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Pôpô passion ciné
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3,5
Publiée le 6 décembre 2025
Un docu-fiction qui mêle des acteurs avec les vrais enregistrements téléphoniques de ce moment.
Durant la première partie, j'ai été troublée d'être détachée du récit. Je comprenais ce qu'il se passait mais je trouvais qu'il y avait une certaine distance avec la réalité. L'émotion était en surjeu et je ne savais pas quoi ressentir. Je suis hypersensible et je pleure facilement mais quand je vois des films dans lesquels les acteurs pleurent à chaudes larmes ça ne m'émeut pas du tout... Et pire, ça me créé un blocage.
J'ai donc été à distance du récit jusqu'à la seconde partie qui m'a vraiment emporté ! Les images réelles juxtaposées avec la fiction sont bien pensées et m'ont permis d'ancrer véritablement avec la réalité des faits.
Le final a fini de m'achever avec les réelles photos des lieux et des protagonistes de l'époque : j'étais bouleversée !
La réalité est toujours plus marquante que la fiction et je me demande s'il n'aurait pas mieux value un documentaire sur ce sujet plutôt que ce film. Cela été tellement plus percutant !
Ce choix est audacieux et il faut souligner le courage de la réalisatrice mais c'est vraiment dommage que les deux parties soient autant inégales.
C'est un film nécessaire pour ne pas oublier que des guerres sévissent tout près de nous. Pourtant, l'insouciance côtoie l'horreur comme le souligne le passage des salariés qui jouent sur leur portable avec des jeux de guerre : un contraste fou !
Vous l'aurez compris, c'est un film important qui, même s'il est inégal dans son traitement, marque les esprits un moment après la séance grâce à son final poignant illustré des images d'archives.
Film intéressant et poignant mais il est dommage que l'on ne sache pas clairement où ce centre se trouve ,, le protocole qu'ils doivent respecter au lieu de s'accrocher vivement, et leur relation avec la Croix rouge .
Il est difficile d’aborder le film sans commencer par reconnaître la puissance de son sujet et l'originalité de son dispositif : la guerre, une enfant piégée, une tragédie rejouée mais une voix réelle.
L’initiative de mêler les enregistrements authentiques à une reconstitution fictionnelle témoigne d’une ambition formelle réelle mais conduit à un dispositif trop construit, trop calculé, où la fiction prend tellement de place qu'elle finit par écraser ce qui est censé faire la force émotionnelle du film. Les scènes rejouées par les acteurs, constamment en surjeu, se voient plombées par un pathos trop appuyé. L'intention est claire : faire pleurer, coûte que coûte. Résultat : cette saturation émotionnelle finit par produire l'effet inverse et créer de la distance chez ceux qui, comme moi, n'aiment pas se faire dicter leurs émotions et qui se sentiront pris au piège d’une mise en scène qui semble craindre que le drame réel ne se suffise à lui-même.
Faire du sort de cet enfant l'enjeu narratif unique non seulement conduit à des scènes répétitives mais reste assez discutable, moralement. Les acteurs rejouent un drame dont quelques secondes de vidéos authentiques à la fin du film suffisent à montrer l’ampleur. Et c’est là que le film révèle ses limites : les vraies images laissent apparaître de manière criante qu'un documentaire aurait été préférable.
Maladroit, trop démonstratif et trop confiant dans sa mission, La Voix de Hind Rajab est un film dans lequel le spectateur se retrouve tiraillé entre la compassion réelle pour une histoire abominable et l’impression d’assister à un exercice de mise en scène où la forme prend le pas sur la tragédie.
Là où Les Filles d’Olfa, en 2023, concevait un dispositif de mise en scène remarquable par lequel une matière réelle était travaillée par un ensemble d’artifices et d’interprétations, Ṣawt Hind Rajab tombe dans les clichés de la reconstitution urgente de l’urgence humaine, s’approprie les bandes sonores et les images du Croissant-Rouge palestinien pour imposer son geste artistique comme une superposition flamboyante, un redoublement exigeant des comédiens spoiler: des torrents de larmes, des litres de sueur, quelques évanouissements et beaucoup de cris . La clausule témoigne de l’échec relatif du dispositif ici adopté : le recours aux archives véritables imprègne l’écran de cinéma d’une authenticité que le film, aussi maîtrisé soit-il, n’aura jamais su saisir. Reste un geste de passeur, important, mimétique des figures d’intermédiaires omniprésentes – puisque chaque personnage se charge d’une ou de plusieurs voix qui se confondent avec la sienne jusqu’à l’épuisement.
