Un simple accident
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493 critiques spectateurs

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Beninso
Beninso

57 abonnés 3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 octobre 2025
« Un simple accident » est un film d’une intensité rare, à la fois sobre et bouleversant, où Jafar Panahi transforme un fait banal en une méditation poignante sur la culpabilité et la vérité.
Diabloxrt
Diabloxrt

96 abonnés 1 996 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 octobre 2025
Couronné de la palme d'or à Cannes en début d'année, "Un simple accident" débarque enfin dans nos salles. Forcément, au vu du prestige de cette distinction, il est compliqué de passer à côté d'une telle sortie. J'ai donc été un peu curieux, et je dois dire que cette curiosité m'a amené vers un long-métrage assez particulier. Tourné sous une forme d'illégalité en Iran, on comprend que ce film ait fait parler de lui à Cannes, par son propos ou son style. Dans le ton, le long-métrage se veut porté par une forme de minimalisme dans l'histoire, la mise en scène ou le montage, cela étant clairement imposé par le tournage. Pourtant, cette approche n'est pas franchement un défaut, car le film tire sa force de ce style. Privilégiant les grands-angles et les plans-séquences pour permettre aux acteurs de se servir au maximum de l'espace, ainsi que de faire parler leur talent, ce genre d'approche est une aubaine pour eux. Effectivement, beaucoup de scènes seront très longues, très verbales et cela ne parlera pas à tout le monde. Mais en vérité, c'est un plaisir de voir le naturel qui se lit dans la performance de ce casting, ils sont impressionnants. C'est clairement la force de ce projet, et je dois dire que j'ai adoré cela. Maintenant, même si beaucoup de libertés apparaissent de ce point de vue, l'objectif reste quand même d'amener un propos. Et forcément, Jafar Panahi plonge son histoire dans un contexte politique très fort. Comme souvent avec lui, on va aller titiller la société iranienne. Cela s'effectue par quelques petits détails, mais aussi, et surtout, par la thématique centrale du long-métrage. Ici, tout tourne autour d'une question d'éthique, de traumatisme et de vengeance. Le film pose des questions fortes sur la responsabilité des actes, que ce soit du côté du peuple ou du côté des représentants du régime. Et personnellement, j'ai adoré cette manière de procéder, avec une remise en question très forte des actions de chacun. Le film ne cherche pas à pointer un coupable, mais bien plus à mettre en avant un système défaillant de tous les côtés. Au sein d'une histoire qui a clairement des longueurs, je pense notamment à la partie centrale, la conclusion livre quand même une fin très dure et éprouvante, que ce soit pour les personnages ou pour le spectateur. C'est donc presque dommage de se dire que le rythme se perd parfois, car j'aurais aimé être un peu plus pris par l'ensemble. Toute cette étape de "recrutement", où nous vagabondons pour rencontrer de nouveaux personnages de manière répétée, m'a clairement semblé longue. À ce moment-là, je trouve que le scénario se perd un peu dans son concept, surtout que tous les personnages ne se valent pas. Certains sont vraiment marquants, d'autres sont beaucoup plus oubliables. Alors, je pense que c'est bien plus le dispositif et le message qui doit être retenu de ce projet. Grâce à son esthétique particulière et à sa façon d'assumer son propos, le film a une âme vraiment significative. Effectivement, il est parfois un peu embourbé dans son concept, mais cela n'en diminue pourtant pas sa force. On reste très marqué par ce qui nous a été raconté en sortant de la salle, ce qui est donc déjà une victoire. Pour conclure, une palme d'or qui peut se comprendre.
Mcmouvement
Mcmouvement

