Parvenant habilement à juxtaposer les mécanismes artistique et psychique de l'être humain, où l'art et le cinéma viennent penser et panser les blessures de l'existence, en exposant ce qui est dissimulé ou refoulé, tout en permettant d'exprimer, de communiquer nos ressentis incompris.
Le choc provient de cette confusion entre raconter la vie d'autrui, tout en la déformant, la remodelant à son image pour y projeter ses propres désirs, aliénant le rapport à l'intimité de son entourage, qui devient une forme de nourriture, un carburant pour la création.
On peut le voir comme une ode à tous ces auteurs qui cherchent sans cesse à puiser dans les drames du monde pour mettre en lumière ce qui demeure imperceptible aux yeux des autres, interrogeant, sublimant la passion et l'émotion dans une quête d'authenticité, et même s'il s'agit d'être égocentrique ou narcissique, c'est tout aussi thérapeutique pour le lecteur, ou le spectateur, tant l'autofiction nous concerne tous, comme avec cet échange très intense où s'entremêlent tout azimut réalité et vérité, fiction et perception, où l'on ne cherche plus à en faire la distinction, mais bien à les confondre, tous ces éléments, ces sentiments faisant partie intégrante de la vie de chacun.
D'un autre coté, comme suggéré par le titre, le film fait l'introspection de son auteur à travers le temps, de ses sources d'inspiration, de ses répétitions, de comment se renouveler ou se réinventer quand tout est déjà décodé. On y retrouve bien sûr tout ce qui fait son cinéma, avec les drames, le relationnel, les effets miroirs, les jolies musiques, mais cette mise en abyme permanente est faite de manière presque didactique, avec cette impression de l'avoir déjà vue à mainte reprise, et nous plaçant finalement dans l'attente d'une chose à venir, mais qui n'est déjà plus qu'un souvenir.
Sans parler du nombre de films sortis cette année qui ont les mêmes paramètres, même sujet de la fiction et la réalité, le faux et le vrai, l'art et le cinéma, dont il peut être intéressant de comparer, mais aussi que cette abondance puisse nous lasser. On a surtout l'impression que chaque année un "thème" sort du chapeau, et nombre de réalisateurs et producteurs s'y lancent, comme si chacun y avait songé depuis des années, que c'était un projet personnel sans connotation avec les autres, au-delà d'un film dans le film, c'est l'inspiration emboîtée dans l'inspiration dans un guide d'inspiration du cahier des charges actuel.
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