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Pierre Kuzor
189 abonnés
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3,0
Publiée le 8 août 2026
Ai vu « Girl » de l’actrice et réalisatrice taïwanaise Shu Qi, qui signe ici son premier film, projeté en compétition à la Mostra de Venise en 2025. Un scénario très intéressant qui présente deux générations de femmes. En 1988, à Taïwan, Hsiao-lee (Bai Xiao-Ying) et sa jeune soeur (Lai Yu-fei) , vivent dans un climat familial difficile entre un père alcoolique et brutal (Roy Chiu) et une mère insatisfaite de son destin (Esther Liu), qui jeune fille aurait voulu faire des études, mais dont les parents l’ont obligée à quitter le foyer campagnard pour travailler et se marier. Hsiao-Lee, elle, a la chance de faire des études, mais le poids des blessures de sa mère est trop lourd à porter, jusqu’au jour où l’adolescente se lie d’amitié avec la délurée Li-li (Li-Pin Tung) qui va lui ouvrir la possibilité d’un monde différent et surtout une porte ouverte vers une certaine liberté. La mise en scène est très belle et accompagne parfaitement les destinées de ces deux générations de femmes, la mère et la fille, qui vivent l’une à côté de l’autre sans aucune communication. Le montage permet de bien saisir comment le poids des frustrations de l’une a des conséquences sur la vie, 15 ans plus tard de l’autre. La photographie de Jing-Pin Yu est absolument somptueuse. Shu Qi est très délicate dans sa réalisation et trouve toujours la bonne distance pour ne jamais forcer le trait. Le parallèle qui est fait entre le domicile où règne la tension et l’extérieur qui est source d’insouciance est toujours subtil. La solitude de Hsiao-lee, ses angoisses, ses envies d’ailleurs sont dépeintes par des silences, de la poésie, ce qui met en exergue les scènes de violences conjugales parfois insoutenables. La réalisatrice a soigné particulièrement l’écriture de ses personnages féminins et l’ont comprend très bien son message sur la difficile émancipation des femmes à Taïwan dans les années 80. L’on soupçonne que ce récit est assez autobiographique et s’il peu paraitre dramatique le traitement n’en est pas moins sensible et lumineux.
Un premier film bouleversant, signé Shu Qi, ancienne muse de Hou Hsiao-Hsien. La mise en scène est superbe : lumière solaire et vivante à l'extérieur, néons froids et enfermants à la maison — un vrai travail pictural sur le cadre et la couleur.
On sent l'héritage de Hou Hsiao-Hsien dans cette patience contemplative, ce temps qui s'étire, et certains plans semblent adresser un clin d'œil discret à Millennium Mambo, comme si l'actrice rendait hommage à son maitre de cinema.
Un récit initiatique éprouvant, mais solaire et jamais désespéré — toujours une trouée de lumière quelque part. Pudique, maîtrisé, et déjà une vraie signature
Un film sombre et oppressant, mais pas plombant. La réalisation est très soignée, délicate, sans aucune insistance. Dommage que les quelques flash-backs soient peu crédibles et ne collent pas bien au reste du film. Au-delà de l'âpreté de la situation, des fenêtres s'ouvrent... la carrière de la réalisatrice le prouve.
Shu Qi fait preuve de beaucoup de sensibilité dans ce film et d'empathie pour ses personnages. Elle a un vrai regard de cinéaste et fait des choix de mise en scène. Ce n'est pas un film de montage. Ses plans durent et ils ont du sens. Elle ne nous assène pas son point de vue non plus, mais l'exprime avec une certaine douceur malgré la violence du sujet. Bon, enfin, c'est du cinéma quoi ! Les actrices sont touchantes. À voir. Vraiment.
Avec ce film on suit le parcours d'une jeune ado timide au sein d'une famille fragile. Un Mari alcoolique et violent, une mère qui n'aime que la cadette, et cette dernière véritable flagorneuse. Le decor : Taïwan 1988, Intérieur de maison un peu glauque, une violence domestique, et Hsiao-lee introvertie. Cette jeune fille ne trouvant pas sa place au sein de cette famille, va suivre Li-li, une nouvelle copine d'école vive et insouciante qui lui permet de s’évader de son quotidien. Ces moments là complètement hors des clous finiront par lui coûter l'éloignement familiale. On retrouve dans ce film une approche minimaliste, sans beaucoup de dialogue spécifique au film asiatique. Je devrais m'y faire mais Le côté nonchalant qui devrait sublimer les scènes m'exaspère plutôt.