Après "Je verrai toujours vos visages", Jeanne Herry confirme qu’elle est devenue l’une des réalisatrices françaises les plus sensibles lorsqu’il s’agit de filmer les failles humaines. Derrière son apparence de chronique sentimentale queer, "Garance" cache en réalité un drame bouleversant sur l’alcoolisme, l’autodestruction et la peur du vide. Garance, c'est une jeune actrice alcoolique dont on accompagne huit années de vie chaotique : déménagements, histoires d’amour, fêtes, angoisses, rechutes et tentatives de reconstruction. Entre amitiés fusionnelles et nuits qui n’en finissent jamais, Garance tente de survivre à une douleur qu’elle noie constamment dans l’alcool, pendant que sa sœur lutte contre une leucémie.
Adèle Exarchopoulos livre l’un des plus grands rôles de sa carrière. Elle traverse le film avec une intensité folle, capable d’être drôle, séduisante, agressive, perdue ou profondément bouleversante. Son personnage passe par une multitude d’états émotionnels sans jamais perdre sa vérité. Herry filme aussi bien les moments d’euphorie artificielle que les lendemains de destruction. Une phrase résume d’ailleurs parfaitement cette mécanique d’auto-illusion : "Les gueules de bois, les crises de panique, les absences, c'est comme les courbatures pour le sport, ça fait partie du truc et c'est pas pour autant qu'on arrête." spoiler: Ces absences donnent d’ailleurs lieu à deux très brèves scènes chocs autour de possibles agressions sexuelles. Le film réussit surtout à être extrêmement drôle par moments. De nombreux dialogues et situations font littéralement pleurer de rire, spoiler: notamment les scènes hilarantes avec la docteure .
Face à Garance, Sara Giraudeau est magnifique de pudeur et de retenue. Sa petite amie semble plus stable, plus discrète, mais cache elle aussi une immense fragilité : celle d’une femme qui pense ne plus pouvoir séduire, ni vraiment choisir sa propre vie. Leur relation évite constamment les clichés pour devenir quelque chose de profondément humain et douloureux.
"Garance" est un film drôle, cruel, vibrant et profondément triste sur l’alcoolisme et les mécanismes d’autodestruction.
Le cinéma aura désormais sa Garance contemporaine, longtemps après l'originelle en noir et blanc, mais bien de son époque : femme de fêtes et de galères, femme de verres, surtout, et de gueules de bois carabinées. Jeanne Herry persiste et signe un nouveau scénario remarquable, pour ce portrait d'une comédienne qui boit, entre autres choses, et qui ne peut pas vivre sans, quitte à payer l'addiction. Le sujet a déjà été traité au cinéma (lequel ne l'a pas été ?) et Le poison de Billy Wilder a définitivement clos les débats. On ne pourra plus faire mieux, mais autrement, si. Au-delà de prétendus clichés dans la représentation de cette maladie chronique (comment faire original ?), que le film réussit à peu près à esquiver, Garance ne se contente pas d'ivresse ou de lendemains chiffonnés. Il s'agit de suivre une jeune femme sur une longue période dans ses amours, ses amitiés, sa famille, son travail, avec une bienveillance qui autorise cependant la cruauté, notamment quand il s'agit du mal qui ronge cette héroïne désaccordée. La qualité d'écriture de Jeanne Herry fait presque tout, admirablement relayée par le talent hors normes de notre Adèle Exarchopoulos nationale. La voir dans tous ses états, de l'euphorie au désespoir, seule, en duo avec l'excellente Sara Giraudeau, ou en groupe, tient du bonheur constant. Plus elle prend de la bouteille, meilleure elle est, Adèle.
Vu en AP. Encore un sujet difficile et délicat que Jeanne Herry traite avec justesse, pudeur, délicatesse et sensibilité. On suit et constate les dégâts causés par l’alcoolisme d’une actrice qui vivote. La longue prise de conscience est amenée avec subtilité malgré l’interaction de sujets graves comme le cancer. Adèle Exarchopoulos est comme à son habitude excellente. Un prix lui sera sûrement décernée pour sa prestation.
Le nouveau film de Jeanne Herry aborde l’alcoolisme avec beaucoup de justesse et d’humanité. Garance évite les clichés pour se concentrer sur les failles, les rechutes et les relations humaines qui gravitent autour de cette dépendance.
