Jone Sometimes
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371 abonnés 479 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 décembre 2025
Avec Jone Sometimes, Sara Fantova signe un premier long métrage d’une grande pudeur, profondément ancré dans un moment de bascule où la jeunesse se confronte à la fragilité des figures parentales. Sans jamais forcer l’émotion, le film observe cet instant précis où l’insouciance commence à se fissurer, non par choix, mais par nécessité. À Bilbao, en plein cœur de la Semana Grande, la vitalité collective, les fêtes et l’élan de la jeunesse entrent en collision avec l’intime, la maladie et le silence familial. Cette coexistence crée une tension douce et organique, entre désir de vivre intensément et conscience progressive de la perte.
Le film suit Jone, 20 ans, dans un été à la fois lumineux et fragile, partagé entre amitiés, premiers élans amoureux et responsabilités qui s’imposent sans prévenir. La maladie de son père redéfinit peu à peu l’équilibre familial, sans être traitée comme un effet dramatique, mais comme une présence constante, sourde, qui transforme les rapports et les silences. Autour d’eux, la cellule familiale se recompose, laissant apparaître les failles, les non-dits et les gestes du quotidien qui deviennent chargés de sens.
Jone Sometimes est aussi un film sur les aidants, sur ces vies mises en retrait, absorbées par le rythme et les besoins d’un autre. Ici, pas de sacrifice héroïque ni de pathos appuyé, mais l’usure lente, la culpabilité diffuse, la difficulté à continuer d’exister pour soi-même. Sara Fantova capte cet état de transition avec une grande justesse, montrant comment l’entrée dans l’âge adulte peut se faire sous contrainte, par adaptation plus que par désir.
D’une grande délicatesse formelle, le film regarde cette réalité sans jugement, préférant la vérité des corps, des regards et des silences. Un film indé à la fois sensible et politique, qui parle du temps, de la mémoire et de ces renoncements invisibles qui marquent durablement une vie.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 décembre 2025
Ce que, en bon français, on appelle « coming of age story », parfois traduit en français pur et dur par « récit d’apprentissage », est un genre cinématographique de plus en plus prisé par les réalisatrices et les réalisateurs. Un genre cinématographique qui, malheureusement, n’a pas toujours donné naissance à des films de grande qualité, certaines réalisatrices, certains réalisateurs, ne résistant pas à l’envie de forcer le trait dans leurs descriptions des joies et des peines que l’on rencontre à ce moment charnière de son existence. C’est un reproche qu’il sera difficile de faire à "Jone sometimes", le très réussi premier long métrage de la jeune réalisatrice basque Sara Fantova, tellement ce film apparait ancré dans le réel, tout en étant d’une grande sensibilité et d’une non moins grande pudeur dans sa façon de parler de l’amitié et de ce qui est, semble-t-il, un premier véritable amour. En fait, lorsqu’on arrive dans le film, un film écrit par des femmes, réalisé par une femme et interprété presque exclusivement par des femmes, on se demande si on est en train de regarder un documentaire ou un film de fiction tellement le jeu des comédiennes est stupéfiant de naturel. La suite sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 décembre 2025
"Rares sont les œuvres de coming-of-age qui parviennent à saisir avec justesse l’élan, les vertiges et les contradictions de la jeunesse. Jone Sometimes s’inscrit dans ce cercle restreint, où le minimalisme narratif agit comme révélateur de liens profonds, parfois fragiles, toujours en devenir. C’est précisément cette lumière intérieure que Sara Fantova cherche à capter dans cette chronique estivale tournée à Bilbao, pendant la Semana Grande – une parenthèse festive où désirs, doutes et rêves se mêlent dans un tourbillon émotionnel. Une ode à la liberté, à la féminité, et à la réconciliation."

"Le regard que porte Sara Fantova est profondément féminin, non pas dans un sens réducteur ou programmatique, mais dans sa manière de filmer la sensualité et la douceur, notamment dans les scènes entre Jone et son amante Olga (Ainhoa Artetxe). Ce regard est tendre, mais pudique ; il capte une proximité affective sans jamais la fétichiser. Cela dit, on peut regretter une forme de retenue, voire un manque de développement autour des personnages secondaires, dont la richesse émotionnelle reste en arrière-plan, sans doute parce qu’ils ne sont pas le cœur du projet. La réalisatrice préfère rester à hauteur de Jone, quitte à laisser dans l’ombre certaines dynamiques relationnelles."

"La grâce du film repose aussi sur l’authenticité du jeu de ses interprètes. Olaia Aguayo, dans son premier rôle au cinéma, insuffle à Jone une vulnérabilité touchante et sans affectation. Ses amitiés et ses amours prennent vie dans des scènes simples mais profondément évocatrices. Pourtant, malgré cette justesse de ton, la mise en scène peine parfois à faire éclore les tensions dramatiques. Le récit accumule les motifs de crise – la maladie de Parkinson du père (Josean Bengoetxea), la désorientation émotionnelle de Jone – sans toujours les accompagner d’une véritable montée dramatique ou de moments de bascule."

