Un film exceptionnel, tant par son scénario original que par les nombreuses pistes qu'il offre au spectateur pour l'interpréter. De quelles histoires parallèles parle-t-on, au fond ? Ne sommes-nous pas, finalement, un peu l'incarnation même de cette autrice loufoque qui épie par sa fenêtre et s'imagine des choses; tout comme nous en imaginons en regardant ce film ? L'œuvre parle avant tout, je crois, des préjugés que l'on nourrit lorsqu'on pense connaître l'autre en l'observant, presque en le fantasmant, et de l'écart qui existe entre cette projection et la réalité de la confrontation avec l'inconnu. Mais à l'instant même où j'écris ces lignes, je réalise que cette lecture du film n'est peut-être que le reflet de mes propres filtres, de mes propres angles morts. Ce que je crois percevoir dans l'œuvre dit sans doute autant sur moi que sur elle; preuve que le film a parfaitement atteint sa cible. Parfaitement mené, c'est un film posé, qui prend son temps; et ça fait du bien, car cela ne court pas les rues.
Une expérience trop conceptuelle Pour tout dire, je n’ai pas été transportée. Malgré un casting impeccable et des acteurs irréprochables, la sauce n’a pas pris. Le lien entre les personnages manque d'énergie. Alors, c’est vrai, c’est certainement comme ça que l’on vit et que l’on regarde vivre les autres, mais on attend quand même une étincelle qui ne vient jamais. C'est d'autant plus long qu'au cinéma, si l'on n'est pas super bien installé, on a tendance à vouloir que ça aille plus vite. Pourtant, le point de départ était pas mal à l’image de ces personnages, nous aussi on regarde par notre propre lucarne cinématographique pour épier leur histoire, comme eux entrent dans celle des autres. Malheureusement, on n’est pas inspiré par l’inspiration de l’écrivaine (Isabelle Huppert). C’est dommage, ça aurait pu être le fil conducteur que j'attendais. Peut-être que le réalisateur voulait justement nous rendre des observateurs passifs, comme on peut l'être dans la vraie vie. C’est une réflexion intéressante après coup, mais sur le moment, l’expérience reste trop conceptuelle et laisse un goût d’inachevé.
Un film plutôt intéressant permettant d’aborder des sujets variés tels que l’amitié, l’amour, la reconnaissance, la solitude ou encore la jalousie.
Le film a un rythme plutôt lent, avec des scènes parfois qui ne sont pas indispensables et n’apportent rien à l’histoire.
La particularité de ce film est la rencontre entre le personnage joué par Isabelle Huppert et le personnage d’Adam Bessa.
Isabelle Huppert incarne une femme assez âgée, isolée, vivant dans un appartement assez sale et dégradé, espionnant régulièrement ses voisins habitants dans l’immeuble situé en face, et ayant l’envie de publier un nouveau roman, mais rencontrant des critiques de la part de son éditrice, incarnée par Catherine Deneuve.
Ce manque de reconnaissance professionnelle entraîne le souhait pour elle d’interrompre définitivement sa carrière d’écrivaine, mais le personnage joué par Adam Bessa semble intéressé par l’histoire écrite par cette écrivaine et décide de reprendre ses écrits en les adaptants à sa manière. Il se met alors, à son tour, à espionner les voisins, et s’immisce même dans leur vie en mélangeant la fiction et la réalité ce qui aboutira à des situations chaotiques et violentes.
Ce film met en lumière les rapports sociaux, professionnels, amicaux et même amoureux de manière brutale, à travers des personnages menant une existence assez banale mais se sentant peu à peu observé, analysé, jugé et même critiqué par un parfait inconnu qui ne se contente pas d’écrire un roman mais souhaite confronter les personnages de Vincent Cassel, Pierre Niney et Virginie Efira face à leurs contradictions.
Le rythme change durant la seconde partie du film et nous sommes confrontés à des scènes brutales et difficiles, avec des personnages confrontés à des incompréhensions, des actes irréfléchis entraînent des changements dans les rapports professionnels, fraternels ou amicaux.
En lisant certains avis, je m’attendais à un film sans grand intérêt mais je trouve que ce n’est absolument pas le cas. Mis à part le rythme assez lent et la durée du film, les thèmes abordés et les personnages restent intéressants avec des intrigues, des dialogues et des situations variées.
Je n’ai jamais été convaincu par ce film après avoir vu la bande-annonce. Une amie qui la trouvé pas mal… m’a décidé un jour que je m’ennuyais… L’ennui a continue plus de deux heures. Histoire plate, longue, lente, jamais ça ne décolle. La musique qui accompagne ce film devient déprimante. Je pensais qu’Isabelle Huppert sortirait de ce rôle habituelle, de froideur - j’ai eu l’impression de voir des acteurs fantômes. Bref. Grosse déception
2h20 d' un ennui abyssal avec des longueurs :((..Film mégalo-bobo-intello porté pourtant par un casting de rêve ! Mais que viennent-ils faire là-dedans ? !!
le film le plus ennuyeux que j'ai vu depuis des mois. ni meme Isabelle Huppert sauve ce film - son histoire est un peu meilleure que celle du trio efira-niney-cassel, l'un des plus ennuyants du cinéma contemporain.....
