J’ai découvert Chaos d’anthologie : Storm Area 51 avec curiosité, intrigué par l’idée de revivre ce qui a été surnommé "le plus grand shitpost jamais publié". Mais dès les premières scènes, j’ai ressenti une légère déception : le ton oscille entre ironie et documentaire préféré du public du web, sans vraiment trancher. Au final, l’ensemble m’a laissé sur ma faim, d’où ma note de 2,5/5.
Ce qui m’a plu, c’est l’ambiance absurde du phénomène viral : du post Facebook provocateur de Matty Roberts à l’invasion ludique avec des "Naruto runs", jusqu’à la réaction improbable du FBI et des autorités militaires. La reconstitution des mèmes, des clips viraux et des témoignages d’ufologues ou d’influenceurs rend la mise en scène assez divertissante. Pourtant, dès que le documentaire tente d’analyser l’impact réel ou les motivations personnelles, tout devient superficiel.
J’ai trouvé les intervenants peu charismatiques et le discours creux. Matty apparaît sympathique mais trop lisse, les promoteurs de festivals comme Alienstock ne sont jamais interrogés en profondeur, et le rôle du camping local reste flou. À aucun moment le film ne creuse les enjeux financiers ou le portefeuille de Matty, qui n’aurait finalement gagné que 1 700 $ malgré l’attention médiatique. Quant aux autorités et médias qui ont dépensé des millions en préparation d’un éventuel chaos, ce point reste à peine effleuré.
La durée (près de 100 minutes réparties sur deux parties) m’a paru excessive pour un sujet finalement très mince. J’ai vu des critiques qui conseillaient de "skip it", regrettant que l’édition n’ait pas été condensée comme une vidéo YouTube bien plus percutante et concise. Pour moi, cet épisode de Chaos d’anthologie aurait gagné à se focaliser davantage sur les dérives médiatiques ou sociologiques plutôt que sur les mèmes de seconde main et les interviews convenues.
Cependant, certains y trouveront un certain charme : la nostalgie virale du net, les gros plans sur des espérances absurdes, et la documentation de la folie procurent un petit frisson comique. Mais pour ceux qui espèrent une véritable exploration du rôle des réseaux sociaux ou un portrait critique des mécanismes de viralité, ce volet déçoit largement.