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CREOTIVEMEDIA
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4,0
Publiée le 29 juillet 2026
Le Triangle d'or confirme le regard sensible et maîtrisé d'Hélène Rosselet-Ruiz sur les rapports de domination et les violences invisibles. Sous les apparences d'un drame intimiste, le film déploie un thriller psychologique où le luxe, loin d'être un privilège, devient le décor d'un enfermement insidieux.
Laura accepte un emploi auprès de Souria, jeune femme entretenue par un puissant prince saoudien et installée dans un hôtel particulier au cœur du prestigieux Triangle d'Or parisien. Peu à peu, la fascination qu'exerce cet univers de richesse laisse place à un profond malaise. Derrière les dorures, les protocoles et les attentions permanentes se dessine une réalité bien plus sombre, où chaque geste est observé et où la liberté n'est plus qu'une illusion. Entre les deux femmes naît une relation faite de confiance, de silences et de solidarité, tandis qu'un danger grandissant menace leur fragile équilibre.
Le scénario construit avec finesse une tension progressive, préférant l'implicite à la démonstration. Sans jamais céder au spectaculaire, il explore les mécanismes de l'emprise psychologique, de l'isolement et de la dépendance affective. La force du récit réside dans cette montée en puissance discrète, où chaque détail du quotidien devient le symptôme d'un contrôle toujours plus oppressant.
Malou Khebizi incarne Laura avec une grande justesse, exprimant par le regard et les silences le basculement progressif de son personnage. Soundos Mosbah livre une composition bouleversante de Souria, prisonnière d'un univers où le confort matériel masque une profonde détresse. Ziad Bakri complète cette distribution avec une présence tout en ambiguïté, renforçant le climat d'incertitude qui traverse le film.
La mise en scène d'Hélène Rosselet-Ruiz privilégie les espaces clos, les cadres rigoureux et une photographie élégante qui oppose constamment le raffinement des décors au sentiment d'étouffement des personnages. Chaque plan participe à faire de cette demeure un personnage à part entière, aussi somptueux qu'inquiétant. Le rythme volontairement contenu laisse la tension psychologique s'installer durablement, jusqu'à un dernier acte d'une remarquable intensité.
Au-delà de son intrigue, Le Triangle d'or interroge la place des femmes dans des systèmes de domination où la violence ne passe pas toujours par les coups, mais par le contrôle, la dépendance et l'effacement progressif de l'identité. Cette dimension sociale confère au film une portée universelle et profondément actuelle.
Élégant, maîtrisé et profondément troublant, Le Triangle d'or s'impose comme un drame psychologique d'une grande finesse. Porté par trois interprètes remarquables et une mise en scène d'une sobriété exemplaire, le film explore avec acuité les mécanismes de l'emprise derrière les façades du luxe.
Magnifique premier film sur la domination dans un huit-clos qui petit à petit prend le rythme d’un thriller haletant ! Les actrices sont formidables, Ziad Bakri magnétique (vu dans le bureau des légendes). Je recommande !
J’ai découvert avant première à Lyon le 10 juillet. Un film intense, qui nous captive jusqu’à la fin. Un scénario innovant qui nous fait basculer dans un monde caché, qui soulève de bonnes questions. La domination, la place et la force des femmes, les classes sociales et bien d’autres choses.
Sujet original sur les ultras riches (originaire d’un pays du Golfe dans le cas précis) le film fait référence au Triangle d’Or, espace géographique parisien très restreint, pour restreindre encore plus le lieu de son action en un hôtel particulier. Mais quel hôtel particulier avec sa piscine, sa pièce réservée à l’animal de compagnie (no spoil). L’héroïne a un background très interessant qui sort des habitudes du cinéma français et qui explique bien son comportement au long du film. Le côté thriller fonctionne bien surtout que la fin accentue la peur que l’on a ressentie pendant le film. Un premier long métrage réussi, hâte de voir la suite pour Hélène Rousselet-Ruiz avec peut-être un film à 4 mais avec sa sœur ?
C’est un huis clos étonnant. Laura intègre la vie d’une riche famille saoudienne au service de Souria. Mais dans ce temple de l’apparence, tout n’est pas aussi simple qu’il n’y parait. Le film porte un regard intéressant sur ce sujet assez méconnu mais manque un peu de rythme et de matière. Il m’a clairement laissé sur ma faim.
Un bon premier film sur un sujet tout à fait original. Malgré quelques défauts, l'engagement, la sincérité et le point de vue de cette jeune réalisatrice l'emportent largement. On reste accrochés à ces deux jeunes femmes dont la sororité nous touche. Voilà un de ces films qui fait parler en sortant de la projo.
Un premier film qui se laisse regarder sans déplaisir mais reste limité à presque tous les niveaux, sauf l'interprétation et la prestation remarquable de Malou Khebizi. Le scénario manque d'enjeu, ne dépassant pas un point de départ alléchant, tout comme la mise en scène qui semble bloquée à sa (bonne) idée initiale.
