Note moyenne
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Certaines mauvaises langues décrèteront sans doute que La hija cóndor est un excellent documentaire ethnographique, sur une communauté quechua des Andes boliviennes, et on ne leur donnera pas entièrement tort. Mais pas totalement raison, malgré tout, car le film possède une intrigue qui ne manque pas de valeur, même si l'on aurait peut-être aimé davantage de développement dans le portrait de ses deux principales figures, à savoir une accoucheuse et sa fille, qui l'assiste et chante pour adoucir la douleur de l'enfantement. Cette dernière, à l'image de beaucoup de membres de la communauté, est partagée entre la tradition millénaire et le désir de partir pour la ville. Quechua difficile. La vie dans les montagnes est rude et l'option citadine comporte bien des inconnues. Tourné en langues quechua et espagnole, le deuxième long métrage d'Álvaro Olmos Torrico, s'impose par son rythme contemplatif et tutoie le ciel dans certaines scènes de parturition, baignées dans une lumière quasi mystique. Le genre de rituels, puisqu'on peut les appeler ainsi, qui risquent de devenir de plus en rares, à mesure que la population quechua s'exile vers La Paz ou d'autres villes boliviennes. Ce qui nous ramène à l'ethnographie, qui n'est pas incompatible, question d'équilibre, avec une œuvre de fiction.
Si l'entame intrigue et saisit par sa beauté picturale la suite va s'avérer frustrante, la faute probablement à un récit qui regarde de trop près ses personnages sans suffisamment oser le romanesque. Et malheureusement, de l'autre côté, celui qu'on pourrait qualifier de documentaire, la frustration est aussi au rendez-vous, cette communauté quechua restant à l'arrivée presque aussi énigmatique qu'au début. Un beau geste esthétique donc mais un scénario trop pauvre.
Vu en festival
Vu en festival
Ce film m'a offert un magnifique voyage au cœur d'une Bolivie méconnue. J’ai été touché par la justesse des acteurs, d'où ressortent une grande dignité et un réel humanisme, sans jamais tomber dans le misérabilisme. En ce qui me concerne, c’est un coup de cœur.
Ce deuxième long métrage de ce réalisateur bolivien est très intéressant à découvrir. C’est un beau film avec une belle histoire bien scénarisée. Le film est surtout bien réalisé sur le plan technique avec de superbes prises de vues de la Bolivie bien cadrée et où l’image et la lumière sont remarquablement bien mis en valeur dans ce film. L’histoire de cette jeune fille, très bien interprétée, qui va bientôt quitter cette communauté quechua des montagnes bolivienne avec ses traditions ancestrales pesantes pour partir à la villle, est intéressante et émouvante.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 08/06/2026 au Club de l'Etoile à PARIS)
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 08/06/2026 au Club de l'Etoile à PARIS)
"La fille condor" est un beau film qui, à l'instar de "L'histoire du chameau qui pleure", de "La jeune-fille et son aigle" ou encore de "Centaure" est autant un objet cinématographique réussi (scénario, photo, acteurs, musique...) qu'un récit ethnographique qui nous transporte dans une communauté quechua des Andes boliviennes nous fournissant, non parfois sans humour, de nombreuses informations sur une culture riche de ses traditions.
Ce genre de "petit film indépendant" est une pépite qui souvent, malheureusement, n'est pas distribuée dans beaucoup de salles et peut ne pas rester longtemps à l'affiche.
Avis aux amateurs.
Ce genre de "petit film indépendant" est une pépite qui souvent, malheureusement, n'est pas distribuée dans beaucoup de salles et peut ne pas rester longtemps à l'affiche.
Avis aux amateurs.
Je crois que c'est la première fois que je vois un film péruvien et il raconte la désertification des campagnes au profit des villes.
L'histoire de ces deux femmes est touchante : la première est le pilier de la communauté, à la fois la sage-femme qui sait accoucher les femmes et la femme sage du village qui est écoutée et respectée.
La seconde a été recueillie et adoptée par la première. Elle est formée au métier de sage-femme mais rêve de musique et de l'exaltation des grandes villes. L'ancienne face a la nouvelle génération , la tradition face à la modernité.
