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Cricriiiiiiii
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2,0
Publiée le 24 janvier 2026
Le film hésite maladroitement entre drame et comédie, à travers une histoire frontale sans aucune subtilité, faite de scènes figées et étirées à outrance, et portée par des acteurs qui ne font que surjouer ou réciter.
Super réalisateur, superbe film avec des messages profonds au cœur des dialogues. On se prend à aimer l'Iran sans y être jamais allé . Pas de gros moyens financiers comme dans les gros film américains à gros budget, non, une grande simplicité, de la vérité, du naturel et beaucoup d'amour pour son pays et ses compatriotes. De l'humanisme total puisque c'est pour le supposé bourreau que l'on tremble tout du long...
Amateur du cinéma iranien, pour en avoir vu beaucoup, mon avis sur cette palme d'or est plutôt mitigée. Tragi-comédie théâtrale souvent absurde avec ces personnages haut en couleur liés par un passé douloureux, "un simple accident", film très verbeux dans son rythme assumé, déroule jusqu'au bout une fin plutôt prévisible où la morale dépasse la vengeance. On a déjà vu des choses plus subtiles comme l'excellent " Les graines du figuier sauvage". Pas mon coup de cœur de Cannes 2025.
Bon dieu on se croirait revenu au temps des palmes politiques des pays de l'est. Le film est long, pas spécialement intéressant, ce qui est un comble vu le sujet. Tout le monde parle et crie sans grand dialogue, ni scénario. Une énorme déception. Mieux vaut revoir "La jeune fille et la mort" de Polanski sur un sujet proche.
Jafar Panahi part d’une situation réaliste pour interroger la responsabilité individuelle et la mémoire de la violence politique. Le film se distingue par la clarté de son propos et la rigueur de sa mise en scène, privilégiant les dialogues et les dilemmes moraux à l’action. Si la réflexion est stimulante et cohérente, le rythme lent et l’approche très démonstrative peuvent créer une certaine distance émotionnelle. Un simple accident convainc par son intelligence et son courage, mais peine parfois à dépasser le stade de l’exercice moral.
Quelle déception ! Je n'ai pas du tout retrouvé dans ce film la subitilité et la profondeur que je trouve d'habitude dans le cinéma iranien (Le pardon, A propos d'Elly, Mon gâteau préféré, Le diable n'existe pas...). Le scénario est totalement improbable, ça tourne en rond, ça vire souvent au rocambolesque. Je n'ai pas cru une seule seconde à ces personnages, à leur colère. Les interactions entre les personnages ne sont ni crédibles, ni bien jouées. Rien de special non plus dans la façon de filmer. Cette Palme d'Or me semble plus motivée par des considérations politiques que cinématographiques.
Un film intéressant, où les personnages ne font que s’enfoncer dans leur bêtise et dans leurs erreurs. Ça crie de partout sans intérêt, et ça nous emmène nul part.
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3,5
Publiée le 17 décembre 2025
« Dieu l'a sûrement mis sur notre route pour une raison. » À la suite d'un accident avec un chien, deux hommes se croisent sans se voir mutuellement. Vahid n'aurait même pas eu besoin de le voir puisque le simple bruit de la jambe prothétique lui rappelle les pires moments de sa vie. Pour lui, c'est une chance d'obtenir justice ou plutôt de se faire justice et il ne veut pas laisser passer cette occasion... Un désir de vengeance qui s'accompagne de doutes qui ne font que retarder son envie de passer à l'acte. C'est sur ce choix difficile, ce dilemme moral, que Jafar Panahi construit son nouveau film avec des personnages qui se joignent en cours de route. Évidemment, le réalisateur va toujours plus loin que son sujet pour évoquer la vie sous le régime, la société patriarcale, la corruption, la bureaucratie ou encore la condition des femmes. S'il évite le thriller de vengeance standard, j'aurais bien aimé voir quelque chose de plus torturé et de moins lisse quand il s'agit de cette décision. Palme d'or à Cannes, "Yek tasadef sadeh" est un bon film, mais pas plus malgré une dernière image glaçante.
