Imagine une overdose de sensations, sans la moindre histoire :
Le film promet un blockbuster, mais offre surtout un patchwork inflationniste de duos de YouTubeurs lâchés dans un aéroport abandonné. Entre alliances forcées, trahisons téléphonées et chase game façon Rediff' de jeux en ligne — on regarde, on s’ennuie. On nous vend un Hunger Games version YouTube, mais tout ce qu’on voit, c’est un jeu de survie au rabais, sans profondeur ni enjeu narratif.
Un spectacle d’apparat, sans substance :
Six mois de préparation, 150 personnes, 90 caméras et un budget à six chiffres – on dirait plutôt une grosse pub MCC (Made for Content Creation), pas un film réfléchi. Le résultat est une performance visuelle dénuée de réelle tension ou de propos, comme si on avait filmé un parc d’attraction pour influenceurs et qu’on en avait fait un documentaire.
Superficie du décor, vide de contenu :
Un aéroport de 5 hectares, ça fait rêver… mais sans script solide ni émotions, c’est juste un vaisseau cryogénique froid. Le lieu aurait pu être un personnage à part entière, mais il reste décor vide, pire qu’un fond vert mal utilisé. On se lasse vite des plans larges – on attend qu’on nous raconte quelque chose, mais il n’y a rien à raconter.
Une tentative d’hybridation ratée :
Soit c’est du cinéma, soit c’est du contenu YouTube. Franckie, ça peut marcher, mais Terminal échoue à fusionner dignement les deux. On reste dans un entre-deux bancal : trop scripté pour du YouTube, trop superficiel pour être une vraie aventure cinématographique. À mi-chemin, mais surtout hors-piste.
Casting clivant, sans charisme durable :
Domingo, Inoxtag, Rivenzi et compagnie sont d'excellents créateurs de contenus, mais ici c’est du “tous en même temps, personne ne ressort”. Aucune performance ne marque vraiment, aucune dynamique ne justifie chaque duo. On passe d’un influenceur à l’autre sans accrocher à quiconque — l’effet fan de YouTube ne suffit plus à masquer le manque de chair et d’épaisseur narrative.
Une avant-première concept astucieuse, mais vide sur le fond :
Projeter Terminal en cinémas MK2 comme un événement culturel, c’est malin. Cela dit, c’est comme vendre un plat gourmet qui, une fois goûté, se révèle être des pâtes industrielles sous une sauce marketing. L’idée de “reconnecter les jeunes au cinéma” est louable, mais ce type de contenu ne fait pas le poids face à un vrai film construit, ambitieux, émouvant ou intelligent.
Conclusion cinglante :
Terminal ressemble à un test grandeur nature plus qu’à une œuvre. Loin d’être un film, c’est un exercice d’influence qui se regarde, se commente… et se regrette. 1h45 interminable, 4 épisodes attendus sur YouTube, mais aucun récit vraiment digne de ce nom. C’est du divertissement creux déguisé en spectacle, un mirage digital où seul reste le vide.