Hair, Paper, Water...
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L?c!s_H00d
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225 abonnés 396 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 septembre 2026
Très beau film, Hair, Paper, Water… trouve dans la fragilité de ses images en 16 mm une forme particulièrement juste pour filmer la mémoire et la transmission. Autour de Cao Thị Hậu, qui tente de transmettre à ses petits-enfants la langue Rục, le film fait du paysage, de l’eau et des gestes quotidiens les dépositaires d’une histoire menacée de disparaître. Sans jamais surligner son sujet, il laisse les mots, les visages et les matières composer une mémoire sensible, où le documentaire semble peu à peu se transformer en rêverie. Une œuvre délicate et profondément sensorielle, dont la beauté tient précisément à ce qu’elle ne cherche jamais à la démontrer.
Ninideslaux
Ninideslaux

107 abonnés 291 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mai 2026
Vu dans le cadre du 45ème FESTIVAL INTERNATIONAL JEAN ROUCH au MUSEE DU QUAI BRANLY
Cette année, le Festival Jean Rouch proposait deux films vietnamiens en compétition internationale.
Hair, Paper, Water a été tourné dans la province de Quang Binh (à ma grande surprise, car je croyais voir des paysages du Nord…) C’est là qu’elle est née, madame Hau. Dans une grotte ! Elle a l’air bien vieille, madame Hau, mais comme elle est encore alerte et a des petits enfants très jeunes, elle doit plutôt être usée par la dureté de sa vie…
Pourquoi le titre ? Parce qu’elle avait de beaux cheveux, épais et de croissance rapide, et qu’elle les vendait régulièrement pour acheter un peu de nourriture ; parce que la province vit de ses plantations d’acacias, qui servent à faire de la pâte à papier ; et parce que l’eau…. Il y en a partout ! quand elle ne se déverse pas abondamment du ciel, en plus.
Madame Hau appartient à l’ethnie Ruc… alors là, j’en appelle à Alain : le costume Ruc, ça manque à sa collection ! Mais il ne doit guère y avoir de place pour la coquetterie dans cette jungle étouffante, dense, qu’on dirait amazonienne.
L’histoire ? il n’y en a pas ; notre héroïne part tout juste quelques jours à Saïgon pour aider une petite fille qui vient d’avoir un bébé, et cette ville grouillante lui fait peur. Monter dans un de ces gratte-ciel ? Jamais ! Elle est trop heureuse de revenir chez elle, dans une masure dans la forêt (on ne voit pas vraiment de village), de retrouver son petit fils d’une dizaine d’années qui, lui, n’a qu’un désir : voir la mer ! (l’équipe de tournage lui permettra de le réaliser) Le film est juste une mosaïque poétique et impressionniste de ce monde à part, hors du temps, et de ses richesses végétales. Elle connait toutes les plantes, Madame Hau, leurs propriétés, leurs bienfaits, pour soigner, pour laver, celle dont il faut s’enduire les jambes pour faire fuir les sangsues… Elle est trop fière d’aller, en barque, montrer aux cinéastes l’entrée de la grotte où elle a vécu son enfance, et qui est, à ce moment, dans l’eau. ..
Elle nomme les choses et surtout les insectes et les animaux (jusqu’au terrible tigre qui fait peur) et en même temps, leur nom vietnamien s’affiche sur l’écran. Parfois, il y a parenté dans la sonorité ; parfois, cela n’a absolument rien à voir.
Ce merveilleux film (tourné en 16 mm) est donc un film d’images, de sensations, de sensualité de la nature. Il est complètement dépourvu de regard ethnologique ou sociologique. Cela m’a un peu étonnée, étant donné que le dernier film de Quy Truong Minh, Viet and Nam, était au contraire un film violemment politique (tant et si bien qu’il n’est pas passé au Vietnam) Là, il est revenu à ses souvenirs d’enfance (il est né à Buon Me Thuot mais vit maintenant à Bruxelles où il a rencontré Nicolas Graux)
S’il recoit un prix et passe quelque part…. ne le ratez pas !
fabrice henry
fabrice henry

9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 décembre 2025
Filmé en 16 mm avec une vieille caméra Bolex, Hair, Paper, Water possède cette vibration unique des images oubliées, fragiles, presque arrachées au temps. Trương Minh Quý et Nicolas Graux suivent les gestes et les mots de Cao Thị Hậu dans un retour vers la grotte de son enfance, mais surtout vers un monde en train de disparaître : celui des peuples indigènes du centre du Vietnam, de leurs langues, de leurs rythmes et de leur rapport instinctif à la nature.

Ce voyage intime devient rapidement une réflexion universelle. À travers la grand-mère, le film montre une existence où l’on ne possède presque rien, mais où l’essentiel est partout : la forêt qui soigne, l’eau qui guide, les saisons qui rythment la vie. Rien n’est un problème, tout est adaptation — même les inondations deviennent un simple changement de voie, un déplacement en bateau. La joie naît de l’intérieur, du lien, de l’harmonie avec l’environnement.

Face à cela, les images de la vie citadine moderne apparaissent en creux : son confort matériel, ses sacrifices invisibles, ses blessures sociales et environnementales. Hair, Paper, Water ne les juge pas frontalement, mais la comparaison est impossible à ignorer. Le film demande : que nous coûte vraiment notre modernité ? Et qu’avons-nous perdu en quittant ce rapport simple et organique au monde ?

Entre cinéma artisanal, fragments de mémoire et poésie visuelle, le film laisse émerger un choix que devra porter le petit-fils : suivre la voie de ses parents, absorbés par la modernité, ou entendre la sagesse silencieuse de sa grand-mère.

C’est la question centrale — et puissamment actuelle — du film : quel mode de vie voulons-nous transmettre ?

Œuvre sensorielle, méditative et profondément humaine, Hair, Paper, Water est un film rare, qui rend visible la beauté d’un monde menacé et nous invite, avec douceur, à reconsidérer le nôtre. Absolument à découvrir pour ceux qui sont ouverts à ce genre de cinéma qui est à l'opposer du cinéma box office moderne.
Liêm-Binh Luong Nguyen
Liêm-Binh Luong Nguyen

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 septembre 2026
Ce film offre une perspective peu connue d'un peuple, d'une nature et de légendes. Magnifique Ode à la Nature et au savoir vernaculaire.
Net Net
Net Net

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 septembre 2026
J’ai pris une petite claque. Le film est très beau, utopique et réaliste à la fois, ce qui rend l’expérience assez troublante. Tourné en Bolex, il garde une image brute, vivante, parfois imprévisible ; mais le montage, surtout sonore, donne à l’ensemble une fluidité et une force presque hypnotiques.
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