Quand on est né dedans, on ne se rend pas compte de l'âme et des richesses que possèdent les anciens d'un village.
Les pratiques ancestrales sont un don qui se perd au fur et à mesure de l'évolution des technologies.
Ce qui se passe au Pérou fait écho à ce que nous vivons en France avec les déserts ruraux et les promesses d'une ville qui fait espérer une vie merveilleuse et prospère.
J'ai aimé que le film soit scindé en deux parties, qui insufflent deux ambiances distinctes.
La première partie montre le quotidien de ces deux femmes avec la montée crescendo de l'envie de la jeune femme de quitter sa communauté. On vit et respire au rythme lent de la nature et de leur quotidien. On parvient à saisir au fur et à mesure la prise de conscience de l'étouffement de la jeune femme dans cette campagne traditionnelle qui fuit l'évolution.
La seconde partie détonne car on quitte la quiétude des montagnes pour atterrir dans le brouhaha de la ville et on assiste au périple de la mère, en décalage dans une ville moderne, et ses recherches pour retrouver sa fille.
Je retiendrai du film sa délicatesse, la beauté des paysages péruviens ainsi que ses constrastes de couleurs et d'alternance de lumières et d'ombres : magnifique !!
Le scénario est assez classique mais comme il est baigné dans la culture quechua, cela le rend plus original et intéressant.
L'histoire de ces deux femmes est touchante : la première est le pilier de la communauté, à la fois la sage-femme qui sait accoucher les femmes et la femme sage du village qui est écoutée et respectée.
La seconde a été recueillie et adoptée par la première. Elle est formée au métier de sage-femme mais rêve de musique et de l'exaltation des grandes villes. L'ancienne face a la nouvelle génération , la tradition face à la modernité.
Quand on est né dedans, on ne se rend pas compte de l'âme et des richesses que possèdent les anciens d'un village.
Les pratiques ancestrales sont un don qui se perd au fur et à mesure de l'évolution des technologies.
Ce qui se passe au Pérou fait écho à ce que nous vivons en France avec les déserts ruraux et les promesses d'une ville qui fait espérer une vie merveilleuse et prospère.
J'ai aimé que le film soit scindé en deux parties, qui insufflent deux ambiances distinctes.
La première partie montre le quotidien de ces deux femmes avec la montée crescendo de l'envie de la jeune femme de quitter sa communauté. On vit et respire au rythme lent de la nature et de leur quotidien. On parvient à saisir au fur et à mesure la prise de conscience de l'étouffement de la jeune femme dans cette campagne traditionnelle qui fuit l'évolution.
La seconde partie détonne car on quitte la quiétude des montagnes pour atterrir dans le brouhaha de la ville et on assiste au périple de la mère, en décalage dans une ville moderne, et ses recherches pour retrouver sa fille.
Je retiendrai du film sa délicatesse, la beauté des paysages péruviens ainsi que ses constrastes de couleurs et d'alternance de lumières et d'ombres : magnifique !!
Le scénario est assez classique mais comme il est baigné dans la culture quechua, cela le rend plus original et intéressant.
Les images des Andes sont impressionnantes. Il est important de voir ce film en version originale sous titrée. Je pense d'ailleurs que la version en français ne doit pas exister. Les dialogues en mix dialecte et espagnol sont intéressants.
Le film a été principalement réalisé sur une période estivale où l'on voit des fleurs et des paysages somptueux
Le film a été principalement réalisé sur une période estivale où l'on voit des fleurs et des paysages somptueux
Alvaro Olmos Torrico raconte l'histoire de 2 femmes quechua dans les montagnes du Pérou qui agissent en qualité de sage femme au sein de la communauté. La culture et les traditions sont en train d'évoluer et les jeunes sont tentés de rejoindre la ville pour tenter de changer de vie, de perspective et ne plus se soumettre aux traditions de la communauté. Mais c'est avec cet exode rural que les savoir ancestraux risquent eux aussi de se perdre. Cette histoire vue à travers le destin et les difficultés des femmes est un hymne très sensible sur cette culture. Les paysages en haut des montagnes sont impressionnants, la lumière et les cadres choisis sont inspirants. Le jeu des comédiennes et d'une sincérité et sensibilité très puissants. "La Fille Condor" est un film multi primé dans des festivals internationaux et c'est largement mérité. A voir absolument.
