Un simple accident
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Shawn777

805 abonnés 3 935 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 septembre 2025
La voilà la Palme d'Or du Festival de Cannes 2025, le grand gagnant qui est passé sous le nez de "Sir�t", la petite bombe (c'est le cas le de dire) qui avait beaucoup fait de bruit, contrairement à ce film réalisé par Jafar Panahi qui s'est paradoxalement fait un peu plus discret. Ma curiosité n'en était alors que plus grande, surtout avec cette magnifique affiche et ce titre intriguant (puisque je n'aime pas tant lire les synopsis) et j'ai finalement découvert une Palme surtout politique. Nous sommes ici en Iran avec un personnage qui croit reconnaitre un ancien tortionnaire qui lui a fait subir les pitres horreurs. Avec d'anciens prisonniers, ils tentent de dissiper le doute : est-ce vraiment lui ou pas ? Sujet très intéressant, la première moitié, voire les trois premiers quarts sont d'ailleurs très bons avec de nombreuses questions en suspend : peut-on résoudre la violence par la violence ? Peut-on se déchainer sur le premier venu en se basant sur un simple doute ? Et puis le film met également en avant les traumas d'un pays divisé entre les pro-régime et ceux qui osent s'y opposer. Comme le réalisateur d'ailleurs, condamné à plusieurs reprises pour ses films jugés trop problématique par l'État. Et tout ça c'est très bien, le film a en plus cette aura "interdite" puisque tourner sans le consentement des autorités du pays mais j'y vois donc surtout un prix essentiellement politique. Parce-que le film est certes bon dans son ensemble mais ce n'est clairement pas le meilleur du Festival. On pourra par exemple y relever une mise en scène un peu trop plate par moments, bien que subsistent de très bonnes idées (tous les plans dans le désert) et puis une histoire qui est parfois un peu longuette, jonglant maladroitement entre le thriller et le cynisme. On est presque en effet par moments devant une comédie noire avec ce héros maladroit et tous les archétypes qui lui tournent autour. Ça apporte certes un vent de fraicheur et démontre que l'on peut traiter d'un sujet aussi important et sensible que celui-ci sans tomber dans le mélodrame mais le film donne également l'impression de ne, quelques-fois, pas trop savoir où aller, à l'instar de ses personnages qui errent dans les rues sans trop savoir quoi faire. Bref, "Un simple accident" est donc loin d'être mauvais mais est également loin d'être le meilleur de la sélection !
Gregory S
Gregory S

55 abonnés 765 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 octobre 2025
C'est une bonne palme d'or mais pas une grande palme d'or, car le film s'il est extrêmement bien joué tourne un peu en rond et il est assez manichéen au final. La dénonciation du régime est salutaire d'autant plus que le film a été tourné en Iran, c'est une tragique comédie qui met un peu de temps à se mettre en route avant un vrai suspense durant la dernière demi heure.
Craoux
Craoux

38 abonnés 325 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 mars 2026
Plus d'une heure 40 (si je décompte les quelques minutes d'entrée en matière nous conduisant au garage) de bavardages tendus que Panahi propose dans ce travail introspectif sur le fonctionnement de l'âme humaine autour de cette réflexion : pourra-t-on reconstruire une société si les victimes usent de la même violence que leurs bourreaux ? En écrivant celà, je ne spoile rien. À vous de recevoir le message comme vous le sentirez (forme et fond). Quant à moi, je suis obligé de reconnaître que j'attends bien, mais alors bien autre chose du cinéma. Du début à la fin, me suis profondément ennuyé (ne suis pas sorti car j'étais avec ma compagne). Le cinéma passe nécessairement, obligatoirement par un travail sur l'image, la photo. Or, cette règle d'or ne peut pas être observée par le travail de Panahi dans les conditions de tournage qui s'imposent à lui. Tout miser sur la force du texte ne peut pas répondre au cahier des charges du cinéma. Et que le milieu artistique puisse s'honorer de rendre hommage au réalisateur en lui attribuant la Palme d'Or ne changera rien au quotidien du peuple iranien puisque le Droit International consacre le principe du non-droit d'ingérence.
Frédéric T
Frédéric T

37 abonnés 56 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 octobre 2025
Les pieds nickelés à Téhéran ou Que faire d'un bourreau unijambiste. Comédie lourdingue et bavarde, pas toujours bien jouée, et pour tout dire pénible. La dénonciation des horreurs du régime iranien ne peut justifier ce médiocre bricolage (d'accord, ça a été filmé clandestinement et courageusement ). La fin a été pour moi une libération. Cette palme d'or est totalement incompréhensible, tout comme les éloges unanimes de la presse. Quant à représenter le cinéma français aux Oscars...
schemaman
schemaman

