Soudain
Note moyenne
4,0
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278 critiques spectateurs

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Papacroyable
Papacroyable

6 abonnés 36 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 août 2026
Une pièce en japonais traduite sur un grand écran comme un karaoké / alors Là pitié mais c'était énorme sachant que les pensionnaires de cet EPAD sont plus enclin à regarder leurs chaussures que l'écran ...

malgré cela ce n'est pas inintéressant .
cheffe d'un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d'y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l'écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire. En nouant une amitié profonde, les deux femmes engagent ensemble un combat pour “rendre possible l’impossible”.
on aimerait que cette thérapie qu'il nomme " l'humanitude " ( comme une bravitude ?) marche ... mais ça sonne faux, car le réel nous le connaissons. Et puis il y a des situations un peu invraisemblables mais prière de suivre ....
Nathbar
Nathbar

71 abonnés 102 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 août 2026
Si vous voulez avoir une idée de l'infiniment ennuyeux allez voir ce film dont on se languit de voir la fin au bout d'une demi heure et qui vous déprime de suite sachant qu'il dure 3 h 15 ! J'ai eu l'impression de me retrouver sur les bancs de la fac assistant impuissante, luttant contre le sommeil, à des cours de sciences po, d'eco, de philo, de socio incompréhensibles et barbant au possible ! De plus les dialogues mi français mi japonais n'aident pas, bien au contraire, on a du mal à suivre, même s'il faut quand même saluer la performance de Virginie Efira qui manie le japonais comme si c'était sa langue maternelle !
Pascal
Pascal

269 abonnés 2 535 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 août 2026
Double prix d'interprétation féminine ( cannes 2026 ) pour ce film dont la projection a représenté, en ce qui me concerne, une véritable épreuve.

Admirateur du cinéaste dont j' ai visionné et aimé tous les opus sortis en France ( " Drive my car" étant mon préféré ), je reconnais ne pas avoir aimé son " Soudain".

Alors certes, les sujets traités sont profonds, universels, humains et avaient tout pour m'intéresser.

Hamaguchi, défend notamment la thèse, à laquelle le spectateur est invité à réfléchir, développée par Marx et Engels selon laquelle le capitalisme porte en lui les éléments de sa propre destruction. Thèse inverse defendue notamment par Deleuze et Guattari et même par les freudo marxistes de l'école de Francfort ( Adorno et Horkheimer) qui pensaient sa capacité à une sorte de plasticité, à se réinventer.

Le cinéaste japonais aborde aussi les thèmes défendus par les tenants du courant de l'antipsychiatrie ( Franco Basaglia en Italie, Ronald Laing ou David Cooper aux usa ) : il n' y a pas de normal , il n' y a que du pathologique ( c'est répété sous une autre forme dans le film mais l'idée est bien présente.

Le cinéaste insiste sur la précarité de la vie face à la soudaineté ( d'où le titre ) de sa propre fin, afin d'inviter à se tourner vers l'essentiel, du moins à ne pas le perdre de vue et d'agir en conséquence.

Mais le traitement à l'image englue le propos dans une lourdeur que je n' avais jamais observée dans le filmographie de ce brillant cinéaste.

Alors certes, plusieurs scènes fonctionnent indubitablement. Mais ce pensum ne sert malheureusement que très rarement son précieux sujet. " Soudain" représente à mes yeux son film largement le plus faible. Une grosse déception en ce qui me concerne !

Vu à l'Ugc Danton
Mcmouvement
Mcmouvement

6 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 septembre 2026
J'ai regardé ce film avec malaise.
D'autant que je comprends bien comment on peut s'y engouffrer aveuglément: des petits vieux enfin bien traités, un jeune autiste bondissant en liberté, une belle metteuse en scène en phase terminale d'un cancer, une jeune directrice d'EPHAD sur-motivée...
Qui n'a pas envie d'y croire ? Et bien moi je n'ai pas pu.
J'ai du mal à penser que le "Care", nommé "humanitude" dans le film, suffise à ériger une pensée politique face au capitalisme auto-destructeur que veulent combattre les deux personnages du film.
Un massage de pieds pour calmer les tyrans ?
jm B.
jm B.

