Note moyenne
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J’ai trouvé le film marrant et inspiré par instant mais assez long et répétitif la plupart du temps. Je n’ai rien contre les plans fixes et les longs plans séquences mais il y a ici une tendance à user des mêmes motifs pour exprimer une idée assez simple et convenue. Nous sommes tous d’accord pour condamner la pratique plus qu’autoritaire du pouvoir du régime iranien mais est-ce que nous, les occidentaux, ne nous complaisons pas un peu dans cette critique ? Est-ce que ce film aurait eu la Palme d’or sil critiquait les dérives autoritaires d’un quelquonque autre régime ?
Sujet de la première importance, hélas le traitement cinématographique reste bien décevant. Un prix politiquement mérité, mais qui n’arrive pas à la cheville du film " La femme qui en savait trop " , et du film " Sept jours " , deux films immanquables !
Vu en avant-première, le film n’est pas dénué d’intérêt, mais il ne justifie en rien une Palme d’or. La mise en scène souffre de longueurs, avec certaines séquences inutilement étirées. L’ambition de proposer un film à message est claire, mais le propos manque de subtilité et finit par perdre en force. Quant à la conclusion, elle paraît à la fois précipitée et incohérente, ce qui affaiblit l’ensemble. Certes, les conditions de tournage dans la clandestinité suscitent le respect, mais cela ne suffit pas à masquer les faiblesses narratives et esthétiques de l’œuvre.
Un titre plein d’ironie quand on a vu ce film magnifique. Panahi règle certains compte avec l’Iran, la politique entre autre ( très court), avec un scénario intelligent ( un enlèvement). J’ai adoré le beau discours dans le désert, ( politiquement universel). Pour le reste c’est une mise en scène très sobre, mais lucide, des personnages qui interpellent, humains et pudibonds, droits dans leurs bottes qui font tout pour se rendre justice. ? C’est un film intemporel, clairvoyant, bien filmé, qui pourrait faire évoluer certaines mentalités en Iran, voire en Europe, ??? Précipitez vous, la salle était nombreuse….
Me retrouver sur @cinémasansfard (youtube) !
Ce pays qu’on croyait immobile se met à trembler, un homme marche dans ses souvenirs, un visage. Un simple accident est plus qu’un drame : c’est un supplice de la mémoire chuchotée. Jafar Panahi nous tend un miroir qui fissure : ce que l’on croit réparé recommence à saigner. Dans ce film, l’imagination est cage, et le doute — une sentence.
Vahid le croise, ou croit le croiser — l’homme qu’il juge tortionnaire —, et dans ce croisement, l’histoire bascule. Le doute s’invite, silencieux mais invincible. On ne sait plus ce qui est vrai, ce qui est mensonge. Faces figées, voix basses, regards qui fuient — le drame se joue dans les crevasses du quotidien. Mariés, père, tortionnaire supposé : Panahi enveloppe ses personnages d’une langueur qui étire les instants, les fait durer comme si on attendait que l’ombre se révèle.
La mise en scène, sobre mais urgente, capte la crainte : rues désertes, voitures arrêtées, halètement d’un moteur, claquement d’une portière. Le décor politique pèse, presque sans décor : l’Iran d’aujourd’hui s’étale dans les fissures de dialogues, dans les hésitations du silence. On sent l’expérience personnelle du réalisateur vibrer sous chaque scène : l’emprisonnement, l’exil intérieur, la résistance têtue.
Mais le film n’est pas parfait. Parfois le discours semble vouloir porter trop, ou vouloir dire l’indicible avec des mots déjà usés. Le personnage de tortionnaire nié — entre vengeance et pardon — pourrait être plus ambivalent, plus nuancé. Quelques séquences semblent tirées du crescendo dramatique attendu, comme si le film parfois courait après une catharsis.
La force cependant est là : la convergence des destins, le portrait choral des victimes, la tension à fleur de peau. Le film ne propose pas de repos moral, il interroge. On ressort de la salle avec le poids des mots non dits, le spectre d’une justice personnelle. Panahi montre que le cinéma peut être arme, blessure, confession.
