La Voix de Hind Rajab
Note moyenne
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280 critiques spectateurs

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Audrey L

797 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 novembre 2025
La Voix de Hind Rajab revient sur la tentative de sauvetage désastreuse d'une petite fille coincée dans une voiture au milieu de la Guerre de Gaza, sous la forme d'un "docu-fiction", comprenez un mélange d'archives (à voir absolument en VO : aussi brillant soit-il, aucun comédien ne pourra reproduire la terreur et la détresse absolues dans la voix de cette petite fille, dont la première piste sonore d'archive nous a fait instinctivement pleurer comme un veau, l'émotion transcendant les mots) et une reproduction quasi-parfaite (on y reviendra, le procédé est stupéfiant) des faits qui se sont déroulés. Cette voix fluette et grésillante, qui pourrait s'éteindre à tout moment, avec les tirs qui fusent en arrière-fond, vous ne l'oublierez plus. Cette équipe de sauveteurs non plus, tous pendus au combiné comme si leur propre vie en dépendait, qui hurlent et s'attrapent par le col de la chemise à chaque refus d'intervention, à bout de nerfs, d'être si impuissants et démunis, a quelque chose d'aussi ultra-bouleversant (leurs crises de nerfs sont partagées, de l'autre côté de l'écran...). C'est une énorme baffe dans la tronche du spectateur, qui fait perdre foi en l'Humanité (quand une petite fille arrête de croire en la vie, en l'espoir, car les "Grands" autour d'elle sont devenus des fous sanguinaires... Alors oui, on se retourne sur notre époque, pour se demander comment l'on a pu en arriver là), mais aussi entrevoir qu'il existe encore des gens bien. Des gens que la détresse humaine touche, que les intérêts internationaux rendent malades, que les protocoles interminables épuisent (il faut demander à telle organisation, puis celle-ci, puis celle-ci... Le schéma explicatif du patron de l'ONG, démesuré au point d'en devenir débile, aurait quelque chose d'incroyablement comique, s'il ne s'agissait pas de l'algorithme qui décide de la vie d'une gamine mourante...). Aussi, pour nous faire palper la malaise au plus proche, le film a choisi de reproduire à l'identique les discussions tendues avec la petite Hind, avec cette magnifique honnêteté de toujours nous mettre à l'écran s'il s'agit d'un enregistrement réel (vous avez le nom de l'archive sonore qui s'affiche discrètement en haut à droite de l'écran) ou d'une "reproduction" (ils ont même laissé apparentes des transitions, où les voix des vraies personnes et des comédiens se chevauchent, pour que l'on comprenne bien le côté fictionnel qui prend le relais... Vraiment, rares sont les œuvres qui nous segmentent les passages réels, pour que l'on ne soit pas "dupés", alors : merci). Idem, il y a carrément ce passage visuel où un personnage tient un smartphone enregistrant une des conversations de la fin (les plus critiques), en gros plan, avec les comédiens derrière le téléphone : c'est l'archive sur le téléphone (on le remarque aux vêtements, aux têtes des personnes / comédiens, ou aux décors, qui ne sont pas exactement pareils), et la fiction au fond qui s'évertue de rejouer à la milliseconde près, au tic de sourcil près, ce qu'il s'est passé. C'est une scène assez impressionnante, tant sur le plan technique (combien de fois ont-ils dû refaire la scène, pour que cela soit un véritable trompe-l’œil ?) que dans le fond (on ne peut pas tricher avec les histoires comme celle-ci). D'ailleurs, les producteurs étrangers de renom (Brad Pitt, Joaquin Phoenix, Rooney Mara, Alfonso Cuaron et Jonathan Glazer) sont là pour s'assurer que l'histoire touche un public international large. Si tout ceci ne vous avait pas convaincu d'aller voir l'un des drames les plus puissants de l'année (on a fait que jouer du "mouchoir-trompette", sans crainte de déranger personne, puisque la salle était malheureusement vide... Soupir), on ne peut que vous dire que le twist final, qui arrive en un bruit, un seul, est une conclusion qui nous a glacé jusqu'à l'os, et les images d'archives (pour compléter les pistes-sons) qui s'ensuivent sont là pour vous achever. Cette gamine, on ne la connait pas, et pourtant, on n'oubliera jamais sa voix, c'est tout bonnement impossible.
Ufuk K