4 abonnés 34 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 septembre 2026
J'aime les films lents quand ils ont quelque chose de contemplatif. Mais là, le film ne se prête pas du tout à la contemplation. Que ce soit le sujet, le choix et le jeu des acteurs, la photographie, et surtout les dialogues, il n'y a rien à contempler. C'est juste un film d'une lenteur extrême, quasistatique. Il y a des bonnes idées, mais même s'il avait une durée adaptée à son contenu, je n'y aurais pas trouvé beaucoup d'intérêt. Trop de bien-pensante naïve et irrealiste. Il y a aussi quelques clichés qui dévalorisent le scénario. Ennui profond et interminable.
cinono1

379 abonnés 2 315 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 août 2026
L'arrivée dans un EPHAD d'une nouvelle approche , l'humanitude, basée sur la connection humaine, et l'amitié de deux femme, la directrice et une metteur en scène de théâtre, atteinte d'un cancer. Habituellement, le cinéma se nourrit de drames, de conflits, de tension pour faire avancer son récit mais ce n'est pas le cas ici. Sans mièvrerie, (il y quelques conflits tout de meme) autour d'une belle lumière ouatee, on est dans un lieu agréable, ou l'on cherche a offrir des vies dignes, il y a un un ton posé pour appréhender le monde des personnes fragiles. Le réalisateur Ryusuke Hamaguchi interroge sur le rapport a la vie, a la normalité , et offre une critique en creux du capitalisme carnivore. Le film a aussi pour sujet le temps et son utilisation, et en cela le film est son sujet, il raconte une histoire tout en offrant le mode d'emploi. Le duo féminin est attachant. Très beau
QuelquesFilms.fr

366 abonnés 1 782 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 septembre 2026
Le film s’inspire d’un livre de correspondance (Quand la vie prend un tournant inattendu) entre deux intellectuelles japonaises : une philosophe atteinte d’un cancer (Makiko Miyano) et une anthropologue médicale (Maho Isono). La transformation de cet échange épistolaire en dialogues de cinéma a malheureusement conservé une dimension très écrite, avec à la clé une oralité artificielle, du moins peut-on en juger dans les dialogues en français (deux langues ont cours dans le film, le français et le japonais). Est-ce dû au fait que le réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi a tourné partiellement dans une langue qu’il ne maîtrise pas ? En tout cas, ça sonne souvent peu naturel et très formel, malgré les efforts des deux actrices principales (Virginie Efira et Tao Okamoto) pour donner vie à leurs personnages. Il y a là une certaine lourdeur, que n’arrangent pas quelques passages très didactiques (les réflexions sur le capitalisme, plutôt incongrues) et une approche générale assez démonstrative. Néanmoins, après une moitié de film bien intello, on se fait peu à peu au style d’expression et on se laisse séduire par une fibre plus émotionnelle, qui finit par toucher, par petites touches. Autour de la vie et de la mort, de l’intime et du collectif, de l’humanisme et de l’utopie, de la parole et du toucher, de belles idées vibrent dans ce texte et une sensibilité se diffuse joliment quand le scénario sort des sentiers battus. Regard délicat sur la fin de vie. Évocation tout aussi délicate d’un coup de foudre amical. Entre empathie et bienveillance. Des qualités qui font d’autant plus regretter le défaut d’oralité et, par ailleurs, la longueur du film.
Octavio Gry
Octavio Gry

