Ce long documentaire sur la vie sociale d’un quartier de la banlieue de Barcelone est digne d’intérêt. Le réalisateur retrace la vie heureuse et bucolique de ce quartier populaire que ses habitants ont dû abandonner pour laisser place à un autoroute et des voies ferrées. Et cela change complètement leur vie. Ils doivent abandonner leurs jardins et leur manière de vivre en harmonie avec la nature qui leur ont été confisqués pour les besoins du modernisme. Tout au long du film, on assiste à leur vie passée au travers d’interviews et de scènes traduisant leur joie de vivre. Le film est bien construit et traduit bien la nostalgie et l’émotion de ces habitants qui regrettent profondément leur ancienne vie.
Bernard CORIC
(Film visionné à la journée de prévisionnement du GNCR le 07/10/2025 à PARIS)
En filmant Vallbona comme une communauté en perpétuelle construction, Guérin compose un portrait collectif sensible, à la frontière entre l’essai et le documentaire film est comme une œuvre polyphonique, attentive aux corps, aux voix et aux temporalités mêlées. Néanmoins, cette liberté formelle, qui fait pour beaucoup sa beauté, est aussi sa limite. A force de flâner et d’accumuler les témoignages, le film finit par perdre son axe et par affaiblir la vitalité même du lieu qu’il observe.
Vu au Café des Images d'Hérouville St Clair le 11/12/25 en avant-première avec une rencontre avec le réalisateur José Luis Guerin et la productrice Gaëlle Jones, animée par le critique Romain Lefebvre (co-fondateur de la revue Débordements et contributeur auprès des Cahiers du cinéma et d’AOC). Intéressant de voir des gens très divers qui réussissent à vivre ensemble malgré le rouleau compresseur urbain qui grignote leur territoire bricolé, mais tellement vivant !
On se perd peu à peu dans cette vallée que ses habitant(e)s souhaitent hors du temps, pourtant rattrapée par les stigmates du développement (routes, tunnels, bruits, etc.). A trop vouloir donner la parole aux résident(e)s, le cinéaste perd la cohérence de son projet, qui finit par être une suite d'entretiens avec des quidams dont la vie n'est pas forcément captivante. Les scènes de baignade et de fête au bord du cours d'eau sont sans doute les plus belles.