Le Gâteau du Président
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Jipéhel
Jipéhel

103 abonnés 654 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 février 2026
Bienvenue en Absurdistan

Et voilà la Caméra d’Or de Cannes qui arrive sur nos écrans. Elle est le fait de l’irakien Hasan Hadi dont c’est le 1er film visible en occident. Dans l’Irak de Saddam Hussein, Lamia, 9 ans, se voit confier la lourde tâche de confectionner un gâteau pour célébrer l’anniversaire du président. Sa quête d’ingrédients, accompagnée de son ami Saeed, bouleverse son quotidien. 105 minutes dans l’Irak de 1990 et son culte insensé et obligatoire à Saddam Hussein à travers les yeux écarquillés d’une fillette d’à peine 10 ans. Une tragicomédie de l’absurde qui nous démontre, s’il en est encore besoin, comment les dictatures transforment et avilissent ceux qui les subissent.
C’est la toute première fois qu’une œuvre de ce pays a le droit à une véritable exposition internationale, bien aidée en cela – il faut le reconnaître -, par des financements américains. En 1990, l’Irak croûle sous les sanctions de l’ONU et les pénuries qui vont avec. C’est donc un véritable chemin de croix que trouver un peu de sucre, de farine, de levure et deux œufs pour confectionner un gâteau, surtout quand c’est celui offert pour l’anniversaire du Président. Et quand cette mission de la plus haute importance est confiée à une petite fille d’extraction plus que modeste, cela relève du parcours du combattant avec les dangers qui le jalonnent. Ce fil narratif simplissime permet au réalisateur de nous faire ressentir ce qu’était ce pays à cette époque. Terreur, corruption, égoïsme, rudesse de rapports humains, indifférence totale à l’autre… rares sont les personnages positifs dans la quête de la petite Lamia et de son copain. Un récit initiatique doux-amer, à hauteur d’enfant, qui critique avec poésie l’absurdité d’une dictature. Joli film.
Le fait que l’ensemble ait été tourné avec des non-professionnels dans des décors réels renforce l’authenticité. Il n’empêche que la petite Rahim Alhaj est épatante comme son ami Sajad Mohamad Qasem. Citons pour mémoire, car, à mon humble avis, on n’est pas là de les revoir sur un écran, Baneen Ahmad Nayyef et Waheed Thabet Khreibat. Bref, on n’est pas loin du néoréalisme italien, par son emploi d’acteurs non-professionnels, par ses tournages dans de véritables décors, mais aussi parce qu’on a encore une preuve que l’argument scénaristique le plus simple et le plus modeste a priori - comme chercher à retrouver une bicyclette ou un chien chez Vittorio De Sica, ou, ici, mettre la main sur des ingrédients de cuisine -, peut offrir une intensité n’ayant absolument rien à envier à un thriller à gros budget avec des enjeux considérables. Bien sûr, pour nous, quand l’écran redevient blanc, le film s’arrête mais pour le peuple irakien le cauchemar continue et n’est pas prêt de s’arrêter. On espère un nouveau film de ce cinéaste qui aura attendu ses 69 ans pour nus offrir ce gâteau. On ne reprendrait bien une petite part.
Linconnudu13e
Linconnudu13e

9 abonnés 58 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 février 2026
Une œuvre d’une maîtrise rare. À travers une quête culinaire en apparence anodine, "Le gâteau du Président" déploie un récit d’une intensité émotionnelle saisissante, où l’intime se heurte à la violence d’un régime totalitaire. La jeune héroïne, bouleversante de maturité, traverse un pays fracturé avec une grâce et une force qui marquent durablement. Sensuel, poignant et d’une précision narrative remarquable, c’est un film qui résonne et questionne sans équivoque.
Jylg
Jylg

55 abonnés 492 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 février 2026
Très belle évocation de la vie en Irak dans les années 80. Une magnifique jeune actrice, tout en délicatesse et pleine de naturel nous montre sa vie dévouée à Hussein et à sa grand mère. Cette petite reine de la débrouille ne peut que nous séduire. Des décors formidables et une musique fort bien choisis font le reste…
selenie

