Soudain
Note moyenne
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Cinememories

598 abonnés 1 673 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mai 2026
Avec Soudain, Ryūsuke Hamaguchi investit pour la première fois la langue française et un EHPAD de banlieue parisienne pour y déposer ce qui l’a toujours obsédé : la manière dont les humains tentent de se rapprocher, malgré la maladie, malgré le système et malgré la mort qui rôde en silence. Une belle surprise, exigeante et tendre à la fois, même si elle met parfois à l’épreuve la patience du spectateur sur ses 3h15.

Le projet n’avait rien d’évident. Hamaguchi s’appropriait une correspondance réelle, celle d’une philosophe mourante et d’une anthropologue, pour en tirer une fiction transposée dans un univers qui n’était pas le sien et dans une langue qu’il apprenait à peine. Et pourtant, Soudain porte la marque d’un cinéaste qui ne s’égare pas. Ses personnages sont regardés avec la même nuance, la même dignité et la même empathie exceptionnelle que dans chacun de ses films précédents.

Marie-Lou, directrice d’EHPAD en banlieue parisienne, et Mari, metteuse en scène japonaise en lutte contre un cancer, se découvrent par hasard et vont apprendre l’une de l’autre, notamment autour des méthodologies de soin, autour de la langue de l’autre, autour de la mort imminente que le film refuse d’urgentifier. Il y a une fatalité diffuse dans ce drame, une façon de laisser la menace s’installer sans la brandir. Hamaguchi choisit le rythme du quotidien plutôt que le crescendo du deuil, et cette décision, aussi risquée soit-elle, est celle qui donne au film sa vérité la plus profonde.

La langue de l’autre

Soudain est aussi très bavard. Les grandes tirades philosophiques, les monologues sur le capitalisme et l’épuisement au travail (mieux traité que dans Sanguine), les échanges bilingues qui sont parfois schématiques, mais tout de même stimulants. Tout cela est parfaitement assumé, car c’est aussi le sel du cinéma d’Hamaguchi depuis Senses jusqu’à Drive My Car, en passant par Le mal n’existe pas, ce pari que la parole, quand elle est filmée avec assez d’attention, finit par se transformer en quelque chose de plus suspendu, de presque physique. Et ici, plus que dans ses films précédents, la communication n’est plus simplement verbale, elle est sensorielle, tactile et incarnée dans un EHPAD où le geste de soin est aussi un geste de présence. Le massage de pied revient comme un symbole fort, peut-être un peu trop répété aussi, mais il raconte quelque chose d’essentiel sur ce que le film appelle l’humanitude : un concept philosophique et gérontologique basé sur l’empathie, que le scénario n’arrive pas toujours à rendre évident.

Ce qui fascine toujours autant, en revanche, c’est la manière dont le réalisateur filme les corps, le contact humain dans sa spontanéité fragile, et la vitesse réelle du quotidien. Ces échanges, sans coupure au montage, donnent une fluidité et une vérité dans le rapport aux personnes. La longue conversation nocturne sur les quais de la Bibliothèque François Mitterrand, ce ping-pong verbal en français et en japonais entre Marie-Lou et Mari, est à ce titre la plus belle scène du film. Deux femmes aux cultures différentes mais aux bagages intellectuels et politiques similaires, qui apprennent à exister l’une pour l’autre et dans la langue de l’autre. Virginie Efira et Tao Okamoto y livrent une performance d’une justesse impressionnante, portant le film dans ses instants les plus aériens avec une sincérité qui mérite d’être saluée dans une compétition cannoise assez disparate pour le moment.

Soudain justifie toutefois ses trois heures de déambulation, même s’il lui manque parfois cette petite lueur indéfinissable qui fait que les films d’Hamaguchi sont enivrants et mémorables. Cette sidération finale qu’on attend de lui et qui n’arrive pas tout à fait, à cause d’une dernière heure qui a tendance à se répéter et qui tombe un peu dans le conventionnel. Mais quand il oublie sa thèse et habite simplement ses personnages, quand la caméra nous rend complice des échanges intimes, le film touche à quelque chose de profondément poétique à travers ces deux femmes et sur la difficulté d’exister et de mourir dans un monde qui va trop vite pour prendre le temps de vraiment s’écouter. Ce maître de la narration n’a pas encore dit son dernier mot.
Stéphane G.
Stéphane G.