"It was Just an Accident" est un film très important pour comprendre la circle vicieux de la violence. Effectivement tout laisse à porter que le tortionnaire des acteurs principaux va être enterré dès le debut du film. Cependant grâce à la magnifique réflexion et contradiction des personnages qui se développe tout le long du film, le sort de celui-ci semble s'éclaircir.
Je n'ai pas "adoré" ce film, que j'ai pu trouver un peu "ennuyant" parfois, néanmoins le message derrière et essentiel et permet une libre interprétation de chacun, notamment la fin...
J'ajouterai pour finir que les acteurs mon particulièrement bluffé par leur humanité et leur justesse, chacun possédant son propre caractère et ses propres certitudes. On voit bien que le plus fort ne gagne pas tout le temps, que la force, la violence ne peut l'emporter face à la morale, la justesse et la compréhension.
Un film très important au regard du contexte actuelle au Moyen Orient et Proche Orient
Un Simple Accident, Palme d'or à Cannes et représentant de la France aux Oscars, du réalisateur Iranien Jafar Panahi est un film essentiel qu'il est important de remettre dans le contexte de sa création et de son réalisateur.
Interdit de filmer et de voyager par le gouvernement Iranien depuis 2010, Jafar Panahi tourne son film clandestinement, en Iran même, le plus discrètement possible sans acteurs professionnels et avec une équipe réduite.
Malgré ces conditions chaotiques, le film est excellent.
Le film capte une authenticité rare où chaque plan parait réel, tout est montré avec une sincérité bouleversante. La mise en scène est d'une grande maîtrise, la caméra sait toujours où se placer de manière à ne filmer que ce qu’il faut pour suggérer plus qu’elle ne montre.
Techniquement, c’est vraiment réussi. Malgré des conditions de tournage assez complexes, l’image est d’une rigueur visuelle irréprochable :Les plans-séquence s’enchaînent avec une fluidité remarquable, et le travail sur la lumière sur lequel il y a une vraie application est plus qu'appréciable et vraiment propre.
Les prestations des acteurs amateurs sont d’une puissance rare, à certains moments la justesse de leur jeu donne littéralement des frissons.
Le film passe aussi par des instants d'absurde très drôles, en opposition totale avec le reste et illustrent parfaitement le triste grotesque de leur vie.
Mais au-delà de la forme, c’est surtout le fond qui marque. Le film explore avec l’ambiguïté de la violence, les conséquences de la répression de l'état iranien, et cette frontière floue entre justice et vengeance. On plonge dans la possibilité du cercle de violence sans fin, où il suffit d’un geste en plus pour que tout bascule dans l’enfer.
Le réalisateur arrive aussi à évoquer la place des femmes dans la société iranienne avec une subtilité remarquable. Rien n'est prétexte, et s’intègre naturellement à l’histoire, jusqu’à une scène assez folle que je préfère ne pas raconter ici pour vous laisser la découvrir pleinement.
Et puis cette dernière scène… BORDEL. Quel enfer ! C’est magistral de justesse, absolument terrifiant, quel choc !
Un simple accident, formellement irréprochable et au discours politique plus qu'essentiel est une palme mérité qui va sans doute permettre à ce petit film au grand discours d'avoir une visibilité internationale pour faire entendre la voix des gens que l'on fait taire.
All That’s Left of You est une fresque ambitieuse qui traverse près de 80 ans d’histoire palestinienne à travers le destin d’une famille. Le film n’est pas parfait — certaines scènes paraissent appuyées, certains passages un peu forcés — mais il possède une ampleur émotionnelle rare et une sincérité qui emporte tout.