36 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 septembre 2026
Un film sur le pouvoir révolutionnaire des utopies lorsqu'elles deviennent une réalité. Dans une très belle scène du film, le personnage incarné par Efira assiste à un pièce de théâtre qui bouscule ses certitudes. Le public assis dans la salle de cinéma confond son point de vue avec celui du public qui assiste à la pièce grâce à un miroir placé au fond du plateau. Ce dispositif à la fois sophistiqué et simple, comme toute la mise en scène du film, nous fait pénétrer à l'intérieur de la fiction et partager l'humanité lumineuse des actrices de ce film.
Joce2012
Joce2012

267 abonnés 778 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 août 2026
Ce film ne nous apprend rien, il nous montre l'attitude humaine que nous devrions avoir dans les ephads si la rentabilité n'était pas le moteur de toutes ces institutions
capirex
capirex

201 abonnés 858 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 août 2026
Film intéressant , et heureusement car 03H15 , teinté d'une grande Humanité et de poésie même s'il se montre par instant trop bavard et théorique , référence à la discussion sur le Capitalisme pour l'exemple , mais les prestations de Virginie Efira et de Tao Okamoto sont exceptionnelles et leurs Prix d’Interprétation du dernier Festival de Cannes est amplement mérité !
circusstar
circusstar

170 abonnés 734 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 août 2026
Quel merveilleux film. Sensible et bouleversant, les 3 heures 15 ont été un moment magique et un moment de grâce. La palme attribuée aux 2 excellentes actrices est plus que méritée. Beaucoup de poésie, d’harmonie et de beauté.
dejihem
dejihem

155 abonnés 713 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 août 2026
Pas besoin d’avoir une mise en scène léchée et des plans aguicheurs pour faire un film passionnant. Quand je pense que l’ensemble des scènes a été tourné dans un vrai EHPAD !
Le rythme est un peu lent, mais au fur et à mesure, l’intérêt grandi, et tous les spectateurs, qui irons voir le film et apprendront beaucoup de choses, et surtout comment finir sa vie dans la dignité.
rvrichou
rvrichou

122 abonnés 599 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 21 septembre 2026
Terriblement ennuyeux. Le role ne convient pas à Virginie Efira et on a du mal à croire à ses répliques en japonais. Mais surtout le scénario s étire en longueur et on attend en vain qu une intrigue se noue. Le duo d actrices ne manque pas de talent mais le cours sociologie didactique mérite la palme du discours le plus barbant jamais entendu sauf peut être en première année universitaire.
Michel C.

377 abonnés 1 838 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 août 2026
Quelques kilomètres pour voir ce film au double prix d’ interprétation à Cannes cette année. Pourquoi non diffusé au grand UGC près de moi ? mystère ( je vais enquêter ), mais le « déplacement » en valait le coup, pour cette réalisation large de plus de 3 heures, 3 heures de régal, de douceur et de poésie ! Ryūsuke Hamaguchi, formé par Kiyoshi Kurosawa, force le respect dans cette mise en scène où la beauté de l’ Humain est au cœur de l’ intrigue. L’ amitié qui née entre Marie-Lou ( Virgina Efira), cette directrice d’ établissement spécialisé, un ancien hôpital psychiatrique, et Mari, la metteuse en scène d’une pièce jouée en plein Paris, est admirablement mise en image, avec une délicatesse de tous les instants sur un sujet épineux qui touche ou touchera tout le monde. Sauf peut être les échanges géopolitiques assommants, censés approcher la source de tous les maux financiers de notre Société, les dialogues avec les membres de l’ équipe soignante, ou les patients eux-mêmes, sont d’ une qualité rare, et particulièrement émouvants entre Virginie Efira et Tao Okamoto, sans jamais tomber dans le pathos. Les nombreuses interactions entre langue Japonaise et Française ne sont pas trop gênantes, et certains diront qu’ ils ajoutent à la poésie de cette réalisation. Quant à la méthode décrite : l’ « Humanitude » , une véritable découverte pour moi, dont o, ne peut que constater une appropriation évidente de Virginie Efira, autant dans sa formation que dans ses actes. Quelle fabuleuse démonstration nous apporte-t-elle de son concept « rendre possible l’ impossible », et j’ applaudis à deux mains le prix, combien mérité, qu’ elle a obtenu conjointement. Virginie Efira confirme son immense talent, à travers cette comédie, véritable ode à la fin de vie, trouvant les mots justes, le ton adéquat, le regard débordant d’ humanité (encore) envers tous, sa nouvelle amie précieuse, mais aussi la collègue « Sophie ». J’ ai adoré la photographie des paysages nippons, qui catalysent la compréhension de la force de cette amitié qui lie les deux jeunes femmes, d’ approcher leur intimité jusque dans les dernières scènes magnifiques de beauté et de générosité humaine…. Rare et pas loin du chef d’ œuvre….. !!**
Cadreum
Cadreum