610 abonnés 1 690 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 novembre 2025
"La Voix de Hind Rajab" acclamé par les spectateurs, récompensé cette année à la Mostra de Venise (Grand prix du jury) est un thriller dramatique bouleversant. En effet, la réalisatrice Kaouther Ben Hania s'est inspirée d'événements réels de début 2024, lorsque Hind Rajab, une petite fille gazaouie âgée de cinq ans, a perdu la vie sous les 335 tirs de Tsahal durant leur opération militaire dans la bande de Gaza. Le film inclut des enregistrements téléphoniques originaux avec la voix de Hind Rajab, j'ai trouvé cette histoire saisissante, injuste, profondément émouvante et révoltante devant le sort de cette fillette de cinq ans Hind Rajab, la réalisatrice délivrant un message puissant contre la guerre et la paix dans le monde, j'espère que le film fera bonne figure cette année pour de nombreux prix dont les Oscars l'an prochain (meilleur film international).
PLR
PLR

552 abonnés 1 737 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 décembre 2025
Une reconstitution sur la base d’enregistrements sonores authentiques et quelques images d’archive avec une mise en scène minimale en huis-clos dans un centre du Croissant Rouge Palestinien « en exil » en territoire occupé par Israël en Cisjordanie (Ramallah, capitale de fait de l’Autorité nationale palestinienne) et en charge des secours civils à Gaza. Au-delà de la scène de guerre suggérée par les dialogues et les sons, c’est une immersion dans un dédale de procédures, de protocoles, d’autorisations, d’itinéraires et autres feux verts pour envoyer une ambulance et son équipage palestinien dans Gaza en ruines sur un parcours de 8 km afin de sauver d’un véhicule mitraillé par des tanks (chars d’assaut) une enfant, seule rescapée parmi les cadavres de sa famille, appelant au secours au téléphone. On y retrouve le genre « film catastrophe » avec ses moments de tension. Sauf qu’ici tout un chacun sait qu’il n’y aura pas de héros pour un heureux rebondissement. Au moment des images (d’archives) de fin, c’est glaçant. C’est la guerre, certes. Mais bon, cette phrase issue des dialogues : spoiler: « si j’étais soldat israélien, j’irais la sortir
(la petite fille Hind Rajab) spoiler: du véhicule
spoiler:
» et un autre secouriste coordinateur d’ajouter : spoiler: « moi aussi »
et spoiler: "ils pourraient faire des photos pour leur propagande"
ne peut que marquer et soulever les consciences. Celles des spectateurs d’ici au moins.
Cinévore24

433 abonnés 905 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 décembre 2025
M'ayant rappelé le thriller danois «The Guilty» de par son dispositif en huis clos et temps réel assez similaire, ce nouveau "film" de la cinéaste tunisienne Kaouther Ben Hania (le documentaire «Les Filles d'Olfa») m'a laissé plus que partagé à l'issue de sa projection.

Reparti avec le Lion d'Argent à la dernière Mostra de Venise (un prix plus symbolique que cinématographique à mes yeux, un peu à l'image du dernier Jafar Panahi), le film vient constamment faire se confondre le réel et la fiction, la réalisatrice ayant fait le choix d'intégrer les authentiques enregistrements téléphoniques de la petite Hind au sein d'une reconstitution fictionnelle où les bénévoles du Croissant-Rouge sont interprétés par des acteurs. Sans doute l'une des premières œuvres à opérer ce genre de fusion.

Ben Hania a voulu mettre en lumière (et à raison) les terribles conséquences de l'offensive israélienne destructrice sur la Bande de Gaza (et où les enfants, symboles d'innocence, figurent parmi les premières victimes) et ce sentiment d'impuissance pouvant provenir de ces bénévoles, faisant de leur mieux pour porter secours (en ligne et à distance) aux victimes, mais sachant également qu'ils ne pourront pas sauver tout le monde.

Une démarche tout à fait louable, mais coincée à l'intérieur d'un dispositif bien plus discutable.

