(...) Sophie Marceau n’excelle jamais autant que dans ces films légers et attendrissants, charmants. Ici, il lui suffit de changer de POV : ado puis jeune femme face à ses parents, dans LA BOUM, parent dans LOL face à ses ados et à ses jeunes femmes et homme, filles et fils, adultes en devenir. Elle a les refs’, elle a passé haut la main toutes les épreuves.
Louise, 25 ans, se fait larguer, son projet de startup avec celui qui l’éconduit se dissout dans le même temps. Avec son chagrin, elle revient à la maison en mode échec. Que va-t-elle faire de sa vie, alors que les réseaux d’aujourd’hui ne cessent de vanter des meufs et des frérots successfull, ultra sophistiquées, qui vivent de trafic de marketing et d’influences en majorité superficielles et si fragiles, à faire l’éloge de la surconsommation, ce que précisément cette même GenZ, dans toute sa contradiction, rejette pour plus d’éthique. (...)
Le scénario est aussi malin que malicieux, écrit en mode intergénérationnel, de bonnes refs’ égrenées ici et là. À bon escient. Jamais agressives. Ni culpabilisantes ou difficiles à avaler. Sophie Marceau est lumineuse, drôle, juste, une chouette mère qui me rappelle la mienne et peut-être aussi la mère de ma mère et ces mêmes conflits générationnels. Son fils, interprété par Victor Belmondo, et sa fille, par Thaïs Alessandrin, sont convaincants : ils rayonnent, ils vibrent, ils ont la vingtaine et ils sont beaux. Indépendants et autonomes. Mais pas tant que ça. Incarnés par des acteurs impeccables pour le rôle, qui jouent de ces paradoxes comme s'ils passaient leur vraie vie à les vivre. Retrouver Vincent Elbaz est aussi une sacrée réjouissance, son rire, sa fantaisie, sa joie de vivre éclatent comme souvent, dans les rôles qu’il choisit de défendre. Belle surprise, cher Vincent Elbaz, on peut dire que vous avez la ref’ quelle que soit l’époque et l’univers, vieillir vous sied tellement. Ô combien ! (...)
Plus ou moins en filigrane, les sujets sociétaux sont abordés avec tact et recul : racisme, handicap, relation au travail, open-space, smartphone, amitié, devenir parent à son tour, belle-famille, remariage, différence d’âge, conception du travail. On ne se projette plus, l'esprit corporate, la loyauté, le sens du devoir passent après sa santé mentale, physique, familiale.
Toutes les refs’ sont là et en même temps toutes nos refs’ ont changé. Comme celles que nous soutenions à l’âge de Louise heurtaient celles de nos parents, etc. de génération en génération. Au fond, ce sont les mêmes refs’, le POV évolue au rythme des avancées sociales et sociétales.
Ce film est un délicieux bain de jouvence et un étrange voyage dans le temps, le temps d’avant, le temps d’après et au milieu, surtout ne rien rater de ce qui se passe parce que que instant est à savourer en bande-son aussi est géniale, et nécessaire. La musique nous raccordera toujours, avec nostalgie, bienveillance et tendresse, aux refs’ qu’on croit avoir perdues mais qui, en vrai, se sont assoupies au fond de notre cœur. Il suffit d’un rien pour les raviver.
« Je voudrais tant que tu comprennes », chante d'ailleurs Marie Laforêt.
Je crois qu’on comprend, c’est parfois difficile mais on comprend, quand il est temps de passer d’une ref’ à l’autre. Pour la bonne circulation du cycle de la vie. On ne réalise jamais trop de films sur la transmission, la famille, et celui-ci, Chère Lisa Azuelos, est rempli d’une folle énergie, de pop-up pétillantes et de gros câlins. LOL, quoi.
À lire en intégralité sur mon blog -;)