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Pascal
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4,5
Publiée le 1 octobre 2025
Lorsqu'on a été victime d'une grande injustice comment et pourquoi faut il rompre avec la vengeance et par conséquent avec le cycle de la violence ? C'est ce qui anime, questionne, le dernier opus à ce jour du cinéaste iranien Jafar Panahi.
Panahi n' est pas le premier venu au plan cinématographique. Ancien assistant de Abbas Kiarostami, c'est aussi un des très rares cinéastes ( ils sont une poignée dans ce cas ) à avoir remporté la récompense suprême dans les trois plus importants festivals internationaux de cinéma ( Cannes PO 2025, Venise et Berlin ainsi qu'une Caméra d'or- meilleur premier long métrage - à Cannes ).
La puissance du film ( Elle atteint son apogée symbolique dans la scène finale ) et son exposition reposent, certes, essentiellement sur les dialogues.
Le sujet ( la victime retrouvant son bourreau) a déjà été abordé par d'autres au cinéma ( on pense à " La jeune fille et la mort " de Roman Polanski, à " Music box " de Costa Gavras " à " Incendies " de Denis Villeneuve ou même au récent " Les fantômes " du français Jonathan Millet notamment).
Mais Panahi parvient à manifester dans son " un simple accident" une remarquable originalité dans le ton employé ( scènes étirées, pas très nombreuses - c'est peut-être là où se trouvent les limites du film - qui permettent cependant, d'esquisser plusieurs profils de victimes confrontées au retour du trauma décrit par le scénario)
La conviction exemplaire dont fait preuve le cinéaste, porte aussi en elle, à la fois un pouvoir émotionnel à destination du spectateur et un sens pédagogique dans la transmission du propos. Difficile de lui rendre un plus grand hommage !
Et bien oui c’est sans doute le meilleur film de la quinzaine mais ce ne sera pas la palme de la décennie, une palme en partie politique à laquelle j’apporte mon soutien sans réserve
Un simple accident explore la question de la vengeance et du pardon chez des victimes du régime des Mollahs en Iran avec un personnage principal trop versatile. Ivre de haine, il passe à hésitant, puis compréhensif, voire même très gentil sans que l'on comprenne bien comment il peut varier aussi vite. Malgré cette réserve psychologique, le film reste assez prenant avec une interprétation de qualité, une réalisation sobre et précise, et un côté burlesque qui amène un peu de légèreté dans une histoire terrible.
Film que j 'ai vu en avant première à Cannes et dont l"économie de moyen - tournage en clandestinité - va de pair avec un scénario d'une grande intelligence et un jeu qui passe du rire au larme au fur et à mesure que l'on s'enfance dans cette confrontation entre un bourreau présumé et un groupe de militants politiques ayant survécu aux geôles et aux tortures.
La photographie de Jafar Panahi est toujours aussi belle et le spleen mélancolique du cinéma iranien fait encore une fois mouche et confirme sa place à part dans le cinéma mondial
Film remarquable vu en avant-première avec la présence du réalisateur Jafar Panahi qui nous amène avec talent à réfléchir sur les différents aspects de la vengeance, à travers les personnages atypiques de son film, victimes d'un agent de la République islamique, qui pensent reconnaître leur bourreau des années après avoir subi des tortures et massacres de certains de leurs semblables. Quel sort réserverions-nous à notre tortionnaire si nous nous retrouvions un jour face à lui ? Comment défendre un idéal sans violence si après la chute d'un régime autoritaire, les mêmes méthodes sont employées ? Au delà du film sombre et féroce, Jafar Pahani traite le sujet, parfois avec humour et met à l'honneur les femmes au centre du jeu. Les personnages remarquablement bien interprétés, nous montrent combien ces victimes restent hantées longtemps. À voir!
Un film d’une densité rare, la tension est prenante, permanente, le scénario avance sans pause, les questions existentielles surgissent, mais toujours avec des pointes d’humour («la politesse du désespoir» selon la formule de Boris Vian, tellement juste ici). Une vraie réussite, un film qui vous marquera. À ne pas manquer. Tourné en cachette, sans autorisation officielle, pour éviter les coupes, Jafar Panahi paie cher son indépendance, il a déjà fait de la prison mais, comme il le dit lors de cette avant-première du 29 septembre, il n’envisage pas de vivre ailleurs qu’en Iran. Un simple accident est une charge implacable contre le régime iranien, il se met clairement en danger. Souhaitons-lui de pouvoir préserver sa liberté. > Plus d’infos culture sur mon Instagram "Les sorties de Philippe"
Avant-première en présence du réalisateur, à la remarque "Vos films se passent souvent dans des véhicules" il réponds que c'est idéal pour cacher une caméra !