Car en voulant absolument faire se combiner le vrai et le faux, l'ensemble a du mal à cohabiter et à s'incarner à l'écran.
Entourant ce drame bien véridique d'une couche de dramaturgie souvent trop démonstrative (à l'image du jeu trop prononcé d'une partie de la distribution, donnant quelques moments de tensions en interne pas toujours très crédibles) et pas toujours très subtile en terme d'émotion (à l'image de ces trop nombreux gros plans sur des visages en pleurs), la vérité se retrouve malheureusement cannibalisée par la fiction.

Et c'est bien le problème de cette œuvre ambivalente, se voulant authentique, mais s'avérant finalement trop artificielle, alors que le cœur de celle-ci est justement bien réelle.

Là où j'aurai dû me sentir impliqué dans le récit, dans cette urgence, je me sentais trop souvent à distance de ce que je percevais comme une sorte d'exercice de style trop appuyé et un peu opportuniste, sans oublier son rythme parfois redondant.
Et entretenir, en particulier dans ses dernières minutes, une forme de faux suspense à une situation dont on connaissait déjà l'issue fatale, rajoute définitivement à ce ressenti très mitigé.

Un documentaire aurait sans doute été plus judicieux pour faire entendre et exister comme il se doit la voix de cette petite fille courageuse (pour preuve, les dernières images du film, bien réelles, sont finalement les plus marquantes).

Vouloir témoigner de cette tragédie injuste et dévastatrice, et (re)donner une voix à celles et ceux qui ne sont plus là est primordiale.
La manière de le faire (peut-être au sein d'une œuvre plus authentique et solide et ne nous dictant pas quoi ressentir par exemple) l'est tout autant. 5,5/10.
Bart Sampson

412 abonnés 847 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 novembre 2025
Performance cinématographique et document pour l'histoire. Voici comment on pourrait résumer " la voix de hind rajab" qui construit un récit autour des enregistrements authentiques de la voix d'une petite fille seule dans une voiture visée par des tirs, sa famille morte autour d'elle.
Le principe de rejouer les scènes au sein du Croissant Rouge Palestinien et d'y mixer les conversations était risqué mais finalement très fluide à l'écran.
Comme pour les filles d'Olfa la réalisatrice ne sacrifie jamais la qualité cinématographique au côté choc de sujet.

Au final un film choc à voir car pas d'images violentes, la voix par contre déchire tout au long de l'histoire
Michel C.

365 abonnés 1 758 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 décembre 2025
La plupart des films proposés ont en général l’ objectif numéro un, de nous divertir. Quelquefois, ce n’ est pas le cas : cela peut être des documentaires ou des parodies, voire des idioties. Ici Kaouther Ben Hania, reconstitue l’ horrible actualité de ce début 2024, où une fillette lance un appel d’ urgence au « Croissant-Rouge » dans une situation désespérée. La guerre, toutes les guerres sont inhumaines…. Pas besoin de preuves en images. Mettre en scène cette tragique actualité, sans jamais introduire une « comédienne » derrière la fillette de six ans, mais seulement utiliser sa voix, toute timide, toute perdue, toute effrayée, cachée dans une automobile bloquée dans Gaza, aura -t-il un effet bénéfique ? Sans doute de mémoire pour la famille qui a accepté cette réalisation, oui, car la simple voix, ce cri d’ espoir est bien plus puissant que toutes les reconstitutions du monde. Au passage, la mise en scène, se penche sur les hésitations et les longues validations pour déclencher des opérations délicates de ce genre, jamais garanties. On ne voit que rarement ces phases, bien dérisoires, et détestables face à l’ enjeu. Ce drame est assez difficile à suivre, compte tenu de la charge émotionnelle, mais le final est un véritable uppercut intellectuel effroyable, d’une puissance rare. C’ est glaçant, dérangeant et les paroles de Hind Rajab n’ en finissent pas de résonner en nous……!!**
Cool_92

357 abonnés 661 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 décembre 2025
Un film puissant sur la tentative de sauvetage d'une enfant de 6 ans.. La réalisatrice tunisienne fait le choix d'intégrer les réelles enregistrements de la petite fille dans le film. Votre cœur sera en miettes. Un film à voir qui illustre la situation humanitaire à Gaza et l'inaction face aux pertes humaines palestiniennes causées par l'armée israélienne.
QuelquesFilms.fr