79 abonnés 831 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 août 2026
Un homme ferme une fenêtre de visioconférence, d'humeur, et le visage d'une femme disparaît avant qu'elle ait fini de parler. Une seconde. C'est la seule violence des cent nonante-six minutes de Soudain, et Hamaguchi n'en montrera pas d'autre : le capital n'aura dans ce film ni personnage, ni scène, ni contrechamp. Il aura simplement le droit de mettre fin à un échange quand cela l'arrange. Tout le reste consistera à lui opposer des conversations que rien n'interrompt et dont seule la mort viendra à bout.

Marie-Lou dirige un établissement privé pour personnes âgées en banlieue parisienne, Le Jardin de la Liberté. Elle y implante l'humanitude : regard à hauteur d'yeux, parole adressée, description des gestes, toucher. Et la méthode fonctionne, les résidents se redressent, se rhabillent, redeviennent autonomes. La première heure ne quitte pas Marie-Lou. L'information nous parvient exactement quand elle lui parvient, et la caméra descend avec elle dans une succession d'épuisements dont aucun n'est spectaculaire. La focalisation produit une politique avant toute thèse : les objections apparaissent en position d'obstacle, la réforme en position de volonté. Le conseil d'administration résiste, parce que la grille tarifaire rémunère mieux un résident alité qu'un résident debout. L'équipe résiste aussi, mais pour une raison inverse : la méthode ajoute du travail sans ajouter personne. Deux refus opposés visent donc la même réforme, l'un par intérêt, l'autre par épuisement, et le film les distingue dès sa première heure. C'est pourquoi le reproche facile — qu'un cinéaste japonais serait venu vendre à la France une utopie du soin — ne l'atteint pas : Soudain connaît le prix de ce qu'il propose et le fait dire à celles qui le paieront.

Cette première heure ne se referme sur aucun événement, et c'est sa dureté. Marie-Lou n'a droit ni à la crise, ni à l'effondrement, ni au diagnostic qui autoriserait un arrêt : elle continue, à bout, en tenant l'établissement. Soudain est le document le plus exact dont nous disposions sur ce qu'une réforme signifie concrètement pour un membre de la fonction publique : un supplément de travail affectif demandé à effectif constant, financé par le temps privé de celles qui l'exécutent, rendu supportable par la conviction morale de celles qui le prescrivent. Ainsi la réformatrice s'use de sa propre réforme, exactement comme les soignantes lui annonçaient qu'elles s'useraient, et rien dans son organisation du travail ne prévoit ce cas. Ce qui viendra la relever ne sera pas une mesure mais un hasard, et c'est tout le programme.

Car c'est un hasard qui produit la rencontre. Marie-Lou rentre du travail lorsqu'elle aperçoit Tomoki, adolescent autiste, courant seul le long de la route ; elle le rejoint, trouve un traceur GPS dans sa poche et attend avec lui qu'on vienne le chercher. Arrivent Goro, comédien de septante cinq ans, et Mari, qui dirige le seul-en-scène où il joue. S'en suit une discussion où Mari l'invite au spectacle. La chaîne des hasards est longue, et le film en fait une thèse : le seul intervalle disponible dans la journée d'une directrice d'EHPAD est son trajet.

