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Pierre Kuzor
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2,0
Publiée le 3 août 2026
Ai vu « Le triangle d’or » de la réalisatrice Hélène Rosselet-Ruiz qui a été projeté au Festival de Cannes dans la sélection «Séance Spéciale». Après plusieurs courts métrages, Hélène Rosselet-Ruiz signe là son premier long. Le film globalement bien soutenu par la critique m’a laissé un peu pantois et je n’ai pas très bien compris de qu’il voulait raconter vraiment. Un Prince saoudien marié (Kassem Al Khoja inexistant) , vient rendre visite régulièrement à sa sublime maitresse Souria (Soundos Mosbah aux faux airs de Kardashian) dans une demeure particulière qui transpire le luxe et le mauvais gout, dans le VIIIème arrondissement (le fameux triangle d’or parisien). Laura (Malou Khebizi très bien) en attendant d’être militaire, accepte d’être 7 jours sur 7 au service de Souria. Celle-ci n’ayant rien à faire de ses journées humilie la jeune femme qui est originaire de la banlieue, jusqu’à ce que Laura comprenne qu’elles sont toutes deux enfermées dans une prison dorée et que les apparences de super sécurité sont totalement trompeuses. On ne perçoit pas bien ce que veut dénoncer la réalisatrice, tant sa caméra à l’air attirée par les signes extérieurs de richesse oubliant souvent de donner de la consistance aux personnages. On ne comprend aucune motivation des personnages féminins à part celle de l’argent, ce qui est extrêmement réducteur. Le scénario ne s’attarde sur aucune psychologie, ce qui fait que l’atmosphère de thriller qui monte peu à peu a des effets totalement prévisibles, gratuits et superficiels. On ne s’attache jamais à la relation plus qu’ambiguë entre domination et mépris que partage les deux femmes. L’une est bonne à tout faire et bonne à tout supporter, l’autre est une caricature de bimbo qui n’existe que par son apparence et qui se laisse galvaniser par son bien maigre pouvoir. La mise en scène n’exploite jamais le huis-clos de façon originale et personnelle. Le revirement final est amené de façon trop brusque pour que l’on y croit vraiment. A part le personnage de Laura qui est le plus travaillé, les autres n’étant que des stéréotypes, il est très difficile de s’identifier et d’avoir la moindre empathie pour cet oiseau bien trop fier de briller dans sa cage. Ce triangle atypique (Le Prince, Souria, Laura) m’a eu l’air d’avoir plus l’apparence du Laiton que d’avoir l’éclat de l’Or.
huis clos un rien oppressant grâce. a une mise en scène maîtrisée et aussi une relation employeur employée intéressante grâce à deux comédiennes très justes. dommage que côté scénario, on survolé les problèmes sans les traiter vraiment. un film intéressant mais qui nous laisse un peu sur la faim.
Le Triangle d'or confirme le regard sensible et maîtrisé d'Hélène Rosselet-Ruiz sur les rapports de domination et les violences invisibles. Sous les apparences d'un drame intimiste, le film déploie un thriller psychologique où le luxe, loin d'être un privilège, devient le décor d'un enfermement insidieux.
Laura accepte un emploi auprès de Souria, jeune femme entretenue par un puissant prince saoudien et installée dans un hôtel particulier au cœur du prestigieux Triangle d'Or parisien. Peu à peu, la fascination qu'exerce cet univers de richesse laisse place à un profond malaise. Derrière les dorures, les protocoles et les attentions permanentes se dessine une réalité bien plus sombre, où chaque geste est observé et où la liberté n'est plus qu'une illusion. Entre les deux femmes naît une relation faite de confiance, de silences et de solidarité, tandis qu'un danger grandissant menace leur fragile équilibre.
Le scénario construit avec finesse une tension progressive, préférant l'implicite à la démonstration. Sans jamais céder au spectaculaire, il explore les mécanismes de l'emprise psychologique, de l'isolement et de la dépendance affective. La force du récit réside dans cette montée en puissance discrète, où chaque détail du quotidien devient le symptôme d'un contrôle toujours plus oppressant.
Malou Khebizi incarne Laura avec une grande justesse, exprimant par le regard et les silences le basculement progressif de son personnage. Soundos Mosbah livre une composition bouleversante de Souria, prisonnière d'un univers où le confort matériel masque une profonde détresse. Ziad Bakri complète cette distribution avec une présence tout en ambiguïté, renforçant le climat d'incertitude qui traverse le film.
La mise en scène d'Hélène Rosselet-Ruiz privilégie les espaces clos, les cadres rigoureux et une photographie élégante qui oppose constamment le raffinement des décors au sentiment d'étouffement des personnages. Chaque plan participe à faire de cette demeure un personnage à part entière, aussi somptueux qu'inquiétant. Le rythme volontairement contenu laisse la tension psychologique s'installer durablement, jusqu'à un dernier acte d'une remarquable intensité.
