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Frédéric T
37 abonnés
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2,0
Publiée le 11 octobre 2025
Les pieds nickelés à Téhéran ou Que faire d'un bourreau unijambiste. Comédie lourdingue et bavarde, pas toujours bien jouée, et pour tout dire pénible. La dénonciation des horreurs du régime iranien ne peut justifier ce médiocre bricolage (d'accord, ça a été filmé clandestinement et courageusement ). La fin a été pour moi une libération. Cette palme d'or est totalement incompréhensible, tout comme les éloges unanimes de la presse. Quant à représenter le cinéma français aux Oscars...
C'est un bon film touchant sur la vengeance et la justice. Peut-il être juste de se venger ? Doit-on rendre à l'autre ce qu'il nous a fait subir ? Les questions sont graves mais le ton du film est burlesque. On ne peut pas oublier le contexte du film : il s'agit de résister au régime iranien. La démarche est courageuse et mérite d'être soutenue.
Déception. On est loin de l’émotion et de la puissance de récents chefs d’œuvre Iraniens tels que Leïla et ses frères, le diable n’existe pas ou les graines du figuier sauvage Ici le mélange des genres ne fonctionne pas et, entre les très fortes scènes d’ouverture et de clôture, on s’ennuie souvent face à la répétition de scènes burlesques mal ficelées. Dommage, car la réflexion politique est puissante, l’éthique personnelle du réalisateur et ce recours au hors champ pour ne pas filmer l’horreur frontale sont à célébrer. Mais ça ne suffit hélas pas.
Le cinéma iranien regorge de pépites. "Un simple accident" malgré sa palme d'or, ne sera pas sur le haut de ma pile. L'histoire dénonce d'une manière caustique (comme souvent chez Jafar Panahi) les abus du régime et pose des questions intéressantes (un peu comme le Comte de Monte Cristo): est-ce que la vengeance est une forme de justice ? Son désir est-il au dessus de nos valeurs ? Qu'est-ce qui nous répare vraiment ? Néanmoins, le scénario m'a paru un peu lisse même si le personnage de Hamid vient le réveiller un peu. Peut-être que j'ai été influencée par une "palme d'or" qui ne me semblait pas méritée.
Très bon film, mais exigeant en matière de rythme.
Le film se distingue par sa maîtrise technique, notamment l'utilisation de plans-séquences qui renforcent l'immersion. L'écriture est puissante : les longs débats moraux et querelles psychologiques sont le cœur du récit et confèrent à l'ensemble une dimension très théâtrale et intense, rappelant l'atmosphère d'œuvres comme Juste la fin du monde.
Cependant, le principal point faible réside dans le rythme. L'œuvre est très lente, voire monocorde. Le spectateur peut attendre en vain une accélération significative ou un événement perturbateur majeur qui viendrait briser cette tension continue, ce qui ne se produit finalement que très peu.
C'est un drame réussi, mais qui demande une patience certaine.
Grand film de Jafar Panahi, qui déboulonne la statue branlante du régime iranien avec une économie de moyens remarquables. Il est intéressant de comparer Un simple accident avec l'autre film iranien de la compétition cannoise : Woman and Child de Saeed Roustaee. Un excellent film au demeurant. Mais il passe par beaucoup d’esbroufe en termes de mise en scène, de scénario et de dialogues tortueux, quand le film de Panahi est un modèle de concision et d'efficacité.
Son humanisme à la fois lucide et bonhomme rappelle les grands maîtres du western classique, tels John Ford, le van du film ressemblant à la diligence de La Chevauchée Fantastique, où des personnages contraints de rester ensemble et de se supporter incarnent toutes les nuances de l'humanité.
Mais Un simple accident n'est pas qu'une simple tragicomédie. C'est une réflexion vertigineuse sur la violence, la justice et le mal. Comment combattre ce dernier sans tomber sous son emprise ? La réponse est loin d'être simple. On le sait depuis longtemps, l'art nous prenant d'ailleurs à témoin, la vengeance peut être amère.
