On retrouve ici un thème que Roman Polanski avait abordé dans "La jeune fille et la mort". Celui d’une victime face à son bourreau et à son désir de vengeance. Cependant Jafar Panahi l’aborde dans une veine plus satirique, avec plus d’humour noir. Une belle palme d’or.
J'adore ces films qui donnent à voir ce que les systèmes politiques peuvent laisser leur trace sur la vie humaine. Que c'est une chose la colère et une autre la vengeance. Comment est-ce possible de se résigner, c'est tout ce que le film montre par les images mais qui empreinte la voie de ce qui peut se dire. Comment dire l'impossible à supporter ?
Un film qui nous emmène sur l'envie de vengeance d'un groupe de personnes opprimées par le régime iranien, qui semblent avoir retrouvé leur tortionnaire. Rien n'est sûr. Ca se dévoile vers la fin. C'est bien joué mais pas trop bien doublé. C'est un film intéressant mais qui n'apprend rien. La fin n'est pas claire.
Inversion des rôles. Vahid, un manifestant qui a été torturé par le régime iranien, aperçoit par hasard son ancien tortionnaire dans un garage automobile. Tenaillé par une soif de vengeance, il décide de le kidnapper dans le but de l'assassiner. Mais, pris de doute avant de lui ôter la vie, il décide de demander l'avis d'autres victimes de ce bourreau. Filmés dans un road-trip à travers Téhéran, les protagonistes qui ont le sort du criminel entre leurs mains, alternent entre crise de nerf, confession thérapeutique, colère animale et tiraillement moral. Avec ce terrible dilemme: dans un système corrompu et arbitraire, ont-ils le droit de se venger eux-même, et user des mêmes méthodes barbares? Œil pour œil, et dent pour dent? Ce film courageux du réalisateur dissident iranien Jafar Panahi, sacré à Cannes, pointe en creux la cruauté d'un régime et ses répercussions psychologiques sur le peuple.
Un bon film avec une bonne intrigue qui parvient à plonger le spectateur dans l’histoire. De très bons acteurs qui nous font nous questionner quant à la culpabilité de l’un des personnages tout au long du film jusqu’au dénouement final. Une bonne réalisation qui ne justifie cependant pas, selon moi, une Palme d’Or.
Un homme (Vahid) croise celui qu’il reconnaît comme étant son ancien tortionnaire en Iran. Il le kidnappe pour se venger mais le doute s’installe lorsque celui-ci affirme qu’il n’est pas l’homme recherché. Vahid décide donc de faire appel à d’autres personnes qui auraient eu affaire au tortionnaire pour voir s’ils pourraient l’identifier. J’ai trouvé ce film très fort, surtout vu le contexte dans lequel il a été réalisé. Outre l’histoire principale, cela permet de voir le fonctionnement du système d’un pays avec les pots de vin, la place de la femme dans la société…. Tout est totalement effarant. Mais malgré la dureté du sujet, il y a régulièrement des notes d’humour. Pour moi, le film est l’affrontement entre l’humanité et la haine. spoiler: L’affrontement final est très révélateur de cette opposition et de la difficulté à agir sans se laisser aveugler, à garder ses principes quand on a connu l’horreur. Cette scène est extrêmement forte.
La toute dernière scène est glaçante, tout se passe avec le son. On sort du film avec une boule au ventre d’angoisse. C’est vraiment vertigineux surtout quand on repense à la toute première scène.
J’ai passé un bon moment devant ce film. L’histoire est volontairement simple et repose davantage sur les questionnements moraux que sur l’action. Pendant une grande partie du film, j’étais assez réservé et je pensais lui attribuer une note de 2,5/5.
Cependant, la dernière scène apporte une dimension supplémentaire au récit et donne davantage de poids à l’ensemble. C’est elle qui m’a convaincu de revoir ma note à la hausse. Malgré ses qualités et les thèmes intéressants qu’il aborde, je ne le considère pas comme le film de l’année. Je reste donc assez partagé sur cette œuvre, même si sa conclusion laisse une impression durable.