Au-delà de son intrigue, Le Triangle d'or interroge la place des femmes dans des systèmes de domination où la violence ne passe pas toujours par les coups, mais par le contrôle, la dépendance et l'effacement progressif de l'identité. Cette dimension sociale confère au film une portée universelle et profondément actuelle.
Élégant, maîtrisé et profondément troublant, Le Triangle d'or s'impose comme un drame psychologique d'une grande finesse. Porté par trois interprètes remarquables et une mise en scène d'une sobriété exemplaire, le film explore avec acuité les mécanismes de l'emprise derrière les façades du luxe.
Laura débarque dans cet hôtel particulier du 8e sans savoir dans quoi elle met les pieds. Le récit avance sagement, et le huis clos manque parfois de tension pour tenir sa promesse. Ce qui sauve l'ensemble se joue ailleurs : dans les regards suspendus, les phrases interrompues, une mise en scène soignée qui évite habilement les clichés du genre. On sent un vrai potentiel derrière la caméra. Le scénario a ses failles, mais le film a l'intelligence de ne pas surligner les psychologies et de raconter une sororité qui ne va pas de soi. Dommage que le dernier tiers laisse filer le thriller annoncé.
Pour son 1er long métrage, Hélène Rosselet-Ruiz, loin de la tendance actuelle qui voit s’allonger démesurément la durée des films, nous prouve qu’en 87 minutes seulement, on peut dire et dénoncer beaucoup de choses. Pour gagner sa vie, Laura accepte un emploi au service de Souria. Installée dans un hôtel particulier du triangle d’or par son amant, un riche prince saoudien, Souria vit dans l’attente de ses visites. Tandis que Laura doit s’adapter à cet univers de luxe démesuré et de surveillance constante, un lien fragile se tisse entre les deux femmes. Mais Laura pressent qu’un danger pèse sur Souria et que cette cage dorée pourrait bien se refermer sur elles deux. Angoissant, dérangeant, malaisant, ce thriller dramatique est une formidable promesse pour la suite de la carrière de cette cinéaste. Le luxe est avant tout une question d’exhibition. C’est ce que nous démontre cette immersion dans ce quartier de Paris où, à ma connaissance, aucune caméra n’avait plongé son objectif jusqu’à ce film. Le concept de la prison dorée est ici poussé à l’extrême, certes, mais l’atmosphère des lieux – la maison devient vite un des personnages principaux – et la qualité (?) des relations entre les personnages nous fascinent jusqu’au dégoût. On finit par se demander si l’héroïne ne participe pas, à son insu, à une émission de télé-réalité. La cinéaste filme un dédale, travaille la dichotomie entre les coulisses des domestiques et la vaste splendeur des pièces officielles, l’entrée principale et les voies de service. Mais la promesse d’une certaine satisfaction voyeuriste – ne nous cachons pas -, est rapidement supplantée par la dissection à froid d’un système où l’ignoble le dispute à l’inacceptable. Un huis-clos étouffant, heureusement supportable grâce à quelques echappées salutaires, notamment à travers la relation entre Laura et le majordome, ou la réversibilité d’une relation avec « Madame » qui tombe le masque pour tenter de briser l’effarante solitude à laquelle elle se condamne, tient en haleine jusqu’à une fin bâclée et décevante, car, il y avait de quoi faire rebondir le scénario, puisque divers éléments semés ça et là durant le film le permettaient aisément. C’est là ma seule réserve, mais elle est de taille. Malou Khebizi, aux antipodes de son incarnation dans Diamant Brut,est absolument remarquable. Son duo avec Soundos Mosbah fonctionne à merveille. On ajoute volontiers les noms de Ziad Bakri et Khassem al Khoja. La présence tragique de ce « regard-caméra-surveillance » et ce pouvoir démesuré qui permet de bafouer l’autorité à l’ombre des murs de cet enfer doré, dénoncent les rapports de domination et les violences invisibles. Un drame psychologique d'une grande finesse, porté par une mise en scène d'une sobriété exemplaire, qui explore avec acuité les mécanismes de l'emprise derrière les façades du luxe. Mieux qu’intéressant, palpitant !
Un premier film intéressant. Le duo d'actrices livre une partition très juste. Le seul bémol, c'est que le film manque d'émotions. On effleure la personnalité des protagonistes mais on a du mal à ressentir leur mal-être, notamment pour Souria. Trop peu d'informations sur leur passé sont livrées ; on aurait aimé en savoir plus. Le personnage d'Emre est à ce titre plus profond, et c'est dommage que ce n'ait pas été le cas pour les deux héroïnes. On reste en surface, l'intrigue n'est pas assez creusée et aurait mérité un peu plus de structure. Mais pour un premier film, c'est tout de même un bon film. La réalisatrice sera à suivre. 13/20
Un huis clos, dans une immense demeure située dans le triangle d'or parisien. L'assistante, pour ne pas dire la femme à tout faire, d'une riche femme voit sa vie de corvéable se transformer avec une forme d'empathie pour celle qui la traite avec distance et mépris. Il se trouve que sa patronne est la maitresse d'un prince saoudien. Lutte des classes ou plus exactement clivage des castes dans la hiérarchie des soumissions, des désillusions et des injustices. A voir !