Emotion brute, courage rare. Un simple accident ne cherche pas à guérir, mais à témoigner. Et peut-être c’est cela sa plus grande victoire : ne pas oublier.
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Ce pays qu’on croyait immobile se met à trembler, un homme marche dans ses souvenirs, un visage. Un simple accident est plus qu’un drame : c’est un supplice de la mémoire chuchotée. Jafar Panahi nous tend un miroir qui fissure : ce que l’on croit réparé recommence à saigner. Dans ce film, l’imagination est cage, et le doute — une sentence.
Vahid le croise, ou croit le croiser — l’homme qu’il juge tortionnaire —, et dans ce croisement, l’histoire bascule. Le doute s’invite, silencieux mais invincible. On ne sait plus ce qui est vrai, ce qui est mensonge. Faces figées, voix basses, regards qui fuient — le drame se joue dans les crevasses du quotidien. Mariés, père, tortionnaire supposé : Panahi enveloppe ses personnages d’une langueur qui étire les instants, les fait durer comme si on attendait que l’ombre se révèle.
La mise en scène, sobre mais urgente, capte la crainte : rues désertes, voitures arrêtées, halètement d’un moteur, claquement d’une portière. Le décor politique pèse, presque sans décor : l’Iran d’aujourd’hui s’étale dans les fissures de dialogues, dans les hésitations du silence. On sent l’expérience personnelle du réalisateur vibrer sous chaque scène : l’emprisonnement, l’exil intérieur, la résistance têtue.
Mais le film n’est pas parfait. Parfois le discours semble vouloir porter trop, ou vouloir dire l’indicible avec des mots déjà usés. Le personnage de tortionnaire nié — entre vengeance et pardon — pourrait être plus ambivalent, plus nuancé. Quelques séquences semblent tirées du crescendo dramatique attendu, comme si le film parfois courait après une catharsis.
La force cependant est là : la convergence des destins, le portrait choral des victimes, la tension à fleur de peau. Le film ne propose pas de repos moral, il interroge. On ressort de la salle avec le poids des mots non dits, le spectre d’une justice personnelle. Panahi montre que le cinéma peut être arme, blessure, confession.
Emotion brute, courage rare. Un simple accident ne cherche pas à guérir, mais à témoigner. Et peut-être c’est cela sa plus grande victoire : ne pas oublier.
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Une famille roule en voiture la nuit et écrase malencontreusement un chien, le "simple accident" du titre qui va en entraîner beaucoup d'autres quand le conducteur (nommé Eghbal, c'est à dire "chance, hasard" en persan !) est reconnu comme un geôlier particulièrement sadique par d'anciens détenus politiques...
On reconnaît évidemment la patte de Panahi avec son soin à filmer la vie quotidienne des iraniens, mais on ne peut que saluer la prouesse cette fois-ci tant il a bravé les risques de la censure et du régime pour certaines scènes extérieures (notamment celle de l'altercation dans la rue et plein d'autres petits détails qui peuvent échapper aux non-initiés). Le sujet est grave, lourd mais Panahi ose le traiter aussi avec un peu d'humour et d'absurde (je pense à la jolie scène de l'hôpital) et évite ainsi un film trop plombant. Après un final extrêmement tendu et éminemment politique lors de la spoiler: confrontation entre le geôlier et Vahid et Shiva, survient une touche d'espoir, Panahi laissant entendre qu'une réconciliation est possible entre bourreaux et suppliciés après la chute du vrai coupable, c'est à dire le gouvernement
, bref un choix très fort !
Les acteurs sont tous excellents et pour la plupart peu connus du cinéma iranien, et j'espère vraiment qu'ils n'auront pas de souci après ce film.
On reconnaît évidemment la patte de Panahi avec son soin à filmer la vie quotidienne des iraniens, mais on ne peut que saluer la prouesse cette fois-ci tant il a bravé les risques de la censure et du régime pour certaines scènes extérieures (notamment celle de l'altercation dans la rue et plein d'autres petits détails qui peuvent échapper aux non-initiés). Le sujet est grave, lourd mais Panahi ose le traiter aussi avec un peu d'humour et d'absurde (je pense à la jolie scène de l'hôpital) et évite ainsi un film trop plombant. Après un final extrêmement tendu et éminemment politique lors de la spoiler: confrontation entre le geôlier et Vahid et Shiva, survient une touche d'espoir, Panahi laissant entendre qu'une réconciliation est possible entre bourreaux et suppliciés après la chute du vrai coupable, c'est à dire le gouvernement
, bref un choix très fort !