Des paysages subîmes Une tradition séculaire,qui peine face à la vie actuelle,des personnages attachants… une histoire bouleversante.
Scénario : basique
Réalisation : très belle esthétique
Rythme : lent
Acting : bien
Ressenti : suite prometteuse
Une esthétique de la construction des plans à toute épreuve au service de son environnement donne l'élan nécessaire à ce film pour s'envoler hors des sentiers battus et dépeindre une réalité bien grise sans pour autant entrer dans le pathos. Les rôles confrontés s'échangent et se laissent tour à tour respirer avec grâce pour représenter chaque parti sans casser l'autre. C'est avec un bel équilibre qu'Alvaro Olmos Torrico fait son retour après Wiñay, qui avait déjà conquis son public. Quelques longueurs nous font toutefois sortir du film, malgré le bon jeu des comédiennes. Sans trop d'attente liée au scénario, nous regardons. Le réalisateur a tout l'avenir devant lui !
Réalisation : très belle esthétique
Rythme : lent
Acting : bien
Ressenti : suite prometteuse
Une esthétique de la construction des plans à toute épreuve au service de son environnement donne l'élan nécessaire à ce film pour s'envoler hors des sentiers battus et dépeindre une réalité bien grise sans pour autant entrer dans le pathos. Les rôles confrontés s'échangent et se laissent tour à tour respirer avec grâce pour représenter chaque parti sans casser l'autre. C'est avec un bel équilibre qu'Alvaro Olmos Torrico fait son retour après Wiñay, qui avait déjà conquis son public. Quelques longueurs nous font toutefois sortir du film, malgré le bon jeu des comédiennes. Sans trop d'attente liée au scénario, nous regardons. Le réalisateur a tout l'avenir devant lui !
Film aux images magnifiques qui donne une très belle place aux femmes des communautés andines, jouées avec un très grand naturel par des actrices non professionnelles.
Je l'ai vu en avant-première. Magnifique film bolivien qui nous montre un peu de la realité bolivienne à travers une belle histoire d'émancipation. Belle photo et estéthique.
Ana est une jeune orpheline recueillie par Clara, la sage-femme d'un petit village quechua perdu sur l'Altiplano. Excellente chanteuse dont les mélodies accompagnent les accouchements, Ana accompagne depuis toujours Clara chez les parturientes, l'assiste durant leur travail et se destine à prendre sa succession. Mais, sous l'influence d'une amie plus dévergondée qu'elle, elle se laisse fasciner par les lumières de la ville et s'enfuit à Cochabamba. La communauté, frappée par une succession de catastrophes, demande alors à Clara de partir à sa recherche et de la ramener.
Rares sont les films qui nous viennent de Bolivie. Je crois même n'en avoir jamais vu, même si en cherchant bien, on en trouverait certainement : "Le Sang du condor" (1969), "Chuquiago" (1977), "La Nation clandestine" (1989)... Aussi, par curiosité pour ce merveilleux petit pays andin, où notre ami Olivier nous a accueillis en 2003 et où il est aujourd'hui le talentueux ambassadeur de France, je suis allé voir ce petit film sorti dans quelques rares salles parisiennes au cœur de l'été.
J'y ai certes (re)vu les paysages somptueux de l'Altiplano. J'y ai certes entendu les intonations déconcertantes du quechua. Mais au-delà de ce parfum d'exotisme, je n'ai pas été touché par cette histoire d'émancipation, trop sage et trop cousue de fil blanc, cherchant le juste équilibre entre l'affirmation de soi et la fidélité à ses racines.
