Patrick Boucheron disait dans son émission "Quand l'histoire fait date" que la Peste était invisible dans les sources de la périodes. On n'en parlait pas, elle apparaissait par un grand blanc dans les registres . Je me suis dit que pour le Covid, c'est un peu la même chose, c'est fini, on en parle plus et on fait comme si cela n'était jamais arrivé. A part une série indienne et ce film, je n'ai vu aucune oeuvre de fiction qui ait lieu pendant la pandémie de COVID. Alors quand j'ai lu la critique dans le Parisien de Renaud Baronian déplorant que le réalisateur de Homebound (une jeunesse indienne) ait eu "cette idée d’introduire le contexte de la pandémie de Covid à mi-parcours plombe l’intrigue en la datant de façon pas vraiment heureuse". Là, on est consterné : tout ce qui est montré dans le film,spoiler: la terrible agonie de Chandan est vraie et magnifiquement racontée par le journaliste Basharat Peer dans le New York Times. Le Covid, c'est un truc dont on n'a pas envie de se souvenir en France, ça nous a incommodé, mais en Inde, cela a été un désastre,une tragédie pour des millions de personnes si fragiles, et l'histoire d'Amrit"Chandan" et Sayub"Shoaib" est tout ce qu'il y a de plus vraie. J'ai trouvé cette critique déplacée et indécente. Au contraire, il faut parler de ce qui s'est passé, spoiler: de ceux qui sont morts à cause de politique d'aides et de transport défaillantes, de moyens insuffisants. Et quelle belle histoire entre ces deux jeunes hommes dans un pays où tous deux sont des minorités méprisées ou suspectées d'être la 5e colonne du Pakistan en Inde. Je recommande vraiment de voir ce film si comme moi, vous avez une sensibilité humaniste profonde. Et je vous recommande l'article "A Friendship, a Pandemic and a Death Beside the Highway" qui a inspiré le film.