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Jonathan M.
21 abonnés
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4,0
Publiée le 23 mars 2026
Le Gâteau du Président est un film bouleversant. Sa construction entre douce poésie et fatale réalité prend l’âme jusqu’à l’os. J’ai d’abord été emmené, happé, par le grain de caméra, la lumière et l’œil d’Hasan Hadi. L’entrée en matière navigue dans une pointe d’onirisme qui s’évanouit de séquence en séquence lorsqu’on est lentement, inévitablement, plongé dans le vrai par le récit, les péripéties, les petites, les grandes tragédies, les drames. Ce drame d’ailleurs se pare d’une nuance. Elle permet que l’œuvre ne tombe dans le pathos, finalement, que sous le poids de l’ignoble vérité dans laquelle Lamia, jouée avec une justesse folle par Baneen Ahmad Nayyef, pagaie et se bat : un régime Irakien tyrannique qui embrigade, arrête, tue, et des frappes américaines aveugles tout aussi mortelles. Une odeur d’absolu s’en dégage. L’absolu désastre d’une enfance sacrifiée. Un regard universel. À voir.
Un très beau film qui nous plonge à hauteur d'enfant dans l'Irak dans années 1990, sous la dictature de Saddam Hussein et les bombardements américains. Rien que ce postulat vaut la peine de se déplacer en salle, mais c'est également un récit bien mené et imprévisible que l'on va suivre, une quête désespérée et pleine d'embûches dans une ville hostile, une société brutale, où la misère règne et où les dangers sont partout. Les enfants sont excellents, avec une mention spéciale pour l'actrice qui joue Lamia, pleine de détermination et d'intelligence tout en conservant une part de naïveté. Son parcours est déchirant. A voir !
Film pas désagréable parce qu’il fait voyager dans le temps et dans un pays assez inédit au cinéma mais malgré une jeune actrice qui tient le film, le film manque de corps.
Un film touchant qui nous transporte dans un pays, une culture. Des themes graves traités avec sensibilité au travers des yeux de deux enfants. Un très beau film.
À l'occasion de l'anniversaire de Saddam Hussein, l'écolière Lamia est désignée pour faire le gâteau de sa classe. Redoutable honneur, en réalité corvée redoutée, surtout quand on n'a pas un sou. Le périple en ville qui attend la fillette, en quête des ingrédients, dont elle pourra se rendre compte qu'aucun n'est gratuit et coûte même très cher, est une visite de la société irakienne de 1990. Sous le joug du raïs, sous embargo de l'ONU, la rue irakienne qui s'offre au regard d'enfant de Lamia est une épreuve de chaque instant, un condensé de misère sociale et humaine, dans une forme naturaliste ou bien invoquée par la métaphore (tel ce coq symbolique que Lamia transporte avec elle). L'Irak que filme Hasan Hadi ne peut que secouer le spectateur occidental (tandis que l'affiche du film préfère affirmer, avec un vocable pas très judicieux, que le festival de Cannes a été enchanté : au prétexte de quelques traits truculents ?). La pauvreté, le délabrement des services publics et la corruption, se voient partout. L'effigie de Saddam Hussein également. Le réalisateur confronte sa jeune héroïne à une population impitoyable et montre bien à quel point le lien social n'existe pas, chacun étant tourné vers sa survie ou son intérêt. C'est de l'authenticité de ses personnages que provient l'intensité de la déambulation, dépourvue de pathos, de Lamia. Celle-ci trouve une jeune interprète remarquable dont le regard embué à la fin pourrait être, pour copier le commentaire célèbre de Godard à propos d'Harriet Anderson dans "Monika", un des plus tristes de l'histoire du cinéma.
