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L'Avant-Scène Cinéma
1 abonné
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4,5
Publiée le 10 juin 2026
Une romancière, incarnée par Isabelle Huppert, recluse au sommet d’un immeuble des grands boulevards où rien ne semble avoir changé depuis des décennies, surveille ses voisins à l’aide d’un télescope. Vigie en quête d’une inspiration illusoire, elle n’ose plus sortir de chez elle pour se confronter au réel. Jusqu’au jour où sa nièce enceinte, interprétée par India Hair, la convainc de vendre l’appartement dont elles sont copropriétaires et lui présente un jeune homme, joué par Adam Bessa, qu’elle accepte d’héberger en échange de menus services. Celui-ci se met à son tour à écrire en s’inspirant de ce qu’il croit comprendre de la vie des autres. Simultanément, de l’autre côté de la rue, deux frères ingénieurs du son, Vincent Cassel et Pierre Niney, et une collègue, Virginie Efira, passent leurs journées à bruiter des films avec une inventivité sans limites. Jusqu’au moment où ces divers destins vont se mêler les uns aux autres et faire affleurer des non-dits qui auraient dû le rester.
Histoires parallèles est le deuxième film qu’Asghar Farhadi tourne en France après Le passé. Il en a puisé l’inspiration dans Le Décalogue 6 du réalisateur polonais Krzysztof Kieslowski, exploité en version longue sous le titre Brève histoire d’amour. Du scénario originel initié par le scénariste Krzysztof Piesiewicz à partir du commandement « Tu ne seras pas luxurieux », le réalisateur iranien et son frère Saeed ne retiennent que le thème du voyeurisme, en en tirant un tout autre parti. L’objet du film consiste à entremêler plusieurs existences en scrutant leurs multiples interactions. Le centre de cette toile d’araignée, c’est ce jeune homme épris d’écriture qui va constamment des uns aux autres, en s’efforçant de leur dérober l’inspiration dont le privent sa jeunesse et son inexpérience, quitte à stimuler son imagination en s’appropriant des confessions intimes qui ne lui appartiennent pas et à provoquer des frictions artificielles pour en observer les effets. Comme un petit chimiste des âmes.
À son habitude, et c’est l’une des constantes de tous ses films, quel que soit le pays où il les a réalisés, Asghar Farhadi excelle dans l’étude psychologique de ses personnages et de leurs interactions. Histoires parallèles constitue en cela une sorte de point de non-retour par la virtuosité avec laquelle le scénario passe d’un personnage à l’autre et nous emprisonne dans cet entrelacs en donnant une épaisseur peu banale à chacun des maillons de cette chaîne. Les histoires qui constituent cette mosaïque humaine sont universelles. Quant au cinéaste iranien, qui avait rendu un hommage appuyé à Sueurs froides dans son film espagnol Everybody Knows, il adresse cette fois un nouveau clin d’œil à Alfred Hitchcock à travers la topographie de sa situation de départ, qui évoque ostensiblement Fenêtre sur cour. Au point de se demander si ces histoires sont vraiment parallèles, dans la mesure même où elles finissent par se croiser, ce qui est rigoureusement impossible selon les règles les plus élémentaires de la géométrie pure.
Tel quel, le scénario se révèle d’une rigueur exemplaire, tout en s’autorisant constamment des accès de fantaisie et des échappées libres. Il témoigne en outre de l’envie qu’a Farhadi de se frotter aux acteurs français les plus prestigieux, quitte à s’offrir une scène unique mais mémorable avec Catherine Deneuve et à introduire son personnage principal au cours d’une séquence de haute volée dans le métro parisien. Rien ne semble pourtant vain ou gratuit au sein de cette architecture élaborée.
À bien des égards, l’Iranien voyageur Asghar Farhadi évoque certains réalisateurs originaires de la Mitteleuropa de l’entre-deux-guerres, qui ont réussi à s’intégrer à Hollywood grâce à leur talent de raconteurs d’histoires, leur instinct de la mise en scène et leur utilisation de l’espace. Contrairement à ses compatriotes Mohammad Rasoulof et Jafar Panahi, qui utilisent le cinéma comme un outil de dénonciation, il semble se méfier au plus haut point de la politique. Quitte à endurer des critiques sévères et à passer pour un traître aux yeux de certains intellectuels, faute de couper le cordon avec le régime des mollahs en refusant de prendre ses responsabilités. Comme si le cinéma restait plus fort que tout à ses yeux.
Une attitude ambiguë qui fut toutefois aussi naguère celle d’Abbas Kiarostami, le premier cinéaste iranien à avoir obtenu la Palme d’or à Cannes avec Le Goût de la cerise, sans jamais être inquiété par la République islamique. Ce n’est donc pas là le terrain sur lequel il convient d’attaquer ce styliste de haute volée pour qui la mise en scène reste un sacerdoce suprême. Désormais citoyen du monde, mais autorisé à retourner dans son pays quand il le souhaite, y compris en temps de guerre, Farhadi signe avec Histoires parallèles une étude de mœurs traversée par la marche du monde, au point d’aborder la question brûlante des agressions sexuelles et la remise en cause du patriarcat. C’est tout simplement une œuvre universelle fermement ancrée dans son époque.
