Forêt Rouge
Note moyenne
3,4
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19 critiques spectateurs

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AlexR
AlexR

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5,0
Publiée le 15 janvier 2026
Le film forêt rouge est une plongée au cœur de la forêt de Rohanne sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes qui accueille un groupe de résistant·es qui luttent pour un mode de vie sensible, un autre rapport au vivant.
C’est le parti pris de la réalisatrice et de ses monteur·ses que de faire un portrait de la ZAD en adoptant le point de vue théorique et cosmogonique de ses habitant·es, dans lequel l’humain n’est qu’un des maillons de la chaîne ni plus ni moins important qu’un autre. À travers cette immersion au long cours, il décrit les liens forts qui se sont noués entre ces actants. Cela passe par des gestes, des soins, des rituels, de la contemplation… Ces moments d’intimité sont restitués avec douceur et une grande beauté symbolique et formelle. La photographie et le montage avec ces plans serrés sur les mains, les pieds, les corps en mouvement, des branches, du ciel, de l’eau et de la faune donnent au film une formidable dimension sensible.
On pourrait s’attendre à un film ésotérique en dehors du réel, mais celui-ci revient à chaque fois que la·le spectateur·ice est tenté de se laisser bercer par la douce utopie. Car la vie à la ZAD est une lutte permanente. Avec les éléments d’abord, et l’autrice montre le dur labeur qui rythme la vie mais que l’esprit et la pratique communautaire rend plus joyeux et inclusif. Avec l’État et ses représentant·es ensuite, qui occupe une partie importante du film, celui-ci ayant été tourné au moment des expulsions de 2018 qui ont vu déferler sur la zone une violence inégalée jusqu’alors.
Mais ce n’est pas la spectacularité de la violence que montre directement le film. Il montre deux mondes qui s’affrontent : celui de l’État qui se fait porte-parole d’un système, d’une idéologie et des habitant·es qui se font les représentant·es du vivant.
Le film réussit à nous montrer que les utopistes ne sont pas forcément celles et ceux qu’on attend. Qui est dans l’incantation ? Les tenant·es d’un idéalisme aveugle qui ne peut pas comprendre ce qui sort de ses représentations comptables déracinées et qui se fait porte-voix d’un système, d’une idéologie ? Ou celles et ceux qui s’inscrivent dans un matérialisme profond, ancré dans le rapport aux autres, qui se manifeste par le réencastrement dans le grand mycélium de la vie ? Une scène particulièrement marquante à cet égard est la destruction méthodique, à la limite du sadisme, des habitations par les tractopelles. Là est la violence, là est la déviance.
De son côté, la forêt (on ne l’oublie pas) encaisse doublement les coups : directement par le poids des machines, des munitions qui se déversent et des gaz qui la pénètrent, et indirectement par l’intermédiaire des humain·es qui la vivent également dans leur chair (plus de 300 blessé·es et combien de traumatisé·es ?). Elle est donc le prétexte, le réceptacle, mais surtout une actrice de cette bataille. Elle protège les habitant·es, complexifie l’intervention des militaires, mais elle en est aussi la victime.
C’est tout l’objet de la dernière partie, le soin des humains et non-humains par des rituels, soin des habitations par la reconstruction, soin des âmes par la fête et des cérémonies. Ce film est une bénédiction pour celles et ceux qui n’ont jamais eu la chance de participer à ce genre de lutte. Il va au-delà des clichés véhiculés par les médias et leur permet d’accéder à travers ses magnifiques images à la beauté, l’énergie et la force collective que ces espaces sont capables de générer. Pour les autres, ils retrouveront dans le film toutes les raisons pour lesquelles ils et elles ont engagé leurs corps et leur énergie dans la lutte. Ils et elles retrouveront intact le sentiment de communion ressenti au plus profond d’elleux quand est venu le temps de la célébration, de l’expulsion de la peur, de l’angoisse et du danger vécus lors du déferlement de violence (désormais systématique) par l’État.
Quelle que soit votre expérience militante, vous ressortirez de la projection avec l’envie de prendre dans vos bras les habitant·es de la ZAD (humains et non humais) pour les remercier d’être l’avant-garde des luttes pour Nos Futurs.
Benedicte B
Benedicte B