6 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 octobre 2025
Un simple accident en forme de fable morale et politique, n'est pas un "grand film". Tourné clandestinement à Téhéran par Jafar Panahi, vieux routier du cinéma qui maîtrise son art et finalement sait réaliser ses films dans l'impossibilité de les faire (Ceci n'est pas un film, Aucun ours). Bien sûr c'est courageux.
Mais... Un simple accident, comme une réparation, reçoit la palme d'or à Cannes que n'a pas eu l'an dernier Les graines du figuier sauvage de Mohammad Rasoulof , mille fois plus ambigü et plus fort dans sa réalisation et ses questionnements.
Quelques jours après la séance où j'ai vu Un simple accident, il m'en reste peu d'impressions, des images déjà qui s'évanouissent.
La mise en scène est simple, théâ des différents personnages (icônes en plans fixes moyens) pour disserter sur le grand dilemme du film: faut-il se venger ou pardonner à ses bourreaux? spoiler: Finalement politiquement correct, on les torture un peu, puis on les laisse filer...puisqu'on n'est pas des méchants comme eux

En revanche les situations et les dialogues burlesques du film sont réjouissants (une mariée qui pousse un van en panne sur une route à quatre voie en pleine ville), je me dis que Panahi dans un Iran libéré de son régime totalitaire, ferait sans doute de fines comédies, avec un humour sans pareil.
On attendra encore.
Goéland
Goéland

40 abonnés 208 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 octobre 2025
En Iran, de nos jours, un homme fourbu croise par hasard, un père de famille en quête de garagiste, qui lui semble avoir été son bourreau quand il était emprisonné en tant qu’opposant politique, pour une broutille. Dans sa fureur, il enlève son bourreau mais veut s’assurer de ne pas s’être trompé de personne avant de le tuer. S’en suit une équipée souvent burlesque dans une camionnette avec un couple préparant son mariage, leur photographe et d’autres victimes torturées par les polices du régime.
Le film m’a semblé inégal : son propos est très fort en ce qu’il montre à quel point la dictature du régime d’Iran est féroce, en ce qu’il rappelle que les comportements des victimes et des bourreaux peuvent être fluctuants, leurs rapports inversés ; la mise en scène est alerte, certains plans sont très beaux ; le son, qui est brut, réaliste, participe à l’immersion dans l’action. J’ai moins aimé les dialogues que j’ai trouvés parfois caricaturaux, parfois trop bavards et le côté un peu laborieux du scénario. J’ai nettement préféré « Aucun ours », le précédent film de Panahi. Selon moi, « Sirat », largement supérieur à « Un simple accident », aurait dû avoir la Palme d’or.
Regine C.C
Regine C.C

46 abonnés 259 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 octobre 2025
On ressort un peu mal a l'aise de ce film car on comprend que le cinéaste renvoie les adversaires dos à dos, les frontières entre victime et bourreau étant finalement assez floues. C'est là toute la subtilité et la force du film.
Comme beaucoup de films iraniens aux moyens limités, de nombreuses scénes sont tournées dans un van.
Une fin qui semble condamner le cycle sans fin de la vengeance.
Luccio56
Luccio56

2 abonnés 49 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 octobre 2025
un bon film, finalement politique même si les violences sont dîtes , sans être exposées. une fable , de l’humour aussi . il nous parle de ce que vivent les iraniens. bon mais la palme est excessive . la production iranienne de ces 2 dernières décennies à fait mieux .
. j'ai trouvé les iraniens très " bavard " . " .
Theo
Theo

49 abonnés 1 102 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 octobre 2025
Il n’y a rien de « simple » dans Un simple accident, le nouveau film de Jafar Panahi, et c’est peut-être là son plus grand mérite — mais aussi son talon d’Achille. Tourné dans la clandestinité, porté par des convictions brûlantes, chargé d’un symbolisme politique écrasant, le film réussit à tendre un miroir rugueux, opaque, à la société iranienne… mais parfois au prix d’une limpidité narrative et émotionnelle.

spoiler: La promesse initiale est puissante : un homme, une femme enceinte, une route nocturne, un chien percuté. Un banal accident qui provoque une panne, un repli dans un garage isolé, un mécanicien hanté par son passé carcéral. Et soudain, ce qui semblait anodin glisse vers un huis clos psychologique, une quête de vengeance, un ballet d’ombres entre mémoire collective et fantasme personnel.