Le film n'est pas à la hauteur de la bande-annonce qu'il proposait. Comme il a déjà été écrit, c'est un film d'un ennui abyssal, écrit pour une certaine catégorie de spectateurs psycho bobo intello, bref pour les spectateurs du festival de Cannes. C est dommage qu'on en oublie le spectateur lambda. J'y suis allée pour des acteurs que j'adore Virginie Efira, Pierre Niney, Vincent Cassel... Seul Isabelle Huppert parvient à tirer son épingle du jeu dans son rôle d'une écrivaine observant ses voisins à la lunette, fumant cigarette sur cigarette et tapant son roman sur une machine à écrire électrique, dans un appartement d'une saleté sans précédent...
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3,5
Publiée le 17 septembre 2026
« Si c'était réel, ça n'aurait aucun intérêt. » L'imagination, qui a souvent été vantée au cinéma et dans différentes histoires pour son pouvoir transformateur et guérisseur, a ici un effet dévastateur. Dans ce récit, la fiction et la réalité se nourrissent mutuellement, mais ce n'est pas l'exemple typique du film où la frontière entre les deux s'estompe, même si cela commence ainsi. C'est plutôt une histoire où l'imagination vient impacter la réalité, avec un texte qui fait germer des pensées dans la tête de ces gens sans histoire. Encore une fois, l'intrigue ne suit pas le schéma classique de l'expérience tordue ou de la manipulation perverse. C'est une approche innocente, et c'est ce qui rend le déroulement si captivant. C'est le banal qui devient littéraire avec des soupçons, de la paranoïa et des trahisons, mais cela ne se transforme jamais en véritable thriller. Pour le coup, j'ai totalement accroché à l'approche et à l'exécution, et j'ai passé un bon moment devant cette histoire engageante et ce solide casting.
Une romancière écrit un roman, et pour s'inspirer espionne ses voisins de l'immeuble d'en face et brode ainsi tout une histoire fantasmée, imaginant un triangle amoureux. Le scénario est implacable, magnifiquement écrit, d'une cohérence impressionnante sur ces différents niveaux de lecture avec des protagonistes tous intéressants. Le récit est passionnant, d'abord parce que dans sa première partie on peut se demander si le souvenir de la mère va avoir un impact réel ou pas, si une coïncidence ou le hasard va relier les deux voisines, ou encore comment cet aide à domicile va amener la discorde. Ensuite le récit se retrouve sur le fil d'une narration funambule qui joue avec le thriller psychologique, et là aussi le drame va-t-il franchir la ligne pour une montée en tension et/ou virer vers quelque chose de plus brutale. Malheureusement, la dernière partie montre trop les hésitations à l'écriture, on sent que trouver une fin a été plus compliqué. Les enjeux se retrouvent presque trop légers ou trop anecdotiques, les troubles émotionnels méritaient une montée en puissance plus probante. Néanmoins Asghar Farhadi signe un drame psychologique de haut niveau, les liens humains, les relations sociales sont d'une grande acuité bine servi par six acteurs magnifiques dans leurs failles et leurs doutes. Site : Selenie
Qui contestera le fait qu'Asghar Farhadi n'a jamais été meilleur que dans ses films tournés dans son propre pays, alors que Le Passé, Everybody knows et désormais Histoires parallèles ne peuvent soutenir la comparaison ? Dans son dernier opus, le cinéaste joue pourtant de ses recettes éprouvées, avec basculement de l'intrigue, engrenage infernal et rebondissements à foison, mais son regard persan est bien plus efficace lorsqu'il traite des ressorts de la société iranienne et des individus qui la composent, dans un quotidien aléatoire. spoiler: Ça pue d'épier , nous dit-il en substance, dans Histoires parallèles où fiction et réalité s'entremêlent. Le début du long métrage paraît bien laborieux avec au premier plan une Isabelle Huppert, pas très gâtée par son rôle et pas spécialement inspirée, non plus. La suite est un peu plus convaincante, alors qu'un esprit ludique est davantage convoqué, même s'il manque de l'humour aux péripéties qui s'enchaînent toutefois trop contrôlées et rigides dans leur représentation. Néanmoins, l'excellente interprétation d'Adam Bessa, qui surpasse largement celles du quatuor vedette composé de Huppert, donc, Efira, Niney et Cassel, excusez du peu, ravive le feu intérieur du scénario vers un dénouement malicieux qui nous laisse sur une note un peu plus espiègle et enlevée.
Deuxième film français d’Asghar Farhadi après Le Passé, que j’avais pour ma part beaucoup aimé. Malheureusement, je n’aurai pas du tout le même avis sur celui-ci, présenté à Cannes cette année.
La mise en scène est assez mollassonne et le scénario, alambiqué, finit par perdre le spectateur entre les personnages réels et ceux du roman. On cherche un peu trop souvent à comprendre qui est qui, au détriment de l’émotion. Et pourtant, le casting est étincelant : Isabelle Huppert, Pierre Niney, Vincent Cassel, Adam Bessa, India Hair ou encore Catherine Deneuve dans un petit rôle. Mais curieusement, personne ne brille vraiment. Seule Virginie Efira, pour moi, parvient réellement à sortir du lot. C’est long, on finit par s’ennuyer et surtout on ne s’attache jamais vraiment aux personnages.