15 abonnés 52 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 janvier 2026
Ce film prend le parti des zadistes mais nous expose de longs plans sur la forêt et explique des points de biologie des arbres. L'état decide de confier la foret à l’ONF, ils ne veulent pas, ils veulent rester, jusqu'à l'affrontement. Donc une decision n’est valable que si elle va dans leur sens car quand l'état a renoncé à l'aéroport, ils ont approuvé.
On est dans l’entre deux ecolo/lutte mais le peu de paroles n’aident pas à comprendre la demarche des zadistes. Dommage
Pierre
Pierre

1 abonné 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 janvier 2026
Vu en avant première. Non ce n'est pas un enième film sur la ZAD. C'est un film rare. Contrairement au film "Soulèvements" qui va bientôt sortir et qui se contente d'interviewer paresseusement des militants dans leur salon ou leur cuisine, Forêt rouge est un brillant exemple de film immersif. On est au plus près des zadistes et le plus important à mes yeux c'est que la réalisatrice nous montre la nature que ces militants défendent, et ce avec une sensibilité rare.
Ca fait deux fois que j'emploie le mot "rare"…
A voir sur grand écran
Marlène Cha
Marlène Cha

1 abonné 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 janvier 2026
J'ai eu la chance d'assister à une projection en présence de la réalisatrice, qui présenta en deux mots son film comme avant tout sensible et non didactique sur la vie au sein de Notre-Dame-des-Landes. Frissons garantis.
Fred Feraud
Fred Feraud

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 janvier 2026
Magnifique forme poétique qui incarne l'imaginaire de ces résistants de notre époque et participe à construire une représentation joyeuse et politique de la lutte ! En filmant leur relation au vivant et à la forêt, on sent une forme au service du fond et c'est réjouissant !
Alice FD
Alice FD

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 janvier 2026
Q/R à la fin du film, "premier documentaire sensoriel", qu'il est beau de donner à sentir le communisme interespèce !
sebastien pruvost
sebastien pruvost

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 janvier 2026
Très beau film politique/poétique dans lequel on entre par nos 5 sens, qui pose en permanence des questions ( l'individu et le collectif, le réel et l'utopie, l'utile et l'accessoire etc...) sans asséner de réponses. A vous d'aller investiguer, un brin d'herbe entre les dents XXX
Maryeve BERTHELOT
Maryeve BERTHELOT

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 janvier 2026
Superbe film, de belles images et des témoignages très touchant.
Par contre pourquoi la note spectateur sur Allociné est à 3,7/5 alors qu'il n'y a que des 5 étoiles ?
Valeria Marini
Valeria Marini

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 janvier 2026
Un film qui fait du bien : beauté de la forêt, des visages filmés, une caméra immersive à hauteur d’homme et de forêt, un montage efficace: un film qui redonne foi dans la lutte pour le vivant
florence dugowson
florence dugowson

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 janvier 2026
Un film poétique et politique, qui nous montre un laboratoire des personnes qui cherchent un autre mode de vie ensemble au cœur de la forêt . Les images de la forêt sont sensibles et magnifiques , la forêt nourrit porte enveloppe le film au point de devenir le cœur du film . À voir !
Michelefaurie
Michelefaurie

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 janvier 2026
Ce film est moins un reportage sur Notre-Dame des Landes qu’une ode au vivant sous toutes ses formes, animal et végétal, y compris aux vivants humains qui sont magnifiques lorsqu’ils partagent le travail, la solidarité, la douceur, la beauté et la joie! Bravo à Laurie Lassalle et à la formidable équipe dont elle s’est entourée.
Arnaudraquin
Arnaudraquin

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 janvier 2026
Très beau film, un point de vue rare, à la fois sensible, poétique et engagé sur les luttes qui ont eu court à NDDL pour la défense du vivant. Courez le voir pendant qu'il est encore en salle, c'est un documentaire de cinéma.
Helene Tourbine
Helene Tourbine

