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Gérard Bourgeois
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4,0
Publiée le 3 décembre 2025
N’EST PAS RIMBAUD QUI VEUT… Le poète colombien Oscar publie deux recueils dans sa jeunesse. Puis, plus rien. Sa veine créative tarit. Il se réfugie dans son poste d’enseignant et découvre Yurlady, une élève talentueuse. Il l’encourage à écrire et tente de revivre son rêve d’écriture à travers elle. Il réussit à la propulser à un festival de poésie où elle est sur le point de gagner un prix en adaptant ses textes aux attentes psycho-sociales de la partenaire qui finance l’événement. L’histoire se déroule de manière linéaire, comme une sorte de documentaire réalisé par Simon Mesa Soto avec un œil de sociologue des inégalités. Argent et poésie ne font pas bon ménage. On ne sera pas surpris, sauf par le dénouement.
La belle surprise de cette fin d’année. Un éventail d’émotions où rires et tristesse se croisent sans qu’on sache très bien où se trouve la limite. Un film tellement singulier qu’il en devient universel. C’est fin, drôle et ça parle au poète qui sommeille en chacun de nous.
Un film étonnant qui décrit la relation entre un poète alcoolique médiocre et une jeune fille chez qui il décèle des dons précoces. Il la prend sous son aile, l’encourage… mais tout ne va pas se passer comme prévu ! La narration au deuxième degré oscille toujours entre gravité et humour.
Très intéressant, drôle et original avec ce côté complètement grotesque du personnage principal, les "amis" innocents et poètes qui révèlent tous leurs vices... Une belle histoire, qui évite de suivre à la lettre le schéma de l'homme qui va de manière providentielle aider une jeune défavorisée. Les ressorts "classiques" de ce genre d'intrigue ont toujours quelque chose de novateur et de détourné.
Un acteur débutant, Ubeimar Rios, nous déboussole puis nous apparait de plus en plus touchant dans sa fragilité de poète méconnu (voire pas très doué), de père défaillant, et de fils un peu castré. La non-action de cette fiction se passe dans la ville de Medellin plein de gens ordinaires, de classes sociales si différentes, que la communication entre eux est quasi-impossible. Et pourtant, une belle humanité surgira entre jeunes filles, grâce à la force de l'écrit. Une belle surprise, repérée à Cannes, mais qui ne suffira pas à sauver la fréquentation en baisse des cinémas. Le poète s'appelle Oscar, quel prénom narquois pour cet écrivain en manque de notoriété! Mesa Soto le jeune réalisateur colombien est aussi un scénariste talentueux. cinéma - novembre 25
J'ai été bouleversée par ce film colombien et je n'oublierai pas le regard désespéré de l'acteur principal qui traine sa tristesse abyssale de poète dans une société mercantile où il n'a pas sa place. Ce loser magnifique a écrit 2 recueils dans sa jeunesse mais en panne d'inspiration depuis des lustres traine ses idées noires dans les bars. Quand contraint par sa soeur d'accepter un poste de prof de philo, il croit pouvoir combattre ses démons en transmettant sa passion de la poésie à une jeune élève défavorisée, tout s'emballe: il tente par procuration de réparer sa relation fragile avec sa propre fille. Mais comment devenir un père qu'on admire quand on est si immature et qu'on habite encore chez sa mère? Comment faire gagner un prix de poésie à une lycéenne qui se rêve en esthéticienne et dont l'occupation principale est de nourrir sa famille XXL? Oscar va découvrir que sa pureté n'y suffira pas...
Un film poignant parsemé de pointes d'humour. L'acteur principal, dont l'existence tend vers les vers à moitié vide, est excellent dans son jeu. Un prix du Jury à Cannes amplement mérité. A voir absolument
«Pas facile» Film colombien plutôt inclassable qui a eu le prix du Jury à Cannes « Un certain regard » et qui raconte les déconvenues d’un poète sans le sou, dépressif et alcoolique vivant chez sa mère. Il se trouve mêlé à des embrouilles malgré sa bonne volonté et son souhait de mettre en avant une élève d’un quartier populaire réellement prometteuse. Certains moments sont savoureux mais l’ennui n’est pas loin, et le personnage tellement agaçant (superbement joué!).