Difficile de juger un film qui relate un évènement criminel ayant une telle charge émotionnelle. Personnellement, j'aurais raconté l'histoire différemment. Ici le choix d'une sorte de huit clos où l'on comble le temps par des colères, des cris de désarroi, des querelles de personnes, du pathos, beaucoup de pathos (larme, psychologue, bienveillance mal placée) alors qu'on a à l'écran des humanitaires normalement rodés aux scènes de guerre. Sans oublier le méchant joué ici par le chef du bureau des humanitaires, contraint de suivre les procédures. Bref, tout y est pour faire un film où l'on s'ennuie vite, et longtemps. Par contre on comprend bien une chose : dans le cas d'une opération de sauvetage en terre palestinienne, les ambulances doivent demander à l'armée israélienne de protéger la route. Et cette dernière accepte ou non. Une chose est sûr, elle connaît le parcours de l'ambulance, sa destination, et qui elle va chercher. Ainsi le piège se referme et l'armée israélienne a tout le loisir de venir achever les personnes avant que l'ambulance n'arrive. On l'imagine ensuite faire de quelconques plates excuses vite oubliées. Elle nous prend pour des prunes. Le crime de guerre est avéré. En cela, le film reste intéressant.
J'en veux beaucoup à ce film d'être raté. Le sujet, le contexte, la gravité de ce qu'il évoque, méritaient beaucoup mieux. On a l'impression que l'auteure s'appuie sur ce qu'on appelle "le mur du sujet", dont la fonction est généralement d'interdire toute critique. Un film sur le martyre d'Omayra Sánchez (Colombie 1985), poserait le même problème: comment dire que c'est mauvais sans passer pour un sale type? Or me voilà obligé d'assumer et de prendre le risque : ce film est mauvais. Il part d'une situation à laquelle tout le monde croit par définition, simplement parce qu'elle est sérieusement documentée et que, de toute façon, dans chaque guerre des situations de ce genre peuvent se produire, et il nous amène à nous en désintéresser! Dans le métier, ou dans la fonction, des personnages principaux, le sang froid est de rigueur, et il est expressément signalé dans le film qu'ils ont été formés à cela. Or ils agissent et réagissent comme si c'était leur première confrontation avec un drame de ce genre; ils font état d'une "sensiblerie" dont on ne peut s'empêcher de penser qu'elle a pour but de nous coller à ce fameux "mur du sujet"… C'est très contre-productif. Ainsi à force de petites incohérences, de dramatisation maladroite, et de rabâchage, on finit par croire à un film de propagande. J'imagine que ce n'était pas le but recherché et c'est grave.
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3,0
Publiée le 15 février 2026
Si près et pourtant si loin... C'est ce qu'on se dit en découvrant l'histoire de cette petite fille coincée dans une voiture qui a été prise pour cible par l'armée israélienne. La distance qui la sépare des secours est courte, mais on parle d'une zone de guerre où se déplacer est extrêmement dangereux. Et on parle d'une ambulance et d'une petite fille, il n'y a rien de plus à ajouter pour décrire cette énième situation inhumaine. Kaouther Ben Hania reconstitue les événements en évitant tout sensationnalisme, mais sans parvenir à créer un sentiment d'urgence malgré la situation. Les scènes avec les membres de la Croix-Rouge sonnent parfois faux. On assiste pourtant à une tragédie humaine, mais j'ai eu l'impression que ce docufiction était bridé par son style narratif alors même qu'il y a beaucoup de films dans ce registre qui sont puissants. Parfois, le cinéma ne peut tout simplement pas égaler la réalité et c'est ce qu'on remarque avec cette dernière partie aussi effroyable que bouleversante qui se suffit presque à elle seule. Au final, même si je m'attendais à mieux, c'est un film très important pour dénoncer ces actes impunis et rendre hommage aux victimes.
Pas si sûr que le parti pris du huis clos était le meilleur choix à faire, les dernières images du film m’ayant beaucoup plus bouleversé que les 80 minutes qui les précèdent. Cela dit, « La Voix de Hind Rajab » est et restera un témoignage fort et poignant de ce qui s’est passé à Gaza.
Un film fort, dont on connait le dénouement mais qui nous tient en haleine malgré tout. J'ai apprécié la réalisation et les allers-retours entre documentaire et fiction, bien utilisés pour nous faire ressentir ce que vivent les personnages. Un film évidemment très politique qui ne fait que conforter la nécessité d'une justice pour toutes les victimes du massacre de Gaza
Hind Rajab n’est plus là pour raconter son histoire mais Kaouther Ben Hania le fait â sa place en utilisant les communications de la fillette avec les services de secours gazaouis. La réalisatrice tunisienne utilise le même procédé que son excellent film précédent (Les Filles f’Olfa) en projetant les acteurs dans la réalité crue. Mais elle le fait ici d’une manière moins subtile qui flirte parfois avec le pathos. Cependant La Voix de Hind Rajab a le grand mérite de mettre une voix, un nom, un visage, une agonie sur un drame en cours.