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Jipéhel
103 abonnés
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4,0
Publiée le 2 août 2026
L’enfer du décor
Pour son 1er long métrage, Hélène Rosselet-Ruiz, loin de la tendance actuelle qui voit s’allonger démesurément la durée des films, nous prouve qu’en 87 minutes seulement, on peut dire et dénoncer beaucoup de choses. Pour gagner sa vie, Laura accepte un emploi au service de Souria. Installée dans un hôtel particulier du triangle d’or par son amant, un riche prince saoudien, Souria vit dans l’attente de ses visites. Tandis que Laura doit s’adapter à cet univers de luxe démesuré et de surveillance constante, un lien fragile se tisse entre les deux femmes. Mais Laura pressent qu’un danger pèse sur Souria et que cette cage dorée pourrait bien se refermer sur elles deux. Angoissant, dérangeant, malaisant, ce thriller dramatique est une formidable promesse pour la suite de la carrière de cette cinéaste. Le luxe est avant tout une question d’exhibition. C’est ce que nous démontre cette immersion dans ce quartier de Paris où, à ma connaissance, aucune caméra n’avait plongé son objectif jusqu’à ce film. Le concept de la prison dorée est ici poussé à l’extrême, certes, mais l’atmosphère des lieux – la maison devient vite un des personnages principaux – et la qualité (?) des relations entre les personnages nous fascinent jusqu’au dégoût. On finit par se demander si l’héroïne ne participe pas, à son insu, à une émission de télé-réalité. La cinéaste filme un dédale, travaille la dichotomie entre les coulisses des domestiques et la vaste splendeur des pièces officielles, l’entrée principale et les voies de service. Mais la promesse d’une certaine satisfaction voyeuriste – ne nous cachons pas -, est rapidement supplantée par la dissection à froid d’un système où l’ignoble le dispute à l’inacceptable. Un huis-clos étouffant, heureusement supportable grâce à quelques echappées salutaires, notamment à travers la relation entre Laura et le majordome, ou la réversibilité d’une relation avec « Madame » qui tombe le masque pour tenter de briser l’effarante solitude à laquelle elle se condamne, tient en haleine jusqu’à une fin bâclée et décevante, car, il y avait de quoi faire rebondir le scénario, puisque divers éléments semés ça et là durant le film le permettaient aisément. C’est là ma seule réserve, mais elle est de taille. Malou Khebizi, aux antipodes de son incarnation dans Diamant Brut,est absolument remarquable. Son duo avec Soundos Mosbah fonctionne à merveille. On ajoute volontiers les noms de Ziad Bakri et Khassem al Khoja. La présence tragique de ce « regard-caméra-surveillance » et ce pouvoir démesuré qui permet de bafouer l’autorité à l’ombre des murs de cet enfer doré, dénoncent les rapports de domination et les violences invisibles. Un drame psychologique d'une grande finesse, porté par une mise en scène d'une sobriété exemplaire, qui explore avec acuité les mécanismes de l'emprise derrière les façades du luxe. Mieux qu’intéressant, palpitant !
Un huit clos qui tient ses promesses avec son atmosphère de plus en plus oppressante à mesure que l'on découvre cet univers peu mis en lumière habituellement. Les femmes sont mises à l'honneur de manière juste sans jamais basculer dans des clichés. Le trio d'acteur est impeccable ! Une belle réalisation.
Huis clos habilement réalisé sur les rapports de domination, ľacceptation des contraintes et la relation de chacun à la liberté. Tous les acteurs sont justes. Une belle découverte
Mise en lumière chirurgicale de l'emprise psychologique, du contrôle absolu et de la nécessité vitale de s'extraire d'une cage dorée.
On peut sans doute y voir aussi une réflexion sous jascente sur la lutte des classes, l'abus de position dominante, le mépris de classe, un regard sur la condition de la femme et la sororité.
Le point fort de ce thriller psychologique, porte sur le prétexte scénaristique qui permet d'aborder ces thèmes nombreux, où l'on trouvera, peut-être ?, aussi des points de convergences avec plusieurs films portant sur le rapport maître/serviteur, dont " The servant " de Joseph Losey n' est pas la moindre des références. Une bonne surprise !
C'est la confrontation entre deux univers féminins : celui occidental d'une jeune fille – fauchée- issue de banlieue ( Malou Khebizi) et oriental d'une maîtresse (Soudos Mosbah) d'un prince Saoudien .. Le tout se passe dans le huis clos d'une prison dorée du 16e arrondissement. Quelle est celle qui mène – vraiment – sa barque ? La bonne, soit disant soumise ou la maîtresse enfermée dans son rôle de courtisane bardée de bijoux ? La fin est brutale pour les deux...
Excellents acteurs pour servir un quasi huis clos où chaque personnage est à la fois troublant et attachant. La musique accompagne merveilleusement bien les images et scènes. Bravo à cette jeune réalisatrice qui est très prometteuse.