7 484 abonnés 6 719 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 février 2026
Une gamine va donc prendre sa mission à coeur, trop à coeur malgré les réticences d'une grand-mère lucide et trop pauvre pour assumer une telle dépense. Le film insiste fortement sur la pauvreté du peuple irakien accentuer par l'embargo américain, les gens n'ont pas l'argent pour acheter à manger, survivent dans un contexte socio-économique catastrophique. Malheureusement pourtant sur ce point le film n'est pas très probant, les dialogues ou les infos médiatiques nous poussent à croire à cette pauvreté à laquelle on croit forcément, mais à l'image et dans les faits vus dans le film on ne perçoit pas la malnutrition ou la misère, c'est sans doute dur mais les gens "se débrouillent", les restaurants fonctionnent, même la fête foraine fait le plein, le centre ville est en effervescence jusqu'à ne plus en pouvoir des cris, des hystéries jusqu'au contact agressif entre individus souvent peu compréhensifs... etc... SPOILERS voir site... Néanmoins, le périple de Lamia est touchant, la quête au gâteau est réaliste, les rebondissements cohérents, les situations restent authentiques avec une mise en scène immersive.
Site : Selenie
Yves G.

1 875 abonnés 4 107 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 5 février 2026
Placée sous embargo international après la première guerre du Golfe au début des années 1990,, la population irakienne a vu ses conditions de vie se dégrader. La jeune Lamia vit dans les marais de Mésopotamie, entre le Tigre et l’Euphrate, sur une maison flottante. Sa grand-mère vieillissante en a la charge. Lamia est tirée au sort par son maître d’école pour préparer le gâteau d’anniversaire traditionnellement offert chaque année au raïs Saddam Hussein. Pour le confectionner, il lui faudra en rassembler les ingrédients.

Sorti fin décembre, après un passage à Cannes, "Une enfance allemande" avait pour fil rouge la confection par un gamin d’un gâteau pour sa mère. Lui aussi passé par Cannes l’an dernier, où il a reçu le prix du public de la Quinzaine des cinéastes et la Caméra d’or, "Le Gâteau du président" utilise le même prétexte pour atteindre deux objectifs.

Le premier est dramaturgique : "Le Gâteau du président" met en scène, comme "Jeux interdits" en son temps, une fillette et un garçonnet qui découvrent avec les yeux de l’innocence le monde des adultes. Le second est plus politique : Le Gâteau du président raconte l’Irak de Saddam Hussein, le culte de la personnalité qui y prévalait et l’endoctrinement de toute la population, à commencer par celle des enfants.

Le résultat éveille l’intérêt. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit des films irakiens – on était resté sur le souvenir malaisant du documentaire consacré à la traque de Saddam Hussein en 2003, "Hiding Saddam Hussein". Pour autant, "Le Gâteau du président", qui aurait pu être tourné à l’identique trente ans plus tôt, ne nous fait pas une proposition de cinéma suffisamment originale pour marquer durablement les esprits.
Mickkado
Mickkado

12 abonnés 45 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 février 2026
Le miracle du cinéma est de reussir à nous transposer instantanément dans un autre monde, une autre époque, et de s’en émouvoir comme si c'étaient les nôtres. C’est le cas avec cette fable poignante qui nous immerge dans l’Irak de Saddam Hussein, et dit beaucoup du monde actuel, avec ses nouveaux cultes de la personnalité, ses fanatismes, la poésie et l’innocence de l’enfance toujours en proie à la cruauté du monde... Un film sublime et un duo d’acteurs inoubliable. A voir !
Jerome
Jerome

50 abonnés 208 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 février 2026
La tragédie d'enfants paysans délaissés par des adultes misérables et parfois douteux au sein d'une dictature complaisante.
mat niro