Le récit suit trois générations, de Jaffa en 1948 à aujourd’hui. On y voit un monde disparaître peu à peu : les maisons détruites, les exils forcés, les quartiers rétrécis, la mémoire qui se fissure. L’un des moments les plus poignants évoque la perte des orangeraies de Jaffa. Enfant, je mangeais ces oranges — un goût incomparable, que plus aucun fruit n’a égalé depuis. Le film rappelle combien leur disparition n’est pas seulement matérielle : c’est tout un paysage, toute une douceur du monde qui s’est éteinte, remplacée par des structures modernes qui ne portent plus l’âme du lieu.
Ce qui rend l’œuvre puissante, c’est qu’elle montre la souffrance palestinienne sans jamais tomber dans le dualisme. Le film dénonce l’occupation et ses violences, mais il ne cherche pas à simplifier ni à accabler. Au contraire : lorsque surgit la question du don d’organes du jeune Noor — dont le cœur pourrait sauver un patient israélien — Dabis ouvre une brèche d’humanité. Cette scène offre une réponse israélienne fragile, ambiguë, mais réelle : un espace où les douleurs se reconnaissent sans s’annuler.
Le portrait du fils, Noor, est également essentiel. On comprend comment la colère, nourrie par l’injustice et les humiliations, peut devenir un moteur tragique. Mais Dabis montre aussi que la haine n’amène qu’à la mort : c’est l’un des messages les plus forts, et peut-être celui qui résonne le plus profondément aujourd’hui.
Malgré quelques longueurs et un final trop étiré, All That’s Left of You reste un film important, nécessaire. Un récit de transmission, de perte et de mémoire, porté par une mise en scène sensible et par des acteurs bouleversants. Il rappelle que derrière les conflits et les frontières, il y a avant tout des vies, des familles, des êtres humains.
Un film imparfait mais profondément humain — à voir, à ressentir, à laisser infuser longtemps.
Je n'aime pas les films de Jafar Panahi que je trouve bien souvent trop centrés sur sa petite personne et sa petite personne pour être réellement intéressants et pire que tout, il empêche toute émotion en surlignant ce qu'il veut dire par des dialogues. Taxi Téhéran étant par exemple une purge dans le genre... Cependant Trois visages m'avait assez plu parce que c'était moins métafilmique et moins centré sur sa souffrance, avec de vrais moments d'humour absurde. Je dirais que Un simple accident est un peu plus dans cette veine là... Le début du film j'ai bien cru que ça allait être insupportable avec ce dispositif très simple où on filme une conversation simple dans dans une voiture, mais qui est bien trop lourd de de sens pour être réellement innocente, où on sent que c'est la lourdeur pachydermique de Panahi qui tire les ficelles. Et puis on change le personnage que l'on suit et tout ça devient plus intrigant, on se demande ce qui se passe et surtout tout ça devient quasiment absurde. Les séquences changent de ton, les personnages changent de comportement en apprenant une information et il y a un décalage entre ce couple en train de prendre des photos de mariage, bien propre sur lui et toute l'intrigue qui est en train de se construire. Disons que ça fonctionne vraiment bien et qu'à plusieurs reprises, quand j'ai pensé que ça ne peut pas devenir plus n'importe quoi, ça arrive à devenir plus bordélique et j'avoue avoir souri. Bref, c'est pas si mal. C'est juste dommage que finalement la fin soit si molle, antiradicale, c'est un film centriste. Un filet d'eau tiède dans son discours et c'est dommage... Alors je ne sais pas si c'est pour des questions de censure ou autre, mais en l'état, ben on souffle. Surtout qu'on se doute de comment ça va finir, l'avant dernière séquence qui est en plan séquence fixe (si je me souviens bien) est très longue mais surtout on voit où ça veut en venir et donc ça fait tirer inutilement en longueur, surtout pour une résolution aussi molle... Peut-être que je ne suis pas allergique totalement au cinéma de Panahi, j'ai pas détesté, mais faut se radicaliser mon vieux, esthétiquement, thématiquement, tout...