347 abonnés 1 746 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 novembre 2025
Le 29 janvier 2024, le Croissant-Rouge reçoit un appel d'urgence pour une famille palestinienne dont la voiture est assaillie par l'armée israélienne, au nord de Gaza. Les opérateurs téléphoniques vont maintenir le contact avec la seule rescapée, Hind Rajab, une fillette de 6 ans cachée dans le véhicule, tout en essayant de lui envoyer une ambulance.
Inspiré de faits réels, ce film reprend des archives sonores du 29 janvier 2024 pour faire entendre la vraie voix de Hind Rajab, tout en reconstituant le contexte et les réactions au centre d'appels d'urgence du Croissant-Rouge. Ce mélange de documentaire et de fiction jette un trouble au départ, mais le parti pris se tient, avec quelques jeux formels qui "assoient" la reconstitution, soulignant la volonté de fidélité aux événements vécus (superposition des voix des vrais opérateurs téléphoniques et de leurs interprètes, intégration de vidéos captées le jour J). La mise en scène de l'ensemble est immersive. La caméra, vibrante, pour évoquer le chaos ambiant. Et la charge en émotion, forte et constante, justifiée par le sujet, par la tension extrême de cette journée reconstituée, même si la réalisatrice aurait pu moduler l'effet de "rouleau compresseur émotionnel" avec plus de pauses, notamment explicatives ou réflexives, et une direction d'acteurs plus "tempérée". Néanmoins, l'efficacité est là : pour traduire la caractère déchirant et terrible de cette histoire, traduire l'impuissance des forces de secours (et la nôtre par extension), mais également pour rendre moins anonymes les victimes palestiniennes de cette guerre et pour incarner plus spécifiquement l'idée d'une enfance anéantie. Un film puissant et salutaire, donc, à défaut d'être marquant sur le plan cinématographique.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

353 abonnés 425 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 novembre 2025
La Voix de Hind Rajab est une œuvre saisissante, d’une intensité rare, où l’usage de véritables enregistrements bouleverse la frontière entre cinéma et réalité. Le huis-clos, porté par des interprètes remarquables, plonge le spectateur dans une tension continue, presque physique. Chaque minute devient une épreuve, révélant avec une justesse glaçante la cruauté de la guerre et l’impuissance qui l’accompagne.

La Voix de Hind Rajab s’impose comme un choc émotionnel brutal, et nécessaire. Le choix d’intégrer de véritables enregistrements confère au film une densité troublante, car la fiction semble s’effacer au profit d’une réalité qui serre la gorge. Le dispositif repose sur un huis-clos tendu, où les voix, les silences et les respirations construisent une montée en tension presque insoutenable. On traverse ces minutes avec un cœur battant, conscient à chaque instant de la gravité de ce qui se joue, et de la portée humaine de ce récit.
La mise en scène refuse tout artifice superflu, préférant la retenue, la précision, et une proximité qui place le spectateur au plus près de l’émotion brute. Les actrices et acteurs livrent des performances d’une justesse admirable, habités par une sincérité qui ne cherche jamais l’effet facile, mais la vérité. Cette immersion progressive transforme le visionnage en expérience, mêlant malaise, empathie et lucidité.
Sans jamais dévoiler ses ressorts, le film souligne la mécanique implacable de la guerre, et ce qu’elle inflige aux plus vulnérables. Il rappelle aussi, avec une force rare, que derrière chaque drame se cache une réalité humaine, une voix, une présence. Une œuvre qui marque, qui bouscule, et qui ne laisse pas indemne.
Mr cinetok
Mr cinetok

337 abonnés 392 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 décembre 2025
Pas n'importe quelle film. Une trace historique, irréfutable, accablante sur des actes de crime de guerre, spoiler: là des soldats de l'armée Tsahal sur une famille civile innoncente de Gaza et une ambulance qui cherchait à sauver une fillette en détressse de 6 ans
. La Voix de Hind Rajab marque au fer rouge notre âme, sur l'enfer d'une zone de guerre et le machiavelisme inhumain des donneurs d'ordre. En dire plus est compliqué pour ma critique, l' International Criminal Court a la réponse sur le sujet. Pas un jeu video de soldat contre soldat mais Un film utile pour témoigner de la barbarie contre des enfants et des innocents depuis le début de cette terrible guerre. Une cruauté jamais revu et sans pitié depuis bien longtemps mais incontestablement de retour.
Vador Mir