Lora (Malou Khebizy) est embauchée par Souria (Soundos Mosbah), jeune femme Saoudienne ayant sacrifié sa liberté et son libre-arbitre, vivant cloîtrée dans un appartement luxueux. Lora va devenir rapidement une servante complètement asservie puisque travaillant sept jours sur sept et devant être disponible au moindre coup de sonnette vingt quatre heures sur vingt quatre. Heureusement elle trouve un confident ami, Emre (Ziad Bakri) mais qui reste assez énigmatique tant par sa vie que par la position qu'il occupe auprès du couple saoudien. Un jour enfin, après une scène très humiliante,Lora se rebelle... Le scenario vous semblera bien classique et pourtant il ne l'est pas. Hélène Rosselet-Ruiz s'est inspirée de sa vie de jeune fille pauvre qui a du travailler comme gouvernante dans une famille étrangère immensément riche vivant à Paris pour écrire et réaliser ce film qui nous fait découvrir un monde inconnu du commun des mortels, où les seuls rapports humains sont régis sur des codes de domination ; domination de classe et de rente, de sexe, ou de capacité à maîtriser par la force physique ou par la violence. Ces rapports de domination, devenus une seule loi et un unique fonctionnement, créent un monde où personne n'est libre et où seul l'artifice et la fatuité existent pour cacher la misère de cette humanité perdue par le pouvoir de l'argent et du patriarcat. Ici, tout ce qui est vivant sort bien difficilement de ce piège. D'ailleurs la réalisatrice nous fait particulièrement bien ressentir cet enfermement physique et psychologique: le film se passe pratiquement totalement en huis-clos. Des escaliers comme des labyrinthes, des caméras de surveillance partout, une absence de vie sinon une panthère noire, elle aussi enfermée comme une allégorie de cette prison dorée, des fenêtres occultées par de lourds rideaux, voilà un décors d'appartement de luxe bien campé ! Dans ce monde personne ne peut être lui-même et ce sera Souria, la dominante castratrice et maîtresse du prince qui nous le montrera le mieux , tant sa détresse était la mieux cachée. Le film aurait du s'appeler Les Mains Sales mais le titre était déjà pris alors il s'appelle Le Triangle d'Or en référence au quartier le plus luxueux du XVI ème arrondissement de Paris où se passe l'action. C'est aussi un rappel au triangle des trois protagonistes. La réalisatrice avouait lors d'un débat au cinéma Majestic de Lille ne pas connaître le triangle de Karpman quand un spectateur lui en faisait la remarque. Pourtant ce triangle qui met en schéma trois personnages qui interférent : le persécuteur, la victime et le sauveur semble bien coller au film. Dès qu'une personne se positionne dans un de ces trois rôles, les deux autres personnes se trouvent obligées à jouer les rôles restant. Mais la réalisatrice semble accorder plus de responsabilité à l'ultra-capitalisme et au patriarcat pour montrer l'enchaînement de la violence et son emprise. Le premier long métrage d'Hélène Rosselet-Ruiz est une belle découverte et un film qui montre déjà maîtrise et accomplissement. Rien ne pêche ici, un film donc à ne pas manquer. Sortie le 29 juillet.
Un thriller psychologique percutant, intimiste et ultra-maîtrisé. Une vraie très bonne surprise cinématographique, qui confirme le talent prometteur d'Hélène Rosselet-Ruiz. Je recommande vivement !
Pour son premier long métrage, après quatre courts, Hélène Rosselet-Ruiz a imaginé s'inspirer de l'une de ses expériences professionnelles en poussant encore davantage les curseurs. Luxe et servitude : dans Le triangle d'or, nous voici plongés dans un appartement somptueux où vit cloîtrée une jeune femme, maîtresse d'un prince saoudien. Une vie sans limites financières, mais marquée par de fréquentes périodes de solitude. La confronter à une assistante personnelle, sorte de bonne à tout faire, et notamment réceptacle de ses caprices, est l'idée principale d'un scénario plutôt bien construit autour des relations évolutives entre ses deux héroïnes, esclaves chacune à leur façon. C'est presque dans un décor de téléréalité avec des caméras dans chacune des pièces d'habitation que se déroule ce thriller psychologique dont la tension est palpable. Cependant, il y a quelque chose de trop attendu dans le film, des comportements et des événements qui ne surprennent pas vraiment. Cela n'empêche pas de montrer à quel point l'argent peut pousser à des situations dans lesquelles l'idée de dignité s'efface peu à peu. Les deux actrices principales sont remarquables et complémentaires : Malou Khebizi et Soundos Mosbah transcendent une histoire singulière, mais hélas extrêmement crédible dans un monde où la richesse des uns ne se confronte aux autres que par la domination voire l'humiliation.