Quelques années avant le vote sur l'IVG en Argentine (cependant difficilement accessible pour les plus pauvres), l'affaire Belén, survenue au nord du pays, à Tucumán, à partir de 2014, a fait l'effet d'une déflagration à mèche longue, qui a fini par mobiliser toute la nation et au-delà. Le cas de cette fausse coupable d'infanticide a fait l'objet d'un livre puis désormais d'un film, de Dolores Fonzi, son deuxième long métrage en tant que réalisatrice, dans lequel elle interprète elle-même l'avocate de Belén, personnage essentiel de cette sombre histoire de manipulation, de compromission et d'intimidation. Le film rivalise sans peine avec les meilleures réussites du cinéma de dénonciation, qu'ils soient américains ou non, rythmé et efficace comme un thriller judiciaire de tout premier ordre, dans lequel l'on n'attend qu'une chose : que justice soit faite ! La lutte de Belén, balayée comme un fœtus de paille, par tout un système, s'érige comme un symbole puissant, avec l'aide d'autres femmes, contre l'arbitraire de décisions prises, en toute impunité, par des forces politiques, religieuses et morales, comme un seul homme, si l'on ose dire.
Le film est un réquisitoire et une libération, d'autant plus important dans un pays qui prend une direction inquiétante
. À ce titre, le choix d'en faire le candidat de l'Argentine aux oscars 2026 représente une grande victoire.