De la finance aux plateaux de cinéma
Avant de devenir réalisatrice, Marion Le Corroller a travaillé dans l'univers de la finance, un milieu exigeant dans lequel son corps a fini par céder face au surmenage. C'est après la lecture de l'ouvrage Les vertus de l'échec de Charles Pépin qu'elle a décidé de se reconnecter à son désir profond : le cinéma. Elle a ensuite franchi le pas en réalisant ses premiers courts-métrages, puis a développé le scénario de Sanguine avec Thomas Pujol.
Un casting éprouvant pour l'actrice principale
Trouver l'interprète de Margot n'a pas été une tâche facile. Plus d'une cinquantaine de jeunes filles ont été auditionnées et beaucoup ont refusé le rôle en raison de la nudité et de l'intense préparation physique requises. C'est finalement Mara Taquin qui a été choisie par la réalisatrice, s'imposant par sa détermination face à un tournage éprouvant où elle devait parfois subir huit heures de maquillage dès 4 heures du matin et porter un corset lourd relié à une caméra.
Des références majeures dans le cinéma de genre
Pour façonner la folie et l'intrusion progressive du body horror dans le film, la cinéaste s'est inspirée des œuvres de David Cronenberg, Darren Aronofsky, Yórgos Lánthimos ou encore Ari Aster. Black Swan a notamment servi de référence maîtresse pour traiter la détermination et la métamorphose de l'héroïne. Elle confie d'ailleurs à ce sujet : « Je l'ai énormément revu pour la construction de la folie, l'intrusion du genre, la détermination et l'obsession maladive du personnage principal. »
Un décor hybride entre réel, ville fantôme et studio
Afin d'éviter l'esthétique classique des hôpitaux vus à la télévision, la production a investi un ancien campus désert pour concevoir un environnement graphique et singulier. Les séquences de blocs opératoires et de feu ont été filmées dans un véritable établissement hospitalier situé à Luçon, tandis que l'internat a été entièrement bâti durant un mois dans les studios d'Ivry-sur-Seine. Cette structure modulable permettait à la caméra de tourner librement autour des comédiens.
Un « Disneyland de l'horreur » pour créer les prothèses
La conception des altérations corporelles subies par les personnages s'est faite à Montreuil, dans l'atelier du superviseur des effets spéciaux Pierre-Olivier Persin (alias Pop). L'équipe s'est appuyée sur de réelles pathologies dermatologiques pour élaborer une métamorphose évolutive, matérialisée sous forme de maquettes, de prothèses d'excroissances de peau et d'un minutieux travail sur la vascularisation.
Une ambiance sonore et musicale volontairement décalée
Pour la bande originale, Marion Le Corroller a fait appel au compositeur Rob afin d'insuffler une énergie électro et fun, créant un contraste saisissant avec les scènes gores. Le travail sur le design sonore a été confié à Valérie Deloof pour déformer chaque son de l'hôpital. La réalisatrice explique son intention : « Je voulais que chaque son de l'hôpital soit étrange, que même les bips soient bizarres. On a énormément déformé, distordu les sons de manière à apporter une bizarrerie propre au film. »
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