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4,0
Publiée le 9 février 2026
Documentaires comme fictions sont nombreux à se pencher sur les formes nouvelles des mouvements sociaux de ces dernières années (1) : Nuit debout, Gilets jaunes, ZAD et formes diverses d'activisme et désobéissance civile. Avec le risque de tomber dans l'hagiographie, l'héroïsation, de perdre en complexité voire de verser dans l'esthétisation complaisante des scènes d'affrontement avec la police (le fumigène, grand accessoire de cinéma).
Forêt Rouge de Laurie Lassalle a la qualité rare de donner à voir ce pour quoi a lieu cette résistance (ici la ZAD de Notre Dame des Landes), de rendre palpable l'enchantement d'une sortie nocturne pour observer des grenouilles et des salamandres, de prendre le temps d'apprendre que même sauvée, la forêt aura souffert du passage des engins de chantier à proximité, de montrer les gestes les plus infimes dans lesquels s'incarne la défense de cet espace naturel.
Le film réussit ainsi à articuler le collectif et l'individuel, le politique et le sensoriel, le débat et le silence et... la fête. Car la joie est politique.
Les quelques images d'affrontements sont certes déjà vues pour certaines, mais le film privilégie l'interpellation et la proximité, tout en n'oubliant pas de faire des choix de mise en scène et de montage, qui dessine des futurs désirables, une fois les fumigènes dissipés.
Vers la moitié du film, deux scènes poignantes, qui font écho à celles qui nous arrivent de Minneapolis en ce début d'année : un jeune homme, seul face aux policiers, en appelle à leur conscience du respect du travail accompli sur le site depuis des années, plus loin un violon furieux, que feront taire les grenades et les cris des blessés.
(1) Par exemple les excellents L'Assemblée de Mariana Otero sur Nuit debout, Les Graines que l'on sème de Nathan Nicholovitch sur les Gilets jaunes.
MG Fabre
MG Fabre

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4,5
Publiée le 16 janvier 2026
Un film magnifique, nécessaire, engagé qui interroge notre citoyenneté. On pense à Heaven’s gate de Cimino, version documentaire. À voir absolument!!
pascaleparis
pascaleparis

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 février 2026
Documentaires comme fictions sont nombreux à se pencher sur les formes nouvelles des mouvements sociaux de ces dernières années (1) : Nuit debout, Gilets jaunes, ZAD et formes diverses d'activisme et désobéissance civile. Avec le risque de tomber dans l'hagiographie, l'héroïsation, de perdre en complexité voire de verser dans l'esthétisation complaisante des scènes d'affrontement avec la police (le fumigène, grand accessoire de cinéma).
Forêt Rouge de Laurie Lassalle a la qualité rare de donner à voir ce pour quoi a lieu cette résistance (ici la ZAD de Notre Dame des Landes), de rendre palpable l'enchantement d'une sortie nocturne pour observer des grenouilles et des salamandres, de prendre le temps d'apprendre que même sauvée, la forêt aura souffert du passage des engins de chantier à proximité, de montrer les gestes les plus infimes dans lesquels s'incarne la défense de cet espace naturel.
Le film réussit ainsi à articuler le collectif et l'individuel, le politique et le sensoriel, le débat et le silence et... la fête. Car la joie est politique.
Les quelques images d'affrontements sont certes déjà vues pour certaines, mais le film privilégie l'interpellation et la proximité, tout en n'oubliant pas de faire des choix de mise en scène et de montage, qui dessine des futurs désirables, une fois les fumigènes dissipés.
Vers la moitié du film, deux scènes poignantes, qui font écho à celles qui nous arrivent de Minneapolis en ce début d'année : un jeune homme, seul face aux policiers, en appelle à leur conscience du respect du travail accompli sur le site depuis des années, plus loin un violon furieux, que feront taire les grenades et les cris des blessés.
(1) Par exemple les excellents L'Assemblée de Mariana Otero sur Nuit debout, Les Graines que l'on sème de Nathan Nicholovitch sur les Gilets jaunes.
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