"Banditi a Milano" est aujourd'hui connu comme l'embryon du poliziottesco. Ce genre de polar typique du cinéma d'exploitation italien des 70's, violent et sombre. Où s'enchaînent généralement fusillades et poursuites en voiture dans l'Italie du Nord. Malheureusement, le film anticipe également les années de plombs, cette période de grande violence urbaine, souvent politisée, qui nourrira les poliziotteschi à l'écran. En vérité Carlo Lizzani adapte ici l'histoire de la banda Cavallero, des voleurs célèbres pour un braquage particulièrement violent le 25 septembre 1967, et qui furent arrêtés quelques jours plus tard. Le film fut tourné dans la foulée... avant même le procès des bandits ! Mais l'histoire de la bande en elle-même n'est pas ce qui est ici le plus intéressant. L'intérêt de "Banditi a Milano", c'est plutôt la forme presque documentaire. Ca démarre avec des interviews des personnages côté policier, puis les passages médiatiques seront mis en avant (intervention des journalistes, fausses unes de journaux). Dans le premier acte, le réalisateur dresse même son état des lieux de la criminalité milanaise (racket et autres violences). Le tout filmé en mode naturel, avec souvent d'ailleurs une caméra à l'épaule. Le film sera ensuite plus conventionnel, en suivant les voyous en flashbacks, selon l'interrogatoire de l'un d'eux. Parmi les criminels, leur chef malin et enjoué, incarné par un Gian Maria Volonté bien crapuleux. Face à lui, un commissaire classique interprété par Tomas Milian. Ce qui est amusant car Milian jouera à plusieurs reprises les crapules dans le poliziottesco. Dans l'ensemble le film est rythmé, surtout dans sa première moitié, le style documentaire alternant très fréquemment les points de vue. Les personnages parlent également vite (en tout cas en version italienne), j'avais l'impression de voir le film en x1,25, mais après vérification, non c'était bien la vitesse normale ! Il y a aussi quelques poursuites et fusillades, qui deviendront typiques du genre. Je reprocherai simplement le sujet assez classique a posteriori, qui fait que l'on ne se soucie pas vraiment de sort de cette bande à l'écran.