Avis mitigé. On retrouve avec plaisir le personnage d’Anne, interprété par Sophie Marceau, toujours aussi attachante que dans le premier film. Dix-sept ans ont passé, elle a évolué, mais son parcours reste intéressant et l’on éprouve une réelle sympathie pour cette femme sur le point de devenir grand-mère et peut-être de retrouver l’amour. Son nouveau prétendant forme d’ailleurs avec elle un duo crédible et complémentaire et on ne peut que leur souhaiter le meilleur.
En face, Louise, incarnée par Thaïs Alessandrin, déjà présente dans le premier volet mais dans un rôle secondaire, peine à convaincre. Hélas, on ne s’improvise pas protagoniste comme Lola : Christa Theret avait su créer une vraie alchimie avec Sophie Marceau, ce qui faisait tout le charme de LOL (dont le titre faisait directement référence à son personnage). Ici, cette complicité manque cruellement, et le titre semble presque perdre son sens. (J'ajoute que la petite attaque verbale sur Lola / Christa à peine dissimulée dans une des répliques, ce n'est pas classe du tout, ni subtile).
Le changement générationnel modifie aussi la dynamique. Là où les intrigues lycéennes parlaient à la génération Y, on suit désormais une génération Z déjà entrée dans la vie active. Mais le cadre (région parisienne, start-up, soirées jusqu’à l’aube sur les Champs-Élysées, virées en Vélib’, chocolat hallucinogène lors de parties de poker...) installe un ton bien différent. Les personnages ne reflètent plus vraiment une réalité sociale identifiable, ce qui faisait pourtant la singularité du premier film.
Côté interprétation, Thaïs Alessandrin livre une prestation inégale, parfois fragile, souvent mauvaise et semble peiner à porter un récit centré sur son personnage. Les arcs narratifs de ses amis n’apportent que peu à l’ensemble et alourdissent le rythme. Il est difficile de s’attacher à eux, tant leurs trajectoires manquent d’épaisseur et d'intérêt.
Seule exception : Jules, joué par Nathan Japy, dont le jeu et l’histoire parviennent à apporter un peu de relief à cette suite “”, qui manque malheureusement de saveur.