spoiler: Tres bien joué et un peu long malgré tout. Quelques incohérences malgré tout.... adam bessa n'est jamais payé pour son travail. Mais qu'importe
Attirée par le scénario et par la qualité de jeu de Sandrine Huppert et de Pierre Niney, je suis sortie de la salle de cinéma bien déçue et un début de mal de tête à force d'avoir essayé de trouver une trame à l'histoire. Le scénario se tient, les acteurs jouent bien mais le déroulé du film est brouillon et nul. La situation de l'action n'est pas nette ; durant le film on ne sait pas d'emblée dans quel appartement on se situe : le studio de tournage ou l'appartement de l'autrice, pourquoi l'autrice a besoin d'aide pour faire des cartons, quel est le rôle du SDF Adam ... En résumé, l'histoire de Sylvie, une autrice vieillissante, alcoolique et en panne d 'inspiration, qui se gorge de voyeurisme chez des voisins de l'immeuble en face du sien, ... elle en fait des marionnettes pour son roman : Pierre (Cassel) qui se plaint de douleurs de dos insupportables pendant tout le film, Théo (Niney) frère de Pierre qui travaille avec Pierre et Nita (Effira) égérie du trio elle s'entoure d'un jeune homme SDF (dont on pense qu'il deviendra son "gigolo'' en fin de film) d'une nièce enceinte et qui attend avec impatience la vente de l'appartement de sa tante (d'où les cartons), d'une éditrice interprétée par Catherine Deneuve ... Cerise sur le gâteau : Théo tente de violer Nita en l'absence de Pierre, parti passé un IRM (sic), Pierre va retrouver son frère dans sa voiture et a pour objectif de l'étrangler avec un fil électrique. Quant au SDF, assuré d'avoir le gîte et le couvert chez l'autrice, il continue à draguer les filles dans un café en se faisant passer pour l'auteur du roman abandonné par Sylvie ...
À travers un récit à tiroirs où les frontières entre l’imaginaire et le réel se brouillent sans cesse, le cinéaste poursuit son exploration des mensonges, des désirs et des vérités mouvantes qui traversent les relations humaines. Si son ambition intellectuelle et ses multiples niveaux de lecture peuvent parfois donner une impression d’artifice, l’ensemble demeure captivant. Une œuvre ludique et exigeante qui interroge avec finesse le pouvoir des récits et notre besoin de croire aux histoires que nous nous racontons.
Quel bel hommage à cet immense réalisateur Kieslowski! et son compositeur Preisner une atmosphère, des références aux décalogues ( tu ne tueras point et +++++) et pas que!..... Rouge de kieslowski retraçait la rencontre fortuite sur un bateau de 2 se croisaient dans leur quartier mais ne se voyait pas ... quel scénario très bien ficelé, les acteurs français sont tous bons et ont du se régaler de pouvoir jouer dans un film d'une telle richesse.. Je ne me suis pas ennuyée une seconde car le thème de ces rencontres croisées est passionnant! tout est moment de vie , c'est comme cela dans la vie, nous avons tous des histoires parallèles...L'interférence de la fiction dans la réalité est aussi interessante. J'aime beaucoup la subtilité de la phrase d'isabelle Huppert dans la cour de l'immeuble à V. Cassel.... comment fait on pour rentrer un canard dans un bouteille???une phrase qui en dit long sur les histoires que l'on se raconte! Bref Bravo bravo asghar farhadi! donnez nous encore de bons films comme celui là!
C'est un film cérébral. Voyeurisme d'une autrice dans le déclin, Sylvie (Isabelle Huppert) espionne ses voisins. Elle interprète, à sa guise, ce quelle voit dans sa lunette, imagine des folles situations pour son nouveau livre. Il est nul, et pas dans l'air du temps. Adam (Adam Bessa) est sdf entre par hasard dans cette histoire très biscornue. Heureusement, ce scénario est sauvé par les actrices et acteurs de premier plan et c'est un réel plaisir.
Abonné Télérama ( 4 étoiles ). Huppert, Efira, Cassel, Niney, et même qqs minutes C. Deneuve, je ne connais pas Adam Bessa (bien). Film à voir, bien sûr! Résultat, film ennuyeux, espérant comprendre à la fin??? que je n'ai pas comprise non plus.
Un film déroutant, décousu, lent, ennuyeux par moments et inspiré à d'autres. Un casting xxl mais on se perd dans les méandres du scénario. Avis mitigé donc.
Film surprenant dans sa composition. L’imaginaire côtoie le réel , ce qui brouille les pistes. Si le début semble mou, la tension psychologique est ensuite bien ressentie. La distribution, un casting 4*.
J'ai entendu des critiques qui disaient qu'on se perdait entre les différentes histoires, que c'était nombriliste de montrer toujurs le m^me milieur (écrivain, monde du cinéma...) mais je me suis laissé entrainer .car c'est ce que j'attends d'un livre ou d'un film : qu'on me reconte des histoires et finalement, ça ne m'intéresse pas toujours de savoir comment est venue l'inspiration à l'auteur. Et le personnage incarné par Huppert a le mérite de le dire de façon très explicite à celui incarné par Cassel : pourquoi ça vous iagace autant puisque ce ne sont que des histoires ? Les acteurs sont impeccables ; tout le film sert la trame sans concession. Pas très joyeux mais un bon moment de cinéma.
C’est long et étouffant, un huis clos qui n’en finit pas avec des scènes qui reviennent en boucle deux heures pour dire que la fiction n’est pas la réalité…
Quelle déception ! Un casting de rêve mais qu’on s’ennuie Mais qu’à voulu dire le réalisateur ? Un peu de suspense enfin à la fin Catherine Deneuve y est pourtant jubilatoire, mais c’est un court moment L’utilisation de VirginieEfira me paraît assez sexiste Passez votre chemin,sauf si vous voulez passer un moment climatisé par cette canicule, le film rafraîchit