Les acteurs sont tous excellents et pour la plupart peu connus du cinéma iranien, et j'espère vraiment qu'ils n'auront pas de souci après ce film.
Les 10 premières minutes sont trop longues, ennuyeuses avec une mises en place trop longue et une première invraisemblance... nombreux spoilers SPOILERS voir site !... Le récit prend pleinement son intérêt après que Vahid/Mobasseri ait douté et demande l'avis de co-ex-détenus. Les doutes, les souvenirs douloureux, les questions de justice et moralité, tout prend forme et amène à des réflexions logiques et pleine d'acuité. Mais le concept devient vite redondant, ça tourne en rond surtout que le doute est soudainement levé. Le véritable soucis du film réside donc dans la vraisemblance du récit, dans la cohérence du scénario. Evidemment, sur la trame générale et la ligne directrice le film est intéressant, les personnages attachants, le sujet passionnant et d'actualité et forcément touchant humainement mais c'est justement cela qui nous pousse à l'indulgence. Ainsi, subjectivement on serait tenté de mettre 14 ou 15/20 mais objectivement ça ne tient pas trop la route. Le réalisateur a sans doute voulu faire un film courageux et subversif mais au final c'est très politiquement correct.
Site : Selenie
Site : Selenie
6/10 un film sur la vengeance, la dictature, savoir si torturer et tuer les monstres fait de nous des monstres, mais la réalisation très pauvre et sans imagination plombe le film, une très petite palme d'or
Un film fait dans l'urgence ou le réalisateur inverse le bourreau et sa moments d'humour qui sont bienvenus.
Vahid croit reconnaître, au seul son de sa démarche, le tortionnaire unijambiste qui, des mois durant, l’a martyrisé, les yeux bandés, durant son emprisonnement pour un supposé délit pourtant véniel. Vahid le kidnappe, le ligote, le roue de coups, menace de l’enterrer vivant ; mais au moment de sceller sa vengeance, il est pris d’un doute face aux dénégations de l’individu : n’y a-t-il pas erreur sur la personne ? Pour en avoir le cœur net, Vahid retrouve des compagnons de cellule et essaie avec eux de percer à jour l’identité du captif.
"Un simple accident" a obtenu la Palme d’or à Cannes. Il est l’œuvre de Jafar Panahi, sans doute le réalisateur iranien le plus célèbre de son époque, auréolé à la fois par la moisson de récompenses prestigieuses obtenues dans tous les festivals du monde ("Léopard d’or" à Locarno pour Le Miroir, Lion d’or à Venise pour "Le Cercle", Ours d’or à Berlin pour "Taxi Téhéran"…) et par son statut de résistant intransigeant à la censure iranienne qui voulait le bâillonner (il a été assigné à résidence, il lui a été interdit de réaliser des films, une interdiction qu’il a contournée en continuant à filmer au nez et à la barbe (!) des autorités, il a été plusieurs fois emprisonné…).
Autant dire que la sortie de son film était attendue avec impatience. Une impatience décuplée lors de l’avant-première organisée en sa présence fin septembre au Forum des images par le Club Allociné.
Ma première réaction a été un peu mitigée, comme c’est souvent le cas face à un film qu’on nous a survendu. « Tout ça pour ça » me suis-je dit. Et je commençais déjà à nourrir le procès d’un jury qui s’est donné bonne conscience en décernant la Palme à un film si politiquement correct alors que d’autres œuvres, cette année, l’auraient autant sinon plus mérité : "Sir�t", "Valeur sentimentale", "The History of Sound" (que je n’ai pas vu mais dont on dit le plus grand bien)….
