Unabomber
Note moyenne
3,0
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Damien ABISROR
Damien ABISROR

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 septembre 2026
J’ai trouvé qu’il n’y avait pas l’ingrédient ni scenaristique ni de mise en scène permettant de s’accrocher au film, il est très pauvre et l’enquête franchement bâclée, aussi bien dans sa narration que dans les points de vie et évolution du poseur de bombe, rien n’est poussé ,tout reste assez survolé et inachevé, même l’intrigue est ratée ,dommage car le casting et les décors sont de premier choix!
un téléfilm de luxe du lundi après midi.
Albert Joseph
Albert Joseph

2 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 26 septembre 2026
J’attendais Unabomber avec une certaine appréhension, m’étant particulièrement intéressé à l’affaire Kaczynski dans les années 90. Et malheureusement, mes craintes se sont rapidement confirmées : le film semble davantage intéressé par l’idée de raconter comment fabriquer un monstre que par celle de comprendre réellement qui était Ted Kaczynski.

Le problème est pourtant au cœur du sujet. Kaczynski n’était pas simplement un adolescent mal dans sa peau, isolé, brillant et humilié par ses camarades. Son parcours idéologique était beaucoup plus complexe. Ses écrits, notamment Industrial Society and Its Future, développent une véritable pensée autour de la technologie, de la société industrielle, de la perte d’autonomie individuelle et de ce qu’il considérait comme une destruction progressive de la liberté humaine. Le FBI lui-même rappelle que son manifeste de 1995 constituait une pièce essentielle pour comprendre ses motivations et finalement l’identifier.

Or le film passe largement à côté de cette dimension. Il préfère faire de l’expérience psychologique menée à Harvard par le professeur Henry Murray , interprété par un Russell Crowe que j’ai trouvé particulièrement mauvais, empesé et étonnamment peu convaincant , le grand traumatisme fondateur de Kaczynski. C’est une piste intéressante historiquement, mais le scénario en fait presque une explication causale. Comme si quelques humiliations et un programme expérimental avaient suffi à transformer un jeune surdoué en terroriste.

C’est là que le film devient franchement frustrant. Même le Monde, pourtant loin d’une critique aussi sévère, relève que le lien entre les expériences de Murray et le rejet radical de l’industrialisation reste fragile et peu convaincant.

Le plus ironique, c’est que le film prétend justement s’interroger sur ce qui « fait » un terroriste. Mais au lieu d'explorer réellement la pensée de Kaczynski, ses contradictions, son rapport à la technologie, à la nature, à la modernité ou encore son évolution idéologique, il nous sert une explication psychologique assez basique : un gamin différent, brillant, frustré, qui ne trouve pas sa place et finit par basculer.

Résultat : on nous raconte la genèse supposée de l’Unabomber, mais assez peu l’Unabomber lui-même.

La partie consacrée à l’enquête du FBI n’est guère plus passionnante. L’affaire réelle était pourtant extraordinaire : près de vingt ans de traque, des centaines d’enquêteurs, une bombe artisanale extrêmement difficile à relier à son auteur, puis le tournant décisif provoqué par la publication du manifeste et la reconnaissance de son style par son frère David. Il y avait largement matière à faire un véritable thriller d’enquête. Le film préfère malheureusement une approche beaucoup plus conventionnelle.

Et puis il y a Russell Crowe. Je ne sais pas ce qui s’est passé sur le tournage, mais le voir ici jouer Henry Murray avec cette diction pesante et cette attitude perpétuellement sentencieuse donne parfois l’impression d’assister à une caricature de professeur de psychologie inquiétant. Crowe est pourtant capable de beaucoup mieux.

La bonne surprise vient presque de Steven Ogg, qui joue Dean Kaplan, le responsable de la task force UNABOM. Et forcément, impossible de ne pas avoir un petit sourire en le voyant débarquer : Trevor Philips de GTA V enquête maintenant sur l’Unabomber. Ogg a d’ailleurs intégralement participé à la création de Trevor par la voix, le visage et la motion capture, donc la ressemblance n’est pas qu’une impression de spectateur.

Au final, Unabomber n’est pas forcément un mauvais film en soi. C’est surtout un film assez décevant sur le sujet qu’il prétend raconter. Il avait entre les mains une affaire criminelle et idéologique fascinante, un personnage dont les écrits continuent encore aujourd’hui à susciter débats et controverses, ainsi qu’une traque policière hors norme.