Bref, un ratage de plus après son film espagnol pour le réalisateur iranien, qui, décidément, n’est jamais aussi bon à mes yeux que lorsqu’il tourne dans son propre pays.
Sylvie (Isabelle Huppert), une vieille écrivaine acariâtre, que sa nièce (India Hair) pousse à déménager, est en train d'écrire son nouveau roman. Propriétaire d'un appartement sur le boulevard Saint-Martin, elle épie ses voisins à la longue-vue, Nico (Vincent Cassel), sa compagne Nita (Virginie Efira) et son frère cadet Théo (Pierre Niney), et leur invente une vie. Sylvie héberge un repris de justice, Adam (Adam Bessa), qui subtilise son manuscrit et contacte Nita.
Ashgar Farhadi est sans doute l'un des plus grands réalisateur iraniens contemporains. Seul Jafar Panahi, auréolé de toutes ses récompenses à Cannes, à Berlin ou à Venise, réussit à lui voler la vedette. Il lui a fallu attendre la quarantaine et son cinquième film, "Une séparation", pour atteindre en 2011 une renommée internationale. Suivirent quatre autres films, tournés en France ("Le Passé"), en Iran ("Le Client", "Un héros") et en Espagne ("Everybody Knows").
Fahradi revient en France avec un casting luxueux : Huppert, Efira, Cassel, Niney.... et même Catherine Deneuve en guest star ! Son film, inspiré d'un des épisodes du décalogue de Kieslowski, était taillé pour Cannes. Il y a pourtant reçu jeudi dernier un accueil glacial. "le film du réalisateur iranien présenté à Cannes [...] remplit du vide avec du n’importe quoi" écrit Eric Neuhoff pour Le Figaro. "un grand huit de fiction hitchcockienne avec casting français XXL, plus étouffant qu’étourdissant" cingle Sandra Onana pour Libération. "un jeu de faux-semblants qui tourne à vide" conclut Jacques Mandelbaum pour Le Monde.
Je suis loin d'avoir la dent aussi dure. J'ai au contraire beaucoup aimé ce film. Il est rare que je ne reproche pas à un film de plus de deux heures sa longueur. Celle-ci ici m'a semblé au contraire parfaitement opportune, le scénario se donnant le temps de déployer tous ses possibles et de nous surprendre à chacune de ses bifurcations.
J'ai aimé la direction d'acteurs de ces "Histoires parallèles". Même Isabelle Huppert, toujours aussi horripilante, m'a semblé excellente. Viriginie Efira est tout simplement renversante. Vincent Cassel me fait douloureusement réaliser qu'à son âge et au mien, on est devenu un vieil homme perclus de rhumatisme. Pierre Niney réussit l'exploit remarquable de jouer sa partition mezzo vocce, sans verser dans les outrances qui lestent souvent ses premiers rôles.
Mais Histoires parallèles vaut surtout par son scénario à la fois délicieusement emberlificoté et parfaitement linéaire. Comme La Vénus électrique programmé en ouverture, comme L'Être aimé projeté samedi, Histoires parallèles nous invite à une réflexion virtuose sur la création, sur l'imaginaire, sur l'espace plus ou moins grand qui les sépare de la réalité. Histoires parallèles est un hommage à la création artistique et un appel, sacrément salvateur en ces temps troublés, à la liberté de l'artiste. C'est en même temps un rappel des conséquences de la création artistique sur la réalité. La fiction peut changer la vie ; mais, dit malicieusement Sylvie à Nico dans la cour de son immeuble, il n'y a rien à craindre d'elle si on ne se sent pas menacé.
Présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026, "Histoires parallèles" suit une écrivaine en panne d’inspiration, qui observe ses voisins pour nourrir son nouveau roman. Lorsqu’elle engage Adam pour l’aider dans son quotidien et ses observations, la frontière entre ce qu’elle invente et ce qu’elle vit commence progressivement à disparaître, jusqu’à ce que la fiction prenne dangereusement le dessus sur la réalité. Farhadi orchestre ici un récit où chaque personnage semble jouer un rôle sans toujours savoir s’il est écrit ou vécu. Le casting est presque trop riche. Isabelle Huppert impose immédiatement sa présence ambiguë, Virginie Efira apporte une finesse émotionnelle constante, Pierre Niney et Vincent Cassel incarnent chacun des figures parfaitement calibrées dans ce jeu de miroirs narratif. Et même la brève apparition de Catherine Deneuve suffit à marquer l’écran. Mais c’est surtout Adam Bessa qui impressionne. Son interprétation, plus retenue, plus fragile, contraste avec le reste du film et c’est finalement lui qui touche le plus. "Histoires parallèles" souffre cependant d’une certaine longueur et peut donner l’impression d’un drame bourgeois très lisse, où tout est parfaitement écrit mais rarement vraiment surprenant dans son intensité.