Jafar Panahi livre donc un film simple en apparence, mais riche et complexe, porté par de talentueux interprètes, et une mise en scène limpide, mais qui ça et là démontre le savoir-faire indéniable du cinéaste iranien.
J'ai vu l'autre grand favori de Cannes 2025, Un agent secret de Kleber Mendonça Filho, et après l'erreur de l'an passé (La Graine et le Figuier de Mohammad Rasoulof aurait clairement dû être sacré au lieu d'Anora), le jury de Juliette Binoche semble ne pas s'être trompé : Un simple accident est une belle et évidente Palme d'Or.
Je comprends tout à fait l'importance de ce sujet et le besoin de dénoncer. Et c'est un bon film, mais je d'autres films m'ont plus convaincue cinématographiquement parlant. Après bien sûr, il faut prendre en compte les conditions dans lesquels le film a été tourné (clandestinement et sous pression), et le risque encouru par le réalisateur et toute l'équipe. Dans tous cas, on ne peut qu'admirer leur courage et offrir notre soutien en allant voir le film et on en parlant autour de nous.
Un thriller iranien qui nous entraîne dans une poursuite dramatique pour identifier un ancien tortionnaire. Des situations cocasses alors que le sujet est sombre. Un tour de force de la part du réalisateur Jafar Panahi pour avoir réussi à filmer en Iran et les effets du régime dévastateur sur les individus. Une prise de risques qui rendent le film encore plus impactant car chacun peut s'identifier aux personnages dans la soif de vengeance, mais qui nous interroge aussi sur notre humanité. A voir !
Film très intelligent, tour à tour, drôle, surréaliste et dramatique. Quelques scènes surréalistes, dérisoires, sont à la mesure de l'aberration dans laquelle le régime iranien a plongé le pays. Le spectateur gagne à avoir en tête que le film a été tourné clandestinement, ce qui rajoute un peu à la valeur de chaque scène tournée dans l'espace publique... Le film ouvre le choix, le dilemme, entre vengeance, oubli, pardon... Le magnifique plan séquence de l'interrogatoire, avec un hors-champs montrant la complicité et l'impatience des interlocuteurs... La condamnation qui y est faite du régime est sans nuance. Enfin, une scène tout aussi réussie, un plan fixe qui pourrait nous rendre optimistes sur la capacité des iraniens à se réconcilier... Jafar Panahi a choisi de retourner en Iran ; c'est éminemment courageux de sa part. Le courage des acteurs est aussi à saluer ! Tours 2/10/25
sous un aspect comique tout y était. la vengeance. l’honneur. la culpabilité. bravo pour ce film tout en presque demi teinte pour montrer l’horreur d’un régime. palme d’or pas volée
Des sentiments très partagés suite à la découverte de la Palme d'Or 2025.
Une séquence d'ouverture haletante et à la mise en scène impressionnante, un dernier quart d'heure incroyable d'intensité menant à une scène finale magistrale - un hors champ suspendu et insoutenable. Mais entre les deux, un film très irrégulier qui alterne scènes fortes et d'autres au ton beaucoup plus léger, dont l'intérêt questionne parfois.
Le scénario, pourtant bâti sur un double dilemme passionnant — reconnaître ou non le coupable, punir ou pardonner — peine à maintenir l’émotion et la tension sur la durée.
Il interroge néanmoins avec pertinence et finesse la frontière entre justice et vengeance, la culpabilité et la possibilité du pardon dans une société meurtrie par la violence politique et la corruption (idée géniale de la carte bleue).