24 abonnés 289 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 novembre 2025
une palme d'or politique produite par un jury justement acquis à la cause. Car sur le plan cinématographique le film est long et ennuyeux dans lequel on se surprend à n'en attendre plus aucun scénario, plus aucune histoire tant il semble se concentrer sur les détails de l'absurdité de la vie quotidienne en Iran avec ses personnages et ses situations ubuesques et déjantés. Tout a déjà été dit dans les commentaires 1 et 2 étoiles. La. dénonciation justifiée des crimes du régime iranien perdent toutefois de leur puissance dans le contexte actuel où ceux de pays dits démocratiques de la région s'avèrent être pas moins pire.
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 octobre 2025
 Me retrouver sur @cinémasansfard (youtube) !

Ce pays qu’on croyait immobile se met à trembler, un homme marche dans ses souvenirs, un visage. Un simple accident est plus qu’un drame : c’est un supplice de la mémoire chuchotée. Jafar Panahi nous tend un miroir qui fissure : ce que l’on croit réparé recommence à saigner. Dans ce film, l’imagination est cage, et le doute — une sentence.

Vahid le croise, ou croit le croiser — l’homme qu’il juge tortionnaire —, et dans ce croisement, l’histoire bascule. Le doute s’invite, silencieux mais invincible. On ne sait plus ce qui est vrai, ce qui est mensonge. Faces figées, voix basses, regards qui fuient — le drame se joue dans les crevasses du quotidien. Mariés, père, tortionnaire supposé : Panahi enveloppe ses personnages d’une langueur qui étire les instants, les fait durer comme si on attendait que l’ombre se révèle.

La mise en scène, sobre mais urgente, capte la crainte : rues désertes, voitures arrêtées, halètement d’un moteur, claquement d’une portière. Le décor politique pèse, presque sans décor : l’Iran d’aujourd’hui s’étale dans les fissures de dialogues, dans les hésitations du silence. On sent l’expérience personnelle du réalisateur vibrer sous chaque scène : l’emprisonnement, l’exil intérieur, la résistance têtue.

Mais le film n’est pas parfait. Parfois le discours semble vouloir porter trop, ou vouloir dire l’indicible avec des mots déjà usés. Le personnage de tortionnaire nié — entre vengeance et pardon — pourrait être plus ambivalent, plus nuancé. Quelques séquences semblent tirées du crescendo dramatique attendu, comme si le film parfois courait après une catharsis.

La force cependant est là : la convergence des destins, le portrait choral des victimes, la tension à fleur de peau. Le film ne propose pas de repos moral, il interroge. On ressort de la salle avec le poids des mots non dits, le spectre d’une justice personnelle. Panahi montre que le cinéma peut être arme, blessure, confession.

Emotion brute, courage rare. Un simple accident ne cherche pas à guérir, mais à témoigner. Et peut-être c’est cela sa plus grande victoire : ne pas oublier.

 Me retrouver sur @cinémasansfard (youtube) !
Nisrine A
Nisrine A

38 abonnés 162 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 octobre 2025
Le cinéma iranien regorge de pépites. "Un simple accident" malgré sa palme d'or, ne sera pas sur le haut de ma pile. L'histoire dénonce d'une manière caustique (comme souvent chez Jafar Panahi) les abus du régime et pose des questions intéressantes (un peu comme le Comte de Monte Cristo): est-ce que la vengeance est une forme de justice ? Son désir est-il au dessus de nos valeurs ? Qu'est-ce qui nous répare vraiment ?
Néanmoins, le scénario m'a paru un peu lisse même si le personnage de Hamid vient le réveiller un peu. Peut-être que j'ai été influencée par une "palme d'or" qui ne me semblait pas méritée.
Bart Sampson

414 abonnés 855 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 octobre 2025
Film que j 'ai vu en avant première à Cannes et dont l"économie de moyen - tournage en clandestinité - va de pair avec un scénario d'une grande intelligence et un jeu qui passe du rire au larme au fur et à mesure que l'on s'enfance dans cette confrontation entre un bourreau présumé et un groupe de militants politiques ayant survécu aux geôles et aux tortures.