Franchement apprécié ce film hors sentiers battus qui nous parle de poésie dans un monde de brutes ! Le personnage principal est parfaitement atypique, un looser au physique ingrat, agaçant au possible mais si attachant ... Et cette famille nombreuse au statut précaire, d'où jaillit une petite fée talentueuse qui ne rêve que de devenir manucure C'est plein de tendresse, d'humour et une sacrée claque aux institutions officielles : bref, je recommande vivement !
Oscar Restrepo est un loser magnifique. Ce quinquagénaire disgracieux, dépressif et suicidaire, a tout raté dans sa vie. Il se dit poète, a certes dans sa jeunesse publié deux recueils, mais n’a plus rien publié depuis. Il a eu une fille d’un premier mariage ; mais, après son divorce, il est retourné vivre chez sa mère vieillissante et n’a plus guère de contact avec sa fille qui est en passe d’entrer à l’Université. Il trouve dans l’alcool une échappatoire à son mal-être. Sans emploi, il consent, sous la pression de sa famille, à donner des cours dans un lycée. Il y rencontre une jeune élève issue d’un milieu très pauvre qui se révèle être une grande poétesse cachée.
"Un poète" nous vient de Colombie. Son action se déroule à Medellin. Elle pourrait se dérouler n’importe où dans le monde car son sujet est universel. Son héros est truculent. Il s’agit d’un acteur amateur, d’un enseignant casté par hasard par le réalisateur Simon Mesa Soto. Il ressemble à un gnome ridicule.
"Un poète" aurait pu se contenter de regarder son héros se débattre dans sa vie quotidienne : avec sa fille qui ne veut plus le voir, avec sa famille qu’épuisent ses foucades, avec ses collègues poètes qui peinent à cacher leur mépris, avec ses élèves enfin que son enseignement pour le moins hétérodoxe déconcerte. Mais "Un poète" fait mieux : dans sa seconde moitié, il raconte une histoire, celle de la relation entre Oscar et Yurlady, cette élève douée sur laquelle il projette ses espoirs de poète raté. Cette histoire qui aurait pu être un épisode parmi d’autres de la vie quotidienne du héros prend un tour et une importance inattendus. Elle est surprenante, drôle et dramatique à la fois. Elle interroge les rapports de classe, les rapports de genre.
Cheminant sur la crête entre drame et comédie, "Un poète" est un film original comme on en voit rarement, subtil et attachant.
drôle, triste,émouvant, social, poétique, dépaysant,.. ce film est attachant j y suis allé sans m attendre a quoi ce soit mais bonne surprise prix mérité a cannes Fabuleux interprète principal : une gueule et une présence je leur souhaite a tous une belle carrière
Tourné avec peu de moyens et des comédiens non-professionnels, "Un poète" n'en est pas moins un film attachant, où la personnalité perturbée du personnage principal irrite autant qu'elle émeut. Inadapté au monde moderne, cet être frêle et immature fait des efforts incommensurables pour se rapprocher de sa fille. Sur son chemin, une autre adolescente, douée pour la poésie, qu'il tente d'aider maladroitement. C'est ici la sincérité du poète que le cinéaste donne à voir et son interaction avec des personnes qu'il ne comprend pas et dont l'univers lui est étranger. L'attention portée à Yurlady et à sa famille modeste, chez qui on arrive après l'ascension d'un escalier extérieur en colimaçon peu praticable, remet les choses en perspective. La jeune fille, en effet, se préoccupe davantage de ses ongles, de maquillage et de coiffure que de poésie. Une oeuvre intéressante d'une cinématographie peu exposée, qui aurait sans doute gagné à ne pas dépasser les 90 mn.
Très attachant, une vie comme il en existe partout avec des voyous des menteurs, des arrivistes mais aussi de la tendresse de la famille sauf des jaloux . Les deux jeunes filles appartiennent à ces sociétés.