"C’est dans son rapport au temps suspendu que Jone Sometimes trouve son identité la plus marquante. À l’image de cette fête qui dure neuf jours et semble abolir les repères ordinaires, le film se vit comme une parenthèse fragile où tout peut changer – ou ne pas changer du tout. Les instants de liesse, les rencontres, les doutes : tout semble à la fois intensément présent et déjà voué à disparaître. Fantova saisit cette fébrilité du temps, ce moment charnière où la jeunesse se rend compte qu’elle ne durera pas, que l’on n’a pas d’autre choix que de passer à l’âge adulte, avec ce que cela implique de ruptures, de renoncements et d’amours inachevés."

"Jone Sometimes est construit ainsi, sur la fabrication d’un souvenir en train de naître. Un souvenir que les protagonistes – et peut-être les spectateurs – tenteront de préserver, tant qu’ils le peuvent encore. Un premier long-métrage modeste mais sincère, qui inaugure la vie dans tout ce qu’elle a à offrir et à reprendre, à l’image des vagues qui s’abattent, puis repartent sans prévenir, sur les côtes basques."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Jean-Louis Dufloux
Jean-Louis Dufloux

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 décembre 2025
Retenez bien le nom de cette réalisatrice Sara Fantova, il y a fort à parier qu'elle n'en reste pas là. J'ai eu l'occasion d'assister à la présentation en avant-première de son film JONE SOMETIMES. J’ai été bouleversé par la délicatesse et la justesse de ton de l’ensemble du film. C’est d’autant plus appréciable que le thème du film, au-delà de l’histoire d’amour saphique d’une jeune femme qui lui sert de trame, s’attaque au difficile sujet de la relation père-fille, ou aidant-aidé, dans la maladie de Parkinson. Le traitement scénaristique de cette relation, réalisé sans pathos, n’élude pourtant aucune des émotions et des sentiments qui traversent les deux protagonistes confrontés à une maladie dépeinte dans sa vérité crue mais bien réelle. Il est rare de voir une réalisation aussi allusive pour traiter de thèmes aussi lourds que l’irruption de la maladie dans la vie familiale ou la rédaction de directives anticipées. Le film est un condensé émotionnel porté par l’énergie de son cadre, les fêtes de Bilbao, et de ses interprètes pour la plupart issues d’un casting sauvage. Je lui souhaite beaucoup de succès.
Mirenetxe
Mirenetxe

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 décembre 2025
Film très juste, à la fois grave et festif. Nous fait partager les émotions fortes de la fête, de la jeunesse, belle immersion dans la Semana Grande de Bilbao. Mais très délicat dans les moments familiaux, acteurs confondants de naturel. Belle surprise !
Jeanne Périer
Jeanne Périer

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 décembre 2025
Magnifique premier film d'une jeune réalisatrice dont la direction rend le jeu de ses talentueux acteurs complètement naturel. Les dialogues sont sobres et sonnent juste, la photographie est d'une grande beauté. Elle capture la joie de vivre de la jeunesse lors des scènes tournées pendant les fêtes de Bilbao et accompagne l'héroïne dans les rues désertes, quand elle fait face à l'angoisse de la disparition du père. Elle caresse le visage des protagonistes avec tendresse, nous invite à voir de près tout l'amour et la souffrance qu'ils ne peuvent exprimer verbalement. À voir absolument.
Jokin Etcheverria
Jokin Etcheverria

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 décembre 2025
"Jone Sometimes" est un film qui transcende les frontières du cinéma traditionnel. En mêlant habilement les fêtes vibrantes de Bilbao à une exploration poignante de la maladie, ce film propose une expérience unique et inédite. La réalisation est tout simplement magistrale, capturant la beauté des célébrations tout en abordant des thèmes profonds et sensibles.
Ce film aborde des thèmes universels tels que l'amour, la perte et la résilience, ce qui le rend accessible à tous. Il nous rappelle l'importance de vivre pleinement chaque instant et de chérir les relations qui nous entourent. Le film parfait à voir pendant les fêtes ! Les fêtes de Bilbao et la maladie dans un film remplie d'espoir, du jamais vu !
Marie Duzac Dubuc
Marie Duzac Dubuc

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 décembre 2025
Film très touchant. Un dur sujet traité avec beaucoup de délicatesse et d'humanité.
En outre, très belles images.
Anna64
Anna64

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 décembre 2025
Très beau film sur la jeunesse parfois confrontée trop tôt à la maladie d’un parent. «Jone Sometimes » c’est d’abord un film sur la pulsion de vie et le désir, parfaitement retranscrits par l’énergie et le mouvement des fêtes de Bilbao mais c’est aussi une ode à la tendresse, les deux sœurs sont profondément touchantes dans la bienveillance avec laquelle elles accompagnent leur père. Toutes les séquences tournées durant les fêtes de Bilbao sont superbes et le film nous plonge vraiment dans l’atmosphère du pays basque !
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