Rares sont les films qui nous viennent de Bolivie. Je crois même n'en avoir jamais vu, même si en cherchant bien, on en trouverait certainement : "Le Sang du condor" (1969), "Chuquiago" (1977), "La Nation clandestine" (1989)... Aussi, par curiosité pour ce merveilleux petit pays andin, où notre ami Olivier nous a accueillis en 2003 et où il est aujourd'hui le talentueux ambassadeur de France, je suis allé voir ce petit film sorti dans quelques rares salles parisiennes au cœur de l'été.
J'y ai certes (re)vu les paysages somptueux de l'Altiplano. J'y ai certes entendu les intonations déconcertantes du quechua. Mais au-delà de ce parfum d'exotisme, je n'ai pas été touché par cette histoire d'émancipation, trop sage et trop cousue de fil blanc, cherchant le juste équilibre entre l'affirmation de soi et la fidélité à ses racines.
Je n’ai pratiquement pas de mots, tellement le film est beau. Apparemment nous sommes en Bolivie, voire au Pérou, et c’est un vrai moment de grâce, que revendique ce film, entre la beauté des Andes, le doute profond des indiens sur leurs traditions…..Que le film est généreux, habité presque par les esprits des condors, des montagnes . Le film se scinde en deux, ( parties inégales) la vie rurale, pesante presque, peuplée de traditions, et la vie urbaine, absolument magique et attrayante dans son traitement . On est dans un conflit de générations, un conflit culturel, presque mystique, et c’est le côté fascinant du film. Les français ont connu cela dans les années cinquante, soixante, Il y a longtemps que je n’avais éprouvé de telles sensations, face à un film….C’est toute la civilisation qui est remise en question avec ce film, musique et paysages extraordinaires. Je conseille vraiment.
La Fille Condor fait de la naissance un évènement biologique autant qu'un rituel social, où le chant, les massages et les savoirs transmis donnent au corps une dimension presque sacrée. Clara se situe à la jonction de deux mondes, entre connaissances obstétricales et pratiques ancestrales. Son don lui confère pourtant une responsabilité écrasante : lorsque le malheur frappe la communauté, sa singularité devient une dette. Être indispensable finit alors par réduire la possibilité d'être libre.
Un film sur les traditions, les coutumes qui se perdent progressivement : « Il n'y a plus personne qui sait que du monde vit ici ». On est dans un monde venu du passé. Pourtant, il y a encore des naissances, des personnes contribuant à faire perdurer les traditions.
En voyant ce film, on a l'impression d'être plongé dans une forme particulière de représentation de la naissance. Il y a quelque chose de l'ordre du sacré et cet évènement est très ritualisé : les massages et le chant, sans parler de la tisane.
La jeune actrice, Marisol Vallejo Montaño, incarne une forme de passage entre la modernité scientifique et l'esprit de la fille de la lune. Après un apprentissage des pratiques du métier de sage femme, elle revient aux pratiques ancestrales.
Presque comme pour rappeler l'idée d'un tout formant un tout bien plus grand, on commence le film sur une naissance et on le termine ainsi, formant un cycle, celui de la vie.
Cette relation au corps ne sépare jamais complètement le soin du rite. Accoucher appartient à la physiologie, évidemment, cependant la communauté y associe une organisation symbolique où la voix, le toucher et les gestes transmis possèdent encore une fonction. Clara se situe justement à cet endroit fragile où deux conceptions peuvent cohabiter sans nécessairement s'annuler. Elle apprend, expérimente d'autres pratiques, puis revient vers ce qui lui a été transmis, non comme si la modernité devait être effacée, mais parce qu'un savoir médical n'épuise pas nécessairement la dimension sociale et culturelle de la naissance.
Le film montre une fonction comme quelque chose de lourd à porter, c'est un pouvoir et aussi quelque chose qu'on traine avec soi. La mort des bêtes ajoute une couche morale sur le dos de l'héroïne, qui devient comme prisonnière de sa place au sein du clan et de la communauté.
À ce stade, le poids n'est même plus seulement social, il devient psychique. Clara se retrouve placée dans une situation assez perverse où chaque malheur peut alimenter sa culpabilité, même lorsqu'elle n'en possède objectivement aucune responsabilité. C'est une mécanique ancienne et terriblement efficace : lorsqu'un groupe attribue à une personne une fonction symbolique, celle-ci finit par devoir répondre de phénomènes qui la dépassent.