303 abonnés 969 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 26 mars 2026
Les bonnes notes sont incompréhensibles, mal filmée, d'un ennui mortel.
Aucune subtilité ni aucune intelligence. Le navet de l'année. Les acteurs sont ridicules.
Arthur Brondy
Arthur Brondy

296 abonnés 1 365 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 novembre 2025
Tout le monde ou presque a entendu parler de l’histoire de cette jeune fille âgée de six ans. La voix de son appel à l’aide résonne dans ce film qui utilise les vraies bandes sonores où Hind Rajab appelle les bénévoles du croissant rouge au téléphone après que la voiture de sa famille ait été prise pour cible par l’armée israélienne. Pendant plusieurs heures, elle se retrouve avec les cadavres de son oncle, sa tante et leurs enfants, pendant que les secouristes négocient l’envoie d’une ambulance. Un sauvetage sous tension qui n’aboutira jamais. La force du film est de raconter un drame marquant avec les vrais bandes sonores. Sa faiblesse narrative est que l’issue est connue et que le film ne parvient pas à apporter davantage.
GyzmoCA
GyzmoCA

288 abonnés 2 503 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 décembre 2025
Avec La Voix de Hind Rajab, Kaouther Ben Hania livre un film d’une puissance rare, à la frontière du documentaire et du cinéma de fiction. Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise, l’œuvre s’appuie sur une histoire vraie : les véritables appels téléphoniques d’une petite fille, Hind, prise sous le feu de l’armée israélienne. Une matière brute, insoutenable, que la réalisatrice transforme en expérience de cinéma.

Le film avance sur un fil tendu, mêlant reconstitutions et fragments du réel sans jamais trahir la vérité de ce qu’il raconte. La mise en scène est volontairement épurée : pas d’effets inutiles, pas de pathos forcé. Chaque silence, chaque coupure de ligne, chaque voix devient une source de tension. C’est stressant, désolant, affolant, et pourtant d’une justesse implacable.

Le silence dans la salle de cinéma, une fois la lumière rallumée, en dit long. Personne ne se presse, personne ne commente. Ce mutisme collectif prolonge le film, comme si les spectateurs avaient besoin de temps pour revenir à la réalité. Peu de films provoquent une telle sidération.

Ce qui rend La Voix de Hind Rajab si fort, c’est cette coexistence permanente entre l’humain et l’inhumain. L’innocence d’une enfant face à la violence d’un monde devenu fou. Sans discours appuyé ni démonstration politique, Kaouther Ben Hania pose une question vertigineuse : comment l’humanité peut-elle en arriver à de tels extrêmes ?

Un film nécessaire, bouleversant, qui laisse une trace durable.
L’un des grands films de 2025.
À voir absolument.
Joce2012
Joce2012

260 abonnés 721 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 novembre 2025
Ce film est très difficile, ce sont les horreurs de la guerre où l'on voudrait sauver tout le monde mais pas n'importe comment, ces guerres comme toutes les guerres de la stupidité des hommes, il faudrait que ça s'arrête !
Pascal
Pascal

243 abonnés 2 298 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 décembre 2025
Exposition de la tragédie et à l'horreur de la guerre ( On est à Gaza au début 2024). Le scénario met en scène l'impuissance face à la détresse d'une enfant en danger de mort. Il y a beaucoup d'empathie, d'humanité, de tension émotionnelle dans ce film.

Malheureusement le montage est sans doute trop relâché, même si de nombreuses scènes sont très réussies. La fin, qui prend la forme documentaire me semble beaucoup plus percutante que ce qu'on a vu précédemment.

Il y a un sujet, essentiel qui pourrait être décliné pour toutes les guerres. C'est toujours très sale, dégueulasse, on le sait bien et de façon encore plus effrayante quand on est dans la ligne de mire.

A voir, mais le prestige de la récompense attribuée au film - Grand prix du jury ( Venise 2025 ) est pourvue d'une aura que, pour ma part, je n'ai pas vue à l'écran.
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