En avant-première aux Forum des Images, une belle leçon de comédie dramatique ou comment traiter d'un sujet lourd avec un sourire candide aux lèvres ? Nous n'allons vivre qu'une journée et une nuit avec nos personnages et pourtant nous saurons tout de leur manière de pensée à chacun. Le film réussit à nous faire ressentir la tension qui anime leurs souvenirs douloureux tout en nous les faisant oublier pour rire de toutes leurs péripéties. Bravo, allez-y sans trop vous renseigner la surprise n'en sera que plus belle.
Un portrait fidèle des souffrances de guerre vécues de chaque côté, un message simple, des humains esquissés sans grande profondeur, un humour présent sans hilarité. La forme tout aussi sincère sans innovation particulière. Palme d’or surprenante pour ce film quoique plutôt bon.
Grâce aux plans séquences fixes magnifiquement mis en scène, on sonde l’intériorité de personnages brisés par le régime ; en quête de vengeance, ils doutent de rendre la violence qui leur a été infligée.
Vu en avant-première avec Allo Ciné. Comme souvent dans le cinéma iranien on démarre sur un rythme posé, lent, presque contemplatif. Mais ici l’originalité du scénario est qu’il aborde l’actualité sous un prisme indirect, très différent, en frontal. Un film très pensé, très structuré qui va confronter un bourreau des services policiers de renseignement à ses victimes, des ex-détenus qu’il avait torturé. Et cette rencontre serait le fruit : du pur hasard, de la fatalité, du destin ou de la volonté de Dieu . C’est déjà un des premiers postulat et/ou questionnement du film. Les ex-victimes vont se regrouper et enlever ce tortionnaire, dans un esprit de revanche et de punition. Par hasard. Mais la situation est complexe et chacun va réagir différemment à cette « opportunité de vengeance », extrême ou pas, et le principe du « pardon » va se poser pour certains d’entre eux. De beaux plans séquences qui prouvent la haute technicité de Jafar Panahi . Celui de l’ouverture est superbe, caméra frontale au volant posant astucieusement le thème du « hasard », ou celui du plan final resserré sur deux visages qui s’affrontent et se confrontent dans la pénombre, abordant le thème du pardon. Il y a aussi beaucoup d’humour, car ces anti-héros, confrontés à ce face à face inattendu, se comporteront souvent en « Pieds Nickelés ». Cet humour permet de prendre une certaine distanciation avec le fond assez noir, la description et le récit des tortures, et l’évocation détournée de la terrible situation politique de ce pays .
Un Simple Accident c'est la véracité d'un documentaire à travers un film de fiction. La forme est inventée mais le fond nous plonge littéralement dans le contexte géopolitique iranien. Le traitement du sujet est brut avec quelques touches d'humour pour nous permettre d'accepter tant bien que mal les atrocités abordées. Dans tous les cas, le film nous mène à une certaine réflexion et nous fait passer par plusieurs émotions.
Vu en avant-première, j'ai aimé la combinaison pas évidente du tragique et de la comédie. Quand on est tiraillé entre le désir de vengeance et la crainte de faire souffrir un innocent. Un précieux rappel que bien des tortionnaires sont toujours en liberté.
Un film qui n’est probablement pas le tout meilleur de son réalisateur mais qui n’en est pas moins un film de grande qualité et qui, en mélangeant drame et humour, traite d’un sujet particulièrement important, celui de la vengeance : est elle inévitable ? Sert elle à quelque chose ou bien entraine-t-elle inéluctablement un phénomène n’ayant jamais de fin ? Alors qu’il était en prison, de juillet 2022 à février 2023, puis après sa libération, Jafar Panahi s’est demandé à plusieurs reprises ce qui se passerait si, une fois remis en liberté, un des détenus qu’il côtoyait rencontrait un de ses bourreaux. Une interrogation qui s’est transformée en scénario, un scénario que Jafar Panahi a écrit avec l’aide de 3 amis, Nader Saïvar, Shadmehr Rastin et Mehdi Mahmoudian. Dans ce scénario, c’est à la suite d’ « un simple accident », une simple histoire de chien écrasé, que Vahid, modeste travailleur qui avait été envoyé en prison pour avoir réclamé qu’on lui paye son salaire, se retrouve en contact avec Eghbal dans lequel il est persuadé de reconnaître le tortionnaire éclopé qui lui a fait subir des tortures et des humiliations. Une quasi certitude qui va se transformer en doute quand Eghbal va clamer son innocence lorsque Vahid l’emmène dans le désert afin de l’enterrer vivant. Pour l'intégralité de la critique, c'est sur le site avec critique et film et le tiret du 6 entre les 2. Film vu au Festival de Cannzs.