Mais, en écoutant le débat avec Jafar Panahi, en me documentant sur le film et son arrière-plan, en le laissant lentement infuser, j’ai rapidement mis sous le tapis mes réserves mesquines. Un simple accident est un grand film qui méritait la Palme. La simplicité de son dispositif, presque théâtral (cinq personnes dans un minivan se déchirent sur le sort de leur prisonnier), ne doit pas nous tromper. Il s’agit d’une réflexion puissante sur le pardon, la rédemption et le vivre-ensemble : peut-on pardonner à son tortionnaire ? peut-on l’oublier ? a-t-on le droit de s’en venger sans en devenir à son tour le tortionnaire ?
"Un simple accident" courait un risque fatal : celui de faire du surplace, une fois les personnages introduits et la situation installée, ou celui, symétrique, de passer d’une scène à l’autre sans rime ni raison. Mais son scénario est remarquable, qui ménage un crescendo jusqu’à une scène finale, ou plutôt à une longue scène qui précède la toute dernière, en plan fixe américain, qui solde tous les comptes. La toute dernière scène est plus brève. Elle a la forme d’un point d’orgue et interroge : l’amie italienne qui m’accompagnait en a eu une compréhension radicalement différente de la mienne.
Paradoxalement, on rit souvent dans "Un simple accident" qui multiplie les situations cocasses – dont la bande-annonce donne l’avant-goût de quelques unes. Ces scènes désamorcent une tension qui deviendrait vite insupportable (c’est le reproche que je faisais à "La Jeune Fille et la Mort", au point de départ très proche). Le revers de la médaille – et c’est le seul reproche que je ferais au film – est que cet humour nous tient à distance de la gravité du sujet. Un simple accident est un film qui m’aura beaucoup fait réfléchir mais qui ne m’aura pas ému.
"Un simple accident" a obtenu la Palme d’or à Cannes. Il est l’œuvre de Jafar Panahi, sans doute le réalisateur iranien le plus célèbre de son époque, auréolé à la fois par la moisson de récompenses prestigieuses obtenues dans tous les festivals du monde ("Léopard d’or" à Locarno pour Le Miroir, Lion d’or à Venise pour "Le Cercle", Ours d’or à Berlin pour "Taxi Téhéran"…) et par son statut de résistant intransigeant à la censure iranienne qui voulait le bâillonner (il a été assigné à résidence, il lui a été interdit de réaliser des films, une interdiction qu’il a contournée en continuant à filmer au nez et à la barbe (!) des autorités, il a été plusieurs fois emprisonné…).
Autant dire que la sortie de son film était attendue avec impatience. Une impatience décuplée lors de l’avant-première organisée en sa présence fin septembre au Forum des images par le Club Allociné.
Ma première réaction a été un peu mitigée, comme c’est souvent le cas face à un film qu’on nous a survendu. « Tout ça pour ça » me suis-je dit. Et je commençais déjà à nourrir le procès d’un jury qui s’est donné bonne conscience en décernant la Palme à un film si politiquement correct alors que d’autres œuvres, cette année, l’auraient autant sinon plus mérité : "Sir�t", "Valeur sentimentale", "The History of Sound" (que je n’ai pas vu mais dont on dit le plus grand bien)….
Mais, en écoutant le débat avec Jafar Panahi, en me documentant sur le film et son arrière-plan, en le laissant lentement infuser, j’ai rapidement mis sous le tapis mes réserves mesquines. Un simple accident est un grand film qui méritait la Palme. La simplicité de son dispositif, presque théâtral (cinq personnes dans un minivan se déchirent sur le sort de leur prisonnier), ne doit pas nous tromper. Il s’agit d’une réflexion puissante sur le pardon, la rédemption et le vivre-ensemble : peut-on pardonner à son tortionnaire ? peut-on l’oublier ? a-t-on le droit de s’en venger sans en devenir à son tour le tortionnaire ?
"Un simple accident" courait un risque fatal : celui de faire du surplace, une fois les personnages introduits et la situation installée, ou celui, symétrique, de passer d’une scène à l’autre sans rime ni raison. Mais son scénario est remarquable, qui ménage un crescendo jusqu’à une scène finale, ou plutôt à une longue scène qui précède la toute dernière, en plan fixe américain, qui solde tous les comptes. La toute dernière scène est plus brève. Elle a la forme d’un point d’orgue et interroge : l’amie italienne qui m’accompagnait en a eu une compréhension radicalement différente de la mienne.
