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Lynebonnaud
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4,0
Publiée le 21 février 2026
Un film intime et familial, sans histoire aucune, si ce n’est celle de raconter le temps qui passe après la disparition de Siham, la maman. Comment cette famille fait et continue à vivre avec le vide laissé par son absence.
Un ami m’a dit un jour que pour réaliser un bon film, il fallait une bonne histoire. Je ne le crois pas, mais alors pas du tout. Des films excellents se trouvent dans l’art de filmer et de dire quelque chose par la force des images et des interprétations remarquables, « Perfect Days » de Wim Wenders par exemple.
Le réalisateur dans la simplicité à se filmer et à filmer les siens après Siham trouve une matière qui touche tout un chacun sur les questions de devoir se séparer et de deuil. Son film de son intimité familiale tend à l’universel, et c’est là toute sa beauté. Nous sommes dans le film en Egypte, mais d’où que l’on vienne, nous nous trouvons confrontés aux mêmes problématiques humaines.
J’ai repensé en sortant de la salle à d’autres films. « Des figues en Avril » film documentaire de Nadir Dendoune qui à l’inverse abordait le quotidien de sa maman octogénaire dans son petit appartement de L’île Saint-Denis. Son époux Mohand ayant dû du fait de sa maladie d’Alzheimer être placé dans une maison médicalisée. Comment remplir le vide laissé par son absence quand elle s’occupait de lui en tant qu’aidant ? Le film porté par le regard d’un fils aimant, avec tout l’héritage culturel des souvenirs partagés. Ou encore le très émouvant « Carré 35 » d’Éric Caravaca sur le poids des non-dits autour d’une sœur trop tôt disparue mais surtout jamais nommée ; déni de la réalité et quand l’histoire familiale rejoint celle de la grande histoire de la décolonisation.
Tous ces films mélange d’archives familiales et d’instants présents partagent en commun d’être bouleversant d’humanité.
Un film intime qui appelle au devoir de mémoire. Par son histoire, le réalisateur rappelle la notre et à quel point nos familles ont des histoires à raconter.
J'ai beaucoup aimé ce documentaire. Ce documentaire, ou bien cette fiction ? Il s'agit bien d'un documentaire, tissé des traces et des captations de toute une vie familiale. Mais il s'agit aussi d'une fiction, la fiction que l'on est au final contraint de se forger lorsqu'on part à la recherche de la vérité d'un être et que seuls subsistent des éléments partiels, fragmentaires, souvent subjectifs et contradictoires. Ce beau film, sensible et délicat, drôle - on rit souvent - fait le constat que nous pouvons tous faire : que la vérité des êtres ne se laisse jamais totalement saisir... combien même on l'enregistrerait avec une caméra, combien même il serait encore en vie, présent à nos côtés. Le travail d’enquête du réalisateur, parti d’enregistrements et de souvenirs factuels, aboutit au final à une fiction, une de celles que nous sommes tous contraints de nous forger pour nous approcher des autres, même les plus proches, même ceux que nous aimons le plus. Et de cette fiction naît une part de vérité nouvelle, fragile, mais précieuse : non pas une vérité objective, dont on s’empare et qu’on possède, mais subjective et aimante, celle du cœur lucide et bienveillant. spoiler: Namir part d’abord à la recherche de sa mère, mais au final c’est tout autant la vie de son père vivant, celle de sa famille et sa vie propre qu’il éclairera. Parti enquêter sur une morte, il reconstruit des relations avec les vivants . C’est ce qui fait de ce film une œuvre profondément joyeuse : la vie. C'est pour moi une des grandes et belles leçons de ce film, qui oscille entre la France et l'Egypte, entre deux mondes si éloignés, mais qui se rejoignent dans l'histoire personnelle, dans les sentiments et dans l'enquête du réalisateur. Ce film m’a rappelé un autre très bon documentaire qui est pareillement la recherche d’un parent défunt, My Architect, de Nathanael Kahn.
Un documentaire d'une rare délicatesse sur la transmission d'une génération à l'autre. Un hommage à la mère disparue manifestement guidé par l'amour voué au père qui lui survit et, surtout, un magnifique parcours dans l'histoire d'une famille égyptienne auquel le cinéma des décennies passées offre un étonnant miroir. Ne passons pas à côté de ce trésor d'intelligence et de sensibilité.
Un film /doc a voir vraiment.. Pour la beauté de cette famille, la tendresse des liens qui les unit , leur légèreté , leur humour…Et ce village d’Egypte, si chaleureux , si lumineux …
C’est tendre, c’est drôle, c’est émouvant. J’ai adoré ce récit témoignage dont les thèmes universels ne peuvent que parler à tout le monde. On en ressort boosté, vivant!
Quel film délicieux, plein d'émotions, de rires et d'amour ! On en vient à se dire que tous les enfants devraient suivre cette si précieuse démarche de filmer ses parents, ses proches tendrement aimés avant qu'ils ne disparaissent ? Un grand bravo et un enorme merci au réalisateur pour le bonheur de cette séance, j'en suis sortie bouleversée mais le sourire aux lèvres ...
Une poésie de la vie sur grand écran. De l'intime universel, à travers la singularité d'une histoire familiale, un film documentaire au mille facettes à découvrir.
Quelle humanisme ! Quelle universalité ! Tout est somptueux dans ce film documentaire. Témoignage de la vie d'avant à la vie présente en passant par le ciné "témoignage" il y a témoin. Cet objet transmis dans une course pour ne pas perdre. Ici, pour ne pas perdre la mémoire. Avec l'Egypte pour départ,Youssef Chahine omniprésent. Une bande son toute aussi irréprochable qui sublime le récit. Bravo Namir Abdel Messeeh, Merci pour cette fort belle surprise.
J'ai vu ce film hier soir, vraiment touchant et plein de tendresse. Chapeau au montage très habile jonglant entre fragments dune vie de familles et confrontation a ce moment universel qui nous concerne tous : la perte d'un proche. Raconté ici avec humour d'une fils qui sonde les limites de sa propre existence. Rempli d'amour, cela m'a fait penser aux livres de Jacques Sternberg. Pour certains la vie est un combat, pour d'autres, elle est le plus court raccourci d'un néant à l'autre. Pour Namir elle semble être un exil permanent, triste, et beau à la fois.
Comment ne pas se projeter lorsque l’intime touche la délicatesse et la dignité d’une famille à la fois ordinaire et pourtant tellement singulière, comme nous tous.