Panahi filme l’incertitude comme d’autres filment la violence : frontalement. Il n’y a pas de musique pour adoucir les tensions, pas de flash-back pour valider les versions. Le présent suffit, suffoque. On avance dans un flou dense, spoiler: où l’identité du tortionnaire présumé devient le centre mouvant d’un film
qui interroge davantage qu’il n’affirme. Et c’est précisément ce qui fait la richesse — et la frustration — de l’œuvre.

L’idée de base — un homme peut-il être puni pour ce qu’il incarne, et non pour ce qu’il a fait ? — est vertigineuse. Le film choisit de ne jamais résoudre cette question. Certains y verront une finesse bienvenue, d’autres un refus de s’engager. Le scénario avance comme une marche nocturne dans une ville sans lampadaires : on distingue des formes, des intentions, mais rarement une direction claire. Ce flou n’est pas un défaut en soi. Mais il exige une concentration constante, une patience peu récompensée.

spoiler: Les séquences de groupe, notamment dans la camionnette, ont une dynamique à la fois étrange et fascinante. Chaque personnage — un libraire, une photographe, une mariée, un ouvrier, un amant éconduit — semble porter une douleur indicible
, et chacun pourrait justifier un film à lui seul. Mais rassemblés, ces fragments de mémoire ne parviennent pas toujours à faire chœur. Par instants, l'ensemble évoque davantage un collage qu’une composition. L’émotion est là, mais diffuse. L’impact, réel mais inégal.

La direction d’acteurs est remarquable dans sa discrétion. Vahid Mobaseri compose un personnage plus complexe qu’il n’en a l’air : ni victime pure, ni bourreau inversé. Son regard trouble, son calme presque maladif, sont ceux d’un homme qui ne sait plus s’il cherche la justice ou la réparation de son propre vide.

spoiler: Iqbal, l’homme à la jambe artificielle, reste silencieux, presque abstrait, tout au long du récit. Est-il coupable ? Peut-être. Est-il innocent ? Peut-être aussi.
Le film ne nous livre rien — et c’est cette retenue, cette sécheresse quasi clinique, qui devient le vecteur principal du trouble.

Panahi filme sans esbroufe. Pas de plans-séquences virtuoses, pas d’effets de manche. Sa mise en scène, ancrée dans une économie volontaire, colle à la peau du réel, mais parfois au détriment de la tension. Certains moments mériteraient un souffle plus net, une dramaturgie plus assumée. Le film reste sur la corde raide entre observation et stagnation.

Il faut évidemment replacer Un simple accident dans son contexte : réalisé dans l’illégalité, sans autorisation, sans concessions esthétiques, avec une équipe probablement en danger. Ce simple fait donne à chaque image un poids politique immense. Mais cela ne doit pas occulter les limites du film lui-même.

spoiler: Car malgré la puissance du geste, malgré les fulgurances — ce dialogue inattendu entre la mariée et l’homme attaché, ce plan soudain sur un enfant dans une ruelle
— Un simple accident souffre parfois d’un manque de respiration. Tout est tendu, dense, symbolique. On sort du film non pas vidé, mais suspendu, comme après une conversation trop lourde pour être digérée.

spoiler: La poésie, lorsqu’elle surgit, est brute, presque inaperçue : un rideau agité par le vent dans un garage sale, un éclat de rire déplacé, une main hésitante sur une portière.
Ces instants sauvent le film du didactisme. Mais ils sont rares.

Au final, Un simple accident est un film qu’on admire souvent plus qu’on ne l’aime. Il hante, il dérange, il interroge. Mais il échoue parfois à totalement captiver, à transformer sa charge symbolique en tension organique. Il y a des moments sublimes. Et d’autres, où l’on sent que la forme vacille sous le poids des intentions.