469 abonnés 2 190 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 février 2026
Magnifique film en provenance d'Irak sous le règne de Saddam Hussein. La petite Lamia vit avec sa grand-mère, une vieille paysanne usée et diabétique, et ne se sépare jamais de son coq adoré. Sous ce régime dictatorial, elle est choisie pour confectionner un gâteau par le rigide directeur de l'école en l'honneur de l'anniversaire de celui que l'on a surnommé "l'homme fou du Moyen-Orient". Avec son ami Saeed (en charge des fruits) et sa grand-mère, le trio va partir à la ville chercher les ingrédients de ce fameux gâteau. Ce périple à hauteur d'enfant est aussi tendre que cruel quand il analyse le comportement des citadins sous cette dictature. Les deux jeunes enfants sont bouleversants et cela donne une odyssée truffée de pièges au coeur de l'absurdité d'un pays soumis. Caméra d'Or méritée à Cannes 2025 pour le cinéaste Hasan Hadi.
sylcler
sylcler

6 abonnés 68 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 février 2026
Très agréable à voir. Rien n'est caricaturé et les comportements sont universels .La présence US n'est pas encore à son maximum et semble peu inquiéter les habitants La vie suit son cours avec des aléas et des rebondissements positifs.
Henner
Henner

96 abonnés 147 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 février 2026
On peut toujours dire que l'ensemble manque peut-être un peu de liant qu'il s'agit d'une juxtaposition de vignettes proches du documentaire sur l'Irak de Saddam le film est une réussite. Elle doit beaucoup à son héroïne la petite fille présente sur tous les plans ou presque et qui touche à coeur. On plonge avec sidération dans l'enfer de la propagande et la dureté d'un peuple qui, éprouvé par les sanctions, ruiné, endurci n'a guère la possibilité de se montrer charitable ne serait-ce qu'avec une gamine perdue. Seule les équipes médicales, débordées elle aussi, manifestent un peu d'empathie. Mention spécial au coq remarquable de naturel.
Pierre842
Pierre842

44 abonnés 506 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 février 2026
On suit une petite fille dans l'Irak, pendant la première guerre du golf.
Elle fut sélectionnée pour faire un gâteau pour le président Hussein.

À travers ses yeux on suit son périple accompagné de son coq.
Avec beaucoup de galère

C'est un film à la fois mou et qui était intéressant. Il y a de l'absurdité qu’en pleine guerre le dictateur oblige la population à le vénérer pour son anniversaire.

J'ai aimé la petite fille qui avait le rôle principal.
islander29

1 044 abonnés 2 709 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 février 2026
Le gâteau du président ( Irak)

Saluons la performance du réalisateur Irakien, (Hasan Hadi) qui semble défier avec un superbe film l’histoire de son pays….C’est un film d’une grande qualité, qui me rappelle les films de la famille Makhmalbaf ( le tableau noir, inoubliable, la pomme) cinéma iranien des années 2000….Souvenirs, souvenirs…..Saluons aussi la performance des deux jeunes acteurs, la petite fille (Baneen Ahmad Nayyef) et du petit garçon ( Sajad Mohamad Qasem) et la pureté de la bande musicale, musique irakienne, et des décors ( cité lacustre, paysages inoubliables d’une grande pureté, tiens donc) décors urbains du moyen Orient….Bref le film a un plus, ils est très beau ( lumières, cadrages, décors), et il raconte une histoire apaisante , mais qui montre une réalité cruelle dans l’Irak de Sadam Hussein, l’impitoyable dictateur…..Le synopsis est simple, il suffit d’une lecture, trouver les ingrédients pour faire un cadeau….Après c’est une cruelle mais douce aventure, vous le verrez...Le message socio politique est aussi un atout subtil du film ???? Que dire d’autre foncez y….
velocio

