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Shawn Atreides
37 abonnés
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4,0
Publiée le 16 septembre 2026
Je peux facilement concevoir un spectateur consterné qui se sentirait totalement indifférent à cette histoire en vase clos, esquisse d'un monde à part, aux antipodes de ses préoccupations profondes.
Après tout, en quoi cela nous concerne ? On ne va quand même pas non plus les plaindre !
Et c'est précisément là que la proposition de la jeune cinéaste Hélène Rosselet-Ruiz frappe le plus fort. En se défaisant de tout dispositif, coupant dans le gras et ne tombant jamais dans le mélo, Le Triangle d'or provoque un vertige qui s'enracine dès la scène d'ouverture et qui ne m'a toujours pas quitté.
Une parenthèse furtive, en infiltration, sur la pointe des pieds, dans les arcanes d'une démesure sous barreaux, coincée entre un sol de cristal et un plafond de verre. C'est dans cette cage, microcosme des rapports de force, de dominations et de toutes autres contorsions de l'âme et du corps pour se conformer aux exigences de structures rigides et désincarnées dans lesquelles l'espoir devient une prison.
Albert Jacquard, alertait que dans un monde où il y a des gagnants, gît une source intarissable à fabriquer des perdants.
Ajoutons à cela la prestation grisante des acteurs mais aussi la pure qualité divertissante de ce thriller mené tambour battant 1 h 27 durant.
Emboîtement de soumissions ( spoiler: le sheikh soumis à son beau-père l'émir, la maîtresse à son amant puis à la femme de ce dernier, l'assistante à l'amante, la panthère à ses maîtres et à des drogues, ... et peut-être l'assistante à son avenir militaire ( chair à canon ?) bien idéalisé ; le sheikh pouvant être lui-même soumis à la fluctuation du cours du pétrole et au jeu des alliances politiques Internationales spoiler: ).
Les images de télésurveillance et le huis clos quasi constant accentuent ces dominations et enfermements sociaux spectaculaires. Personnages féminins attachants et thriller tout à fait honnête.
Un thriller mais le scénario semble s’être arrêté à la mise en place des personnages et à l’intrigue. Une jeune femme « bonne à tout faire » ou « bonniche » comme elle se désigne elle-même auprès de son entourage mais en fait embauchée – sélectionnée parmi d’autres profils - comme assistante de l’amante d’un riche prince Saoudien. Une assistance 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 à répondre au doigt et à l’œil aux désirs de la maitresse de maison : la cuisine, le nettoyage, la garde-robe... le tout avec déférence imposée à coup de « Madame ceci », « Madame cela » et distance sociale soigneusement gardée. Jusqu’au jour où trop c’est trop.spoiler: Elle quitte sans demander son reste mais est rattrapée avec force supplications. A partir de là, les rapports changent. Qui a finalement le plus besoin de l’autre ? Le nœud de l’intrigue ayant été serré, il n’y a plus pour le spectateur qu’à attendre qu’il se passe quelque chose, de préférence d’inattendu ou avec des fausses pistes puisque c’est un thriller. Toutefois l’accélération narrative mènera très vite à la fin sans qu’il n’y ait réellement des développements supplémentaires intéressants ou captivants. Pendant une large première partie, le spectateur aura reçu ce qu’il attend dans ce registre psychologique mais avant de conclure l’intrigue se délite comme par manque d’inspiration.
Inspiré à priori d’une expérience personnelle Hélène Rosselet-Ruiz réalise là un premier long-métrage intrigant et passionnant . Un état des lieux d'un monde Patriarcal basé sur le pouvoir et la surveillance Et exploré dans ce film la lutte des classes à travers un prisme intime . Malou Khebizi , découverte dans un tout autre registre dans "Diamant Brut" , et Soundos Mosbah construisent une alchimie singulière qui fait de ce film une très belle découverte .
Pour un premier film, on peut dire qu'Helene Rosselet Ruiz s'en sort très bien. Son huit clos est surprenant entre thriller un poil paranoïaque et objet féministe. On est tenu en haleine jusqu'à la fin. Les comédiens sont excellents en particulier les deux têtes d'affiche Malou Khebizi et Soundos Mosbah. On lui pardonnera les maladresses : les grosses ficelles du scénario car le récit ne tient pas la réalité (une famille si riche ne prendrai pas une inconnue sans référence et ne la laisserai pas tout gérer), l'aspect princesse Sarah exacerbé au début du film et la fin rapidement expédiée. Une réalisatrice à suivre et une jeune actrice qui continue son petit bonhomme de chemin.
En attendant de s’engager dans l’armée Laura travaille comme bonne à tout faire pour la maîtresse d’un riche Saoudien. Entre humiliation et sororité inattendue le spectateur entrebâille la porte des belles demeures des quartiers chics parisiens. Un premier film réussi par une réalisatrice qui a elle même pratiqué ce métier masochiste. Et la confirmation qu’après Diamant Brut le cinéma français peut désormais compter sur la jeune Malou Khebizi. Impeccable
L'intention était louable : montrer combien deux femmes de conditions sociales opposées sont finalement soudées par les mêmes liens (anti-patrarcaux, évidemment.) Le déroulé du film n'est que l'illustration de ce postulat : les hommes sont TOUS des horreurs. On a aussi droit à la scène obligatoire de la prolo qui pour un soir montre à la mondaine les vrais plaisirs de la vie. D'un film primé à Cannes, on est en droit d'attendre plus de subtilité.
