Invasion est un petit film sf des années 60 qui débute plutôt bien. L’idée du huis-clos est habile. Le film n’est pas un blockbuster, il joue une approche plus intimiste du sujet de la visite extraterrestre, et je pense que c’était le mieux à faire vue la faiblesse manifeste des rares effets visuels. L’approche semble plutôt convaincante car les acteurs sont efficace. Edward Judd est solide en docteur et leader du film, et surtout il est appuyé par des seconds rôles bien développés et aidés par des dialogues très vivants. A noter, petite curiosité, la présence d’un casting asiatique important, entre autre Tsai Chin en infirmière, sans doute trop connue pour être cantonné au rôle d’alien quasi-muette, car les aliens sont asiatiques dans ce film. Les acteurs à la hauteur, les dialogues et les situations vivantes, l’ambiance conviviale du petit hopital, tout cela contribue à créer une atmosphère plutôt agréable qui rend le film assez attrayant, jusqu’à ce qu’on commence à s’enliser. Le film est court, et pourtant il y a toute une partie centrale franchement longuette où il ne se passe quasiment rien à part attendre ! Le film n’a pas grand-chose à développer en fin de compte, les extraterrestres apparaissant très peu, leurs enjeux n’étant nullement développés. On attend avec les humains, sans trop savoir ce qui se passe et c’est frustrant, d’autant que cette partie centrale à rallonge conduit à une conclusion décevante. Elle semble bazardée à l’arrache et est franchement mal fichue, faite de bric et de broc et expédiée si bien que l’on comprend à peine ce qui se passe sous nos yeux. C’est très regrettable de le dire, mais alors que j’étais vraiment enthousiaste au départ et que je me disais qu’on aurait peut-être à faire à une sorte de The Thing ou à L’Invasion des profanateurs dans un hopital en plein années 60, avec un point de départ plutôt cool, ben non, on a un film plutôt ennuyeux et mal conclue. Le choix d’extraterrestres gentils peut se justifier, mais dans ce cas faut leur donner un vrai relief, des enjeux forts, et le film préfère s’attarder sur les humains prisonniers de leur hôpital comme dans un confinement covid ! Dommage. 2