Les plus de trente ans se souviendront de ce qui demeure comme l’un des films générationnels français les plus célèbres au côté de « La Boom » (déjà avec Sophie Marceau) ou « Nos jours heureux ». Il s’agissait de « LOL » avec sa bande d’adolescents parisiens bobos dominée par la jeune Lola qui expérimentait son premier amour, passait le bac, profitait de la vie avec ses copains et souffrait de ses relations compliquées avec ses parents, dont sa mère jouée par la James Bond Girl de « Le monde ne suffit pas ». C’était juste, c’était drôle, c’était touchant, c’était dans l’air du temps et ça reste sans aucun doute le plus gros succès de la réalisatrice Lisa Azuelos. Cette dernière alterne d’ailleurs depuis gros navets de plateforme comme l’abominable et cliché « I love America » (toujours avec Sophie Marceau), des petits films très réussis et beaux comme « La Chambre des merveilles » avec Alexandra Lamy et a souffert du gros bide de son biopic éponyme sur Dalida. La voir mettre en branle une suite à « LOL » semblait donc puer l’opportunisme mercantile et – en tant que fan du premier – on voyait débarquer ce second volet du mauvais œil.
Et on aura bien eu tort, tant le bien-nommé « LOL » est une excellente surprise qui n’a certes pas la fraîcheur et l’aspect inédit du premier mais qui applique la même bonne recette à notre époque. C’est donc toujours aussi juste, toujours aussi drôle, toujours aussi touchant et toujours autant dans l’air du temps. Plutôt que de suivre le même personnage quinze ans après, on va cette fois être aux côtés de la petite sœur devenue grande face. On suit donc Louise, jeune adulte, qui débute dans le monde du travail, a terminé ses études et qui, après une grosse rupture amoureuse, revient vivre chez sa mère. On est donc pas dans le copier-coller du premier sauce 2026. Quant à la mère, on la voit en mode cougar et pas prête à devenir grand-mère. C’est un véritable plaisir de retrouver tout le casting du premier (hormis Christa Théret donc) et de voir une nouvelle génération débarquer. La distribution est excellente et plein de fraîcheur, à tel point qu’on aurait envie d’être amis avec eux. Et quel plaisir aussi de retrouver Vincent Elbaz en love interest plein de malice.
Il y a cependant quelques petites réserves comme cet abus d’incrustations à l’écran, que ce soit de mails, SMS ou chats. Oui c’est l’époque qui veut ça mais ça a déjà été vu dans des centaines de films et Azuelos a un peu la main lourde avec ce procédé. Et c’est dommage car sa mise en scène est très moderne et a bien évolué depuis le premier film. On peut dire que « LOL » est vraiment agréable à regarder et bien réalisé, loin de ressembler à un vulgaire téléfilm. Cependant – et c’est le plus gros défaut du film – il y a un côté un peu trop aseptisé. Que ce soit le Paris de carte postale, la vie idyllique de ces bobos parisiens (oui on est encore chez les riches et la jeunesse dorée puisque dans la même famille) ou le côté conte de fées pour tout le monde, ça pourrait rebuter. L’époque n'est plus aussi insouciante qu’alors aujourd’hui. Néanmoins, si on prend le long-métrage comme un feel-good movie alors c’est que du bonheur et les personnages échappent, quant à eux, tous à la caricature. Alors si certains gags sont éculés (le chocolat aux champis, par exemple), on passe vraiment un bon moment avec une suite logique et faite avec soin. Le film croque bien notre époque et sa jeunesse ainsi que l’évolution des mœurs en quinze ans. Un petit plaisir non coupable qu’on ne s’attendait pas à apprécier autant qui ravira les fans du premier.
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