La photographie de Jafar Panahi est toujours aussi belle et le spleen mélancolique du cinéma iranien fait encore une fois mouche et confirme sa place à part dans le cinéma mondial
Critiques d un passionné
Critiques d un passionné

138 abonnés 263 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 octobre 2025
Tourné clandestinement après son incarcération, UN SIMPLE ACCIDENT s’impose comme un film à la fois brûlot politique et réflexion morale. Jafar Panahi y dénonce la violence du régime iranien et la corruption systémique qui broie son pays.
Mais il ne filme pas frontalement la répression : ce sont les voix brisées de ses personnages, leurs récits fragmentés et leurs silences qui en deviennent les témoins.

Le récit, entre thriller et road movie teinté d’humour satirique, se déploie dans un quasi huis clos. L’action se concentre autour d’un van où se croisent des victimes en quête de vérité.

C’est là que s’installe la tension dramatique, nourrie par un dilemme moral central : les protagonistes ont-ils réellement retrouvé leur bourreau, ou projettent-ils leurs traumas sur un innocent ? Panahi questionne ainsi la justice, la légitimité de la vengeance et la fragilité de la mémoire quand le doute demeure.

Le réalisateur insuffle par moments un humour noir, presque burlesque, qui sert autant de respiration que de contrepoint à la gravité du propos.

La mise en scène, d’une sobriété maîtrisée, fait un usage admirable du plan-séquence et du hors-champ, et conférent à l’ensemble une intensité dramatique constante.
Le film monte en puissance jusqu’à un plan final glaçant, qui restera un des plus marquants de l’année.

Et si son efficacité ne fait aucun doute, je reste dubitatif sur sa palme d'or. Là où l'année dernière le bijou LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE aurait d'autant plus mérité le sacre ultime. Mais, par son existence même, UN SIMPLE ACCIDENT est un acte de résistance qui mérite amplement d'être découvert.
Mélanie M.
Mélanie M.

13 abonnés 109 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 octobre 2025
En avant-première aux Forum des Images, une belle leçon de comédie dramatique ou comment traiter d'un sujet lourd avec un sourire candide aux lèvres ? Nous n'allons vivre qu'une journée et une nuit avec nos personnages et pourtant nous saurons tout de leur manière de pensée à chacun. Le film réussit à nous faire ressentir la tension qui anime leurs souvenirs douloureux tout en nous les faisant oublier pour rire de toutes leurs péripéties. Bravo, allez-y sans trop vous renseigner la surprise n'en sera que plus belle.
Thibaud Il Capitano
Thibaud Il Capitano

11 abonnés 224 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 octobre 2025
Une famille roule en voiture la nuit et écrase malencontreusement un chien, le "simple accident" du titre qui va en entraîner beaucoup d'autres quand le conducteur (nommé Eghbal, c'est à dire "chance, hasard" en persan !) est reconnu comme un geôlier particulièrement sadique par d'anciens détenus politiques...
On reconnaît évidemment la patte de Panahi avec son soin à filmer la vie quotidienne des iraniens, mais on ne peut que saluer la prouesse cette fois-ci tant il a bravé les risques de la censure et du régime pour certaines scènes extérieures (notamment celle de l'altercation dans la rue et plein d'autres petits détails qui peuvent échapper aux non-initiés). Le sujet est grave, lourd mais Panahi ose le traiter aussi avec un peu d'humour et d'absurde (je pense à la jolie scène de l'hôpital) et évite ainsi un film trop plombant. Après un final extrêmement tendu et éminemment politique lors de la spoiler: confrontation entre le geôlier et Vahid et Shiva, survient une touche d'espoir, Panahi laissant entendre qu'une réconciliation est possible entre bourreaux et suppliciés après la chute du vrai coupable, c'est à dire le gouvernement
, bref un choix très fort !
Les acteurs sont tous excellents et pour la plupart peu connus du cinéma iranien, et j'espère vraiment qu'ils n'auront pas de souci après ce film.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 1 octobre 2025
La palme d’or 2025 est évidemment politique, le choix du jury s’étant porté sur le long métrage d’un réalisateur iranien en exil opposé au régime des Mollahs.

On y suit un mécanicien qui vit une vie de misère dans l’Iran contemporaine; il croise par hasard un homme qu’il croit reconnaître comme étant l’officier qui l’a jadis torturé pendant des mois dans les geôles du régime. spoiler: Il va alors tenter de se venger tout en se heurtant à des doutes sur l’identité réelle de l’homme.


