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Benoit (BENZINEMAG / HOP BLOG)
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3,5
Publiée le 30 avril 2026
Caméra d’or au Festival de Cannes en 2025, également prix du public à la Quinzaine des Cinéastes, le film nous replonge dans les années 1990, au moment de la dictature de Saddam Hussein et de la guerre du Golfe. Mais le propos n’est pas là. Même si la guerre affleure en arrière-plan, il s’agit surtout de suivre la petite fille et son compagnon dans une course contre la montre pour trouver des ingrédients dans un pays affamé, où la moindre denrée coûte un bras.
Le cinéaste pose un regard à hauteur d’enfant pour raconter cette histoire à la fois drôle et émouvante, sans misérabilisme, nous permettant de découvrir un pays à travers la ville de Bassora, dans une reconstitution très réaliste des années Saddam.
La mise en scène est à l’avenant, portée par une image belle, colorée et lumineuse. Un joli film, qui manque peut-être un peu de force... peut-être pas assez audacieux, peut-être trop sage par certains aspects, mais qui révèle en tout cas un réalisateur à suivre. /
Vu le 27/01/26 à Caen lors d'une projection-rencontre organisée par le Café des Images. À l’occasion de la 28e édition du Festival Télérama. Rencontre diffusée en direct avec le réalisateur irakien Hasan Hadi, diffusée depuis le cinéma le Balzac à Paris. Dénonce la bêtise d'un système totalitaire basé sur le culte d'une personne avec des "détails" qui coûtent des vies....
Un pitch improbable, un scénario téléphoné, des personnages monolithiques et des situations manichéennes : tout est réuni pour susciter un ennui mortel. Reste l’empathie que l’on a pour ces deux enfants, par projection des siens ou identification à soi.
Très beau film, simple, non partisan. Un de mes films préférés de ces dernières années. Les acteurs, surtout les enfants et la grand-mère ont de très belles personnalités attachantes avec des valeurs familiales fortes.
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2,5
Publiée le 3 avril 2026
Il y a des responsabilités qui ressemblent plus à un fardeau qu'à une bénédiction. Dans un contexte très précaire pour une population qui n'a même pas les moyens de s'acheter les produits de première nécessité, la petite Lamia est tirée au sort pour préparer un gâteau pour le président. Le dictateur Saddam Hussein se moque de la situation de son peuple et gare à ceux qui n'accomplissent pas leur tâche. Il y a donc une certaine pression, mais l'histoire d'Hasan Hadi est racontée à hauteur d'enfants, ce qui empêche d'avoir quelque chose de trop lourd. C'est davantage montré comme une fable avec les codes d'une chasse au trésor pour trouver des œufs, de la farine ou du sucre qui se font rares ou sont hors de prix. Une manière surtout de montrer l'Irak de l'époque avec des rencontres plus ou moins joyeuses. Ça m'a fait penser au cinéma d'Abhilash Shetty et à son film "Naale Rajaa Koli Majaa" qui utilisait un prétexte à savoir la quête d'un poulet en plein Gandhi Jayanti pour porter un regard sur la société. Le propos et le contexte sont intéressants, mais le contenu est quand même très basique et ne m'a pas touché. Proposition de l'Irak pour la 98e cérémonie des Oscars et récompensé à Cannes, "Mamlaket al-qasab" est finalement un film moyen et superficiel.
waou quel film! si les paysages des bords de l'Euphrates sont magnifiques, la vie des populations au bord de la misère transpire partout dans le film. La condition des enfants, endoctrinés et affamés par le régime de Sadam Hussein est patente mais le film n'est pas larmoyant. Nous suivons les peripéties d'une petite fille dans un patchwork de situations parfois droles, parfois inquiétantes. Les acteurs sont magnifiques, l'histoire est originale, ce film est une pépite.
Le Gâteau du Président est un film bouleversant. Sa construction entre douce poésie et fatale réalité prend l’âme jusqu’à l’os. J’ai d’abord été emmené, happé, par le grain de caméra, la lumière et l’œil d’Hasan Hadi. L’entrée en matière navigue dans une pointe d’onirisme qui s’évanouit de séquence en séquence lorsqu’on est lentement, inévitablement, plongé dans le vrai par le récit, les péripéties, les petites, les grandes tragédies, les drames. Ce drame d’ailleurs se pare d’une nuance. Elle permet que l’œuvre ne tombe dans le pathos, finalement, que sous le poids de l’ignoble vérité dans laquelle Lamia, jouée avec une justesse folle par Baneen Ahmad Nayyef, pagaie et se bat : un régime Irakien tyrannique qui embrigade, arrête, tue, et des frappes américaines aveugles tout aussi mortelles. Une odeur d’absolu s’en dégage. L’absolu désastre d’une enfance sacrifiée. Un regard universel. À voir.
La mise en scène, sobre et maîtrisée, s’appuie sur des images d’une grande beauté pour capter un quotidien rarement montré à l’écran. À travers ce récit, Hasan Hadi révèle une humanité fragile mais tenace, faisant naître une émotion profonde sans jamais la forcer.
Quand la tragédie humaine offre des moments uniques de poésie, quand les drames humains nous rappellent combien la démocratie est belle, quand la pauvre paysannerie nous ramène a l’essentiel, quand la caméra capture la vilainie de l’Homme mais montre aussi ses plus beaux visages…. Film unique,remarquable, belle, grande œuvre du 7eme art a tous points de vues. Quelle claque pour notre cinéma subventionné. Et ces acteurs, grands et petits rôles qui pourraient tous monter sur scène pour un Cesar ou autre récompense prestigieuse, emmenés par une enfant exceptionnelle de beauté et de sincérité, Baneen Ahmad Nayyef.
C’est presque une version contemporaine du « Justine ou les infortune de la vertu » et donc une fable politique et humaniste, qui emporte par sa légèreté et nous fait atterrir avec fracas lorsqu’elle nous rappelle la réalité funeste qu’elle illustre. Très touchant et d’une excellente maîtrise cinématographique. À voir!