Adèle Exarchopoulos livre une prestation particulièrement forte et sincère. Elle porte le film avec une grande intensité émotionnelle, sans jamais tomber dans l’excès. Son interprétation rend le personnage profondément crédible et touchant.
Un drame sensible et bien écrit, qui traite son sujet avec sobriété tout en laissant une vraie place à l’émotion.
En tant que grande fan des films choraux de Jeanne Herry, l'annonce d'un film centré sur une seule personne m'a à la fois intrigué et je l'avoue un peu inquitété. Le début du film a fait renaitre cette inquiétude, même s'il est très bien écrit, très bien filmé et prenant, je me demandait où on m'emmenait. Et puis, ce fut l'amour fou pour cette histoire ! Pour ce personnage singulier qu'est Garance qui tout au long du film nous énerve, nous rend empathique, nous fait rire (beaucoup), nous questionne, nous rend triste. Jeanne Herry a vraiment construit son personnage de bout en bout et c'est un régal, Adèle Exarchopoulos l'incarne magnifiquement, ça joue beaucoup ! Le coeur du sujet, l'alcoolisme, est amorcé d'une manière différente de ce dont on a l'habitude de voir, pas de violence, pas de scènes dures à regarder, mais des trous noir, un verre à la main à chaque scène du film, des comas... C'est insidieux, ça dure quelques secondes à chaque fois mais on comprend bien ce qu'il se passe. J'ai adoré cette pudeur dans la réalisation. Les personnages secondaires sont eux aussi magistraux, écrit avec une finesse rare, on comprend toute la complexité de Garance mais aussi ce qu'est l'accompagnement d'une personne addict à travers eux. D'un point de vue plus personnel, j'ai adoré les scènes au bar, qui m'ont rappelé mon arrivée à Paris, ce sentiment de découverte de nouvelles amitiés et de nouveaux cercles qui sont jouissifs. En bref ce film questionne mais reste positif et surtout permet à Adèle de faire briller tout son talent. Alors, merci Jeanne Herry pour cette fabuleuse fresque !
Vu au festival de Cannes 2026. Jeanne Herry retrouve Adèle Exarchopoulos pour cette chronique d'une descente aux enfers qui a le bon goût de ne pas en rajouter dans l'horreur. On est entraîné malgré nous dans cette spirale infernale. Et elle commence progressivement... Une bande originale qui porte bien son nom, entraînante, nous pose le décor et les intentions de la réalisatrice : le film va avancer. Courir même. Les scènes s'enchaînent rapidement, coupées par un cut ou un fondu qui laisse parfois atpeine le temps aux personnages de finir leur phrase. Mais c'est cela aussi la spirale. L'impression que les évènements s'enfilent comme les perles que Garance utilise en substitution... Même des éléments tragiques qui pourraient rajouter du pathos ne sont pas sur développés et se résolvent finalement assez vite. Et au final c'est réussi. Bien sûr c'est largement favorisé aussi par la performance d'Adèle Exarcopoulos. Juste, touchante, elle se démène avec ses démons sans nous les exposer verbalement. Le film ne cherche pas à expliquer les raisons du mal-être. Il continue simplement à avancer avec ses personnages. Et parmi ces scènes, les dialogues entre Adèle Exarchopoulos et Sara Giraudeau (qui commencent dès l'ouverture du film) sont largement au dessus. Quelle force incroyable dans l'écriture et la double interprétation de ces 2 femmes qui ne cherchent pas à se guérir mais juste à exister ensemble. Beau et émouvant...
Vu au festival de cannes ce matin, très beau portrait de femmes. Très très touchant. J’ai versé toutes les larmes de mon corps ce matin. Vraie justesse d’écriture et d’interprétation. Film grand public qui est utile ! Bravo !
Un film sur le danger de l'alcool qu'il est toujours bon de rappeler. La fin est peut-être un peu facile mais sinon c'est efficace et j'ai passé un bon moment lors de cette avant-première à Cannes.
Garance est une jeune actrice alcoolique. Huit ans d’un parcours fait de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs… Mais aussi une révolution intime, amicale et sexuelle, un chaos aux allures de « grande récré » où se mêlent autant d’amour que de destruction.