1 abonné 1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mai 2026
Vu dans le cadre des séances spéciales Cannes 2026 au cinéma Pathé Capitole de Clermont-Ferrand. Film qui malgré sa durée -plus de 3 heures- ne laisse jamais le spectateur de côté et l'accompagne en douceur dans son "humanitude". Prix d'interprétation cannois du duo d'actrices amplement mérité.
Marine V09
Marine V09

6 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mai 2026
Marie-Lou, directrice d'EHPAD au bord du burn out, contestée dans son établissement pour sa volonté de mettre en place un nouveau protocole appelé Humanitude très bénéfique pour les patients mais charge de travail supplémentaire pour le personnel et trop onéreux pour les actionnaires rencontre à l'issue d'une pièce de théâtre qui la bouleverse la metteuse en scène, Mari, jeune japonaise en phase terminale d'un cancer. Cette rencontre improbable devient quasi instantanément une attirance, une amitié profonde et profondément harmonieuse entre les deux femmes. Hamaguchi nous entraîne alors dans un voyage de conversations, d'échanges, d'expériences partagées enchanteur et riche de réflexions sur sur le soin, la folie, les ravages généralisés de la loi du rendement sur les rapports humains, la finitude d’un capitalisme condamné à s’autodétruire Un détour à Kyoto avant de mettre en place des accompagnements qui transforment les résidents de l'EHPAD. Un chemin envoûtant au cours duquel le temps s'efface (pas vu les 3 heures +), l'émotion et l'empathie, la bienveillance s'installent. On aimerait que cette vision ne soit pas si proche de l'utopie !! Un moment de grâce..
Crualitymo
Crualitymo

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mai 2026
ryusuke hamaguchi nous livre encore un film magnifique plein d'espoir , sublimé par le duo d'actrice, cet histoire en EHPAD est une forte critique du capitalisme qui détruit la vie aussi bien des personnes habitant ses lieux et des aides soignants, infirmier pas reconnu a leur juste valeur . Le film met aussi l'accent sur les relations humaines car travaillant dans un EHPAD ou 80 % des résidents on Alzheimer, la discussion est primordial elle est même obligatoire, c'est sur ça que ce concentre le film pas d'action réel pas de scene qui force sur la sensibilité, tout passe par le dialogue ce qui sur 3 heure peut rebuté certain mais que lorsque qu'on s'investie a fond dans le film on sent toute les émotions des personnages même si ils ne parlent pas notre langue ou s'ils ne parlent tout simplement pas.
Vu en avant première
traversay1

4 505 abonnés 5 403 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mai 2026
Bien sûr, il y a Tao Okamoto et Virginie Efira, qui constituent le duo majeur de Soudain et qui ont bien mérité leur Prix d'interprétation à Cannes, mais le nouveau film de Ryusuke Hamaguchi est d'une richesse telle qu'il ne saurait se résumer à ses seules actrices, aussi talentueuses et magnifiquement dirigées soient-elles. Soudain est un puits sans fond de sentiments contrastés et de scènes qui touchent parfois au sublime. Et pourtant, nul n'aurait parié sur l'évidence d'un long métrage de 3 heures 15 dont la plus grande partie de l'action se déroule dans un Ehpad parisien. On y évoque allègrement, souvent lors de conversations où le français et le japonais alternent, à des considérations sur le capitalisme, à l'appréhension de la maladie et de la fin de vie, à des politiques de soin tenant compte de l'humanitude et même, à l'occasion, du symbolisme des fientes d'oiseaux tombées du ciel. Mais c'est aussi la magnifique rencontre de deux âmes proches, dans une relation que l'on qualifiera, faute de mieux, d'amitié amoureuse, traitée avec une délicatesse extrême par le cinéaste. Soudain est une véritable merveille, sans temps morts, en dépit de sa durée, et qui se révèle aussi dense en réflexions sur le monde moderne que généreuse en émotions pures. De là à dire que Hamaguchi est devenu le cinéaste japonais contemporain le plus audacieux et le plus brillant, dans la continuité d'œuvres telles que Senses, Drive my Car et Le mal n'existe pas, entre autres, il n'y a qu'un pas que l'on peut franchir sans hésiter.
Eric Dugelay
Eric Dugelay

8 abonnés 176 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 mai 2026
Soudain est un film inclassable de Ryūsuke Hamaguchi qui a vu récompenser du Grand Prix d’interprétation féminine ses deux actrices, Virginie Efira - Marie-Lou, patronne d’EHPAD à Paris - et Tao Okamoto - Mari, metteuse en scène japonaise. « Rendre possible l’impossible », c’est l’objectif des deux femmes alors que la seconde est condamnée par un cancer au stade 4. Interviewée à Cannes, Virginie Efira a résumé la valeur incomparable de ce film, son incongruité presque : quel autre film raconte la naissance d’une amitié improbable entre deux femmes qui ne se connaissent pas et ne souhaitent pas se connaître, quel film donne à voir, pendant trois heures et quart, la vie dans un EHPAD ? Belle performance vraiment. Pourtant, j’ai souffert dans les scènes laborieuses d’échanges intellectuels entre les deux amies, panel board à l’appui, pour présenter les affres du capitalisme ou le concept d’humanitude, « philosophie de soins innovante basée sur l'écoute et la dignité des résidents ».
Chris G
Chris G