La pièce que monte Mari s'intitule De près, personne n'est normal — la formule de Franco Basaglia, qui obtint la fermeture des asiles italiens. Hamaguchi place au centre de son film le slogan de la désinstitutionnalisation, et il le place face à un établissement dont le nom promet déjà la liberté qu'il administre. Tout Soudain tient dans l'écart entre ces deux enseignes, et le récit mettra trois heures à choisir laquelle il croit. Reste que Tomoki, lui, ne se contente pas d'assister au spectacle : son enthousiasme y est intégré, la mise en scène l'accueille tel qu'il est. Un adolescent autiste n'est donc pas seulement pris en charge, il produit quelque chose que la pièce garde.

Le débat qui suit la représentation intervient avant que l'amitié soit scellée. Marie-Lou pose une question en japonais, Mari répond dans la même langue, et du public monte une réclamation : en français. Mari s'apprête à s'exécuter ; Goro l'en empêche. Le refus de Goro fonde le régime de tout ce qui suivra. La marche, la nuit, l'exposé théorique se dérouleront hors traduction, entre deux femmes qui passent d'une langue à l'autre sans jamais s'expliquer devant quiconque. Dans cette scène, l'opacité y est revendiquée : elle ne promet pas que tout puisse être partagé. Elle pose au contraire que certaines choses se disent à une seule personne, et que les dire à tous les affaiblirait.

Ce qu'il célèbre pendant deux heures n'est pas la méthode mais la rencontre — et une rencontre ne s'enseigne pas, ne se budgète pas, ne figure dans aucun plan de formation. L'humanitude, elle, est transmissible : c'est un protocole, on peut y former une équipe, c'est même tout le sujet de la première heure. Le film abandonne progressivement ce qui pouvait circuler au profit de ce qui ne le peut pas. Il commence dans une salle de réunion, où l'on discute des moyens de généraliser un geste, et il finit dans une conversation dont la valeur tient précisément à ce qu'elle n'appartienne qu'à deux personnes.

Vient alors la déambulation le long de la Seine, quatre tours de livres ouverts au-dessus de deux femmes qui fabriquent une pensée dont aucune page ne gardera trace. C'est dans ce flux que le cancer est annoncé. Puis la nuit se poursuit jusqu'au long exposé sur l'accumulation et le vol du temps libre — une demi-heure, qui se comprend par sa localisation. Hors de toute heure rémunérée, produit par une femme, devant une seule auditrice, sur un support effaçable. La partition de Samuel Andreyev intervient si rarement que la voix reste la seule musique continue de ces heures, et l'effort du japonais dans la bouche d'Efira (la friction, l'accent, l'hésitation micrométrique) donne au film ce que son discours n'énonce pas : la communication est du travail, et Soudain la distribue exactement comme le reste.

L'amitié fait ensuite entrer Mari dans l'établissement, et c'est là que le film trouve sa forme. L'humanitude prescrit de se placer face au résident, à sa hauteur, et de tenir son regard sans le lâcher. Or c'est exactement ce que fait Hamaguchi : pas de plongée, pas de vue d'ensemble sur un corps couché, mais un champ et un contrechamp entre deux visages à égalité. La méthode de soin et la méthode de tournage sont la même. Et le film maintient ce contrechamp face à des résidents dont l'inaptitude ne garantit aucune réponse : il continue de leur tendre le champ alors que rien ne reviendra. Filmer ainsi, c'est poser que la dignité ne se mérite pas par la réciprocité, qu'elle n'attend aucune contrepartie, qu'un cadre suffit à instituer un sujet.