Le réalisateur Jafar Panahi a certainement bénéficié de son statut d’opposant au régime de la république islamique d’Iran pour remporter la Palme d'or au festival de Cannes en 2025. En effet, son film, tout en s’appuyant sur un sujet à fort potentiel, demeure assez terne. Le kidnapping d’un tortionnaire par ses anciennes victimes donne lieu à un road trip autour de Téhéran. A l’aide d’une mise en scène peu imaginative, ce huis clos se déroule le plus souvent de manière théâtrale tout en proposant une réflexion sur la vengeance d’un côté et les remords de l’autre. La violence des sévices et humiliations vécus durant la détention de ces ex prisonniers politiques n’étant jamais vraiment développée, il en ressort un caractère dramatique aseptisé. Bref, plus qu’une dénonciation d’un système totalitaire, il s’agit d’une lecture très didactique sur la notion de pardon.
Film bavard et qui ne prête à aucun moment à sourire. C'est un drame grave sur que l'on peut faire quand on retrouve son tortionnaire La fin est glaçante
Une belle promesse de scénario, mais un film ennuyeux qui tourne en rond. Cette Palme d’or, plus politique que cinématographique, a cependant le mérite de braquer les projecteurs sur la souffrance du peuple iranien.
Un film politique remarquable sur la violence qui engendre la violence. La mise en scène est sobre au service de dialogues ciselés déclamés par des acteurs d une grande justesse. C’est un film maîtrisé de bout en bout qui rend sa démonstration implacable.
J’ai vu Un simple accident de Jafar Panahi hier soir et je suis encore un peu secoué. Je lui ai mis 4/5 sans hésiter, même si une petite partie de moi hésitait à lui donner une meilleure note. Ce film est une claque discrète mais puissante, typique du cinéma iranien de résistance dont Panahi est devenu le maître incontesté. L’histoire commence vraiment par un banal accident de la route : un chien écrasé, une voiture cabossée, un mécanicien qui tombe par hasard sur un visage qu’il n’oubliera jamais. À partir de là, tout s’enchaîne avec une logique implacable et pourtant pleine de doutes. On suit Vahid, ce garagiste ordinaire, qui reconnaît (ou croit reconnaître) son ancien tortionnaire de prison. Ce qui suit n’est pas un simple thriller de vengeance, c’est une plongée étouffante dans la mémoire traumatique, la question de la vérité et surtout le prix de la dignité. J’ai rarement vu un film qui pose aussi frontalement la question : est-ce que la vengeance nous rend libres ou est-ce qu’elle nous enchaîne un peu plus ? Ce qui m’a le plus marqué, c’est la façon dont Panahi filme cette tension permanente entre l’intime et le politique. Les scènes de groupe, où d’anciens détenus se retrouvent pour confronter leur bourreau présumé, sont d’une justesse folle. On sent la rage contenue, la paranoïa, mais aussi une humanité fragile qui empêche le film de basculer dans le manichéen. Les acteurs sont excellents, particulièrement Vahid Mobasseri qui porte le film sur ses épaules avec une présence à la fois banale et magnétique. Techniquement, c’est sobre, presque documentaire par moments, et pourtant chaque plan respire une maîtrise incroyable. Panahi continue de faire du cinéma un acte de résistance, même après tout ce qu’il a traversé. Ce film est plus direct que certains de ses précédents, plus "thriller" aussi, et ça lui donne une accessibilité nouvelle tout en gardant cette profondeur caractéristique. Il y a des moments d’humour noir salvateurs qui font respirer, avant que la tension ne reprenne le dessus. C’est intelligent, rageur et étrangement plein d’espoir malgré tout. Bref, Un simple accident est pour moi l’un des grands films de l’année 2025. Il ne révolutionne pas le langage cinématographique, mais il dit des choses essentielles avec une justesse rare. Si vous aimez le cinéma qui réfléchit sur la société sans jamais oublier les êtres humains qui la composent, foncez. Moi, j’y retournerai sûrement.
Un film politique, courageux, qui interroge sur la notion de pardon, de bien et de mal. Mené comme un thriller, il met à mal les convictions des personnages et tient le spectateur en haleine.