Les actrices sont exceptionnelles, la réalisation est parfaite -même s'il y a beaucoup de plongées-, mais je trouve que le scénario est mince et que le film se termine un peu en queue de poisson, ce qui m'empêche de mettre une meilleure note.
La mise en scène est soignée, les excellentes et le récit prenant et passionnant dans sa première partie. Il est cependant dommage que la seconde moitié du film soit quelque peu clichée.
Vu dans un cinéma de la banlieue, une séance du dimanche à 11 heures du matin. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, le film avait été choisi un peu par défaut.
Synopsis : une jeune fille modeste se fait embaucher par un couple très très riche et très très arrogant envers elle. Elle se fait accepter, surtout par la femme qui a besoin d'elle, mais le couple en question n'est pas un couple normal et selon toute évidence, cela ne peut pas bien se terminer.
J'ai trouvé que ce film avait quand même quelques longueurs et j'ai trouvé que la fin en queue de poisson était quand même dommage. Il y avait mieux à faire et je la sentais vraiment venir. Attention spoiler. spoiler: J'ai dit à la personne qui était à coté de moi, après une heure dans la salle que si une des deux filles ne se faisait pas manger par la panthère, ce film serait une déception. D'ailleurs si la présence de la panthère n'a aucune importance dans l'intrigue, comme les scènes à l'extérieur, on peut donc se demander pourquoi montrer autant la panthère et faire autant de cliché sur les moments extérieur tel que l'anniversaire dans le bar, les balades en trottinette, etc.
Fin du spoiler.
Par contre l'interprétation est bien, que ce soit les deux filles qu'on connaissait assez peu, mais aussi Ziad Bakri, en garde du corps palestinien mais qui picole de la vodka à ses heures perdue. On aurait presque l'impression de voir Nadia El Mansour entrer dans le décor, tellement que son personnage ressemble à celui du Bureau des Légendes. Au final, pour moi, il n'y a que 3 personnages vraiment dans ce film, tous les autres sont renvoyés presque au statut de figurant.
Il semble que c'est un premier long métrage pour la réalisatrice. Pas mal. Beau jeu d'acteurs.
Le Huis Clos peut déranger, mais il est bien vu et en mélangeant au montage des images de surveillance vidéo, on ne se lasse pas.
Le moment de donner une note. Difficile. Je ne donnerai que 2,5 - c'est à dire que je pense que c'est MOYEN. J'ai été déçu en fait. Une fin différente, j'aurais pu donner pas loin de 4. Des interprétations moins bonnes, j'aurais donné en dessous de 2. A la fin du compte, j'invite quand même quiconque à aller le voir.
D'un côté celles dorées qui vendent du rêve en surface : une aisance financière, les excès à outrance qui amènent à l'irrespect total de l'autre. Mais ce confort apparent cache un fond plus sombre, comme un prix à payer en contrepartie de cette opulence.
De l'autre, une cage formée par le manque d'argent qui fait qu'on accepte de se faire maltraiter et rabaisser plus bas que terre. Une cage choisie et subie pour viser une meilleure vie par la suite.
Les deux héroïnes ont des parcours de vie diamétralement opposés et j'ai aimé la tension qui régnait dans la première moitié du récit.
Elles sont différentes mais on se rend compte qu'un film invisible les relie petit à petit. Nous sommes enfermés dans cet hôtel dans un huit-clos aussi étouffant que l'atmosphère.
Ce récit est d'autant plus réaliste que la réalisatrice raconte une histoire qu'elle a elle-même vécu.
Mais le rythme s'essoufle et tourne vite en rond. Les raccourcis et les facilités d'écriture mènent à une incompréhension et une confusion jusqu'à un final improbable qui m'a laissé perplexe.
C'est un film que j'ai trouvé intéressant par son thème mais j'aurai aimé que l'écriture des personnages soit plus poussée et complexifiée.
Le traitement du sujet reste le surface et laisse un sentiment d'inachevé à la fin de la séance.
C'est la confrontation entre deux univers féminins : celui occidental d'une jeune fille – fauchée- issue de banlieue ( Malou Khebizi) et oriental d'une maîtresse (Soudos Mosbah) d'un prince Saoudien .. Le tout se passe dans le huis clos d'une prison dorée du 16e arrondissement. Quelle est celle qui mène – vraiment – sa barque ? La bonne, soit disant soumise ou la maîtresse enfermée dans son rôle de courtisane bardée de bijoux ? La fin est brutale pour les deux...
Une mise en scène ciselée pour ce premier film et une interprétation remarquable des deux actrices principales pour mettre le doigt sur l'esclavagisme oriental en plein Paris
Ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais l'originalité du sujet en fait une perle rare. Scénario une peu prévisible. Actrices à la hauteur de leurs rôles. Photographie léchée. Ces films pas faciles se font rares. Merci.