Bienvenue dans le monde merveilleux de Lisa Azuelos où tout le monde trouve un beau mec ou une belle meuf au coin d'une rue ou dans un Uber et où les problèmes se règlent avec des câlins, une chanson, un bisou ou autour d'un joint. Et avec ce titre ringard "" que plus personne n'ose depuis vingt ans, il y avait de quoi s'attendre au pire. Mais vous savez quoi ? Eh bien même si c'est ringard, j'ai passé un bon moment !
Christa Theret n'a pas souhaité revenir pour cette suite ; pas un problème, la réalisatrice déplace le point de vue sur la sœur et le frère, que j'avais au passage complètement oublié. Bref, Louise, la petite sœur, a maintenant vingt-cinq ans et vient de se faire plaquer. Elle retourne ainsi chez maman et va vivre, avec ses amis, ses amours et ses emmerdes.
Le thème semble donc être l'enfant boomerang, un phénomène social dans l'ère du temps puisque de plus en plus fréquent. Mais finalement, le thème dévie rapidement vers la peur de vieillir avec notamment ce même choc des générations. Et puis, Azuelos s'intéresse aussi au fait de vouloir vivre mille vies en une, pour reprendre les termes de la réalisatrice. Et tous ces thèmes sont traités à travers des représentations adolescentes, ou plutôt adulescentes, et c'est là où ça pêche franchement.
Eh oui car si la réalisatrice se moque des boomer, elle en est elle-même une en livrant une représentation sacrément caricaturale des ados en 2026. C'est ainsi que vont être au centre du récit les réseaux sociaux, ChatGPT, Grindr, Bumble et j'en passe ; tout est aligné sans que ça n'apporte grand-chose à l'intrigue si ce n'est cocher des cases sur une liste. Cette même liste que l'on retrouve dans le groupe de potes très hétéroclite avec un gay, un arabe et un handicapé ce qui ferait presque tomber le film dans sa propre parodie. Sans oublier le personnage qui n'est là que pour le cliché de la féministe gauchiste qui se nourri de podcasts et de latte.
C'en devient franchement ridicule d'autant plus qu'on a un point de vue bobo parisien, ce qui rajoute énormément de mièvrerie et de naïveté à l'ensemble. Et c'est très dommage car par exemple, le thème de vouloir vivre mille vies en une qui semble effectivement toucher cette génération Z est pertinent mais ce n'est traité qu'à travers un échange de dialogues entre mère et fille ou mettre en scène cette dernière à scroller sur Instagram et, à la longue, ça en devient redondant.
Mais tout ça, c'est aussi ce qui fait le charme des "LOL" et plus globalement de la filmographie de la réalisatrice, cette espèce de bulle de naïveté à peine feinte, ce cocon réconfortant qui nous permet d'oublier nos propres problèmes le temps d'une heure et demi. C'est pour ça que j'y suis allé, c'est pour ça qu'on y va et c'est pour ça que le film va, je pense, bien marcher.
Et puis je trouve que Lisa Azuelos a toujours de très bonnes idées de mise en scène et des transitions originales. Et ça se répète une nouvelle fois ici avec de très bonnes idées, beaucoup de plans cassés, des séquences en animé ou des délires visuels assez intéressants ; en somme des plans qui racontent quelque-chose, ce qui est assez rare dans la comédie française actuelle bien trop sage et académique pour être souligné, mais qui ne sont certes pas toujours mis au service d'une intrigue bien pertinente.
Bref, "LOL " est cliché et prévisible, le tout saupoudré de personnages stéréotypés dans des situations plus que naïves. Mais en attendant, ça fait le taff, c'est mignon, les musiques sont sympas, les personnages sont attachants et surtout, on passe un bon moment !