Ne sachant pas quel film aller voir (j'en ai déjà vu beaucoup), j'ai suivi les critiques de ce site. Je n'ai pas été déçue. Ce film est très intéressant, très bien fait avec 2 actrices qui feront certainement parler d'elles dans le futur. Un huis clos est souvent casse gueule car ce n'est pas facile de tenir le spectateur dans un film ou la majorité du film se passe dans une habitation. L'exercice est réussi, on est pris par ce scénario, le jeu des actrices, on ne s'ennuie pas du tout. Un très bon film a voir
Emboîtement de soumissions ( spoiler: le sheikh soumis à son beau-père l'émir, la maîtresse à son amant puis à la femme de ce dernier, l'assistante à l'amante, la panthère à ses maîtres et à des drogues, ... et peut-être l'assistante à son avenir militaire ( chair à canon ?) bien idéalisé ; le sheikh pouvant être lui-même soumis à la fluctuation du cours du pétrole et au jeu des alliances politiques Internationales spoiler: ).
Les images de télésurveillance et le huis clos quasi constant accentuent ces dominations et enfermements sociaux spectaculaires. Personnages féminins attachants et thriller tout à fait honnête.
Jeune banlieusarde taiseuse, rêvant d’intégrer l’armée, Laura (Malou Khebizi) trouve un emploi grassement rémunéré dans le « triangle d’or » parisien – cet espace délimité par les Champs-Elysées, l’avenue Montaigne et l’avenue Gabriel – dans l’hôtel particulier où un émir saoudien a installé Souria, sa maîtresse (Soundos Mosbah).
"Le Triangle d’or" est le premier film d’Hélène Rosselet-Ruiz. Elle en a eu l’idée durant sa scolarité à la Fémis et en a même fait un court-métrage au titre faussement sartrien, "Les Mains sales". Le sujet est original : comment vivent les riches Saoudiens, les riches Saoudiennes, lorsqu’ils sont de passage à Paris ? qu’abritent leurs palais des mille et une nuits, objet de fantasmes peut-être délirants ? quelles relations entretiennent-ils avec leurs employés (Hélène Rosselet-Ruiz a utilisé les travaux de la sociologue Alizée Delpierre sur la domesticité) ?
Pour nous faire pénétrer dans ce monde mystérieux, le scénario utilise une recette éculée : nous le faire découvrir à travers les yeux d’un Candide qui le découvre en même temps que nous. Ce sera le rôle de Laura, interprété par Malou Khebizi. L’actrice était en tête d’affiche de "Diamant brut". Elle est méconnaissable dans son second film : la bimbo varoise peroxydée juchée sur des hauts talons improbables a laissé la place à une petite soldate hommasse et hypersportive. La capacité de Malou Khebizi à se glisser successivement dans ses deux rôles, si différents, force l’admiration.
La bande-annonce laissait augurer un pur thriller. Le film est un peu différent. Il se focalise sur la relation qui se construit entre Souria et Lara. Lara, qui découvre avec un mélange de fascination et d’horreur la prison dorée dans laquelle sa patronne est claquemurée, est d’abord maltraitée par Souria avant de devenir sa confidente. L’histoire prend ici des raccourcis peu crédibles. Les deux femmes devient alliées face à la violence masculine. Le simplisme du schéma est atténué par un troisième personnage masculin : le chauffeur, interprété par l’acteur Ziad Bakri qu’on vient de voir dans "Le Passage" et qu’on avait découvert dans "Les Barbares".
"Le Triangle d’or" pâtit de la faiblesse de son scénario pépère mais n’en reste pas moins une plongée sociologique fascinante dans un monde rarement documenté.
Très bon film français avec un bon rythme sur une assistante qui rentre au service d'une femme enfermée dans une maison luxueuse dans le 16e arrondissement à Paris. Il s'agit de la maîtresse d'un Prince saoudien qui veut la tenir cachée de sa femme. L'assistante, d'abord malmenée par cette femme autoritaire et désobligeante, se retrouve à être le pilier de stabilité et l'ange gardien de la maîtresse qui souffre de cette relation et de son isolement. Très bons acteurs. On passe un très bon moment.
Un très beau film, avec des acteurs très prometteurs ! C’est un sujet et scénario peu traité au cinéma. Le suspens et la musique sont très bien choisis. Bravo aux réalisateurs
De belles images dans cet hôtel particulier. J’ai aimé la relation entre ces deux femmes qui évolue. La domination masculine, prégnante dans ce film m’a mise mal à l’aise. Merci les études supérieures pour quitter un homme ! La toute fin est trop rapide et mériterait d’autres séquences pour développer cette fin.
Splendide film qui explore avec une grande finesse les mécanismes de domination à l’œuvre dans nos sociétés. Chacun des trois personnages principaux en incarne une facette : Souria subit sa condition de femme, Emre sa condition sociale, tandis que Laura porte le poids de ces deux formes de domination.
Tous trois tenteront de trouver leur salut dans le triangle (d’Or ?) qu’ils forment. En vain. Une conclusion aussi froide que juste.
huis clos un rien oppressant grâce. a une mise en scène maîtrisée et aussi une relation employeur employée intéressante grâce à deux comédiennes très justes. dommage que côté scénario, on survolé les problèmes sans les traiter vraiment. un film intéressant mais qui nous laisse un peu sur la faim.
Tout en tension retenue, le film nous tient du début à la fin avec des actrices fascinantes qui nous dévoilent de nombreux visages. Bref un premier film très bien mené.