Paradoxalement, on rit souvent dans "Un simple accident" qui multiplie les situations cocasses – dont la bande-annonce donne l’avant-goût de quelques unes. Ces scènes désamorcent une tension qui deviendrait vite insupportable (c’est le reproche que je faisais à "La Jeune Fille et la Mort", au point de départ très proche). Le revers de la médaille – et c’est le seul reproche que je ferais au film – est que cet humour nous tient à distance de la gravité du sujet. Un simple accident est un film qui m’aura beaucoup fait réfléchir mais qui ne m’aura pas ému.
Il y a toujours un espoir pour sauver la race humaine ! Excellentes prises de scènes. Un hymne au pardon de ceux qui nous ont offensés.
Tourné clandestinement après son incarcération, UN SIMPLE ACCIDENT s’impose comme un film à la fois brûlot politique et réflexion morale. Jafar Panahi y dénonce la violence du régime iranien et la corruption systémique qui broie son pays.
Mais il ne filme pas frontalement la répression : ce sont les voix brisées de ses personnages, leurs récits fragmentés et leurs silences qui en deviennent les témoins.
Le récit, entre thriller et road movie teinté d’humour satirique, se déploie dans un quasi huis clos. L’action se concentre autour d’un van où se croisent des victimes en quête de vérité.
C’est là que s’installe la tension dramatique, nourrie par un dilemme moral central : les protagonistes ont-ils réellement retrouvé leur bourreau, ou projettent-ils leurs traumas sur un innocent ? Panahi questionne ainsi la justice, la légitimité de la vengeance et la fragilité de la mémoire quand le doute demeure.
Le réalisateur insuffle par moments un humour noir, presque burlesque, qui sert autant de respiration que de contrepoint à la gravité du propos.
La mise en scène, d’une sobriété maîtrisée, fait un usage admirable du plan-séquence et du hors-champ, et conférent à l’ensemble une intensité dramatique constante.
Le film monte en puissance jusqu’à un plan final glaçant, qui restera un des plus marquants de l’année.
Et si son efficacité ne fait aucun doute, je reste dubitatif sur sa palme d'or. Là où l'année dernière le bijou LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE aurait d'autant plus mérité le sacre ultime. Mais, par son existence même, UN SIMPLE ACCIDENT est un acte de résistance qui mérite amplement d'être découvert.
Mais il ne filme pas frontalement la répression : ce sont les voix brisées de ses personnages, leurs récits fragmentés et leurs silences qui en deviennent les témoins.
Le récit, entre thriller et road movie teinté d’humour satirique, se déploie dans un quasi huis clos. L’action se concentre autour d’un van où se croisent des victimes en quête de vérité.
C’est là que s’installe la tension dramatique, nourrie par un dilemme moral central : les protagonistes ont-ils réellement retrouvé leur bourreau, ou projettent-ils leurs traumas sur un innocent ? Panahi questionne ainsi la justice, la légitimité de la vengeance et la fragilité de la mémoire quand le doute demeure.
Le réalisateur insuffle par moments un humour noir, presque burlesque, qui sert autant de respiration que de contrepoint à la gravité du propos.
La mise en scène, d’une sobriété maîtrisée, fait un usage admirable du plan-séquence et du hors-champ, et conférent à l’ensemble une intensité dramatique constante.
Le film monte en puissance jusqu’à un plan final glaçant, qui restera un des plus marquants de l’année.
Et si son efficacité ne fait aucun doute, je reste dubitatif sur sa palme d'or. Là où l'année dernière le bijou LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE aurait d'autant plus mérité le sacre ultime. Mais, par son existence même, UN SIMPLE ACCIDENT est un acte de résistance qui mérite amplement d'être découvert.
Ennuyeux et bavard, c’est une déception. Je m’attendais à bien mieux au regard de sa récompense et des critiques.