La toilette de Micheline porte cette position à son sommet et la retourne dans le même geste. Marie-Lou lave, Mari décrit à voix haute chacun des gestes de son amie pour que la vieille femme sache ce qui arrive à son corps. Lumière bleutée de la nuit, peau filmée sans pudeur excessive ni voyeurisme, découpage presque imperceptible, bruits feutrés des pas et de l'eau. La séquence est admirable, et le soin y atteint sa forme la plus haute parce qu'elles sont deux au lieu d'une, et parce que la seconde n'est pas rémunérée pour être là. Elle donne à voir ce que serait un EHPAD doté du double d'effectif, en le faisant financer par l'amitié d'une mourante.

Ensuite, elles partent pour Kyoto quand la maladie s'aggrave. Le film leur offre là un intervalle qu'aucune d'elles ne pourrait s'offrir, et ne prend pas la peine de le camoufler. Le temps passé ensemble, dans Soudain, est donné par le récit, comme la nuit blanche l'était par l'insomnie et la rencontre par le hasard.

Le retour scelle le choix. Le dénouement fait entrer la mourante dans l'organigramme de l'établissement privé et installe le personnel sur le site — une mesure dont le film avait pourtant filmé, dès sa première heure, la méfiance qu'elle inspirait. Aucune scène ne lève l'objection : elle est simplement convertie en proposition acceptée par l'une ou l'autre. Plusieurs scènes montrent ensuite l'établissement changer de régime. Les hommages rendus par les familles d'abord : un proche vient raconter qui était le résident avant, et cela lui rend une épaisseur que la maladie avait effacée. Le film y est juste, il ne fabrique pas des saints — un fils pleure de ne plus jamais pouvoir affronter son père, dont la mémoire a disparu, et ce qui se dit là est un conflit inachevé. Les soignantes écoutent et finiront par faire l'exercice aussi.

Puis des résidents privés de parole se massent les mains et les pieds, et retrouvent par là de quoi se rejoindre. Personne ne l'a prescrit, aucune ligne budgétaire ne le finance, et le personnel là encore se prête à l'exercice plutôt qu'il ne le dirige. C'est la seule séquence du film où le soin n'est pris à personne — ni au salaire des soignantes, ni au sommeil de Marie-Lou, ni aux semaines qui restent à Mari. Le geste est le même dans les deux cas : l'équipe laisse la parole et le toucher venir d'ailleurs, et le soin cesse d'avoir une source unique.

Puis Mari meurt, et c'est le seul événement soudain d'un film qui n'a procédé que par accumulation. Reste alors son geste le plus ferme : elle a regardé l'objectif. Ce qui subsiste après cette mort mesure exactement ce que le film aura obtenu, et ce n'est pas ce qu'il cherchait au départ. La méthode que Marie-Lou défendait pendant une heure était juste dans ses gestes et fausse dans sa prémisse : le regard à hauteur d'yeux, la parole adressée, la verticalisation restent des attentions qu'un professionnel dirige vers un bénéficiaire. La bienveillance n'inverse pas le sens du flux. On peut soigner mieux sans jamais cesser de produire des patients, et c'est précisément ce que l'humanitude, laissée à elle-même, aurait indéfiniment reconduit. Mari apporte l'opération qui manquait, et elle l'avait déjà faite. Elle n'a pas accompagné Tomoki au spectacle, elle l'a intégré à la pièce : ce qu'un adolescent autiste produit devient une part de l'œuvre, non l'objet d'un accompagnement. Basaglia ne demandait rien d'autre — non pas mieux traiter les internés, mais supprimer la place d'interné. Le film avait mis cette phrase à son centre dès la pièce ; il lui aura fallu trois heures pour comprendre ce qu'il citait.

Soudain est donc autre chose qu'un plaidoyer pour un soin plus humain. C'est le récit d'une réformatrice qui découvre que sa réforme n'allait pas assez loin, et d'un cinéaste qui laisse dans son film tout ce qui contrarie sa position de départ. Ce que le film finit par proposer n'est pas de mieux traiter les vieillards : c'est de cesser d'en faire des vieillards.
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