans le déni. Dans le rôle de Shana, Eva Huault, ou alors dans le rôle de Eva Huault, Shana !!! Ce rôle lui colle tellement à la peau que l’on se projette mal avec elle dans une suite de carrière. Comparée à « L’épreuve du feu » et donc à Anja Verderosa ; car les deux jeunes femmes campent des écorchés, un peu bimbo et grande gueule ; la différence est que Anja Verderosa dans son rôle offre une palette de jeu plus large. Et le scénario est ici assez faible, on a vite fait le tour du personnage de Shana ; aucune évolution au cours de seulement 1h20 de film qui révèle que cette courte durée en est même excessive. Beaucoup de scènes ne fonctionnent pas, et vu le sujet, on attendait que cela décolle à un moment. Comme son personnage principal, le film reste englué au sol : minimaliste dans son contenu, dans sa structure et avec aucune hauteur de vue. Un film anecdotique qui se perd aussi dans une trop grande ambition de faire lien entre l’histoire de Shana et l’Ancien Testament. Reste l’énergie et des dialogues enlevés qui évitent l’ennui.
Pendant toute la première partie du film, cette Shana a tout pour agacer. Grande gueule, impulsive, souvent excessive, elle semble attirer les ennuis avec une constance déconcertante. Puis, petit à petit, presque sans que l’on s’en rende compte, le regard sur ce personnage évolue. Derrière cette façade agressive apparaît une jeune femme profondément cabossée par la vie, dont les éclats de colère sont davantage les cicatrices d’un parcours de vie douloureux que des caprices.
Sans jamais céder au misérabilisme, le film aborde des sujets aussi graves que les violences conjugales, les relations familiales toxiques ou la quête d’émancipation. Pourtant, le ton demeure étonnamment léger. L’humour, la gouaille des dialogues et une tendresse constante envers son personnage principal empêchent le récit de sombrer dans le pathos, donnant au contraire une humanité débordante à l'ensemble.
La révélation du film s’appelle Éva Huault. Présente dans presque tous les plans, elle impose une énergie brute, une fragilité à fleur de peau et une sincérité qui rendent son personnage profondément attachant. Elle sera sans nul doute nommée comme Révélation Féminine aux prochains Césars. Face à elle, Noémie Lvovsky est parfaite en mère dysfonctionnelle, totalement déconnectée de la réalité, aussi drôle qu’émouvante. Leurs échanges offrent quelques-uns des plus beaux moments du film.
Sans révolutionner le genre, Shana affirme une vraie personnalité. Entre approche quasi documentaire et comédie, entre insolence et émotion, Lila Pinell signe un premier long métrage aussi vivant qu’attachant, porté par une héroïne qui divisera sans doute les spectateurs, mais dont la vitalité et les failles finira par toucher les plus sensibles.
Présenté parfois comme voisin de " l'épreuve du feu " ( cette association entre les deux films me semble totalement incohérente si l'on se réfère au sujet principal des deux films et pas au personnage féminin ), " Shana " fait plutôt vaguement penser, dans son ton improvisé, à " Diamant brut " présenté en Co cannes 2024.
Portrait d'une jeune femme, dans le fond en grande souffrance psychique, dont on comprendra d'où vient le tempérament lors de la scène formidable - presque pour elle seule le film mérite d'être visionné - de seconde confrontation avec une mère dysfonctionnelle aussi dans le déni.
Malheureusement, la réalisatrice n' est pas Maurice Pialat ( c'est vraiment le genre de sujet qu'il aurait pu traiter ) et le scénario assez faible ne permet pas à la réalisatrice de mettre en images, un film qui aurait pu être d'une ampleur plus grande.
Il y a tout de même beaucoup trop de scènes qui ne fonctionnent pas, mais je ne me suis pas ennuyé. Ça à le bon goût d'être court et certaines scènes, pour le coup très réussies, laissent planer un soupçon de regret lorsqu'on imagine ce que " Shana " aurait pu être.
Notons que ce titre a été présenté à la quinzaine des cinéastes Cannes 2026.
Shana a le mérite de posséder un style et un ton qui sont assez originaux. Car des histoires de jeunes en galère, à la limite de marginalité mais pas SDF non plus, vivant de trafics et de combines diverses, on en a déjà vus plein au ciné, mais rarement montrées de façon aussi cru, trash et peu glamour. Il a aussi le mérite de placer, au coeur de son récit, une sacrée heroïne en la personne de cette Shana, une jeune femme à la fois vulgaire et écorchée vive, complètement brut de décoffrage et qui démarre au quart de tour à la moindre embrouille. Dans le rôle de cette bimbo cabossée par la vie, pas vraiment sexy, mais au caractère cependant bien trempé, Eva Huault crève littéralement l'écran. Non, le rôle n'est absolument pas glamour, mais ceci-dit le film non plus, et elle le porte à bouts de bras, tout en étant de presque tous ses plans.
Comme dit plus haut, Shana a vraiment un ton et un style. Ce qui lui manque en revanche c'est une véritable histoire. Car à ce niveau là c'est un peu léger. L'intrigue, qui tourne autour du petit copain méchant et dealer qu'il faut rembourser est vraiment mince et la thématique des origines juives de l’héroïne n'est pas suffisamment approfondie. Ça manque un peu de hauteur de vue et de perspective. De par son contenu et sa structure un peu minimaliste, le film fait penser à un court ou un moyen métrage que l'on aurait simplement un peu étiré pour qu'il rentre dans la catégorie des longs. Un sentiment qui est d'ailleurs renforcé par sa trés courte (1h20 seulement) durée.