Pas très pratique pour prendre quelques jours de congé. Le « don » change alors de nature, il procure une singularité, une reconnaissance, peut-être même un statut, tout en réduisant paradoxalement l'espace disponible pour être simplement soi. La puissance devient contrainte dès lors que les autres considèrent qu'elle doit nécessairement être exercée. Dans de nombreuses sociétés, ceux ayant reçu le don le perçoivent comme une bénédiction à double-tranchant !
La question devient finalement moins celle de posséder un don que de pouvoir encore décider de ce qu'on en fait. C'est ici que la trajectoire de Clara gagne en densité psychologique : son appartenance lui donne une identité et une fonction, tandis que cette même fonction menace progressivement son individuation. Une communauté peut protéger un savoir en le transmettant, elle peut aussi finir par enfermer celui ou celle qui en devient le dépositaire.
Un film sur les traditions, les coutumes qui se perdent progressivement : « Il n'y a plus personne qui sait que du monde vit ici ». On est dans un monde venu du passé. Pourtant, il y a encore des naissances, des personnes contribuant à faire perdurer les traditions.
En voyant ce film, on a l'impression d'être plongé dans une forme particulière de représentation de la naissance. Il y a quelque chose de l'ordre du sacré et cet évènement est très ritualisé : les massages et le chant, sans parler de la tisane.
La jeune actrice, Marisol Vallejo Montaño, incarne une forme de passage entre la modernité scientifique et l'esprit de la fille de la lune. Après un apprentissage des pratiques du métier de sage femme, elle revient aux pratiques ancestrales.
Presque comme pour rappeler l'idée d'un tout formant un tout bien plus grand, on commence le film sur une naissance et on le termine ainsi, formant un cycle, celui de la vie.
Cette relation au corps ne sépare jamais complètement le soin du rite. Accoucher appartient à la physiologie, évidemment, cependant la communauté y associe une organisation symbolique où la voix, le toucher et les gestes transmis possèdent encore une fonction. Clara se situe justement à cet endroit fragile où deux conceptions peuvent cohabiter sans nécessairement s'annuler. Elle apprend, expérimente d'autres pratiques, puis revient vers ce qui lui a été transmis, non comme si la modernité devait être effacée, mais parce qu'un savoir médical n'épuise pas nécessairement la dimension sociale et culturelle de la naissance.
Le film montre une fonction comme quelque chose de lourd à porter, c'est un pouvoir et aussi quelque chose qu'on traine avec soi. La mort des bêtes ajoute une couche morale sur le dos de l'héroïne, qui devient comme prisonnière de sa place au sein du clan et de la communauté.
À ce stade, le poids n'est même plus seulement social, il devient psychique. Clara se retrouve placée dans une situation assez perverse où chaque malheur peut alimenter sa culpabilité, même lorsqu'elle n'en possède objectivement aucune responsabilité. C'est une mécanique ancienne et terriblement efficace : lorsqu'un groupe attribue à une personne une fonction symbolique, celle-ci finit par devoir répondre de phénomènes qui la dépassent.
Pas très pratique pour prendre quelques jours de congé. Le « don » change alors de nature, il procure une singularité, une reconnaissance, peut-être même un statut, tout en réduisant paradoxalement l'espace disponible pour être simplement soi. La puissance devient contrainte dès lors que les autres considèrent qu'elle doit nécessairement être exercée. Dans de nombreuses sociétés, ceux ayant reçu le don le perçoivent comme une bénédiction à double-tranchant !
La question devient finalement moins celle de posséder un don que de pouvoir encore décider de ce qu'on en fait. C'est ici que la trajectoire de Clara gagne en densité psychologique : son appartenance lui donne une identité et une fonction, tandis que cette même fonction menace progressivement son individuation. Une communauté peut protéger un savoir en le transmettant, elle peut aussi finir par enfermer celui ou celle qui en devient le dépositaire.
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