La vie d'une femme de ménage chez de riches saoudiens. L'appartement dans le style dorure, strass, jacuzzi, espace à gogo et gadgets multiples dont une panthère noire peut amuser cinq minutes. Malheureusement il faut aussi assister en baillant aux péripéties de la nouvelle venue. En réalité rien ne fonctionne, ni les dialogues, ni les jeux d'acteurs, ni l'action. Ce ne sont que jérémiades , coups de gueule et consternantes empoignades. Aucune finesse, aucun rythme. Le film se traine comme il peut sur fond de critique sociale avec méchants saoudiens blindés et héroïque fille du peuple. On ne sort pratiquement pas de l'appartement en dehors d'un anniversaire qui n'apporte rien au film. Les minutes passent, l'heure aussi, on s'ennuie terriblement. La jeune héroïne apprend le combat de rue enseigné par un autre serviteur, Arabe celui-ci. On est bien content pour elle. La chute est consternante à mi chemin entre "les tontons flingueurs" et "plus belle la vie". On n'a pas compris grand chose en dehors du fait qu'il ne faut pas travailler pour les riches et que l'argent ne fait pas le bonheur mais çà on le savait déjà ...
Plus un film d'ambiance qu'autre chose. Des pistes semblent s'ouvrir mais...rien de vient. Il faut se laisser porter dans l'atmosphère rafraîchie de la salle.
Très bon film français avec un bon rythme sur une assistante qui rentre au service d'une femme enfermée dans une maison luxueuse dans le 16e arrondissement à Paris. Il s'agit de la maîtresse d'un Prince saoudien qui veut la tenir cachée de sa femme. L'assistante, d'abord malmenée par cette femme autoritaire et désobligeante, se retrouve à être le pilier de stabilité et l'ange gardien de la maîtresse qui souffre de cette relation et de son isolement. Très bons acteurs. On passe un très bon moment.
Lora (Malou Khebizy) est embauchée par Souria (Soundos Mosbah), jeune femme Saoudienne ayant sacrifié sa liberté et son libre-arbitre, vivant cloîtrée dans un appartement luxueux. Lora va devenir rapidement une servante complètement asservie puisque travaillant sept jours sur sept et devant être disponible au moindre coup de sonnette vingt quatre heures sur vingt quatre. Heureusement elle trouve un confident ami, Emre (Ziad Bakri) mais qui reste assez énigmatique tant par sa vie que par la position qu'il occupe auprès du couple saoudien. Un jour enfin, après une scène très humiliante,Lora se rebelle... Le scenario vous semblera bien classique et pourtant il ne l'est pas. Hélène Rosselet-Ruiz s'est inspirée de sa vie de jeune fille pauvre qui a du travailler comme gouvernante dans une famille étrangère immensément riche vivant à Paris pour écrire et réaliser ce film qui nous fait découvrir un monde inconnu du commun des mortels, où les seuls rapports humains sont régis sur des codes de domination ; domination de classe et de rente, de sexe, ou de capacité à maîtriser par la force physique ou par la violence. Ces rapports de domination, devenus une seule loi et un unique fonctionnement, créent un monde où personne n'est libre et où seul l'artifice et la fatuité existent pour cacher la misère de cette humanité perdue par le pouvoir de l'argent et du patriarcat. Ici, tout ce qui est vivant sort bien difficilement de ce piège. D'ailleurs la réalisatrice nous fait particulièrement bien ressentir cet enfermement physique et psychologique: le film se passe pratiquement totalement en huis-clos. Des escaliers comme des labyrinthes, des caméras de surveillance partout, une absence de vie sinon une panthère noire, elle aussi enfermée comme une allégorie de cette prison dorée, des fenêtres occultées par de lourds rideaux, voilà un décors d'appartement de luxe bien campé ! Dans ce monde personne ne peut être lui-même et ce sera Souria, la dominante castratrice et maîtresse du prince qui nous le montrera le mieux , tant sa détresse était la mieux cachée. Le film aurait du s'appeler Les Mains Sales mais le titre était déjà pris alors il s'appelle Le Triangle d'Or en référence au quartier le plus luxueux du XVI ème arrondissement de Paris où se passe l'action. C'est aussi un rappel au triangle des trois protagonistes. La réalisatrice avouait lors d'un débat au cinéma Majestic de Lille ne pas connaître le triangle de Karpman quand un spectateur lui en faisait la remarque. Pourtant ce triangle qui met en schéma trois personnages qui interférent : le persécuteur, la victime et le sauveur semble bien coller au film. Dès qu'une personne se positionne dans un de ces trois rôles, les deux autres personnes se trouvent obligées à jouer les rôles restant. Mais la réalisatrice semble accorder plus de responsabilité à l'ultra-capitalisme et au patriarcat pour montrer l'enchaînement de la violence et son emprise. Le premier long métrage d'Hélène Rosselet-Ruiz est une belle découverte et un film qui montre déjà maîtrise et accomplissement. Rien ne pêche ici, un film donc à ne pas manquer. Sortie le 29 juillet.
Ce film me paraît valoir essentiellement par la qualité de ses deux actrices féminines car pour le reste le spectateur comprend vite les enjeux. La qualité de la mise en scène peut laisser espérer un deuxième sujet plus ambitieux.
Parler de prison dorée serait réducteur. Juste limité le propos à la naissance d'une sororité dans un moment difficile, pourquoi pas? Mais ça me paraît plus que ça! De la domination toxique. Du désir d'une ascension sociale. De l'espoir d'une vie meilleure. De belles prestations et une écriture maîtrisée. Ce huis-clos oppressant m'évoque tout cela entre autres