D'avantage qu'un véritable film accompli, on a plutôt l'impression, un peu à la manière d'un brouillon, de l'ébauche de quelque-chose (un univers, un style de personnages...) Quelque-chose de plutôt prometteur, ceci-dit.
Ce premier long métrage de cette réalisatrice raconte l’histoire et les galères de cette jeune femme SHANA à la situation familiale pour le moins compliquée et ses trafics illicites. Les dialogues sont vraiment crash et malgré les situations dantesques et dramatiques qu’elle traverse, l’humour est permanent dans ce film finalement agréable à regarder même si le scénario ne mène pas à grand-chose. A noter, la bonne prestation de Noémie LVOVSKY dans un rôle de mère juive plutôt déjantée.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 30/04/2026 au Club de l'Etoile à PARIS)
Message @ ma chérie en sortant de la scéance : TB film vu ce soir qui sort vraiment du lot de ce que j'ai pu voir dernièrement, un peu du genre "Le dernier des juifs" que nous avions adoré (vu @ Cabourg), déjà avec Eva HUAULT, sur fond de judaïsme, l'histoire d'une galérienne attachiante, une réussite @ voir qd tu pourras
Film découvert à la quinzaine des cinéastes à Cannes, en présence de l'équipe du film. Shana fonctionne surtout par la fraîcheur et la spontanéité de son actrice Eva Huault.
Attention, épuisement assuré par cette plongée dans la génération Z. Ca parle fort, c'est speed, franco, et ça démarre au quart de tour,... Réalisme assuré donc pour cette première réalisation prometteuse. Loin des clichés de classe, de communauté, d'âge, de morale, ce film est un pur tourbillon d'adrénaline, d'émotion et d'empathie portée notamment par la jeune Eva Huault que j'ai découverte et que je ne peux m'empêcher de rapprocher, 40 ans plus tard, à une autre bouillantissime grande gueule : Béatrice Dalle.
Excellent film !! C'est tellement bien de voir enfin la bande de filles de notre quotidien aussi vraies que nature avec une bonne gouaille SHANA subit des galères et on est en total empathie avec elle, on rit, on pleure et on réfléchit à notre entourage bon ou mauvais et l'influence qu'il peut avoir sur nos vies C'est un film frais qui fait du bien et absolument pas un film "à sujet" à proprement dit je vous le conseille
shana est une jeune fille rondouillarde et grande gueule, qui balance son insécurité fondamentale à la tête de tout le monde. Juive en banlieue, fille d’un premier lit de sa mère qui l’a plus ou moins abandonnée à sa grand-mère, elle est en couple avec un malfrat rebeu, antisémite et violent qui, depuis sa prison, lui fait poursuivre son trafic de drogue. spoiler: Elle hérite de sa grand-mère une bague qui protège du mauvais œil, qu’elle vend pour rembourser l’argent qu’elle a emprunté dans la boite de biscuit en métal où elle range les revenus de deal de son mec. Elle frôle la prostitution.
Ici les dégâts de la liberté et de l’absence de cadre se montrent…Rebelle à toutes contraintes mais banalement soumise à l’amour, cette fille écorchée mais empathique erre dans la vie alors qu’elle ne rêve peut-être que d’un cadre, celui qu’elle n’a pas eu et qu’elle observe, avec un mélange de mépris et d’envie, dans la cérémonie de Bar Mitva de sa demi-sœur, élevée par sa mère en continu dans un cocon rassurant… spoiler: Sous des dehors féministes Girl Power, frisant par moment l’homosexualité, c’est une autre hypothèse qui se fait jour très à la marge : un jeune rabbin peut être amoureux lui tourne autour de loin.
Shana ne serait pas le même long métrage sans l'abattage ni la gouaille d'Eva Huault qui semble s'être glissée dans son personnage comme dans une seconde peau. Mal élevée, indocile et un tantinet amorale, Shana ressemble à une sœur de Diamant brut et de quelques autres jeunes femmes de sa génération que le cinéma français parait découvrir ces dernières années. Mais hormis son héroïne, aux prises avec une relation toxique et une déveine noire, le film peine à offrir quelque chose de plus ou, plutôt, à étoffer ses enjeux et à se nourrir d'autres choses que le chaos de l'existence de Shana. Et pourtant, plusieurs sujets auraient mérité d'être traités plus avant, alors qu'ils deviennent presque anecdotiques : la famille et la religion, par exemple, ou encore le regard social. Mais comme fasciné par son personnage principal, sa volubilité et son inextinguible énergie, le récit ne cherche pas à s'intéresser outre mesure à d'autres protagonistes qui possédaient un fort potentiel. D'autant plus dommage quand on a Noémie Lvovsky à son casting, malheureusement très sous-employée. Certes, Shana ne manque pas d'être touchante, dans ses élans ou face aux avanies qui la percutent, mais elle phagocyte l'écran, faute d'un scénario plus varié dans ses plaisirs, alors que le mélange entre drame et comédie fonctionne plutôt bien.