Reste le débat du moment : le film méritait-il une Palme d’Or ? Il est tentant de penser que depuis la prise de parole de Juliette Binoche — présidente du jury cette année — pour réclamer la libération de Panahi en 2010, le choix du palmarès semblait écrit d’avance. Hypothèse plausible, mais peut-être un peu réductrice. Et à ceux qui jugeraient l’œuvre trop « simple » ou pas assez « ample » pour accéder à la plus haute distinction, l'on rappellera que si la Palme récompensait uniquement la virtuosité ou la flamboyance, des films comme Mommy ou 120 Battements par minute l’auraient remportée avant lui.
Malgré ses défauts, et même si le film est sans doute moins puissant que les précédents du réalisateur iranien, la Palme d'Or 2025 récompense ici non seulement un geste politique fort — le film a été tourné clandestinement — mais également un talent pour conjuguer mise en scène rigoureuse et thriller moral profondément humain, à défaut d'être haletant.
Ai vu « Un simple accident » de Jafar Panahi, réalisateur iranien qui a obtenu la Palme d’Or lors du dernier festival de Cannes. Suite à son arrestation, une peine de prison de plusieurs années et une interdiction de pratiquer son métier, Jafar Panahi revient tout de même avec un nouveau film et pied de nez magistral, rafle le plus grand prix du plus grand festival international de cinéma. Jafar Panahi s’est inspiré pour le scénario de son incarcération et met en scène plusieurs détenus qui par hasard pensent avoir retrouvé leur tortionnaire, agent de la République Islamique. « Un simple accident » commence avec un magnifique plan séquence dans une voiture de nuit, en Iran de nos jours. Un simple accident tout à fait banal bascule dans un thriller politique où la vengeance devient le thème principal. Le long métrage haletant privilégie les longues scènes aux nombreux dialogues où chaque personnage a le temps d’exposer sa colère, ses craintes, sa peur. L’action se déroule en moins de 24 heures. La simplicité et l’efficacité des cadres comme souvent dus au fait que le tournage est la plupart du temps clandestin, sont d’une grande beauté. Les acteurs qui forment ici une petite troupe puisqu’une grande partie des scènes sont collectives manient la rupture de jeu à la perfection. Vahid le garagiste (Vahid Mobesseri), Shiva la photographe (Maryam Afshari), Hamid (Mohamad Ali Elyasmehr), Golrokh la mariée (Hadis Pakbaten) déclenchent l’identification immédiate et l’on partage avec eux leurs tourments, leurs questionnements par des dialogues efficaces et d’une grande liberté de ton. La charge contre le pouvoir iranien est indéniable, sans filtre et faisant fie de la censure. « Un simple accident » est un grand film essentiel.
La palme d'or de l'année à Cannes, je ne me sens pas assez compétent pour dire si ce film la mérite ou pas, mais assurément, c'est un grand film qui dépasse sa singularité. Le hasard fait se croiser un ancien tortionnaire iranien et une de ses anciennes victimes, qui se met à douter devant ses dénégations. De grands et magnifiques plans séquences, des éclairages finement trouvés allant du grand soleil à l'ombre, des actrices et acteurs entiers dans la diversité de leurs rôles. Et au milieu de ce tragique, le réalisateur injecte des situations truculentes, voire saugrenues ouvrant vers d'autres pans de la vie. Elles sont loin d'être des dérivatifs, au contraire elles nourrissent subtilement l'histoire qui avance ainsi de façon imprévisible. Je trouve ce film brillant qui nous conduit à réfléchir à l'humanité grâce à un puissant regard artistique. C'est en Iran, mais c'est partout, c'est au 20ème siècle mais c'est de tout temps ! Universel et intemporel. Osez y aller
« Un simple accident » est un film d’une intelligence rare où la subtilité est partout. Jafar Panahi raconte le moment qui ne cesse de se rapprocher : l’après mollah. Il est question de désir de vengeance et de quête de Justice pour celles et ceux qui ont vécu l’indicible. C’est bouleversant. Une nouvelle fois, le cinéma iranien réaffirme qu’il est extraordinaire. Chef d’œuvre.