Ce n’est pas un film qui vous prend par la main. C’est un film qui vous lâche dans la nuit et vous dit : « Marche. » Si l’on trébuche, c’est parce que le chemin est réel.

Un simple accident est une expérience fragile, précieuse, marquée par des fulgurances inoubliables et quelques creux notables.
C’est un film à vivre plus qu’à regarder. À méditer plus qu’à applaudir. À débattre, encore, longtemps après la projection.
dapaong
dapaong

5 abonnés 23 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 octobre 2025
Pas très bien joué, la seconde partie du film n’est pas absolument pas convaincante, le sujet du scénario n’est pas nouveau. Mais une fois de plus, Canne s’intéresse plus aux idées qu’à la qualité du cinéma, et à ce qui intéresse le public. C’est dommage car il font finir par faire disparaître ce qui reste de talent dans le cinéma français
Sylvain P

403 abonnés 1 445 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 octobre 2025
Un simple accident est quasi une simple comédie, juste saupoudrée d'une pincée d'humanisme dans cet Iran qui ne l'est pas. Une palme d'or mineure.
Michel MetaMikMak
Michel MetaMikMak

1 abonné 7 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 octobre 2025
"Un simple accident" ne mérite pas une palme d'or de Cannes ... ou alors il faut fuir les autres films qui étaient en compétition. Certes les conditions de tournages sont sûrement difficiles, certes il faut du courage pour faire un film sur ce scénario en Iran, mais accorder la palme décrédibilise le festival et induit les potentiels spectateurs en erreur.
Ce film est allégorique .... mais c'est mal fichu. C'est long. On ne croit pas à cette folle journée. Là où on devrait ressentir de la tension ... je n'ai rien ressenti.
Si vous voulez voir des films iraniens, il y en plein de bien :
- Les graines du figuier sauvage
- Un homme intègre
- Le passé
- Une séparation
- Leila et ses frères
- La loi de Téhéran
- Un héros
....
PASCAL C
PASCAL C

32 abonnés 323 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2025
La vengeance est-elle un plat comestible ? Même si les protagonistes ont des raisons personnelles de vouloir l'exercer. De bons acteurs, un scénario qui nous tient en haleine, une réalisation de très bonne facture, une excellente palme 2025.
Republique33
Republique33

13 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 octobre 2025
Une grande claque, un film tout en tension qui nous laisse groggys. Sa puissance est amplifiée par les conditions de tournage qui imposent rigueur et dépouillement .
Babou
Babou

9 abonnés 124 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 octobre 2025
Je suis impressionnée par le talent du réalisateur qui réussit à nous tenir en haleine à partir d'une histoire simple (un ancien détenu qui tombe sur son bourreau), et en y ajoutant l'élément (le doute) qui va tout bousculer. Comme dans les films iraniens qui sortent en France, la dénonciation du régime est au centre. Mais les questions débattues sont universelles. Et concernent tous les spectateurs où qu'ils se trouvent. Film d'autant plus remarquable qu'il a été tourné dans des conditions difficiles. La scène finale est très forte. Et bravo pour le courage de toute l'équipe qui entoure le réalisateur.
Martial Bonkoungou
Martial Bonkoungou

15 abonnés 261 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2025
Je me limiterai à énumérer ce qui m'a plus. Et tout peut se résumer en quelques mots: mise en scène. Pour un film tourné clandestinement, le réalisateur arrive à nous faire ressentir la présence permanente, l'emprise psychologique du régime iranien. La force de transformation des êtres humains et de la société mais paradoxalement la persistance de leur humanité. Bien sûr qu'il a des défauts. Mais que sont-ils face aux qualités qu'on peut déceler dans ce film?
Fracas
Fracas

5 abonnés 41 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 octobre 2025
Filme un peu lourd, au vu du sujet abordé. Mais films intéressants, de bons acteurs, une tension assez forte. Des petites lenteurs. À voir !!
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