Je dois l'avouer, je ne connais absolument pas le cinéma d'Asghar Farhadi. "Histoires parallèles" fut donc mon premier contact avec celui-ci, ce dernier m'ayant principalement attiré par la puissance de son casting. Avec des noms comme Isabelle Huppert, Virginie Efira, Pierre Niney ou encore Vincent Cassel sur l'affiche, il était peu de dire que ce projet avait l'air intrigant. Malheureusement, je dois dire que je ressors un peu déçu de mon visionnage. Dans l'ensemble, je trouve que le film a des qualités certaines, mais j'ai également la sensation qu'il m'est un peu passé au-dessus et qu'il ne me laissera pas un souvenir très marqué. Dans son concept, je comprends pourtant ce que le réalisateur a voulu mettre en place, avec une histoire qui parle clairement du désir de création. Cela se fait via le personnage de Sylvie, qui est le cliché de l'autrice dans son mode de vie, mais qui permet de mettre en avant les inspirations possibles pour un auteur. Et même, dans une moindre mesure, le fait que les personnages de l'immeuble d'en face soient des doubleurs pour les bruitages (qu'ils doivent donc créer à partir de rien) fait sens. À ce niveau, je pense qu'il est également le bon moment pour saluer toutes les performances du casting. Ils sont tous très bons, et je suis persuadé que ce genre de propositions (avec différentes facettes d'un même rôle) a dû leur plaire. Mais pour revenir à nos moutons, le film créait donc son point de bascule via le personnage d'Adam, un personnage qui souhaite également devenir auteur. Malheureusement, son inexpérience et son vécu jouant beaucoup, il est le penchant trop minimaliste de l'artiste, ne sachant séparer le réel de la fiction. En ce sens, je trouve également que l'idée de mélanger les séquences de l'histoire principale et l'histoire du roman était intéressante, c'était ce qu'il fallait faire. Cependant, c'est là que le long-métrage trouve ses limites pour moi, avec une formule qui ne fonctionne pas si bien au final. Dans l'ensemble, le film est quand même très long à regarder, et la raison principale à cela vient de la composition de sa narration. Au lieu de véritablement mélanger le réel et la fiction dans le montage, il va faire l'un, puis l'autre. On va d'abord imaginer la vie des personnages d'en face, avant d'être confrontés à la réalité. Sur le papier, cela peut paraître logique, mais dans les faits, j'ai quand même la sensation que le film appelait bien plus à un véritable mélange des deux histoires. On aurait alors pu avoir une vraie confrontation, et pas juste une comparaison qui s'effectue bien à part. Je tiens également à rajouter que le final est un peu léger, notamment sa toute dernière séquence, et on a donc un tout qui peine à convaincre. Le long-métrage est clairement rempli d'idées, mais sa narration créait trop rapidement un sentiment de lassitude. Le rythme ne rebondit jamais, et on finit donc logiquement par s'ennuyer. Alors, comme première expérience dans le cinéma de ce réalisateur, je dois dire que j'en ressors avec peu d'envie d'aller découvrir le reste. Pour conclure, un projet intrigant, mais peu concluant.