Et il choisit de nous raconter principalement l’histoire d’un adolescent humilié par une expérience psychologique.

Dommage. Parce que derrière le fait divers, il y avait un véritable film à faire sur Ted Kaczynski. Celui-ci se contente de nous en montrer les contours.
CREOTIVEMEDIA
CREOTIVEMEDIA

132 abonnés 466 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2026
Unabomber s’attaque à l’une des trajectoires criminelles les plus marquantes de l’histoire américaine contemporaine en choisissant de remonter aux origines de la radicalisation de Ted Kaczynski. Janus Metz Pedersen ne cherche pas seulement à reconstituer une longue traque policière : il observe comment un jeune homme aux capacités intellectuelles exceptionnelles s’isole progressivement jusqu’à justifier la violence au nom de ses convictions.

Le film suit ainsi la transformation de Kaczynski, passé par Harvard avant de devenir celui que l’Amérique connaîtra sous le surnom d’Unabomber. Pendant près de deux décennies, ses colis piégés vont installer une menace difficilement identifiable et provoquer une gigantesque enquête fédérale.

L’intérêt du scénario de Sam Chalsen et Nelson Greaves réside dans cette volonté de raconter un processus plutôt qu’un monstre déjà constitué. Comment une pensée se referme-t-elle sur elle-même ? À quel moment une conviction devient-elle obsession ? Et surtout, comment un individu finit-il par considérer des inconnus comme des cibles légitimes au service d’une cause qu’il s’est lui-même construite ?

Le danger d’un tel projet serait évidemment de confondre explication et justification. Unabomber prend soin de maintenir cette distinction. Les capacités intellectuelles de Kaczynski et la cohérence qu’il attribue à son propre raisonnement ne diminuent jamais la réalité de ses actes ni leurs conséquences humaines.

Russell Crowe trouve dans cette matière un rôle particulièrement sombre. Son interprétation privilégie moins la démonstration spectaculaire que l’enfermement progressif. L’isolement physique devient le prolongement d’un isolement intellectuel : le personnage construit un monde dans lequel chaque événement semble confirmer ce qu’il pense déjà.

Shailene Woodley apporte un nécessaire contrechamp à cette trajectoire. Son personnage permet au récit de sortir régulièrement de la seule perspective de Kaczynski et d’éviter que le film ne devienne le portrait complaisant d’un criminel transformé en génie incompris. Jacob Tremblay participe quant à lui à l’exploration des années qui précèdent cette radicalisation.

Janus Metz Pedersen privilégie une atmosphère froide et méthodique. Le contraste entre l’immensité des paysages, la solitude de Kaczynski et la peur provoquée à travers tout le pays donne au film une tension particulière. Un homme presque invisible parvient à installer une menace nationale.

Le récit trouve également sa force dans l'opposition entre intelligence et rationalité. Être capable de développer un raisonnement complexe ne signifie pas que ses conclusions soient moralement ou factuellement légitimes. Le film montre précisément comment une pensée peut devenir un système fermé dans lequel la contradiction n’existe plus.

La dimension true crime demeure cependant délicate. Le cinéma possède une tendance naturelle à rendre fascinants les criminels qu’il place au centre de ses récits. Unabomber fonctionne mieux lorsqu’il résiste à cette tentation et rappelle les conséquences concrètes derrière la construction médiatique du personnage.

Certaines étapes biographiques peuvent donner au récit une structure plus conventionnelle, et la volonté d’expliquer la trajectoire de Kaczynski risque parfois de prendre le pas sur ceux qui ont subi ses actes. Mais le film retrouve son équilibre lorsqu’il confronte constamment l’idéologie revendiquée à la violence qu’elle sert à légitimer.

Sombre, méthodique et volontairement inconfortable, Unabomber aborde Ted Kaczynski par le processus de radicalisation plutôt que par la fascination criminelle. Janus Metz Pedersen observe comment l’isolement, l’obsession et une idéologie devenue imperméable à toute contradiction peuvent conduire à la violence. Russell Crowe livre une interprétation inquiétante précisément parce qu’elle évite d’en faire une figure spectaculaire. Un true crime solide qui trouve sa pertinence lorsqu’il cherche à comprendre une mécanique sans jamais transformer cette compréhension en excuse.
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