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Jean-Paul Torris
2 critiques
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5,0
Publiée le 11 avril 2026
Une merveille, drôle, émouvant, passionnant la saga de l’extraordinaire Trannoy contée par ses amis dont le bouleversant Jean Rochefort et la sensibilité d’Avril Tembouret. Un film rare pour les amoureux du cinéma.
J’ai adoré ce film et la manière dont cette histoire est racontée. On pourrait penser à une farce ou à une arnaque mais c’est beaucoup plus que cela. J’ai pensé à Léos Carax qui a eu une histoire assez rocambolesque avec le milieu du cinéma et qui pour certains (dont je fais partie) est une escroquerie. Là on est plus dans un conte postmoderne avec beaucoup de poésie. Merci au réalisateur d’avoir réussi à aller au bout de son projet. Pour nous et pour Jean Rochefort
Un documentaire sensible et intelligent sur une histoire folle et un personnage tout aussi fascinant du cinéma français. Et servi par la crème de la crème : Jean Rochefort, Édouard Baer, Claude Lellouche… on en sort avec l’envie d’accrocher a nos murs une affiche de film de Trannoy, pour avoir le plaisir de faire partie de ce petit clan d’initié pour qui son nom résonne comme une chimère du réel
Il y a une tendresse infinie avec laquelle se déploie le film pour nous emmener dans cette quête obsédante pour une figure centrale du cinéma des années 60, et pourtant absente des archives : celle d’un cinéma qui rêve de projets qui rendraient la vie plus intense… C’est un voyage brillamment mené dans les méandres de l’inachevé, de la peur de ne pas être à la hauteur de ses rêves, de ses idoles. J’ai été ému comme rarement par cette réflexion poignante sur la lisière trouble entre la fiction et le réel.
Hier, j’ai eu le bonheur de voir L’Œuvre invisible, en compagnie de l’équipe du film, au Reflet Médicis (rue Champollion, Paris 5e). Nous ne sommes qu’en avril, mais je sais déjà que ce sera l’un de mes meilleurs souvenirs ciné de l’année. Ce genre de film dépasse rarement les trois semaines d’exploitation… Il y a des films qui racontent une histoire. Et puis il y a L’Œuvre invisible : un film qui raconte le sillage d’une vie malgré l’absence d’une œuvre. On entre comme dans une enquête. Un nom : Alexandre Trannoy. Une promesse : un cinéaste génial, qui aurait tourné une quinzaine de films avec des castings de poids — Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura, Jean Rochefort, Marlene Dietrich… Et pourtant, rien. Trannoy reste un fantôme du cinéma français, passé entre les mailles de l’histoire officielle. Très vite, le sol se dérobe. Les témoignages flottent. des souvenirs se contredisent. Les images manquent, ou peut-être qu’elles mentent. Le film avance à tâtons. Il instille le doute comme un poison lent. Chaque certitude est sapée, chaque piste se délite. On ne regarde plus un documentaire : on est pris dans une fiction qui refuse de dire son nom. C’est là que ça devient vertigineux. Ce que fabrique le film, ce n’est pas un portrait. C’est une absence. Une œuvre en creux. Un tombeau pour un artiste si fascinant qu'il pourrait peut-être inventé. Trannoy devient alors une figure quasi mythologique — un Don Quichotte du cinéma, porté par une foi inaltérable dans ses rêves. Il y a quelque chose de cruel, presque pervers, dans cette manière de jouer avec notre besoin de croire. Mais aussi quelque chose de profondément juste : le cinéma n’est peut-être rien d’autre qu’une machine à fabriquer du réel avec du doute. Et quand le film s’achève, il ne reste presque rien. Rien, sinon cette question, tenace : et si les œuvres les plus puissantes étaient justement celles qu’on ne peut pas voir ?
Malgré l absence de bobines de films de Trannoy, les réalisateurs réussissent à nous raconter l histoire poétique d un cinéaste méconnu qui a du mal à terminer ses films. Un film pas comme les autres, dans le bon sens.
Un documentaire au delà du documentaire. Plein de poésie, de tendresse et de mystère sur ce qui fait l'existence de l'artiste. Une recherche sur un être fascinant qui nous échappe et nous file entre les doigts. A voir absolument !
La voix de Trannoy ressemble tellement à celle d'un acteur qui joue. Et comment croire qu'ils vont interviewer le producteur à Los Angeles sans lui avoir parlé du sujet de leur entretien ?