7 ans après le premier volet, "Banlieusards 3" vient conclure une trilogie qui n'aurait jamais dû en être une à la base. Globalement, c'est ce que j'avais reproché au deuxième épisode, à savoir cette impression de reprendre tout ce qui avait fait les thématiques du premier opus et de les mélanger pour obtenir un semblant de neuf. Au final, on avait juste la sensation d'avoir un film qui partait dans tous les sens et qui était trop surchargé pour développer quelque chose de cohérent. Et dans l'ensemble, au regret de vous décevoir, c'est exactement la même sensation que j'ai eue face à cette conclusion. Dans la forme, il est évident que ce troisième film n'a rien de mauvais. Par exemple, la mise en scène de Leïla Sy a toujours beaucoup d'idées et d'envies. Pour le coup, je la trouve même plus inspirée sur cette dernière partie, avec plus de tentatives de créer des cadres qui restent en tête. Et par ailleurs, je trouve encore que le film est agréable à suivre. Il n'est pas très long et, un peu à cause de cette multiplication des intrigues, on a rarement le temps de s'ennuyer. Mais voilà donc le souci : le long-métrage court encore après le message du premier volet. Je sais que beaucoup de gens ne seront pas d'accord avec moi, mais j'assume pleinement cet avis. Le tout premier épisode avait développé quelque chose de très intéressant, son message était clair et suffisamment bien contenu dans celui-ci. Mais depuis, on sent que les deux suites ont eu du mal à reprendre le flambeau, car tout avait déjà été dit. Bien sûr, chaque épisode a tenté de raconter du nouveau, le second parlait notamment des retours aux sources et ce dernier s'intéresse au monde du rap. On a donc des nouveautés, mais on est encore confrontés au même questionnement avec Noumouké qui hésite entre les deux voies différentes de ses frères. Encore une fois, je ne dis pas que l'idée n'est pas intéressante, bien au contraire. Mais à force d'être étiré sur autant de temps, on n'y croit plus. On a la sensation de revoir les mêmes dialogues, les mêmes changements de caractères, etc... Le meilleur exemple étant clairement Demba, qui, comme dans le second volet, passe du bien au mal en une fraction de seconde, au bon vouloir du scénario. Et comme le second, ce dernier opus est donc également très surchargé. On nous parle du nouveau maire, des procès de Soulaymaan, du rap de Noumouké, de sa copine, de Demba en prison, etc... En bref, on a comme la sensation qu'énormément d'intrigues se développent en parallèle pour faire passer le fait que la thématique principale tourne encore en rond. Voilà donc pourquoi, depuis le second épisode, j'ai complètement décroché. Je reste très admiratif du travail effectué sur le premier film, mais la suite n'a rien raconté de vraiment essentiel à mon sens. Je termine donc cette trilogie avec un sentiment de déception, car j'aurais vraiment aimé que tout cela n'aille pas aussi loin. Pour conclure, dans la même veine que le précédent.