1 557 abonnés 3 540 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 février 2026
Caméra d'or et Prix du public de la Quinzaine des Cinéastes au dernier Festival de Cannes, "Le gâteau du président" nous vient d'un pays dont on a rarement l'occasion de voir des films, l'Irak. Il y a un peu plus de 30 ans, son président, Sadam Hussein régnait en dictateur sur le pays, une dictature accompagnée d'un culte de la personnalité sans aucun complexe. C'est ainsi que, chaque année, avait lieu dans chaque école du pays un tirage au sort permettant de désigner les élèves chargés de confectionner un gâteau pour son anniversaire du 28 avril, cela dans un pays où il était très difficile de s'approvisionner en nourriture et en médicaments. Dans une école en plein bassin du Tigre et de l'Euphrate, c'est Lamia, une gamine de 9 ans, que le sort a choisi pour confectionner le gâteau, son copain Saeed étant lui chargé de trouver des fruits. Lamia, très bonne écolière, est élevée par Bibi, sa grand-mère, une femme âgée et diabétique qui estime ne plus avoir la force d'élever correctement sa petite-fille et qui aspire à laisser cette tâche à une amie. Saeed, lui, a un père qui a perdu une jambe. Bibi, Lamia et Saeed, accompagnant son père, vont se rendre en ville, Bibi pour laisser Lamia chez son amie, Lamia (avec son coq Hindi) et pour trouver les ingrédients nécessaires pour confectionner le gâteau et Saeed pour trouver les fruits et, accessoirement, commettre quelques petits larcins. Leurs aventures dans la ville permettent de faire un tour d'horizon de ce qu'était l'Irak au temps de Sadam Hussein : une profusion de portraits du raïs dans la ville, une police totalement corrompue, une population qui n'arrête pas de s'invectiver, de nombreuses voitures avec des cercueils sur le toit et un certain nombre de turpitudes. On retrouve dans ce film la vision à hauteur d'enfant qui était de règle dans les films iraniens il y a une bonne trentaine d'années, en particulier dans les films d'Abbas Kiarostami, vision qui était utilisée pour essayer de contourner la censure.
Clem Lepic
Clem Lepic

64 abonnés 377 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 février 2026
Dans une école, une fillette de 5 ans est tirée au sort pour cuisiner un gâteau mais récuperer chaque ingrédient est un combat, sans argent dans une Irak appauvrie.

Incroyable film, très bien filmé, histoire poignante, très révélatrice du mode de fonctionnement de la société irakienne de Sadam Hussein, à qui il convient de faire un gâteau le jour de son anniversaire.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

189 abonnés 608 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 février 2026
Ai vu « Le gâteau du Président » premier film de Hasan Hadi qui a obtenu le très mérité prix de la « Caméra d’Or » au Festival de Cannes 2025. Ce film est un évènement en soi puisque c’est le premier film irakien qui parvient en Occident depuis des décennies. Un petit chef d’oeuvre. Hasan Hadi a un vrai talent de réalisateur et il surprend plusieurs fois le spectateur par des plans originaux d’une grande poésie, une direction d’acteurs (des enfants et des non-professionnels) très affûtée et un scénario d’une grande originalité. Hasan Hadi nous montre une photographie complète de l’Irak sous Saddam Hussein en 1990 tout en nous racontant l’histoire de la petite Lamia, 9 ans, qui a été choisie pour confectionner un gâteau lors de célébration de l’anniversaire du dictateur. Mais Lamia (Baneen Ahmad Nayyef qui a tout d’une grande actrice) vit dans une grande précarité avec sa grand-mère et n’a pas d’argent pour acheter des oeufs, de la farine, du lait et de la levure. En compagnie de son ami Saeed (Sajad Mohamad Qasem irrésistible) et de son inséparable coq, elle va parcourir la ville qui est sous l’emprise des militaires sosies de Hussein, de la corruption qui gangrène l’école, la police, l’hôpital, et sans oublier le risque de dénonciation permanent… Cette fable initiatique contemporaine nous fait passer des rires aux larmes et de la plus douce poésie (les habitations en roseaux sur les bords du fleuve) à une réalité implacable (les avions militaires américains qui traversent le ciel). Un film magnifique et bouleversant.
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