Le Gâteau du Président : un premier film qui bouleverse Récompensé de la Caméra d'or au Festival de Cannes 2025, Le Gâteau du Président constitue l'une des révélations les plus marquantes du cinéma irakien. Pour son coup d'essai, Hasan Hadi — cinéaste irakien installé aux États-Unis, où il enseigne le cinéma à l'université de New York — signe une œuvre d'une maturité confondante, directement nourrie de sa propre enfance dans le sud de l'Irak, au temps de la guerre du Golfe. Ce qui frappe d'emblée la critique, c'est la qualité de la reconstitution. Tourner en Irak des scènes situées dans les années 1990 représentait un défi considérable, et Hasan Hadi le relève avec une rigueur saluée unanimement. Chaque détail visuel et sonore a été travaillé avec soin, qu'il s'agisse des paysages d'eau et des habitations flottantes des marais mésopotamiens, jamais filmés de la sorte, ou des rues de Bassora en proie au chaos économique. La texture granuleuse de l'image, signée du chef opérateur roumain Tudor Vladimir Panduru, contribue à ce sentiment d'authenticité : on croit vraiment à cet Irak sous embargo, à cette société fracturée où la pénurie coexiste avec l'obsession du culte présidentiel. Mais c'est avant tout par ses deux jeunes acteurs que le film s'impose. Hasan Hadi a passé des mois à chercher des enfants non professionnels, sans aucune formation ni expérience devant une caméra. Le pari est plus que tenu. La petite fille de 9 ans impressionne par la densité de son regard, comparé par certains critiques aux plus grands visages de l'histoire du cinéma. Son ami lui donne une réplique tout aussi juste. Ensemble, ils forment un duo bouleversant, porteurs d'une innocence constamment mise à l'épreuve. Le réalisateur a su s'adapter à leur réalité : la fatigue croissante des enfants pendant le tournage a conduit à remplacer progressivement les dialogues par du silence. Les critiques saluent aussi la maîtrise d'Hasan Hadi à naviguer entre les registres, évitant aussi bien le misérabilisme que la naïveté. On lit une critique sociale acérée — corruption, culte de la personnalité, disparition de l'enfance sous la dictature — mais toujours au second plan, jamais didactique. Reste que Le Gâteau du Président comble un vide réel : celui d'une représentation de l'Irak par un Irakien, vue de l'intérieur, loin des décombres filmés par Hollywood. Un acte de mémoire autant qu'un vrai geste de cinéma.
La mise en scène est vraiment belle, les incroyables et le récit touchant et captivant. Des longueurs font jour et le dispositif s'essouffle quelque peu mais l'ensemble reste tres joli.
"«Au pays de Saddam» Même si ce film irakien a quelques faiblesses de réalisation, je le recommande pour son témoignage sur les années Saddam Hussein et ce culte de la personnalité insensé pour le Raïs, et pour la petite actrice formidable qui joue cette fillette d’un milieu très pauvre qui doit faire un gâteau pour l’anniversaire de Saddam et qui n’a pas un sou pour acheter les ingrédients. J’y ai aussi découvert qu’il existait un (ou des) village lacustre en Irak, la petite fille pagayant sa barque pour aller à l’école. Inattendu."
Un très bon film qui raconte des vies à des milliers de kilomètres de là France. Même si nous savons qu'elles existent...c'est juste terrifiant. Bien évidemment les enfants, les femmes, les vieux sont les premières victimes de ce que l'on peut appeler "l'injustice d'état". Par contre contrairement à certaines critiques de presse, je n'ai pas trouvé ce qui était drôle.
‘’Le gâteau du président’’ Mais quelle belle surprise ! Quel beau film ! Découvrir un film se déroulant en Irak, en 1990 et de surcroît durant la dictature de Sadam Hussein est quelque chose de rare, très rare. Sans parti pris, chacun pourra se faire son opinion, Hasan Hadj nous livre un fort belle et émouvante histoire sur un fond historique de dictature corruption, magouilles à tous les niveaux mais aussi de débrouillardise dans la misère et l’adversité. Car c’est de cela qu’il s’agit encore plus quand un dictateur est au pouvoir. Le choix des jeunes acteurs est parfait. La petite fille très émouvante et riche d’expressions dans toute sa retenue. Prix de la caméra d’or à Cannes en 2025 c’est vraiment mérité. Un petite pépite, qui, si vous ne l’avez pas vu au cinéma, ne le manquez pas sur le petit écran le moment venu. On en reprendrait volontiers une part car tout est beau dans ce film. Merci !
Petit bijou découvert au festival de Cannes cette année. À ne surtout pas rater. L’Irak comme on ne l’a jamais vu au cinéma mais encore plus : un sublime film à hauteur d’enfant.
Un choc. À 9 ans, Lamia est désignée à l’école pour confectionner le gâteau pour célébrer l’anniversaire du président Saddam Hussein, comme il est de coutume en Irak. Elle se rend alors en ville accompagnée par sa grand mère pour obtenir les ingrédients nécessaires. Elle y retrouve son ami Saeed, avec qui la quête va prendre une tournure tragique. Le film est fort, bouleversant.
une histoire belle et touchante même si le film est parfois un peu brouillon. l'idée de départ constitue une intrigue originale : la quête de cette petite fille pour atteindre son but quoiqu'il arrive. et la fin inéluctable qui relativise....
Même dans une société en très grande souffrance, même dans la misère, même en temps de guerre, il y a de l'humanité, il y a de l'entraide, il y a de la gentillesse, il y a de la douceur... Et je parle d'expérience ! Là, on a l'impression que c'est quasi inexistant. C'est certes une critique juste de la dictature de Sadam Hussein et des Américains qui plongent des pays dans une misère encore plus profonde avec leurs sanctions et leurs bombes. Mais ça manque tout de même d'équilibre. Ceci dit, la fille qui interprète le rôle de Lamia est majestueuse !