Lav Diaz aborde avec ce Magellan l'ultime voyage du célèbre explorateur portugais, s'engageant dans une odyssée vers les Philippines au contact des tribus indigènes locales. Réalisateur philippin, Lav Diaz a ainsi un regard absolument pas occidento-centré sur l'explorateur campé par Gael Garcia Bernal. En effet, le projet s'avère finalement plus désenchanté en terme d'intentions, avant tout centré sur les dérives colonialistes liées à l'expansion de la couronne portugaise, l'évangélisation forcée, et la vague de morts violentes engendrées. Le film affiche une durée de 2h45 pas vraiment justifiée, mettant bien 1h à démarrer un récit engoncé dans une pose statique (la photo est heureusement vraiment réussie), avant que le scénario abandonne le verve pour mieux mettre en avant la beauté morbide de ces images. On pense parfois à Aguirre dans cet ultime acte tropical sans limites, qui s'avère être la vraie profession de foi d'un projet cherchant à énoncer la vérité (bien que le tout ne soit pas historiquement véridique) derrière le mythe.
Vu en avant première à l'UGC des Halles le 8 décembre. Denier opus très particulier et tellement caractéristique de Lav Diaz. Format de projection inhabituel, scènes contemplatives figées, résolution vidéo limitée (volontairement) , dialogues monocordes font de ce film un véritable ovni. Soit vous n'accrocherez pas comme beaucoup de spectateurs qui ont quitté la salle prématurement au fil du film soit vous y trouverez l'atmosphère que Lav Diaz distille dans tous ses films et qui en font un cinéaste à part.
Dans ce film le personnage de MAGELLAN, dans les dernières années de sa vie, est un peu démystifié et se trouve ramené à l’extrême violence coloniale. Ce réalisateur philippin a utilisé un style de narration avec des plans fixes et de longues séquences pour nous imprégner du climat et de la vie des indigènes et c’est plutôt réussi. Au niveau technique, il faut noter la belle photographie de ce film tourné aux Philippines. Dommage, cependant, que le réalisateur abuse de trop longues séquences ce qui peut diminuer l’intérêt du spectateur.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 21/10/2025 au cinéma ARLEQUIN à PARIS)
Lourd, prétentieux, interminable. Le film refuse d'adopter un point de vue de peur d'être souillé par le tragique de l'Histoire. Chaque plan a beau déployer une esthétique picturale certaine, on est malgré tout pétrifié dès les premières minutes par autant d'immobilisme et d' paradoxe pour un (très, très, très) long-métrage qui prétend brosser le portrait d'un homme qui a fait le tour du monde en bateau. Tout cela manque totalement d'incarnation et à vrai dire d'intérêt. Chapeau à celui qui ne voudra pas quitter la salle au moins une fois.
Vu en avant-première. Long récit contemplatif de la quête irraisonnée d'un des explorateurs les plus célèbres de l'Histoire, ce film marque par la beauté de ses images et la perfection du cadre, tout comme le sentiment d'inexorabilité des drames qui s'enchainent. L'intransigeance du personnage, sa folie, sont remarquablement incarnées par le comédien mexicain révélé par "Amores Perros", dont les doutes et les faiblesses balisent un récit lent mais captivant.