Le film minimaliste car tourné en secret en Iran avant l’exil du réalisateur nous fait suivre les questionnements moraux du héros et de compagnons d’infortune réunis par lui pour identifier formellement le tortionnaire. Des préoccupations morales classiques : comment se venger sans tomber dans la violence que les opposants reprochent au régime ? que faire de la famille de l’homme ?… qui donnent au film un côté bavard qui accompagné d’une réalisation minimale faite de plans fixes souvent de longues minutes procure au film un rythme lent. En effet le but est bien d’explorer les préoccupations de personnages banals dans une situation hors de l’ordinaire.
Le film offre aussi une plongée dans l’Iran des Mollahs de tous les jours en nous donnant à voir l’image d’un pays pauvre où règne la corruption et la peur ambiante des hommes du régime.
Le film s’autorise quelques moments d’humour notamment des situations absurdes qui offriront des moments de répit dans ce film plutôt glauque.

Jafar Panahi s’adjuge une palme d’or très politique pour un film original mais pas transcendant.

(Vu en avant première)
ed_loisel
ed_loisel

19 abonnés 109 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mai 2025
Une belle mise en scène simple mais efficace porte les sujets et les performances des acteurs.
La justice et la morale sont questionnées à travers des personnages bien écrits et un récit rythmé et prenant.
Ranjith
Ranjith

12 abonnés 122 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 juin 2025
Un cri politique, humain, urgent, venu d’Iran. Ce que Jafar Panahi réussit ici, c’est à parler de choses immenses la répression, la violence de l’État, la corruption sans détour et sans jamais perdre de vue l’humain derrière tout ça. C’est dur, lucide, et bouleversant.

Le film m’a particulièrement touché dans sa façon d’évoquer la mémoire, la justice, le pardon. Ces mots-là, dans ce contexte, prennent un poids incroyable. En tant qu’enfant de la diaspora tamoule et témoin de la cause palestinienne, j’ai été profondément remué. La conversation finale m’a coupé le souffle.

Il y a une tension qui ne lâche jamais. Dans les dialogues, dans les regards, dans le silence même. On sent la peur, le poids de l’histoire, la douleur qui colle à la peau. Et pourtant, au milieu de tout ça, l’humour noir vient s’infiltrer, avec intelligence, presque en douce. Ce mélange de satire et de tension donne une force énorme au message.

C’était mon premier Panahi. Je connaissais sa réputation, son engagement, mais découvrir qu’il a réalisé ce film clandestinement… ça m’a scotché. Quel courage. Quelle œuvre. Je me suis promis de plonger dans le reste de sa filmographie.

Petit bémol : j’ai mis un peu de temps à entrer dans le ton du début, l’humour noir m’a un peu dérouté. Mais une fois dedans, tout prend sens.

Le cinéma, ce n’est pas juste du divertissement. C’est un acte de résistance, une mémoire vivante, une lame douce mais tranchante. Ce film m’a rappelé pourquoi j’aime tant le cinéma.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 octobre 2025
Un film qui n’est probablement pas le tout meilleur de son réalisateur mais qui n’en est pas moins un film de grande qualité et qui, en mélangeant drame et humour, traite d’un sujet particulièrement important, celui de la vengeance : est elle inévitable ? Sert elle à quelque chose ou bien entraine-t-elle inéluctablement un phénomène n’ayant jamais de fin ? Alors qu’il était en prison, de juillet 2022 à février 2023, puis après sa libération, Jafar Panahi s’est demandé à plusieurs reprises ce qui se passerait si, une fois remis en liberté, un des détenus qu’il côtoyait rencontrait un de ses bourreaux. Une interrogation qui s’est transformée en scénario, un scénario que Jafar Panahi a écrit avec l’aide de 3 amis, Nader Saïvar, Shadmehr Rastin et Mehdi Mahmoudian. Dans ce scénario, c’est à la suite d’ « un simple accident », une simple histoire de chien écrasé, que Vahid, modeste travailleur qui avait été envoyé en prison pour avoir réclamé qu’on lui paye son salaire, se retrouve en contact avec Eghbal dans lequel il est persuadé de reconnaître le tortionnaire éclopé qui lui a fait subir des tortures et des humiliations. Une quasi certitude qui va se transformer en doute quand Eghbal va clamer son innocence lorsque Vahid l’emmène dans le désert afin de l’enterrer vivant. Pour l'intégralité de la critique, c'est sur le site avec critique et film et le tiret du 6 entre les 2. Film vu au Festival de Cannzs.
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