Je sens qu’il y avait le potentiel pour faire un meilleur film. Peut-être que l’on voit trop que le film cherchait à être subtil, ce qui manque l’effet escompté. C’est regrettable, car les acteurs sont bons.
La fin est également trop abrupte, c’est peut-être le seul moment qui commençait à m’intéresser réellement.
Je sens qu’il y avait le potentiel pour faire un meilleur film. Peut-être que l’on voit trop que le film cherchait à être subtil, ce qui manque l’effet escompté. C’est regrettable, car les acteurs sont bons.
La fin est également trop abrupte, c’est peut-être le seul moment qui commençait à m’intéresser réellement.
UN SIMPLE ACCIDENT : 13/20
Un simple accident n’est pas vraiment un film.
C’est une pièce de théâtre cinématographique qui troque son estrade contre des décors grandeur nature, donnant un aspect vivant bien plus prononcé qu’un simple spectacle.
Pour autant, est-ce que ça fonctionne ?
Oui… et non.
Cette théâtralisation, filmée la plupart du temps en longs plans-séquences avec de très longues tirades qui forcent le respect, impressionne.
Nous sommes face à des scènettes qui s’enchaînent (vraiment comme au théâtre) et qui tentent de faire avancer l’histoire.
Le problème de cette construction, aussi impressionnante soit-elle en terme de jeu d’acteur, c’est que le film tourne en rond, s’étire en longueur, avec des dialogues très longs, et finit par ennuyer.
Les scènes se suivent et se ressemblent, de façon assez grotesque et un peu « too much », avec de l’acting exagéré et des situations parfois loufoques.
La réalisation est très propre. Les prises de vue sont maîtrisées, il y a quand même du suspense et une réelle envie de connaître le fin mot de l’histoire, et surtout, les acteurs sont tous incroyables.
Pour autant, je ne lui donnerais pas la Palme d’Or.
J’ai compris le message du film, mais je le trouve un peu trop facile… et compliqué à la fois. Si on creuse, le final est très abstrait et libre d’interprétation, mais il m’a laissé un simple : mouais.
UN SIMPLE ACCIDENT est une pièce de théâtre cinématique intrigante et originale, mais qui ennuie vite, à la construction inventive mais au message beaucoup trop ambigu. Pour moi, ça ne méritait pas la Palme d’Or, n’est-ce pas, Sirat ?
Plus de notes sur insta : 22sur20
Un simple accident n’est pas vraiment un film.
C’est une pièce de théâtre cinématographique qui troque son estrade contre des décors grandeur nature, donnant un aspect vivant bien plus prononcé qu’un simple spectacle.
Pour autant, est-ce que ça fonctionne ?
Oui… et non.
Cette théâtralisation, filmée la plupart du temps en longs plans-séquences avec de très longues tirades qui forcent le respect, impressionne.
Nous sommes face à des scènettes qui s’enchaînent (vraiment comme au théâtre) et qui tentent de faire avancer l’histoire.
Le problème de cette construction, aussi impressionnante soit-elle en terme de jeu d’acteur, c’est que le film tourne en rond, s’étire en longueur, avec des dialogues très longs, et finit par ennuyer.
Les scènes se suivent et se ressemblent, de façon assez grotesque et un peu « too much », avec de l’acting exagéré et des situations parfois loufoques.
La réalisation est très propre. Les prises de vue sont maîtrisées, il y a quand même du suspense et une réelle envie de connaître le fin mot de l’histoire, et surtout, les acteurs sont tous incroyables.
Pour autant, je ne lui donnerais pas la Palme d’Or.
J’ai compris le message du film, mais je le trouve un peu trop facile… et compliqué à la fois. Si on creuse, le final est très abstrait et libre d’interprétation, mais il m’a laissé un simple : mouais.
UN SIMPLE ACCIDENT est une pièce de théâtre cinématique intrigante et originale, mais qui ennuie vite, à la construction inventive mais au message beaucoup trop ambigu. Pour moi, ça ne méritait pas la Palme d’Or, n’est-ce pas, Sirat ?
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Tragique … et drôle … une mise en scène serrée, des dialogues efficaces, une distribution totalement crédible … pour une dénonciation magistrale de ce régime qui s’autorise le mal…
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