L’action de "The Fin" (en anglais, l’aileron) se déroule dans une Corée dystopique, réunifiée, claquemurée derrière une muraille censée la protéger des agressions extérieures, réduite par la crise climatique et la carence en eau à un état de pauvreté effroyable. Des mutants ichtyoformes, les Omégas, chargés de nettoyer les rivages de leurs déchets toxiques, sont bannis et impitoyablement traqués par la police. L’un d’entre eux réussit pourtant à se glisser en ville pour y retrouver Mia, qui travaille dans un magasin de pêche clandestin. Il lui transmet un lourd secret. Sujin, une nouvelle recrue de la police, est à leurs trousses.
La bande annonce de ce film coréen m’avait mis l’eau à la bouche. Son affiche évoque "Blade Runner" et Jia Zhang-Ke. pas moins. Hélas, il ne suffit pas d’avoir un scénario incompréhensible pour se revendiquer de Tarkovski.
"The Fin" est une série B ou Z filmée avec des moyens dérisoires, dont le sujet aurait pu inspirer une super-production hollywoodienne. Hélas, son scénario vraiment trop confus a tôt fait de perdre le spectateur : on passe la première moitié du film à essayer de comprendre qui est qui et la seconde à s’en désintéresser en attendant que cette purge se termine. Et les affèteries d’une photographie prétentieuse (j’aurais dû me méfier de la boule à facettes et des couleurs saturées de l’affiche) achèvent de détruire le capital que ce film raté possédait pourtant.
Les 3 personnages se croisent sans se rencontrer. C'est froid malgré ce rouge omniprésent, linéaire et sans émotion. Quelques beaux plans, mais pas suffisants pour être touchée par ce film.
J'avais commencé un grand texte explicatif, et ensuite j'ai vraiment réfléchi sur l'importance que je donnais à ce film en comparaison du respect qu'il avait eu de son public, et voila ma critique du coup.
C'est vide, c'est nul, c'est une véritable torture auditive. Bienvenue dans la tête d'un crackhead dans un univers post-apo.
Vous n'y trouverez rien, mais c'est là. Si vous avez lu le synopsis, vous avez vu tout le film. Il n'y a rien de plus.
Park signe un film particulièrement fécond, qui déplace le centre de gravité du genre dystopique en s’intéressant davantage à la fabrication des monstres qu’aux monstres eux-mêmes. En refusant les codes du blockbuster, il choisit une approche plus discrète et contemplative. Si l’on peut lui reprocher une retenue parfois excessive, c’est aussi ce qui fait l’originalité du film en s’appuyant sur une mise en scène aux couleurs poussiéreuses, austère et désenchantée, privilégiant l’atmosphère à la démonstration.
Syeyoung Park nous offre un style graphique proche des arts plastiques et du cinéma expérimental. On pense à Sin sol de Chris Marker à la poésie de Hiroshima mon amour vu par Alain Resnais. Il y a de la poésie dans ces voix off, du graphisme dans la scène du couché de soleil. Et l'horreur vient de notre questionnement à la différence : qui sont les méchants ? Les humains ou les Alpha que l'on pourchasse ?
Cette entrée en matière résume parfaitement la singularité de The Fin. Le film ne construit pas son univers autour des effets spectaculaires habituels de la science-fiction, mais autour d'un malaise progressif où chaque image semble remettre en cause la précédente. La catastrophe climatique n'est jamais un simple décor. Elle transforme les paysages, les comportements et surtout le regard porté sur ceux que la société désigne comme différents. Les Alpha deviennent rapidement le miroir des peurs humaines davantage qu'une menace clairement identifiée.
Le récit refuse les oppositions simplistes entre héros et antagonistes. Mia évolue dans la clandestinité tout en conservant une profonde humanité, tandis que Sujin découvre progressivement que les certitudes administratives ne résistent pas à la rencontre de ceux qu'elles condamnent. Cette évolution psychologique nourrit une tension constante. Le spectateur ne cherche plus uniquement à savoir ce qui va arriver, il réévalue sans cesse sa propre lecture des événements.
Visuellement, chaque séquence participe à cette remise en question. Les couleurs saturées, les contrastes appuyés, les textures granuleuses et les jeux d'ombre donnent parfois l'impression d'observer une installation artistique plus qu'un récit linéaire. Les voix off ralentissent volontairement le rythme et installent une temporalité contemplative où les émotions prennent le pas sur l'action. Cette écriture sensorielle invite moins à comprendre qu'à ressentir l'effondrement d'un monde et l'isolement de ceux qui tentent encore d'y trouver une place.
Le film développe également une réflexion sociale sur la mémoire collective. Les magasins de pêche clandestins apparaissent comme les vestiges d'une civilisation disparue où l'on continue à reproduire des gestes devenus impossibles. Cette nostalgie transforme les lieux en espaces de résistance culturelle autant que de survie. L'ensemble confère à The Fin une identité rare, celle d'une dystopie qui préfère explorer les mécanismes de l'exclusion, du doute et de l'altérité plutôt que multiplier les démonstrations de violence. Lorsqu'arrive le générique, la question demeure entière. Les véritables monstres sont-ils les êtres pourchassés ou la société qui a besoin de les inventer pour préserver son propre équilibre ?