42 abonnés 70 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 mai 2026
Hamaguchi installe son cinéma humaniste dans un EPHAD français et nous livre une réflexion philosophique profonde et émouvante.
lenferre
lenferre

12 abonnés 218 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 mai 2026
vu en avant-première lors des séances spéciales du dernier week-end de Cannes 2026. Le duo d'actrices est très bon, elles méritent leur double prix. Par contre, c'est très long. Je me suis ennuyé devant ce film.
Sebastien BZH
Sebastien BZH

2 abonnés 29 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 mai 2026
Film vu à l'occasion d'une avant-première le film parle d'un sujet délicat mais pourtant majeur néanmoins les longues discussions sur un rythme très long peuvent facilement tourner à l'ennui. Les sujets abordés restent dans un cadre d'un institut privé non représentatif de la réalité du terrain en milieu rural
domit64
domit64

74 abonnés 378 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 mai 2026
Il est entendu que 3h15 c’est long, 45 mn de moins et ce film aurait été parfait !
Le sujet : faire entrer « L’humanitude » dans un Ehpad, la directrice est convaincue du projet et se fait aider par une metteur en scène japonaise atteinte d’un cancer en phase finale.
Le tout traité avec délicatesse, pudeur et optimisme ! À montrer dans tous les Ehpad !
The CritizMan
The CritizMan

64 abonnés 310 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mai 2026
Film vu au Pathé Palace dans le cadre de Cannes à Paris.

SOUDAIN confirme une nouvelle fois le talent de mise en scène de Ryūsuke Hamaguchi, avec un film profondément humain, contemplatif et souvent très juste dans ses émotions. La réalisation est élégante, précise, et laisse respirer ses personnages avec une vraie intelligence du silence et du regard.

Virginie Efira, de son côté, livre encore une prestation impressionnante. Elle porte une grande partie de l’émotion du film avec une justesse remarquable.

Mais malgré toutes ses qualités artistiques, une question finit par revenir durant la projection : le thème abordé avait-il réellement besoin de 3h16 ? Le récit finit parfois par s’étirer au point d’affaiblir son impact émotionnel.

Un beau film, indéniablement, mais dont la durée risque de diviser.
Melvin RICHER
Melvin RICHER

33 abonnés 185 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2026
Wow le film est très touchant, très beau avec de belle intentions MAIS IL EST LOOONNG avec beaucoup de répétition pas nécessaire ça sent vraiment le caprice de réal qui a voulu garder le plus de séquence possible… je pense qu’en enlevant 30/40min il serait encore meilleur ! Sinon les actrices jouent trop trop bien +Djibril le goat !
J’ai passer un bon moment sur la première moitié du film après ça commencer à fatigué…

[Séance de Gala avec équipe de film au festival de Cannes 2026]
Naughty Doc

1 046 abonnés 536 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 mai 2026
Les kiffeurs d'Hamaguchi seront peut-être aux anges sans questionner ce que raconte ce Soudain, mais on tient là un gros parpaing lénifiant de 3h15 qui se veut complètement didactique. Centrée sur la (réussie) relation entre les personnages de Virginie Efira et Tao Okamoto, le film veut avant tout promouvoir une attitude humaniste envers les seniors d'EHPADs. Un retour à la médecine douce centrée sur l'infividu, et à une société moins basée sur le capitalisme. Mais tout ça est fait avec didactisme (une scène de 30 min où les actrices t'expliquent ce qu'est le monde occidental comme en cours de collège) sans réelle évolution de personnage.
C'est dommage, car le film est du vrai Hamaguchi aérien par instants (cette super scène de dialogue en franco-japonais le long des Quais du 13e arrondissement, le final..) et les actrices sont au top. Mais le tout parait vain et rébarbatif.
Volcy jouan-lapierre
Volcy jouan-lapierre

2 abonnés 39 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 mai 2026
Film découvert au festival de Cannes. Il met bien en lumière la façon dont fonctionne notre société et notre gestion des malades. Les deux actrices principales jouent très bien mais le film aurait pu être 45mn plus court.
boyfromLA
boyfromLA

3 abonnés 10 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 mai 2026
Quel film touchant ! Vu à Cannes, lors de sa présentation. 2000 personnes émues et une ovation après 3h20 de film. Virginie Efira au sommet de son art! Et des comédiens japonais tous excellent. Ne vous laissez pas intimider par la durée de ce film fleuve, ca passe tellement vite. Du cinéma touchant et intelligent.
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